Et nous voici de retour dans cette salle magique de l'Olympia pour revoir la magnifique Ayo., un peu plus d'un mois après sa dernière performance dans cette même enceinte.
Sa série de concerts de janvier affichant complet assez vite, les promoteurs n'ont pas hésité à lui redonner une nouvelle salve de concerts (4 de suite contre 3 en janvier, et tous complets à nouveau !) dans la même salle.
Evidemment, je ne pouvais laisser passer cette occasion de la revoir à nouveau, d'autant plus que j'avais été un petit peu déçu par sa récente performance. Comme je l'avais bien imaginé, cette contre-performance était bien due à une amorce de tournée sans doute mal préparée et trop improvisée.
Ce mercredi, tout avait été réparé, et Ayo. a pu ainsi donner un splendide récital.
La première partie a changé, exit Lucky Peterson, bienvenue au franco-camerounais Sango, dans un genre pas très très original malheureusement, entre Corneille et Keziah Jones pour ce que je connais. Il a chanté en français et en anglais et cette dernière langue lui allait vraiment beaucoup mieux car il était un peu trop sirupeux dans la première. Il n'est pas resté bien longtemps sur scène mais fut tout à fait sympathique.
Puis Ayo. fit son apparition, faisant frissonner toute la salle de sa douce voix et ses "Ayo yo yo yo yo...". Il y a bien qque chose que l'on ne peut pas lui reprocher, ce sont ses entrées, à chaque fois pleines de charme et de douceur.
Première très bonne surprise par rapport au mois dernier et même aux concerts précédents, outre son excellent groupe, une section de cuivres (une trompette, un saxophone et un trombone) s'y est ajoutée, apportant une nouvelle touche à ses chansons.
Comme la dernière fois, elle a enchaîné trois chansons d'affilée avant de prendre le temps de parler un peu au public. Elle n'a pas changé ses habitudes, toujours aussi sincère et naturelle, touchée par le merveilleux accueil d'une très bonne audience.
Alors, pour le remercier, elle n'a pas hésité à renforcer sa proximité avec lui en venant à nouveau se fondre parmi la foule de la fosse. Elle m'a bluffé puisque pour une fois, elle est arrivée par l'arrière de la salle et je me suis retrouvé face à elle qques secondes, les yeux remplis d'admiration pour la frêle jeune femme à la voix si adorable. Tout le monde était aux anges bien entendu.
Pour le reste, pas mal de nouvelles choses, les chansons de son nouvel album sont mieux exploitées et plus nombreuses à être jouées. Le piano était là à nouveau pour "Better Days" mais cette fois sans faire balourd.
Les séquences de liberté musicale sont toujours aussi nombreuses, et Ayo. se fait toujours un plaisir d'offrir qques pas de danse au public. Cette fois-ci, c'était moins personnel que la dernière fois mais ces moments restent un peu longuets et on aimerait quand même qu'elle chante plus même si le talent de ses musiciens n'est pas à renier. A chaque fois qu'elle en présentait un, celui-ci exécutait un solo à rallonge avec son instrument et on se demandait parfois quand est-ce que cela allait se terminer ! Elle-même semblait parfois un peu décontenancée par ces improvisations ! Donc ça reste le point un peu controversé...
Puis il y eut ce tout petit rappel, où elle n'a joué que "Lonely". Bien sûr, j'étais très heureux car c'est ma chanson préférée de son deuxième album mais généralement elle va plus loin que ça. A mon avis, c'est sans doute l'heure tardive qui a joué en notre défaveur. Cela faisait déjà plus de 2h30 qu'elle faisait le show, il était temps de plier bagage...
Ainsi, Ayo. a terminé sa tournée française là où elle l'avait commencé, avec un show beaucoup mieux calibré et rythmé, laissant toujours une bonne place pour l'impro même si parfois, il y en a un peu trop. Le spectacle fut tout de même splendide, avec une artiste toujours aussi libre et généreuse, et sa section de cuivres apporte vraiment une belle dimension supplémentaire.
J'ai aperçu qu'elle allait désormais s'attaquer à des salles plus grandes, c'est dans la logique des choses mais j'espère que cela ne nuira pas pour autant à sa musique si appréciable en petite et moyenne salles.
samedi 14 février 2009
mardi 27 janvier 2009
George Harrison & Friends - The Concert for Bangladesh (1971)
"My friend came to me with sadness in his eyes..." George Harrison, tout frais ex-Beatle, est abordé au début des années 70 par son grand ami et maître Ravi Shankar qui lui parle de la situation dramatique du Bangladesh en proie à la guerre civile. Harrison, touché, réfléchit avec son Shankar à ce qu'ils pourraient faire pour apporter une certaine médiatisation autour de ce conflit et pouvoir venir en aide à la population sinistrée.
C'est à partir de là que va naître le Concert for Bangladesh, le premier concert de rock à caractère humanitaire et caritatif de l'histoire (Eh non, ce n'est pas le Live Aid de Bob Geldof). L'idée est simple : faire deux concerts avec George Harrison en compagnie d'autres guests célèbres et reverser les recettes à l'UNICEF.
Ces deux concerts auront lieu le même jour (un l'après-midi, l'autre le soir) : le 1er août 1971 au Madison Square Garden de New-York.
Harrison appelle alors tous ses potes, non sans mal pour certains : Billy Preston, Leon Russel, Ringo Starr, Eric Clapton (qu'il ne fut pas aisé d'arracher d'Angleterre), Bob Dylan (qu'il sort de la retraite). Les deux autres ex-Beatles, Lennon et McCartney, ont également été conviés mais ne sont pas venus pour des raisons un peu obscures. McCartney se voyait mal apparaître sur scène avec ses anciens compères alors que les procès sur la déchirure des Beatles battaient leur plein et on dit qu'Harrison aurait demandé à Lennon de venir à condition que Yoko Ono ne chante pas, ce qui aurait évidemment déplu à l'ex-leader des Beatles (mais d'autres raisons sont également invoquées Lennon). Dommage en tout cas.
Ces têtes d'affiche seront accompagnées d'autres vieilles connaissances d'Harrison : Klaus Voormann, Jesse Ed Davis, les Badfinger, Jim Keltner, Carl Radle, Jim Horn et ses cuivres... soit la plupart des musiciens qui ont participé à son premier album solo dont on avait déjà parlé ici "All Things Must Pass".
La première partie du concert est confiée à Ravi Shankar et sa troupe qui proposent un long morceau de musique indienne dédié au Bangladesh. Ensuite, le reste du concert offre une majorité de chansons de George Harrison (Beatles ou solo), laissant une place également à Ringo Starr, Billy Preston et Leon Russell, ainsi qu'à Bob Dylan qui bénéficie d'une petite partie rien qu'à lui avant la fin.
Un double album issu du concert (produit par l'incontournable Phil Spector) est sorti ensuite, réédité et remasterisé il y a qques années avec en bonus un superbe coffret DVD (avec le film réalisé par Saul Swimmer, un proche des Beatles). Nous allons donc nous intéresser à tous ces objets, tout en décrivant aussi le concert, chanson par chanson.
Le premier double album qui était sorti avait une pochette très simple et évocatrice : un petit enfant bengali tout maigre assis devant une grande assiette vide. A l'intérieur, un livret assez fourni propose tout d'abord une explication de la situation politique du Bangladesh en 1971. Ce petit Etat situé à l'est de l'Inde appartenait alors au Pakistan (situé lui complètement de l'autre côté) et a demandé son indépendance. Cela n'a pas été accepté par le dictateur pakistanais de l'époque qui a procédé à des rafles sanglantes à l'encontre de ses opposants, et les civils n'échappent pas à l'épuration. Il y aurait eu des centaines de milliers de victimes...
On trouve ensuite un long témoignage de Ravi Shankar (une interview datant de qques jours après le concert) qui est d'origine Bengali. Très perturbé par les violences de mars 1971, il voulait vraiment agir. A ce moment-là, il était aux Etats-Unis pour finaliser la bande musicale du film "Raga". Les gens des ONG et autres organisations humanitaires lui ont alors suggéré de donner une performance caritative. Il s'est alors adressé à George Harrison qui se trouvait par là également. Au départ, il lui demandait conseil, de l'aider à contacter des artistes. Harrison, fortement touché par les évènements, a décidé alors de prendre part lui aussi au projet en appelant ses plus proches amis musiciens, et c'était joué.
Le reste du livret propose de nombreuses photos en couleurs issues du concert et illustrant chaque chanson. Au dos, on trouve deux photos très symboliques : l'une montre la somme totale des recettes (243 518, 50 $) remise à l'UNICEF, l'autre montre un étui de guitare ouvert, rempli de boîtes et sacs de nourriture à destination du Bangladesh.
La réédition de ce double album a une maquette complètement différente avec une couleur orange dominante. George Harrison est cette fois sur la pochette du boîtier (ça aurait quand même été mieux de garder le petit garçon, mais celui-ci se retrouve au moins sur la couverture du livret). Dans le livret, Ravi Shankar intervient à nouveau, mais cette fois-ci, son témoignage est de 2005. Il évoque à nouveau le concert en appelant à la mémoire de George Harrison, en expliquant l'importance de cet évènement et en le remerciant pour tout ce qu'il a fait.
Ensuite, une page est dédiée à nouveau à l'explication du conflit au Bangladesh puis c'est le président du fonds américain pour l'UNICEF, Charles Lyons, qui s'exprime pour donner des précisions sur la manière dont ont été utilisé les recettes. Il explique que ces recettes ont été multipliées grâce aux royalties des musiciens, aux ventes du CD et DVD ainsi que des dons.
Ici et là, on trouve aussi des photos et des citations de George Harrison à propos du projet. il dit notamment que l'idée est bien de Ravi Shankar et qu'il a passé un mois et demi au téléphone pour convaincre ses amis de venir participer au concert. D'autres citations récentes sont présentes, Ravi Shankar parle de l'émotion qui régnait sur scène, Ringo Starr de la beauté de l'évènement et de la qualité de l'auditoire, Eric Clapton de la liberté des musiciens à cette époque et de leur fierté d'accomplir ce geste sans penser à eux-mêmes pendant 5 minutes, Leon Russel d'une expérience de haut niveau du début à la fin.
Outre le son remasterisé, cette réédition propose un titre bonus : "Love minus zero/No limit" de Bob Dylan, interprété par ce dernier lors de son passage sur scène mais non présente sur le double CD original.
Pour finir, parlons du coffret DVD. Il est hautement luxueux ! On y retrouve, en pagaille, un autocollant Apple (!), un poster de l'affiche du concert (très très sobre), un fac-similé en carton de la feuille sur laquelle Harrison a écrit les paroles de la chanson "Bangladesh", des photos des différents participants du concert sous forme de cartes postales mais aussi un riche livret. Ce dernier est quasiment le même, en plus grand, que celui du CD sauf qu'il offre un peu plus de photos et de citations.
On recommande déjà l'acquisition de tous ces beaux objets d'autant plus que toutes les recettes continuent encore aujourd'hui d'être reversées à l'UNICEF. :-)
Commençons ainsi la revue chanson par chanson de ce concert d'anthologie, et en plus, y a les images donc tant mieux !
Avant que le concert ne commence, le DVD propose l'extrait d'une conférence de presse donnée par George Harrison et Ravi Shankar avant le concert. Harrison rappelle que le conflit au Bangladesh est très peu médiatisé et qu'ils vont faire ce concert pour les gens qui sont là-bas. Un journaliste lui demande pourquoi il a choisi ce conflit là et pas un autre, il répond que c'est juste parce qu'un ami le lui a demandé et c'est tout.
Ensuite, on a une vision de la salle vide pendant les préparatifs avec George en voix off qui explique que c'est Ravi Shankar qui a eu l'idée de cette action et qu'ensuite, il s'est occupé de l'organiser "with a little help from my friends". Tandis qu'on voit les principaux acteurs du concert en train de répéter sur scène, Harrison indique qu'il les a fait venir parfois de très loin, sans être payés, que le concert a rapporté seulement 250 000 $ mais que le disque en a rapporté beaucoup et qu'au moins, cela avait permis de nourrir ceux qui avaient faim. Et le concert peut enfin commencer...
Il faut savoir avant toute chose que le concert retranscrit dans ce DVD comporte des morceaux qu'on peut penser du second concert (celui du soir), sans doute car les musiciens devaient être plus décontractés. Mais à aucun moment, on ne sait vraiment de quelle captation il s'agit.
On retrouve d'abord George Harrison, tout seul, au micro, acclamé par toute la salle qu'il remercie. Il annonce le programme, avec une première partie consacrée à de la musique indienne (comme pour tous ses futurs concerts en solo), un duo de sitar et de sarod. Il dit que cette musique est plus sérieuse que la leur et il demande donc le calme pendant cette partie. Il introduit ainsi Ravi Shankar au sitar et Ustad Ali Akbar Khan au sarod. Il y a aussi Alla Rakha au tabla et Kamara au tamboura.
Puis George s'éclipse, laissant Ravi Shankar présenter sa partie. Ce dernier indique que sa musique exige une écoute concentrée. Il demande au public un peu de patience, connaissant le goût évidemment plus prononcé des auditeurs pour la suite du show. Avec sa musique, il voudrait faire prendre conscience aux gens de la gravité de la situation au Bangladesh (pendant ce temps, le DVD propose des images de personnes bengalis en déplacement ou d'enfants malades...). Shankar enchaîne en expliquant qu'ils vont jouer un "dhun", câd une mélodie inspirée d'un air folk du Bangladesh, suivi d'un gat rapide, en teentaal en 16 temps (ne me demandez pas d'explication !!!). Enfin, il demande aux gens de ne pas fumer pendant le concert !
Puis vient le moment cocasse... Les musiciens prennent qques secondes pour s'accorder, s'arrêtent et le public se met à applaudir ! Ravi Shankar le remercie en leur disant que s'ils apprécient autant l'accordage, il espère que la musique lui plaira encore plus ! ;-)
- "Bangla Dhun" (Shankar) : Il s'agit donc d'un très long morceau de musique indienne, de près de 15 minutes. Je ne suis pas un spécialiste donc je n'ai pas trop d'avis critique à apporter si ce n'est que ça s'écoute très facilement. Il y a une sorte de rengaine qui revient régulièrement, jouée au sitar par Shankar. Le joueur de sarod l'accompagne de solos, lui répondant et une sorte de duo se joue entre les deux, avec les percussions derrière (le joueur de tabla tape sur ses deux tambourins avec ses doigts très rapidement, fascinant !). Tout est une affaire de regards, de mouvements de tête, on ressent beaucoup de complicité entre eux. Le rythme accélère parfois avant de ralentir. On apprécie la technique remarquable des deux musiciens qui ont une vitesse d'exécution impressionnante. Au bout d'un moment, le morceau s'arrête un peu, le public applaudit et les musiciens reprennent de plus belle, sans doute pour la deuxième partie dont parlait Ravi Shankar précédemment. Le final est splendide, la musique allant de plus en plus vite jusqu'au bout. Très beau morceau en tout cas.
Les musiciens saluent et s'en vont, sous une très belle acclamation du public. Puis on voit une jolie image, dans les coulisses du Madison Square Garden, avec notamment Leon Russel et Ringo Starr qui débarquent très tranquillement, suivis de Phil Spector et d'autres personnes dont Allen Klein je crois. Derrière, le bel ange blanc, George Harrison qui tient déjà sa guitare, blanche également...
- "Wah-Wah" (Harrison) : Le public applaudit de plus belle, et la musique résonne dans le noir complet. Le fameux riff de guitare introduit de superbe manière le concert. Puis la lumière vient et le groupe est au complet, avec un George Harrison à l'air déterminé même si légèrement coincé. C'est la chanson idéale pour débuter ce concert, très emballante et puissante, toute en guitares, batteries, cuivres et choeurs. Clapton s'autorise qques disgressions tout à fait sympathiques et funky. On entend pas beaucoup le chant d'Harrison qui semble hurler pourtant dans le micro. Puis solo de saxophone par Jim Horn, très bien réussi. On apprécie aussi les gros plans sur la tête de George quand il chante, très beau avec sa barbichette touffue et ses cheveux longs. Une bien belle intro donc !
- "My Sweet Lord" (Harrison) : George a lâché sa guitare électrique pour une acoustique, place au tube ! Dès qu'il commence les premiers accords, le public adore ! "Hare Krishna" lance George avant que Clapton enchaîne avec les fameux accords de slide, peut-être un peu trop rapidement. Harrison ferme les yeux quand il chante, on le sent très inspiré par cette chanson, véritable prière. Les choeurs interviennent peu après et je dois dire que c'est ma seule critique. Ils ne sont un peu criards et pas très justes, faisant un peu tâche dans ces belles harmonies. Pour la fin, c'est mignon parce qu' Harrison s'est lancé dans des complaintes indiennes, et indique qu'il a fini en jetant un regard complice à Clapton qui reprend la slide et termine le morceau... Un joli moment donc, mais j'aime beaucoup moins les choeurs.
- "Awaiting on you all" (Harrison) : C'est l'un de mes moments préférés du concert. Encore une chanson dédiée à la religion, mais sous forme de gospel enjoué qui touche immédiatement sa cible. Les choeurs sont encore un peu rustres mais passent mieux ici. Cette chanson aurait vraiment pu être un hit également si elle avait été un peu plus mise en avant. George a repris sa belle guitare blanche et ses accords sont très jolis. Là encore, il lève la tête, les yeux fermés, mettant toute sa foi dans son interprétation. Il y a juste une interrogation, dans le dernier couplet, au lieu de chanter "You don't need no churches, you don't need no temples", il ne va pas citer les mots "churches" et "temples". Pour ne pas choquer le public américain ? En tout cas, la performance est très fluide et enlevée, on apprécie beaucoup !
- "That's the way God planned it" (Preston) : Place aux amis un petit peu. Harrison introduit un "ami de longue date", Billy Preston, pour l'un de ses singles de l'époque. C'est l'une des meilleures performances du concert. Non seulement, Preston est un excellent chanteur soul, mais en plus, il apporte une fougue assez unique comparée à ses camarades plutôt sobres pendant tout le concert (à l'exception peut-être de Leon Russell). Sa chanson est un très bon gospel, avec des choeurs qui m'irritent toujours un peu mais bon, ça passe. Puis bon solo d'organe avec bouche grande ouverte et yeux fermés levés vers le ciel... Ensuite, c'est l'emballement ! Preston et son petit bonnet se lève de son siège tandis que la musique s'accélère et se jette au milieu de la scène pour une petite danse totalement improvisée devant ses potes médusés mais qui tentent de garder le rythme ! Il paraît que Phil Spector a totalement paniqué à ce moment-là, se demandant où il était passé. Le public a adoré en tout cas et réservé une ovation méritée pour ce génial organiste. Super morceau et performance !
- "It don't come easy" (Starkey) : Pas besoin de l'annoncer, le splendide riff du début, signé Harrison, suffit. C'est l'un des premiers et meilleurs singles de Ringo Starr qui va chanter à son tour. Le public l'ovationne dès les premiers mots. Bon, il est pas super juste et ce n'est jamais facile de chanter et de jouer de la batterie en même temps, mais il assure pas mal. Mais le morceau a le mérite d'être vraiment excellent avec une bonne partie de cuivres et des supers parties de guitare. La seule chose dommage c'est que Ringo, perchée sur sa batterie, a l'air plus concentré qu'autre chose et semble chanter sans trop de conviction. On l'a vu plus à l'aise !
- "Beware of darkness" (Harrison) : Retour de George au chant, pour une chanson plus calme et "lourde". Une belle chanson, bien interprétée, mais avec toujours ces choeurs un peu incongrus. Puis Harrison laisse place à Leon Russell pour chanter un couplet de la chanson. Ce dernier assure très bien même si le spot sensé l'éclairer n'est pas très bien orienté ! ;-) Un bon morceau, bien cadré avec une interprétation très sobre.
Puis vient le moment de la présentation des musiciens par George Harrison : Ringo Starr, très applaudi et qui aura le droit à qques notes de "Yellow Submarine" jouées au piano par le facétieux Leon Russell, ensuite Jim Keltner, l'autre batteur, à la basse Klaus Voormann dont "beaucoup ont entendu parler sans ne l'avoir jamais vu", plusieurs guitaristes, Mr Jesse Ed Davis, le vieil ami Eric Clapton, cigarette au bec et très applaudi lui aussi, "Leon" au piano, à qui Harrison demande de se lever (!), le groupe Apple Badfinger, les choeurs, les Hollywood Horn Players de Jim Horn, et le malheureux Billy Preston, oublié par Harrison avant que le public ne le lui rappelle !
- "While my guitar gently weeps" (Harrison) : C'était le bon moment pour introduire toute cette magnifique troupe, avant que résonne ce morceau emblématique d'Harrison. De plus, c'était la première fois qu'il était joué en public, d'où la particularité de l'évènement. Le public est évidemment conquis. Bon, Harrison n'apparaît pas très emballé, sans doute un peu tiraillé à l'idée de rejouer un morceau composé au sein des Beatles. Au solo, Eric Clapton n'a plus à se cacher, et il assure comme un chef. Malgré les qques difficultés à gérer les aigüs, on a le droit tout de même à une jolie performance, tout en sobriété, avec un joli final, duo de guitares entre Harrison et Clapton, avec regards complices et sourires de rigueur. Chapeau !
- Medley "Jumpin' Jack Flash" (Jagger/Richards) - "Young Blood" (Lieber/Stoller/Pomus) : Harrison tombe la veste, laissant apparaître sa belle chemise orange, et c'est à Leon Russell d'assurer le show pour deux chansons. A la basse, Klaus Voormann a laissé place à Carl Radle, bassiste de Clapton, et Don Preston, guitariste de Russell et jusque là dans les choeurs, est venu s'ajouter aux guitaristes déjà présents (ce qui en fait 4 électriques !). Russell est très à l'aise et en verve sur le premier morceau des Rolling Stones, avec sa voix rauque et cuivrée. Don Preston joue le solo final de transition avec le second morceau, "Young Blood", originalement interprété par les Coasters mais notamment repris par les Beatles (avec Harrison au chant) à leurs débuts. Russell est encore impeccable, doté d'un très bon groove dans le chant, doublé par ses partenaires guitaristes qui se fendent chacun d'un "You're the one". Après le joli solo chanté de Russell, toute la troupe reprend à nouveau "Jumpin' Jack Flash" pour finir. Un bien joli moment de récréation pour tous les musiciens, ovation méritée.
- "Here comes the sun" (Harrison) : On va encore se détendre ensuite avec ce nouveau morceau d'Harrison, encore un classique d'avec les Beatles. George a repris sa guitare acoustique, accompagné du leader des Badfinger, Pete Ham, également à la guitare acoustique. Aux premières notes, le public est déjà sous le charme, encore plus aux premiers mots. Une bien jolie interprétation d'Harrison, quoiqu'un peu trop rapide. A nouveau, on sent qu'il vacille un peu avec ses chansons d'ex-Beatles, comme s'il avait une certaine pression à les jouer. Mais sa voix reste touchante et son jeu appliqué. Les "Sun Sun Sun here it comes" sont accompagnés des choeurs, pour une fois très propres. Un morceau toujours aussi enchanteur, dommage que cela ne dure pas assez longtemps...
- "A Hard rain's a-gonna fall" (Dylan) : Lorsqu'Harrison annonce "un ami qu'on a tous en commun", Mr Bob Dylan, c'est le vacarme, l'ovation est incroyable. Il est là, habillé en jean de la tête aux pieds, avec sa guitare et son harmonica accroché à la bouche. Derrière, dans l'obscurité, Leon Russell est à la basse, Harrison à la guitare électrique et Ringo Starr au tambourin. Le silence est total, on écoute le Zim, à peine éclairé par une lumière orangée. Il a l'air à l'aise et bien que je ne sois pas non plus un spécialiste de son oeuvre, on sent vraiment qque chose de particulier qui se passe dans la salle pendant son tour de chant. Cette première chanson me plaît beaucoup en tout cas.
- "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" (Dylan) : Nouveau morceau bien sympathique où Dylan s'aide un peu de son harmonica et où Harrison fait doucement résonner ses cordes électriques. Joli moment.
- "Blowin' in the wind" (Dylan) : Un classique donc une belle acclamation dès les premiers mots. Comment ne pas tomber sous le charme de ces ballades sans âge ? Harmonica de rigueur à nouveau et que du plaisir dans les oreilles et devant les yeux, avec un Dylan vraiment impliqué et inspiré.
- "Mr Tambourine Man" (Dylan) : Petite parenthèse pour préciser que ce morceau est très bizarrement absent de la version DVD du concert ! Heureusement, on le trouve sur l'album, juste avant "Just like a woman". Peut-être qu'il ne l'a pas chanté le soir et qu'ils n'ont pas voulu faire de montage ? Toujours est-il que c'est bien dommage car ce morceau, c'est du lourd, l'une des chansons phares du Dylan des 60's. On adore...
- "Just like a woman" (Dylan) : La voix de Dylan est ici encore plus marquée, très nasillarde, avec sur les choeurs (les "Just like a woman"), les douces voix de Russell et Harrison qui s'avancent au micro pour l'accompagner. Encore un très joli moment. Le public semble apprécier énormément, criant des "Encore" "Encore" à foison. En effet, ce morceau clôt la partie de Mr Bob.
- "Something" (Harrison) : Retour d'Harrison et de sa chemise orange pour l'une de ses chansons phares à lui. Les premières notes font frémir le public qui applaudit à nouveau très fort. Harrison y va tout en douceur mais semble beaucoup plus décontracté désormais, regardant souvent ses partenaires avec sourire. Le solo est moins réussi qu'en version album, mais ça passe tout de même, toujours aussi sobre. Jolie performance avant le grandiose final...
- "Bangla Desh" (Harrison) : Harrison a repris sa veste sur le dos et s'en est allé avec ses musiciens, la lumière s'est éteinte, le public redouble d'applaudissements et revoilà tout le monde pour le rappel. Harrison remercie le public de sa gentillesse et s'arme alors de sa guitare. C'est parti pour le climax du concert, cette chanson finale, composée spécialement pour l'occasion : "Bangla Desh". Une oeuvre d'une rare beauté et sincérité. Les paroles rappellent simplement le pourquoi de cet évènement : "Mon ami est venu me voir, avec de la tristesse dans les yeux, et il m'a demandé de l'aide pour essayer de sauver qques vies/Même si je ne pouvais ressentir leur douleur, je savais que je devais essayer et je vous demande de m'écouter pour vous expliquer pourquoi/Bangladesh, où trop de gens sont en train de mourir...". L'interprétation d'Harrison est, sur ce morceau, de loin la plus convaincante. On a l'impression qu'il n'attendait que ce moment pour se lâcher pleinement et crier tout son désarroi devant cette situation. Je crois que sa performance ici est à l'image de ce que sont les vrais moments de sincérité sur des concerts de charité. On sent, en une seule chanson, toute son implication et on est traversé alors par une compassion et un respect vraiment très forts. Le DVD nous y aide bien en montrant à nouveau des images de gens morts de faim et malades pendant la chanson. C'était bien là le but du concert et cette chanson vient le rappeler. Respect. Superbe chanson, très forte, très puissante, avec un excellent solo de saxophone et une basse trépidante. Tandis que tout le monde continue à jouer, Harrison est le premier à poser sa guitare et quitter la scène sous les acclamations du public... C'est la fin...
Le générique de fin, avec les portraits des différents musiciens à la manière du générique du "Bon, la Brute et le Truand" est bien fait, on y entend la fin de "Bangla Desh" ainsi que la longue ovation du public...
Passons aux bonus proposés par l'édition DVD. Tout d'abord un documentaire, "The Concert for Bangladesh Revisited".
Un texte rappelle rapidement la genèse de l'évènement avant qu'on passe à un extrait de la conférence de presse donnée par Harrison et Shankar avant le concert, notamment le moment où l'ex-Beatle explique simplement pourquoi il a choisi de se consacrer à ce conflit en particulier. Puis une sorte de générique intervient sur fond de "Awaiting on you all", avec des images du public du Madison Square Garden dansant et applaudissant, ainsi que des vignettes des différents invités du concert.
Le doc commence par un reportage de la télé américaine, avec un reporter qui se trouve devant la queue immense qui se trouve devant la salle de concert. Il explique qu'il y avait longtemps qu'un concert n'avait attiré autant de foule. Les gens ont attendu depuis la veille pour se procurer des tickets. Certains sont interrogés, une spectatrice veut être bien placée, l'autre est touchée par le conflit, un dernier dit simplement qu'il est "maso" ! Le reporter finit en expliquant que les fans n'avaient pas été aussi excités depuis le dernier concert des Beatles au Shea Stadium.
On a ensuite un court extrait d'une interview post-concert donnée par Harrison à la télévision où il explique comment il s'est impliqué dans l'évènement, illustré par des images du concert, puis retour à la conférence de presse déjà citée. Puis c'est Ravi Shankar qui intervient, dans une interview donnée récemment cette fois. Il parle du conflit au Bangladesh, illustré par des images de l'époque.
Retour d'Harrison qui va plus loin, expliquant que la célébrité des Beatles jouait en sa faveur, citant John Lennon qui l'avait aidé à utiliser ce "pouvoir" de médiatisation pour récolter des fonds. Conférence de presse à nouveau, un journaliste lui demande comment il se sent d'être la star numéro un de ce futur concert, George réplique qu'il a "le trac" ! Puis images de "Something"...
Harrison reprend et insiste sur le fait que le plus important est que cela ait marché, qu'ils ont réussi à organiser ce concert en très peu de temps. Le 1er août a été choisi car c'était le seul jour où le Madison Square Garden était libre ! Il ajoute que les gens sont donc venus très vite, qu'il y a eu très peu de répétitions voire pas du tout.
Jann Wenner, de la revue Rolling Stone, intervient ensuite. Il se rappelle de l'impressionnante énergie qui régnait autour de la salle avant le concert. Retour rapide à la conférence de presse où Harrison se sent honoré que les billets se soient vendus très vite, en qques minutes, et que ce soit notamment dû à son passé au sein des Beatles.
C'est au tour de Lord Puttnam, président d'UNICEF Grande-Bretagne, d'intervenir ensuite. Il dit juste qu'il était super heureux d'être là... Puis Jann Wenner revient et dit qu'il n'aime pas l'expression de "concert de superstars" même si c'était le premier dans le genre. Il ajoute en tout cas qu'il était exceptionnel car c'était la première fois qu'on voyait un ex-Beatle sur scène depuis la rupture. Images de "It don't come easy" ensuite...
Harrison revient en voix off pour dire qu'il a passé deux mois à appeler tout le monde, pour voir qui serait disponible. Il savait qu'il pouvait compter absolument sur les deux batteurs, Ringo Starr et Jim Keltner. Il dit qu'il voyait beaucoup Leon Russell qui lui avait dit qu'il viendrait, puis le groupe Badfinger.
Place à Ringo Starr pour une interview récente (quand je dis récent, c'est qu'elle a été faite spécificiquement pour la sortie du DVD, donc il y a seulement qques années). Il se rappelle de la beauté de l'évènement et du public présent. Jim Keltner, inteviewé récemment aussi, ajoute que tout le monde voulait aider et participer à sa façon : "Qui dirait non à George ?". Puis c'est Billy Preston, lui aussi interrogé récemment, qui explique que George l'avait appelé, lui avait parlé de l'aspect caritatif et qu'il avait été très heureux de participer, d'autant plus qu'il allait jouer avec des personnes avec qui il n'avait pas l'habitude de jouer. Images de "That's the way God planned it" ensuite...
Preston reprend en précisant que si le premier concert avait été excellent, le second l'avait été encore plus car tout le monde était détendu et relâché. Il raconte notamment le moment où il a sauté sur scène de bonheur pendant sa chanson, et de la fureur de Phil Spector qui ne le retrouvait plus.
On passe ensuite à Leon Russell dans une interview récente, il a gardé ses cheveux longs et sa barbe mais qui sont devenus tout blanc ! Il raconte qu'il pensait avoir le trac d'être là, entouré de toutes ces stars mais que finalement, tout s'est bien passé. Images de son medley et des répétitions ensuite...
Il n'explique pas vraiment pourquoi il a fait ces choix de chansons mais dit qu'il en fallait que tout le monde connaisse et que c'était une performance de très haut niveau.
Vient ensuite le directeur de production du concert qui parle des répétitions, survenues qques jours seulement avant le concert, à Carnegie Hall. Mais il manquait un guitariste, Eric Clapton ! Harrison rajoute qu'ils lui avaient réservé une place sur tous les vols des jours précédant le concert mais qu'il n'était toujours pas là. N'étant pas certain de le voir venir, ils ont engagé Jesse Ed Davis, un ancien guitariste de Taj Mahal. Ils ont ensuite envoyé un message à Clapton pour lui dire que ce n'était plus la peine de venir et ce dernier s'est alors enfin décidé à prendre l'avion ! Harrison ajoute que celui-ci est un génie, qu'il a très bien joué sans avoir répété. Images du splendide solo à deux d'Harrison et Clapton sur "While my guitar gently weeps" ensuite... :-)
Justement, Eric Clapton intervient à son tour dans une interview récente où il déclare s'être compliqué la vie, notamment en jouant avec une guitare pas du tout adaptée pour cette dernière chanson. Il explique qu'à l'époque, il sortait d'une sorte de retraite, du coup il était dans un autre monde, à côté de la plaque, et que même aux répétitions, il se sentait trop mal pour jouer. Ensuite, on voit de belles images de répétitions, le groupe jouant "Come on in my kitchen" de Robert Johnson avec un duo Harrison-Russell au chant.
Clapton enchaîne en disant qu'il se sentait mal mais qu'il était quand même venu à cause des gens qui participaient et pour George qui prenait un risque en organisant ce genre d'évènement. Vient Neil Aspinall, d'Apple, ensuite, qui pense que cet évènement à demandé à George beaucoup d'humilité, parce que les Beatles venaient de se séparer, parce que son premier album solo avait été un succès, et paradoxalement, il aurait risqué de voir ses offres refusées... Pas très convainquant le Neil.
Le cas Dylan est exposé ensuite. Harrison explique qu'il a été franc avec lui et qu'il voulait qu'il soit là. Le directeur de production explique qu'il a fallu organiser des répétitions spéciales pour lui. George reprend en expliquant que jusqu'au dernier moment, cela avait failli ne pas se faire, que Dylan avait été très impressionné par la taille de la salle et de toute cette organisation. La réponse d'Harrison fut excellente, il lui dit que lui aussi était impressionné, que c'était la première fois qu'il faisait un truc solo comme ça alors que Dylan y était habitué. Il ajoute que même sur sa petite liste de chansons, il avait marqué "Bob ?" après "Here comes the sun", n'était vraiment certain de rien. Puis Jim Keltner raconte le moment où dans l'obscurité, il a aperçu une ombre, tout de jean vêtu, et il a pu reconnaître immédiatement Bob Dylan s'avancer scène. Harrison savait qu'il était fin prêt... Images de "Just like a woman"...
Ringo Starr reprend la parole et raconte que la prestation de Dylan, durant laquelle il était au tambourin, était assez improvisée mais que ça allait beaucoup mieux pour le second concert. Images de "A Hard rain's a-gonna fall"...
Puis Jann Wenner revient et explique qu'à l'époque de ce concert, la scène rock n'allait pas bien, qu'elle était dans un creux. Hendrix et Joplin étaient morts, il y avait eu le drame d'Altamont, Dylan n'était plus dans le coup, les Beatles s'étaient séparés... Ce concert constitua donc une sorte de tournant. Clapton renchérit en parlant de cette philosophie des années 60 qui s'était effondrée, notamment à cause de l'arrivée des drogues dures dans le monde du spectacle, qui tuaient le "rêve". Wenner rajoute que cet évènement apportait de la réalité au mouvement "Peace & Love", que tout le monde s'est senti bien et fiers de la musique grâce à ce concert.
On retrouve ensuite Ravi Shankar, d'abord dans son discours d'introduction à sa première partie du concert, puis récemment, où il revient sur ce fameux tonnerre d'applaudissements qui a suivi le réaccordage des instruments. Shankar sourit et explique que les gens ont cru qu'il s'agissait d'un morceau, cette musique étant nouvelle pour eux. Images de sa prestation ensuite...
Il revient sur l'émotion de ce moment unique car il a permis au monde entier de connaître le Bangladesh et le terrible conflit qui s'y jouait alors. Après cela, on a une très belle phrase d'Harrison pendant la conférence de presse, il dit que la prise de conscience est pour lui beaucoup plus important que l'argent car même des millions de $ seront peu par rapport à l'ampleur du problème. Images de "Here comes the sun"...
Harrison indique ensuite que les deux concerts ont rapporté 250 000 $, bien plus que les 20 000 $ déjà versés par Ravi Shankar. Charles Lyons, président du fonds Américain de l'UNICEF, explique que cet argent a servi à acheter de la nourriture et des équipements ainsi que des traitements médicaux. Shankar rappelle que ce fut le premier évènement de ce type, Ringo Starr renchérit, puis Billy Preston en disant que ce concert a montré que les musiciens pouvaient changer les choses en jouant ensemble.
Toujours sur le même thème, Ravi Shankar parle de ces centaines de concerts qui ont eu lieu depuis, prenant exemple sur le "Concert for Bangladesh". Evidemment, pour réagir à cela, le réalisateur de ce documentaire a eu la bonne idée de demander son avis à Bob Geldof, qui parle du succès artistique et spirituel du concert. Images de "My Sweet Lord"...
Harrison reprend en parlant de la qualité des musiciens présents, du fait qu'ils aient laissé leur égo de côté pour jouer ensemble, car de tte manière, le but de ce concert les dépassait tous. Charles Lyons, de l'UNICEF, porte ensuite un discours sur l'importance de se donner soi-même, quoiqu'il arrive, même si l'on se sent bien souvent impuissant. Harrison ajoute que les gens ont été poussés ensuite à faire qque chose, à aller recueillir de l'argent, faire des dons, aller aider l'UNICEF. Lyons reprend en disant que ce genre d'action aide à faire réfléchir ensuite les puissants. Puis c'est Lord Puttnam qui rajoute que même si aujourd'hui, les esprits ont changé et sont plus pragmatiques, à l'époque, les gens pensaient vraiment qu'ils pouvaient changer le monde de cette manière, par la musique notamment; et que George Harrison a toujours que les rêves des années 60 pouvaient se réaliser. Ensuite, c'est Kofi Annan, rien que ça, secrétaire général de l'ONU à l'époque du DVD, qui intervient pour dire que ce concert fut une révolution, que maintenant c'est assez commun, mais qu'à l'époque c'était unique et audacieux : "They were pionneers". Eric Clapton conclut en disant qu'à ce moment-là, ils se sentaient fiers d'être musiciens.
Kofi Annan parle ensuite de la chanson "Bangladesh" et de ses paroles qui révèlent l'homme qui est derrière la musique. Images de "Bangladesh" pour terminer le documentaire...
Un documentaire "making of" très bien fait donc, notamment parce qu'il apporte les voix de nombreux participants du concert. A la fin, on comprend bien tout ce qu'il s'est passé, de la genèse au concert en lui-même en passant par l'ambiance et l'état d'esprit des participants et du public. Que demander de plus ?
Sur ce DVD bonus, on trouve également des morceaux joués pendant les répétitions ou lors du concert de l'après-midi et qui ne figurent pas sur le film du concert et sur l'album original. Les voici :
- "If not for you" (Dylan) : Cette magnifique chanson de Bob Dylan avait été reprise de bien belle manière par Harrison sur son premier album solo, "All Things must pass". Les deux amis ont profité de l'occasion d'être réunis pour la jouer ensemble, mais uniquement en répétitions. C'est un moment évidemment magique... Tous deux dans la lumière, jouant et chantant en duo, en se regardant, très décontractés. De plus, leurs voix s'accordent très bien. Un moment très charmant pour une chanson toute aussi charmante !
- "Come on in my kitchen" (Johnson) : Encore les répétitions mais cette fois pour Leon Russell et le reste du groupe qui chantent cette chanson de Robert Johnson. Très joli morceau bluesy où tout le monde a l'air des plus décontracté. Russell mène donc la danse au chant, accompagné sur certaines phrases par Harrison. Très sympa.
- "Love Minus Zero / No limit" (Dylan) : Ce morceau de Dylan est un bonus proposé sur la réédition de l'album du concert et sur le DVD. Il avait été joué lors du concert de l'après-midi, d'où son évincement du film notamment. Dommage parce qu'il s'agit vraiment à nouveau d'une très belle chanson, notamment sur le plan mélodique, avec des airs proches de ''If not for you" et une splendide partie de guitare électrique signée Harrison. Dylan n'a pas l'air des plus à l'aise mais il est très touchant quand il chante et il joue toujours aussi bien de l'harmonica ! Enfin, la basse de Leon Russell est elle aussi délicieuse. La fin est très jolie, puisqu'on voit Dylan terminer le morceau avec un Harrison tout sourire derrière, ravi sans doute de voir son ami bien présent et de la belle ovation offerte par le public pour son chouchou.
Pour finir, on trouve également d'autres petits bonus tels que le making-of du film, expliqué Norm Kinney et Steve Mitchell, deux ingénieurs du son qui ont réalisé le mixage de l'album, mais aussi par Neil Aspinall d'Apple et le réalisateur du film, Saul Swimmer. Tous racontent qu'il s'agissait ici aussi de qque chose de vraiment spécial car peu de concerts étaient filmés par des professionnels à cette époque. Du coup, c'était vraiment très compliqué sur le plan technique. Heureusement qu'il y avait deux concerts, comme ça, ils pouvaient se rattraper sur l'un ou sur l'autre, choisir les meilleures prises. Jim Keltner rajoute que tout le monde était au moins rassuré pour le son car Phil Spector gérait cette partie-là. Ce dernier insistait pour que l'atmosphère soit rendue le plus fidèlement possible, soit avec beaucoup de sons provenant du public. Jann Wenner, de Rolling Stone, ajoute que Spector avait réussi à restituer son fameux "Wall of sound" grâce à la présence de tous ces musiciens (7 ou 8 guitaristes !). Les ingénieurs du son rigolent car ils ont utilisé 44 micros pour tous les musiciens alors que de nos jours, ils en utilisent autant pour une seule batterie !
Puis Jim Horn, interviewé récemment, se remémore la première du film, donnée à Santa Monica, en Californie. Tout le monde était là ou presque, excités à l'idée de se voir dans le film. On voit des images de cette soirée où était notamment présent John Lennon. Puis les ingénieurs du son reprennent la parole et racontent que Harrison, qui avait beaucoup d'humour, voulait laisser un petit qque chose pour les fans, l'un de ces messages cachés dont ils sont friands. Alors ils disent qu'il y a un morceau de bande passée à l'envers, qque part vers la fin de l'album mais que finalement, personne n'en a jamais parlé !
Après le making-of du film, le making-of de l'album ! Il était bien prévu qu'un album sorte même s'il s'agissait là encore de qque chose de spécial. Bhaskar Menon, directeur de Capitol Records à l'époque, raconte qu'il fallait gérer le fait que des musiciens issus de maisons de disques différentes se retrouvent sur le même album. On retrouve ensuite Harrison en interview qui explique qu'il a passé un mois après le concert avec Phil Spector à produire l'album. Evidemment, il y eut des conflits entre les maisons de disques qui se sont battues pour sortir l'album et cela a retardé sa commercialisation, ce qui a fortement déçu Harrison. Finalement, tout est bien qui finit bien puisque l'album est sorti et a reçu le grammy award du meilleur album (on peut voir les images de la cérémonie, Ringo Starr était présent pour le recevoir).
Ensuite, il y a un petit doc consacré au packaging de l'album. La parole est donnée à Tom Wilkes, qui s'en chargé. Il explique son choix de ne pas prendre une photo de George pour illustrer l'album mais plutôt une photo correspondant mieux à l'évènement. Celle du petit enfant qui a été choisie exprimait pour lui une vraie compassion humaine et surtout la réalité de ce qu'il se passait là-bas. Jonathan Taplin, le producteur du concert, ajoute qu'il s'agissait d'un acte courageux qui, au départ, n'a pas été pris au sérieux par les responsables marketing de Capitol. Le livret a été conçu par Tom Wilkes et le photographe du concert, Barry Feinstein.
Un autre petit chapitre est consacré aux mémoires de certains des participants sur ce jour d'août 1971. Il y a d'abord un portrait croisé de Ringo Starr et Jim Keltner qui se sont rencontrés à cette occasion. Keltner raconte qu'il essayait de garder son calme car il était complètement fan de l'ex-Beatle. Ensuite, la plupart des intervenants des divers docs du DVD racontent chacun combien l'ambiance était bonne, l'enthousiasme des musiciens, du public, etc. Ils insistent sur le cas Dylan dont la présence était exceptionnelle. C'est lui qui a demandé à Leon Russell de venir l'accompagner à la basse. Ce dernier s'est alors emparé de l'instrument de Klaus Voormann. Celui-ci rajoute que, pour lui, le passage de Dylan fut le meilleur moment du concert car tout le monde l'adorait. C'est Ravi Shankar qui conclut en parlant de "miracle" à propos de ce concert...
Pour le reste des bonus, une galerie photo sur fond musical, et des génériques musicaux ou non.
Nous en avons donc enfin terminé avec la revue de cet immense objet ! Que dire ? On ne va pas trop en rajouter non plus.
En ce qui concerne le DVD, le coffret est donc tout simplement splendide, avec gadgets à gogo pour une belle collection. Le film est évidemment un très beau document car il permet de voir qques très grandes stars sur scène à une époque où ils étaient encore jeunes et au sommet. L'image est très bonne malgré un éclairage d'époque pas forcément très réussi, avec beaucoup d'obscurité. Côté son, c'est parfait, il n'y a rien à dire malgré la présence de nombreux instruments.
Pour le CD, c'est là encore un bel objet, très complet.
Musicalement, c'est donc un très beau concert. Harrison a choisi ses meilleures oeuvres des Beatles et en solo, il a fait également un bon choix parmi les nombreuses chansons de son "All Things Must Pass". Il y aurait pu en avoir pleins d'autres mais c'est déjà très bien. Par contre, on reste très curieux de pouvoir entendre un jour "Hear me Lord" qu'il a chanté à au moins un des deux concerts mais qu'il n'a pas voulu voir figurer ni sur l'album, ni sur le film, non satisfait du résultat... Dommage. En tout cas, Harrison est en très grande forme, une super voix, une super guitare et sacrément bien accompagné. De plus, il nous offre pour l'occasion une chanson inédite, "Bangla Desh", qui reste l'une des meilleures de son oeuvre solo. Sinon, comme je l'ai dit plus haut, il y a juste les choeurs qui m'agacent ici et là, car ils ressemblent trop à des hurlements.
Pour ce qui est des autres chanteurs, que du bon également. Ringo a choisi sa meilleure chanson solo, celle de Billy Preston est excellente, très bon choix aussi pour Leon Russell et Dylan fait plaisir à tout le monde en interprétant qques uns de ses plus grands tubes des années 60.
Il n'y a donc vraiment rien à jeter, on est emballé du début à la fin. George Harrison peut être fier non seulement d'avoir organisé le premier concert de charité de l'histoire mais aussi que celui-ci soit magnifique. A écouter, encore et encore, en ayant toujours une petite pensée en même temps pour la cause que cet évènement défendait de manière globale : la paix dans le monde.
Les morceaux à retenir : "Wah-Wah", "Awaiting on you all", "That's the way God planned it", "A Hard rain's a-gonna fall", "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry", "Blowin' in the wind", "Mr Tambourine Man", "Just like a woman", "Bangla Desh", "Love minus zero/No limit".
C'est à partir de là que va naître le Concert for Bangladesh, le premier concert de rock à caractère humanitaire et caritatif de l'histoire (Eh non, ce n'est pas le Live Aid de Bob Geldof). L'idée est simple : faire deux concerts avec George Harrison en compagnie d'autres guests célèbres et reverser les recettes à l'UNICEF.
Ces deux concerts auront lieu le même jour (un l'après-midi, l'autre le soir) : le 1er août 1971 au Madison Square Garden de New-York.
Harrison appelle alors tous ses potes, non sans mal pour certains : Billy Preston, Leon Russel, Ringo Starr, Eric Clapton (qu'il ne fut pas aisé d'arracher d'Angleterre), Bob Dylan (qu'il sort de la retraite). Les deux autres ex-Beatles, Lennon et McCartney, ont également été conviés mais ne sont pas venus pour des raisons un peu obscures. McCartney se voyait mal apparaître sur scène avec ses anciens compères alors que les procès sur la déchirure des Beatles battaient leur plein et on dit qu'Harrison aurait demandé à Lennon de venir à condition que Yoko Ono ne chante pas, ce qui aurait évidemment déplu à l'ex-leader des Beatles (mais d'autres raisons sont également invoquées Lennon). Dommage en tout cas.
Ces têtes d'affiche seront accompagnées d'autres vieilles connaissances d'Harrison : Klaus Voormann, Jesse Ed Davis, les Badfinger, Jim Keltner, Carl Radle, Jim Horn et ses cuivres... soit la plupart des musiciens qui ont participé à son premier album solo dont on avait déjà parlé ici "All Things Must Pass".
La première partie du concert est confiée à Ravi Shankar et sa troupe qui proposent un long morceau de musique indienne dédié au Bangladesh. Ensuite, le reste du concert offre une majorité de chansons de George Harrison (Beatles ou solo), laissant une place également à Ringo Starr, Billy Preston et Leon Russell, ainsi qu'à Bob Dylan qui bénéficie d'une petite partie rien qu'à lui avant la fin.
Un double album issu du concert (produit par l'incontournable Phil Spector) est sorti ensuite, réédité et remasterisé il y a qques années avec en bonus un superbe coffret DVD (avec le film réalisé par Saul Swimmer, un proche des Beatles). Nous allons donc nous intéresser à tous ces objets, tout en décrivant aussi le concert, chanson par chanson.
Le premier double album qui était sorti avait une pochette très simple et évocatrice : un petit enfant bengali tout maigre assis devant une grande assiette vide. A l'intérieur, un livret assez fourni propose tout d'abord une explication de la situation politique du Bangladesh en 1971. Ce petit Etat situé à l'est de l'Inde appartenait alors au Pakistan (situé lui complètement de l'autre côté) et a demandé son indépendance. Cela n'a pas été accepté par le dictateur pakistanais de l'époque qui a procédé à des rafles sanglantes à l'encontre de ses opposants, et les civils n'échappent pas à l'épuration. Il y aurait eu des centaines de milliers de victimes...
On trouve ensuite un long témoignage de Ravi Shankar (une interview datant de qques jours après le concert) qui est d'origine Bengali. Très perturbé par les violences de mars 1971, il voulait vraiment agir. A ce moment-là, il était aux Etats-Unis pour finaliser la bande musicale du film "Raga". Les gens des ONG et autres organisations humanitaires lui ont alors suggéré de donner une performance caritative. Il s'est alors adressé à George Harrison qui se trouvait par là également. Au départ, il lui demandait conseil, de l'aider à contacter des artistes. Harrison, fortement touché par les évènements, a décidé alors de prendre part lui aussi au projet en appelant ses plus proches amis musiciens, et c'était joué.
Le reste du livret propose de nombreuses photos en couleurs issues du concert et illustrant chaque chanson. Au dos, on trouve deux photos très symboliques : l'une montre la somme totale des recettes (243 518, 50 $) remise à l'UNICEF, l'autre montre un étui de guitare ouvert, rempli de boîtes et sacs de nourriture à destination du Bangladesh.
La réédition de ce double album a une maquette complètement différente avec une couleur orange dominante. George Harrison est cette fois sur la pochette du boîtier (ça aurait quand même été mieux de garder le petit garçon, mais celui-ci se retrouve au moins sur la couverture du livret). Dans le livret, Ravi Shankar intervient à nouveau, mais cette fois-ci, son témoignage est de 2005. Il évoque à nouveau le concert en appelant à la mémoire de George Harrison, en expliquant l'importance de cet évènement et en le remerciant pour tout ce qu'il a fait.
Ensuite, une page est dédiée à nouveau à l'explication du conflit au Bangladesh puis c'est le président du fonds américain pour l'UNICEF, Charles Lyons, qui s'exprime pour donner des précisions sur la manière dont ont été utilisé les recettes. Il explique que ces recettes ont été multipliées grâce aux royalties des musiciens, aux ventes du CD et DVD ainsi que des dons.
Ici et là, on trouve aussi des photos et des citations de George Harrison à propos du projet. il dit notamment que l'idée est bien de Ravi Shankar et qu'il a passé un mois et demi au téléphone pour convaincre ses amis de venir participer au concert. D'autres citations récentes sont présentes, Ravi Shankar parle de l'émotion qui régnait sur scène, Ringo Starr de la beauté de l'évènement et de la qualité de l'auditoire, Eric Clapton de la liberté des musiciens à cette époque et de leur fierté d'accomplir ce geste sans penser à eux-mêmes pendant 5 minutes, Leon Russel d'une expérience de haut niveau du début à la fin.
Outre le son remasterisé, cette réédition propose un titre bonus : "Love minus zero/No limit" de Bob Dylan, interprété par ce dernier lors de son passage sur scène mais non présente sur le double CD original.
Pour finir, parlons du coffret DVD. Il est hautement luxueux ! On y retrouve, en pagaille, un autocollant Apple (!), un poster de l'affiche du concert (très très sobre), un fac-similé en carton de la feuille sur laquelle Harrison a écrit les paroles de la chanson "Bangladesh", des photos des différents participants du concert sous forme de cartes postales mais aussi un riche livret. Ce dernier est quasiment le même, en plus grand, que celui du CD sauf qu'il offre un peu plus de photos et de citations.
On recommande déjà l'acquisition de tous ces beaux objets d'autant plus que toutes les recettes continuent encore aujourd'hui d'être reversées à l'UNICEF. :-)
Commençons ainsi la revue chanson par chanson de ce concert d'anthologie, et en plus, y a les images donc tant mieux !
Avant que le concert ne commence, le DVD propose l'extrait d'une conférence de presse donnée par George Harrison et Ravi Shankar avant le concert. Harrison rappelle que le conflit au Bangladesh est très peu médiatisé et qu'ils vont faire ce concert pour les gens qui sont là-bas. Un journaliste lui demande pourquoi il a choisi ce conflit là et pas un autre, il répond que c'est juste parce qu'un ami le lui a demandé et c'est tout.
Ensuite, on a une vision de la salle vide pendant les préparatifs avec George en voix off qui explique que c'est Ravi Shankar qui a eu l'idée de cette action et qu'ensuite, il s'est occupé de l'organiser "with a little help from my friends". Tandis qu'on voit les principaux acteurs du concert en train de répéter sur scène, Harrison indique qu'il les a fait venir parfois de très loin, sans être payés, que le concert a rapporté seulement 250 000 $ mais que le disque en a rapporté beaucoup et qu'au moins, cela avait permis de nourrir ceux qui avaient faim. Et le concert peut enfin commencer...
Il faut savoir avant toute chose que le concert retranscrit dans ce DVD comporte des morceaux qu'on peut penser du second concert (celui du soir), sans doute car les musiciens devaient être plus décontractés. Mais à aucun moment, on ne sait vraiment de quelle captation il s'agit.
On retrouve d'abord George Harrison, tout seul, au micro, acclamé par toute la salle qu'il remercie. Il annonce le programme, avec une première partie consacrée à de la musique indienne (comme pour tous ses futurs concerts en solo), un duo de sitar et de sarod. Il dit que cette musique est plus sérieuse que la leur et il demande donc le calme pendant cette partie. Il introduit ainsi Ravi Shankar au sitar et Ustad Ali Akbar Khan au sarod. Il y a aussi Alla Rakha au tabla et Kamara au tamboura.
Puis George s'éclipse, laissant Ravi Shankar présenter sa partie. Ce dernier indique que sa musique exige une écoute concentrée. Il demande au public un peu de patience, connaissant le goût évidemment plus prononcé des auditeurs pour la suite du show. Avec sa musique, il voudrait faire prendre conscience aux gens de la gravité de la situation au Bangladesh (pendant ce temps, le DVD propose des images de personnes bengalis en déplacement ou d'enfants malades...). Shankar enchaîne en expliquant qu'ils vont jouer un "dhun", câd une mélodie inspirée d'un air folk du Bangladesh, suivi d'un gat rapide, en teentaal en 16 temps (ne me demandez pas d'explication !!!). Enfin, il demande aux gens de ne pas fumer pendant le concert !
Puis vient le moment cocasse... Les musiciens prennent qques secondes pour s'accorder, s'arrêtent et le public se met à applaudir ! Ravi Shankar le remercie en leur disant que s'ils apprécient autant l'accordage, il espère que la musique lui plaira encore plus ! ;-)
- "Bangla Dhun" (Shankar) : Il s'agit donc d'un très long morceau de musique indienne, de près de 15 minutes. Je ne suis pas un spécialiste donc je n'ai pas trop d'avis critique à apporter si ce n'est que ça s'écoute très facilement. Il y a une sorte de rengaine qui revient régulièrement, jouée au sitar par Shankar. Le joueur de sarod l'accompagne de solos, lui répondant et une sorte de duo se joue entre les deux, avec les percussions derrière (le joueur de tabla tape sur ses deux tambourins avec ses doigts très rapidement, fascinant !). Tout est une affaire de regards, de mouvements de tête, on ressent beaucoup de complicité entre eux. Le rythme accélère parfois avant de ralentir. On apprécie la technique remarquable des deux musiciens qui ont une vitesse d'exécution impressionnante. Au bout d'un moment, le morceau s'arrête un peu, le public applaudit et les musiciens reprennent de plus belle, sans doute pour la deuxième partie dont parlait Ravi Shankar précédemment. Le final est splendide, la musique allant de plus en plus vite jusqu'au bout. Très beau morceau en tout cas.
Les musiciens saluent et s'en vont, sous une très belle acclamation du public. Puis on voit une jolie image, dans les coulisses du Madison Square Garden, avec notamment Leon Russel et Ringo Starr qui débarquent très tranquillement, suivis de Phil Spector et d'autres personnes dont Allen Klein je crois. Derrière, le bel ange blanc, George Harrison qui tient déjà sa guitare, blanche également...
- "Wah-Wah" (Harrison) : Le public applaudit de plus belle, et la musique résonne dans le noir complet. Le fameux riff de guitare introduit de superbe manière le concert. Puis la lumière vient et le groupe est au complet, avec un George Harrison à l'air déterminé même si légèrement coincé. C'est la chanson idéale pour débuter ce concert, très emballante et puissante, toute en guitares, batteries, cuivres et choeurs. Clapton s'autorise qques disgressions tout à fait sympathiques et funky. On entend pas beaucoup le chant d'Harrison qui semble hurler pourtant dans le micro. Puis solo de saxophone par Jim Horn, très bien réussi. On apprécie aussi les gros plans sur la tête de George quand il chante, très beau avec sa barbichette touffue et ses cheveux longs. Une bien belle intro donc !
- "My Sweet Lord" (Harrison) : George a lâché sa guitare électrique pour une acoustique, place au tube ! Dès qu'il commence les premiers accords, le public adore ! "Hare Krishna" lance George avant que Clapton enchaîne avec les fameux accords de slide, peut-être un peu trop rapidement. Harrison ferme les yeux quand il chante, on le sent très inspiré par cette chanson, véritable prière. Les choeurs interviennent peu après et je dois dire que c'est ma seule critique. Ils ne sont un peu criards et pas très justes, faisant un peu tâche dans ces belles harmonies. Pour la fin, c'est mignon parce qu' Harrison s'est lancé dans des complaintes indiennes, et indique qu'il a fini en jetant un regard complice à Clapton qui reprend la slide et termine le morceau... Un joli moment donc, mais j'aime beaucoup moins les choeurs.
- "Awaiting on you all" (Harrison) : C'est l'un de mes moments préférés du concert. Encore une chanson dédiée à la religion, mais sous forme de gospel enjoué qui touche immédiatement sa cible. Les choeurs sont encore un peu rustres mais passent mieux ici. Cette chanson aurait vraiment pu être un hit également si elle avait été un peu plus mise en avant. George a repris sa belle guitare blanche et ses accords sont très jolis. Là encore, il lève la tête, les yeux fermés, mettant toute sa foi dans son interprétation. Il y a juste une interrogation, dans le dernier couplet, au lieu de chanter "You don't need no churches, you don't need no temples", il ne va pas citer les mots "churches" et "temples". Pour ne pas choquer le public américain ? En tout cas, la performance est très fluide et enlevée, on apprécie beaucoup !
- "That's the way God planned it" (Preston) : Place aux amis un petit peu. Harrison introduit un "ami de longue date", Billy Preston, pour l'un de ses singles de l'époque. C'est l'une des meilleures performances du concert. Non seulement, Preston est un excellent chanteur soul, mais en plus, il apporte une fougue assez unique comparée à ses camarades plutôt sobres pendant tout le concert (à l'exception peut-être de Leon Russell). Sa chanson est un très bon gospel, avec des choeurs qui m'irritent toujours un peu mais bon, ça passe. Puis bon solo d'organe avec bouche grande ouverte et yeux fermés levés vers le ciel... Ensuite, c'est l'emballement ! Preston et son petit bonnet se lève de son siège tandis que la musique s'accélère et se jette au milieu de la scène pour une petite danse totalement improvisée devant ses potes médusés mais qui tentent de garder le rythme ! Il paraît que Phil Spector a totalement paniqué à ce moment-là, se demandant où il était passé. Le public a adoré en tout cas et réservé une ovation méritée pour ce génial organiste. Super morceau et performance !
- "It don't come easy" (Starkey) : Pas besoin de l'annoncer, le splendide riff du début, signé Harrison, suffit. C'est l'un des premiers et meilleurs singles de Ringo Starr qui va chanter à son tour. Le public l'ovationne dès les premiers mots. Bon, il est pas super juste et ce n'est jamais facile de chanter et de jouer de la batterie en même temps, mais il assure pas mal. Mais le morceau a le mérite d'être vraiment excellent avec une bonne partie de cuivres et des supers parties de guitare. La seule chose dommage c'est que Ringo, perchée sur sa batterie, a l'air plus concentré qu'autre chose et semble chanter sans trop de conviction. On l'a vu plus à l'aise !
- "Beware of darkness" (Harrison) : Retour de George au chant, pour une chanson plus calme et "lourde". Une belle chanson, bien interprétée, mais avec toujours ces choeurs un peu incongrus. Puis Harrison laisse place à Leon Russell pour chanter un couplet de la chanson. Ce dernier assure très bien même si le spot sensé l'éclairer n'est pas très bien orienté ! ;-) Un bon morceau, bien cadré avec une interprétation très sobre.
Puis vient le moment de la présentation des musiciens par George Harrison : Ringo Starr, très applaudi et qui aura le droit à qques notes de "Yellow Submarine" jouées au piano par le facétieux Leon Russell, ensuite Jim Keltner, l'autre batteur, à la basse Klaus Voormann dont "beaucoup ont entendu parler sans ne l'avoir jamais vu", plusieurs guitaristes, Mr Jesse Ed Davis, le vieil ami Eric Clapton, cigarette au bec et très applaudi lui aussi, "Leon" au piano, à qui Harrison demande de se lever (!), le groupe Apple Badfinger, les choeurs, les Hollywood Horn Players de Jim Horn, et le malheureux Billy Preston, oublié par Harrison avant que le public ne le lui rappelle !
- "While my guitar gently weeps" (Harrison) : C'était le bon moment pour introduire toute cette magnifique troupe, avant que résonne ce morceau emblématique d'Harrison. De plus, c'était la première fois qu'il était joué en public, d'où la particularité de l'évènement. Le public est évidemment conquis. Bon, Harrison n'apparaît pas très emballé, sans doute un peu tiraillé à l'idée de rejouer un morceau composé au sein des Beatles. Au solo, Eric Clapton n'a plus à se cacher, et il assure comme un chef. Malgré les qques difficultés à gérer les aigüs, on a le droit tout de même à une jolie performance, tout en sobriété, avec un joli final, duo de guitares entre Harrison et Clapton, avec regards complices et sourires de rigueur. Chapeau !
- Medley "Jumpin' Jack Flash" (Jagger/Richards) - "Young Blood" (Lieber/Stoller/Pomus) : Harrison tombe la veste, laissant apparaître sa belle chemise orange, et c'est à Leon Russell d'assurer le show pour deux chansons. A la basse, Klaus Voormann a laissé place à Carl Radle, bassiste de Clapton, et Don Preston, guitariste de Russell et jusque là dans les choeurs, est venu s'ajouter aux guitaristes déjà présents (ce qui en fait 4 électriques !). Russell est très à l'aise et en verve sur le premier morceau des Rolling Stones, avec sa voix rauque et cuivrée. Don Preston joue le solo final de transition avec le second morceau, "Young Blood", originalement interprété par les Coasters mais notamment repris par les Beatles (avec Harrison au chant) à leurs débuts. Russell est encore impeccable, doté d'un très bon groove dans le chant, doublé par ses partenaires guitaristes qui se fendent chacun d'un "You're the one". Après le joli solo chanté de Russell, toute la troupe reprend à nouveau "Jumpin' Jack Flash" pour finir. Un bien joli moment de récréation pour tous les musiciens, ovation méritée.
- "Here comes the sun" (Harrison) : On va encore se détendre ensuite avec ce nouveau morceau d'Harrison, encore un classique d'avec les Beatles. George a repris sa guitare acoustique, accompagné du leader des Badfinger, Pete Ham, également à la guitare acoustique. Aux premières notes, le public est déjà sous le charme, encore plus aux premiers mots. Une bien jolie interprétation d'Harrison, quoiqu'un peu trop rapide. A nouveau, on sent qu'il vacille un peu avec ses chansons d'ex-Beatles, comme s'il avait une certaine pression à les jouer. Mais sa voix reste touchante et son jeu appliqué. Les "Sun Sun Sun here it comes" sont accompagnés des choeurs, pour une fois très propres. Un morceau toujours aussi enchanteur, dommage que cela ne dure pas assez longtemps...
- "A Hard rain's a-gonna fall" (Dylan) : Lorsqu'Harrison annonce "un ami qu'on a tous en commun", Mr Bob Dylan, c'est le vacarme, l'ovation est incroyable. Il est là, habillé en jean de la tête aux pieds, avec sa guitare et son harmonica accroché à la bouche. Derrière, dans l'obscurité, Leon Russell est à la basse, Harrison à la guitare électrique et Ringo Starr au tambourin. Le silence est total, on écoute le Zim, à peine éclairé par une lumière orangée. Il a l'air à l'aise et bien que je ne sois pas non plus un spécialiste de son oeuvre, on sent vraiment qque chose de particulier qui se passe dans la salle pendant son tour de chant. Cette première chanson me plaît beaucoup en tout cas.
- "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" (Dylan) : Nouveau morceau bien sympathique où Dylan s'aide un peu de son harmonica et où Harrison fait doucement résonner ses cordes électriques. Joli moment.
- "Blowin' in the wind" (Dylan) : Un classique donc une belle acclamation dès les premiers mots. Comment ne pas tomber sous le charme de ces ballades sans âge ? Harmonica de rigueur à nouveau et que du plaisir dans les oreilles et devant les yeux, avec un Dylan vraiment impliqué et inspiré.
- "Mr Tambourine Man" (Dylan) : Petite parenthèse pour préciser que ce morceau est très bizarrement absent de la version DVD du concert ! Heureusement, on le trouve sur l'album, juste avant "Just like a woman". Peut-être qu'il ne l'a pas chanté le soir et qu'ils n'ont pas voulu faire de montage ? Toujours est-il que c'est bien dommage car ce morceau, c'est du lourd, l'une des chansons phares du Dylan des 60's. On adore...
- "Just like a woman" (Dylan) : La voix de Dylan est ici encore plus marquée, très nasillarde, avec sur les choeurs (les "Just like a woman"), les douces voix de Russell et Harrison qui s'avancent au micro pour l'accompagner. Encore un très joli moment. Le public semble apprécier énormément, criant des "Encore" "Encore" à foison. En effet, ce morceau clôt la partie de Mr Bob.
- "Something" (Harrison) : Retour d'Harrison et de sa chemise orange pour l'une de ses chansons phares à lui. Les premières notes font frémir le public qui applaudit à nouveau très fort. Harrison y va tout en douceur mais semble beaucoup plus décontracté désormais, regardant souvent ses partenaires avec sourire. Le solo est moins réussi qu'en version album, mais ça passe tout de même, toujours aussi sobre. Jolie performance avant le grandiose final...
- "Bangla Desh" (Harrison) : Harrison a repris sa veste sur le dos et s'en est allé avec ses musiciens, la lumière s'est éteinte, le public redouble d'applaudissements et revoilà tout le monde pour le rappel. Harrison remercie le public de sa gentillesse et s'arme alors de sa guitare. C'est parti pour le climax du concert, cette chanson finale, composée spécialement pour l'occasion : "Bangla Desh". Une oeuvre d'une rare beauté et sincérité. Les paroles rappellent simplement le pourquoi de cet évènement : "Mon ami est venu me voir, avec de la tristesse dans les yeux, et il m'a demandé de l'aide pour essayer de sauver qques vies/Même si je ne pouvais ressentir leur douleur, je savais que je devais essayer et je vous demande de m'écouter pour vous expliquer pourquoi/Bangladesh, où trop de gens sont en train de mourir...". L'interprétation d'Harrison est, sur ce morceau, de loin la plus convaincante. On a l'impression qu'il n'attendait que ce moment pour se lâcher pleinement et crier tout son désarroi devant cette situation. Je crois que sa performance ici est à l'image de ce que sont les vrais moments de sincérité sur des concerts de charité. On sent, en une seule chanson, toute son implication et on est traversé alors par une compassion et un respect vraiment très forts. Le DVD nous y aide bien en montrant à nouveau des images de gens morts de faim et malades pendant la chanson. C'était bien là le but du concert et cette chanson vient le rappeler. Respect. Superbe chanson, très forte, très puissante, avec un excellent solo de saxophone et une basse trépidante. Tandis que tout le monde continue à jouer, Harrison est le premier à poser sa guitare et quitter la scène sous les acclamations du public... C'est la fin...
Le générique de fin, avec les portraits des différents musiciens à la manière du générique du "Bon, la Brute et le Truand" est bien fait, on y entend la fin de "Bangla Desh" ainsi que la longue ovation du public...
Passons aux bonus proposés par l'édition DVD. Tout d'abord un documentaire, "The Concert for Bangladesh Revisited".
Un texte rappelle rapidement la genèse de l'évènement avant qu'on passe à un extrait de la conférence de presse donnée par Harrison et Shankar avant le concert, notamment le moment où l'ex-Beatle explique simplement pourquoi il a choisi de se consacrer à ce conflit en particulier. Puis une sorte de générique intervient sur fond de "Awaiting on you all", avec des images du public du Madison Square Garden dansant et applaudissant, ainsi que des vignettes des différents invités du concert.
Le doc commence par un reportage de la télé américaine, avec un reporter qui se trouve devant la queue immense qui se trouve devant la salle de concert. Il explique qu'il y avait longtemps qu'un concert n'avait attiré autant de foule. Les gens ont attendu depuis la veille pour se procurer des tickets. Certains sont interrogés, une spectatrice veut être bien placée, l'autre est touchée par le conflit, un dernier dit simplement qu'il est "maso" ! Le reporter finit en expliquant que les fans n'avaient pas été aussi excités depuis le dernier concert des Beatles au Shea Stadium.
On a ensuite un court extrait d'une interview post-concert donnée par Harrison à la télévision où il explique comment il s'est impliqué dans l'évènement, illustré par des images du concert, puis retour à la conférence de presse déjà citée. Puis c'est Ravi Shankar qui intervient, dans une interview donnée récemment cette fois. Il parle du conflit au Bangladesh, illustré par des images de l'époque.
Retour d'Harrison qui va plus loin, expliquant que la célébrité des Beatles jouait en sa faveur, citant John Lennon qui l'avait aidé à utiliser ce "pouvoir" de médiatisation pour récolter des fonds. Conférence de presse à nouveau, un journaliste lui demande comment il se sent d'être la star numéro un de ce futur concert, George réplique qu'il a "le trac" ! Puis images de "Something"...
Harrison reprend et insiste sur le fait que le plus important est que cela ait marché, qu'ils ont réussi à organiser ce concert en très peu de temps. Le 1er août a été choisi car c'était le seul jour où le Madison Square Garden était libre ! Il ajoute que les gens sont donc venus très vite, qu'il y a eu très peu de répétitions voire pas du tout.
Jann Wenner, de la revue Rolling Stone, intervient ensuite. Il se rappelle de l'impressionnante énergie qui régnait autour de la salle avant le concert. Retour rapide à la conférence de presse où Harrison se sent honoré que les billets se soient vendus très vite, en qques minutes, et que ce soit notamment dû à son passé au sein des Beatles.
C'est au tour de Lord Puttnam, président d'UNICEF Grande-Bretagne, d'intervenir ensuite. Il dit juste qu'il était super heureux d'être là... Puis Jann Wenner revient et dit qu'il n'aime pas l'expression de "concert de superstars" même si c'était le premier dans le genre. Il ajoute en tout cas qu'il était exceptionnel car c'était la première fois qu'on voyait un ex-Beatle sur scène depuis la rupture. Images de "It don't come easy" ensuite...
Harrison revient en voix off pour dire qu'il a passé deux mois à appeler tout le monde, pour voir qui serait disponible. Il savait qu'il pouvait compter absolument sur les deux batteurs, Ringo Starr et Jim Keltner. Il dit qu'il voyait beaucoup Leon Russell qui lui avait dit qu'il viendrait, puis le groupe Badfinger.
Place à Ringo Starr pour une interview récente (quand je dis récent, c'est qu'elle a été faite spécificiquement pour la sortie du DVD, donc il y a seulement qques années). Il se rappelle de la beauté de l'évènement et du public présent. Jim Keltner, inteviewé récemment aussi, ajoute que tout le monde voulait aider et participer à sa façon : "Qui dirait non à George ?". Puis c'est Billy Preston, lui aussi interrogé récemment, qui explique que George l'avait appelé, lui avait parlé de l'aspect caritatif et qu'il avait été très heureux de participer, d'autant plus qu'il allait jouer avec des personnes avec qui il n'avait pas l'habitude de jouer. Images de "That's the way God planned it" ensuite...
Preston reprend en précisant que si le premier concert avait été excellent, le second l'avait été encore plus car tout le monde était détendu et relâché. Il raconte notamment le moment où il a sauté sur scène de bonheur pendant sa chanson, et de la fureur de Phil Spector qui ne le retrouvait plus.
On passe ensuite à Leon Russell dans une interview récente, il a gardé ses cheveux longs et sa barbe mais qui sont devenus tout blanc ! Il raconte qu'il pensait avoir le trac d'être là, entouré de toutes ces stars mais que finalement, tout s'est bien passé. Images de son medley et des répétitions ensuite...
Il n'explique pas vraiment pourquoi il a fait ces choix de chansons mais dit qu'il en fallait que tout le monde connaisse et que c'était une performance de très haut niveau.
Vient ensuite le directeur de production du concert qui parle des répétitions, survenues qques jours seulement avant le concert, à Carnegie Hall. Mais il manquait un guitariste, Eric Clapton ! Harrison rajoute qu'ils lui avaient réservé une place sur tous les vols des jours précédant le concert mais qu'il n'était toujours pas là. N'étant pas certain de le voir venir, ils ont engagé Jesse Ed Davis, un ancien guitariste de Taj Mahal. Ils ont ensuite envoyé un message à Clapton pour lui dire que ce n'était plus la peine de venir et ce dernier s'est alors enfin décidé à prendre l'avion ! Harrison ajoute que celui-ci est un génie, qu'il a très bien joué sans avoir répété. Images du splendide solo à deux d'Harrison et Clapton sur "While my guitar gently weeps" ensuite... :-)
Justement, Eric Clapton intervient à son tour dans une interview récente où il déclare s'être compliqué la vie, notamment en jouant avec une guitare pas du tout adaptée pour cette dernière chanson. Il explique qu'à l'époque, il sortait d'une sorte de retraite, du coup il était dans un autre monde, à côté de la plaque, et que même aux répétitions, il se sentait trop mal pour jouer. Ensuite, on voit de belles images de répétitions, le groupe jouant "Come on in my kitchen" de Robert Johnson avec un duo Harrison-Russell au chant.
Clapton enchaîne en disant qu'il se sentait mal mais qu'il était quand même venu à cause des gens qui participaient et pour George qui prenait un risque en organisant ce genre d'évènement. Vient Neil Aspinall, d'Apple, ensuite, qui pense que cet évènement à demandé à George beaucoup d'humilité, parce que les Beatles venaient de se séparer, parce que son premier album solo avait été un succès, et paradoxalement, il aurait risqué de voir ses offres refusées... Pas très convainquant le Neil.
Le cas Dylan est exposé ensuite. Harrison explique qu'il a été franc avec lui et qu'il voulait qu'il soit là. Le directeur de production explique qu'il a fallu organiser des répétitions spéciales pour lui. George reprend en expliquant que jusqu'au dernier moment, cela avait failli ne pas se faire, que Dylan avait été très impressionné par la taille de la salle et de toute cette organisation. La réponse d'Harrison fut excellente, il lui dit que lui aussi était impressionné, que c'était la première fois qu'il faisait un truc solo comme ça alors que Dylan y était habitué. Il ajoute que même sur sa petite liste de chansons, il avait marqué "Bob ?" après "Here comes the sun", n'était vraiment certain de rien. Puis Jim Keltner raconte le moment où dans l'obscurité, il a aperçu une ombre, tout de jean vêtu, et il a pu reconnaître immédiatement Bob Dylan s'avancer scène. Harrison savait qu'il était fin prêt... Images de "Just like a woman"...
Ringo Starr reprend la parole et raconte que la prestation de Dylan, durant laquelle il était au tambourin, était assez improvisée mais que ça allait beaucoup mieux pour le second concert. Images de "A Hard rain's a-gonna fall"...
Puis Jann Wenner revient et explique qu'à l'époque de ce concert, la scène rock n'allait pas bien, qu'elle était dans un creux. Hendrix et Joplin étaient morts, il y avait eu le drame d'Altamont, Dylan n'était plus dans le coup, les Beatles s'étaient séparés... Ce concert constitua donc une sorte de tournant. Clapton renchérit en parlant de cette philosophie des années 60 qui s'était effondrée, notamment à cause de l'arrivée des drogues dures dans le monde du spectacle, qui tuaient le "rêve". Wenner rajoute que cet évènement apportait de la réalité au mouvement "Peace & Love", que tout le monde s'est senti bien et fiers de la musique grâce à ce concert.
On retrouve ensuite Ravi Shankar, d'abord dans son discours d'introduction à sa première partie du concert, puis récemment, où il revient sur ce fameux tonnerre d'applaudissements qui a suivi le réaccordage des instruments. Shankar sourit et explique que les gens ont cru qu'il s'agissait d'un morceau, cette musique étant nouvelle pour eux. Images de sa prestation ensuite...
Il revient sur l'émotion de ce moment unique car il a permis au monde entier de connaître le Bangladesh et le terrible conflit qui s'y jouait alors. Après cela, on a une très belle phrase d'Harrison pendant la conférence de presse, il dit que la prise de conscience est pour lui beaucoup plus important que l'argent car même des millions de $ seront peu par rapport à l'ampleur du problème. Images de "Here comes the sun"...
Harrison indique ensuite que les deux concerts ont rapporté 250 000 $, bien plus que les 20 000 $ déjà versés par Ravi Shankar. Charles Lyons, président du fonds Américain de l'UNICEF, explique que cet argent a servi à acheter de la nourriture et des équipements ainsi que des traitements médicaux. Shankar rappelle que ce fut le premier évènement de ce type, Ringo Starr renchérit, puis Billy Preston en disant que ce concert a montré que les musiciens pouvaient changer les choses en jouant ensemble.
Toujours sur le même thème, Ravi Shankar parle de ces centaines de concerts qui ont eu lieu depuis, prenant exemple sur le "Concert for Bangladesh". Evidemment, pour réagir à cela, le réalisateur de ce documentaire a eu la bonne idée de demander son avis à Bob Geldof, qui parle du succès artistique et spirituel du concert. Images de "My Sweet Lord"...
Harrison reprend en parlant de la qualité des musiciens présents, du fait qu'ils aient laissé leur égo de côté pour jouer ensemble, car de tte manière, le but de ce concert les dépassait tous. Charles Lyons, de l'UNICEF, porte ensuite un discours sur l'importance de se donner soi-même, quoiqu'il arrive, même si l'on se sent bien souvent impuissant. Harrison ajoute que les gens ont été poussés ensuite à faire qque chose, à aller recueillir de l'argent, faire des dons, aller aider l'UNICEF. Lyons reprend en disant que ce genre d'action aide à faire réfléchir ensuite les puissants. Puis c'est Lord Puttnam qui rajoute que même si aujourd'hui, les esprits ont changé et sont plus pragmatiques, à l'époque, les gens pensaient vraiment qu'ils pouvaient changer le monde de cette manière, par la musique notamment; et que George Harrison a toujours que les rêves des années 60 pouvaient se réaliser. Ensuite, c'est Kofi Annan, rien que ça, secrétaire général de l'ONU à l'époque du DVD, qui intervient pour dire que ce concert fut une révolution, que maintenant c'est assez commun, mais qu'à l'époque c'était unique et audacieux : "They were pionneers". Eric Clapton conclut en disant qu'à ce moment-là, ils se sentaient fiers d'être musiciens.
Kofi Annan parle ensuite de la chanson "Bangladesh" et de ses paroles qui révèlent l'homme qui est derrière la musique. Images de "Bangladesh" pour terminer le documentaire...
Un documentaire "making of" très bien fait donc, notamment parce qu'il apporte les voix de nombreux participants du concert. A la fin, on comprend bien tout ce qu'il s'est passé, de la genèse au concert en lui-même en passant par l'ambiance et l'état d'esprit des participants et du public. Que demander de plus ?
Sur ce DVD bonus, on trouve également des morceaux joués pendant les répétitions ou lors du concert de l'après-midi et qui ne figurent pas sur le film du concert et sur l'album original. Les voici :
- "If not for you" (Dylan) : Cette magnifique chanson de Bob Dylan avait été reprise de bien belle manière par Harrison sur son premier album solo, "All Things must pass". Les deux amis ont profité de l'occasion d'être réunis pour la jouer ensemble, mais uniquement en répétitions. C'est un moment évidemment magique... Tous deux dans la lumière, jouant et chantant en duo, en se regardant, très décontractés. De plus, leurs voix s'accordent très bien. Un moment très charmant pour une chanson toute aussi charmante !
- "Come on in my kitchen" (Johnson) : Encore les répétitions mais cette fois pour Leon Russell et le reste du groupe qui chantent cette chanson de Robert Johnson. Très joli morceau bluesy où tout le monde a l'air des plus décontracté. Russell mène donc la danse au chant, accompagné sur certaines phrases par Harrison. Très sympa.
- "Love Minus Zero / No limit" (Dylan) : Ce morceau de Dylan est un bonus proposé sur la réédition de l'album du concert et sur le DVD. Il avait été joué lors du concert de l'après-midi, d'où son évincement du film notamment. Dommage parce qu'il s'agit vraiment à nouveau d'une très belle chanson, notamment sur le plan mélodique, avec des airs proches de ''If not for you" et une splendide partie de guitare électrique signée Harrison. Dylan n'a pas l'air des plus à l'aise mais il est très touchant quand il chante et il joue toujours aussi bien de l'harmonica ! Enfin, la basse de Leon Russell est elle aussi délicieuse. La fin est très jolie, puisqu'on voit Dylan terminer le morceau avec un Harrison tout sourire derrière, ravi sans doute de voir son ami bien présent et de la belle ovation offerte par le public pour son chouchou.
Pour finir, on trouve également d'autres petits bonus tels que le making-of du film, expliqué Norm Kinney et Steve Mitchell, deux ingénieurs du son qui ont réalisé le mixage de l'album, mais aussi par Neil Aspinall d'Apple et le réalisateur du film, Saul Swimmer. Tous racontent qu'il s'agissait ici aussi de qque chose de vraiment spécial car peu de concerts étaient filmés par des professionnels à cette époque. Du coup, c'était vraiment très compliqué sur le plan technique. Heureusement qu'il y avait deux concerts, comme ça, ils pouvaient se rattraper sur l'un ou sur l'autre, choisir les meilleures prises. Jim Keltner rajoute que tout le monde était au moins rassuré pour le son car Phil Spector gérait cette partie-là. Ce dernier insistait pour que l'atmosphère soit rendue le plus fidèlement possible, soit avec beaucoup de sons provenant du public. Jann Wenner, de Rolling Stone, ajoute que Spector avait réussi à restituer son fameux "Wall of sound" grâce à la présence de tous ces musiciens (7 ou 8 guitaristes !). Les ingénieurs du son rigolent car ils ont utilisé 44 micros pour tous les musiciens alors que de nos jours, ils en utilisent autant pour une seule batterie !
Puis Jim Horn, interviewé récemment, se remémore la première du film, donnée à Santa Monica, en Californie. Tout le monde était là ou presque, excités à l'idée de se voir dans le film. On voit des images de cette soirée où était notamment présent John Lennon. Puis les ingénieurs du son reprennent la parole et racontent que Harrison, qui avait beaucoup d'humour, voulait laisser un petit qque chose pour les fans, l'un de ces messages cachés dont ils sont friands. Alors ils disent qu'il y a un morceau de bande passée à l'envers, qque part vers la fin de l'album mais que finalement, personne n'en a jamais parlé !
Après le making-of du film, le making-of de l'album ! Il était bien prévu qu'un album sorte même s'il s'agissait là encore de qque chose de spécial. Bhaskar Menon, directeur de Capitol Records à l'époque, raconte qu'il fallait gérer le fait que des musiciens issus de maisons de disques différentes se retrouvent sur le même album. On retrouve ensuite Harrison en interview qui explique qu'il a passé un mois après le concert avec Phil Spector à produire l'album. Evidemment, il y eut des conflits entre les maisons de disques qui se sont battues pour sortir l'album et cela a retardé sa commercialisation, ce qui a fortement déçu Harrison. Finalement, tout est bien qui finit bien puisque l'album est sorti et a reçu le grammy award du meilleur album (on peut voir les images de la cérémonie, Ringo Starr était présent pour le recevoir).
Ensuite, il y a un petit doc consacré au packaging de l'album. La parole est donnée à Tom Wilkes, qui s'en chargé. Il explique son choix de ne pas prendre une photo de George pour illustrer l'album mais plutôt une photo correspondant mieux à l'évènement. Celle du petit enfant qui a été choisie exprimait pour lui une vraie compassion humaine et surtout la réalité de ce qu'il se passait là-bas. Jonathan Taplin, le producteur du concert, ajoute qu'il s'agissait d'un acte courageux qui, au départ, n'a pas été pris au sérieux par les responsables marketing de Capitol. Le livret a été conçu par Tom Wilkes et le photographe du concert, Barry Feinstein.
Un autre petit chapitre est consacré aux mémoires de certains des participants sur ce jour d'août 1971. Il y a d'abord un portrait croisé de Ringo Starr et Jim Keltner qui se sont rencontrés à cette occasion. Keltner raconte qu'il essayait de garder son calme car il était complètement fan de l'ex-Beatle. Ensuite, la plupart des intervenants des divers docs du DVD racontent chacun combien l'ambiance était bonne, l'enthousiasme des musiciens, du public, etc. Ils insistent sur le cas Dylan dont la présence était exceptionnelle. C'est lui qui a demandé à Leon Russell de venir l'accompagner à la basse. Ce dernier s'est alors emparé de l'instrument de Klaus Voormann. Celui-ci rajoute que, pour lui, le passage de Dylan fut le meilleur moment du concert car tout le monde l'adorait. C'est Ravi Shankar qui conclut en parlant de "miracle" à propos de ce concert...
Pour le reste des bonus, une galerie photo sur fond musical, et des génériques musicaux ou non.
Nous en avons donc enfin terminé avec la revue de cet immense objet ! Que dire ? On ne va pas trop en rajouter non plus.
En ce qui concerne le DVD, le coffret est donc tout simplement splendide, avec gadgets à gogo pour une belle collection. Le film est évidemment un très beau document car il permet de voir qques très grandes stars sur scène à une époque où ils étaient encore jeunes et au sommet. L'image est très bonne malgré un éclairage d'époque pas forcément très réussi, avec beaucoup d'obscurité. Côté son, c'est parfait, il n'y a rien à dire malgré la présence de nombreux instruments.
Pour le CD, c'est là encore un bel objet, très complet.
Musicalement, c'est donc un très beau concert. Harrison a choisi ses meilleures oeuvres des Beatles et en solo, il a fait également un bon choix parmi les nombreuses chansons de son "All Things Must Pass". Il y aurait pu en avoir pleins d'autres mais c'est déjà très bien. Par contre, on reste très curieux de pouvoir entendre un jour "Hear me Lord" qu'il a chanté à au moins un des deux concerts mais qu'il n'a pas voulu voir figurer ni sur l'album, ni sur le film, non satisfait du résultat... Dommage. En tout cas, Harrison est en très grande forme, une super voix, une super guitare et sacrément bien accompagné. De plus, il nous offre pour l'occasion une chanson inédite, "Bangla Desh", qui reste l'une des meilleures de son oeuvre solo. Sinon, comme je l'ai dit plus haut, il y a juste les choeurs qui m'agacent ici et là, car ils ressemblent trop à des hurlements.
Pour ce qui est des autres chanteurs, que du bon également. Ringo a choisi sa meilleure chanson solo, celle de Billy Preston est excellente, très bon choix aussi pour Leon Russell et Dylan fait plaisir à tout le monde en interprétant qques uns de ses plus grands tubes des années 60.
Il n'y a donc vraiment rien à jeter, on est emballé du début à la fin. George Harrison peut être fier non seulement d'avoir organisé le premier concert de charité de l'histoire mais aussi que celui-ci soit magnifique. A écouter, encore et encore, en ayant toujours une petite pensée en même temps pour la cause que cet évènement défendait de manière globale : la paix dans le monde.
Les morceaux à retenir : "Wah-Wah", "Awaiting on you all", "That's the way God planned it", "A Hard rain's a-gonna fall", "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry", "Blowin' in the wind", "Mr Tambourine Man", "Just like a woman", "Bangla Desh", "Love minus zero/No limit".
jeudi 8 janvier 2009
Concert : Ayo. - Olympia
Après le succès phénoménal de son premier album "Joyful", suivi d'une tournée faites de salles et autres festivals qui aura bien duré 2 ans, Ayo. était de retour il y a qques mois pour un deuxième album "Gravity at last", que j'aurai l'occasion de vous décrire plus tard...
De ce nouvel album, elle avait déjà donné qques pistes lors du concert au Cabaret Sauvage, puis surtout lors de son concert-anniversaire en septembre dernier. Mais cela avait fait un peu flop parce que le public ne le connaissait pas encore.
"Gravity at last" a fini par sortir et le public a maintenant eu le temps de s'en régaler. Sa nouvelle tournée peut enfin commencer... Là, c'est du lourd, elle passe partout en France, et ses trois premières dates parisiennes, à l'Olympia donc, sont déjà complètes (du coup, ils en ont rajouté le mois prochain, et j'y serai aussi !).
Après une répétition générale et en public à Sannois, j'ai ainsi eu la chance d'assister au premier vrai concert de sa tournée, à l'Olympia. C'était mon troisième Olympia avec Ayo. et j'étais assez impatient parce qu'avec ce nouvel album, que j'aime, il y allait avoir forcément plus de matière à chanter.
En première partie, c'est Lucky Peterson qui s'est pointé en compagnie d'une sculpturale et néanmoins excellente batteuse métisse. Lui aux claviers (orgue principalement), elle derrière les fûts donc. Je n'étais pas étonné de ce choix sachant que le musicien de jazz et de soul a travaillé avec Ayo. sur "Gravity at last" et qu'il était déjà là pour l'accompagner lors de son concert-anniversaire.
Mais déjà, il y avait qque chose d'un peu bancal. Lucky Peterson a commencé à jouer deux ou trois morceaux, uniquement des instrumentaux, très jazzy et sympas, à l'air improvisés. Puis il a été rejoint par un chanteur, français, qui a longuement improvisé sur le classique soul "I can't stand the rain" d'Ann Peebles. Jusque là, c'était festif et cool. Puis après, on a senti un peu les choses tourner à l'improvisation totale puisque Lucky Peterson était embarqué totalement dans son trip organique (ou organiste comme vous voulez !), avec la batteuse essayant de suivre comme elle pouvait et surtout le pauvre chanteur complètement abandonné à ne faire que des "yeah yeah yeah" remplis de vibes...
Bien entendu, cela a quand même contribué à bien chauffer le public qui fut excellent d'ailleurs et c'était une bonne nouvelle.
Puis ce fut au tour de la belle de venir nous offrir son récital... Cela a commencé très bizarrement. D'habitude, elle y va doucement, elle s'intègre au public, lui parle, lui dit bonjour, etc... Là, elle est arrivée un peu comme d'habitude puis a enchaîné trois chansons du nouvel album sans transition, à la moulinette presque ! Ensuite, heureusement, elle s'est arrêtée un peu et puis a fait son show habituel, parlant beaucoup en chantant, improvisant, dansant...
Pourtant, autant le début fut très cadré et rapide, autant la suite fut largement dépareillée, et un peu trop même. Bien entendu, elle chantait mais il y avait aussi ces innombrables séquences musicales, plus ou moins improvisées, durant lesquelles elle s'amusait comme une folle à danser devant ses musiciens, mais souvent dos au public, et parfois le temps paraissait un peu trop long malheureusement... Puis il y avait d'autres moments où elle semblait ne plus savoir comment enchaîner les chansons voire quoi chanter. Si bien qu'elle a terminé le concert par deux reprises : "I'll be there" (pour laquelle elle a eu besoin d'un pupitre avec les paroles...) et "I want you back" des Jackson 5.
Autre ratage, la mise en place d'un énorme piano à queue pour le rappel. Disons que c'est surtout son placement qui clochait puisque les 3/4 de la fosse ne pouvaient pas voir Ayo. tandis qu'elle interprétait "Better Days" dessus (et c'est tout, ils ont remballé le piano ensuite...).
Avant cela, nous avons quand même eu le droit à sa fameuse descente dans la fosse ! Et encore une fois, j'étais trop devant pour pouvoir l'approcher. Enfin, je dirais que seulement un ou deux mètres nous séparaient donc ça allait cette fois ! C'est toujours un joli moment, le public est émerveillé...
En conclusion, ça sentait le début de tournée avec encore pas mal de petites choses pas du tout rôdées... Ce qui est pourtant étonnant vu qu'il ne s'agissait pas du premier concert de sa vie non plus ! L'improvisation, c'est bien, et elle peut se le permettre avec les excellents musiciens dont elle dispose (finalement bien plus énergiques que les précédents à part le batteur), mais avec toute la matière dont elle dispose aussi désormais, c'est un peu dommage. Pas mal de chansons sont passées à la trappe, notamment certaines du nouvel album.
On imagine que les choses iront mieux le mois prochain et qu'au moins, elle restera toujours aussi rayonnante et généreuse qu'à chaque fois...
De ce nouvel album, elle avait déjà donné qques pistes lors du concert au Cabaret Sauvage, puis surtout lors de son concert-anniversaire en septembre dernier. Mais cela avait fait un peu flop parce que le public ne le connaissait pas encore.
"Gravity at last" a fini par sortir et le public a maintenant eu le temps de s'en régaler. Sa nouvelle tournée peut enfin commencer... Là, c'est du lourd, elle passe partout en France, et ses trois premières dates parisiennes, à l'Olympia donc, sont déjà complètes (du coup, ils en ont rajouté le mois prochain, et j'y serai aussi !).
Après une répétition générale et en public à Sannois, j'ai ainsi eu la chance d'assister au premier vrai concert de sa tournée, à l'Olympia. C'était mon troisième Olympia avec Ayo. et j'étais assez impatient parce qu'avec ce nouvel album, que j'aime, il y allait avoir forcément plus de matière à chanter.
En première partie, c'est Lucky Peterson qui s'est pointé en compagnie d'une sculpturale et néanmoins excellente batteuse métisse. Lui aux claviers (orgue principalement), elle derrière les fûts donc. Je n'étais pas étonné de ce choix sachant que le musicien de jazz et de soul a travaillé avec Ayo. sur "Gravity at last" et qu'il était déjà là pour l'accompagner lors de son concert-anniversaire.
Mais déjà, il y avait qque chose d'un peu bancal. Lucky Peterson a commencé à jouer deux ou trois morceaux, uniquement des instrumentaux, très jazzy et sympas, à l'air improvisés. Puis il a été rejoint par un chanteur, français, qui a longuement improvisé sur le classique soul "I can't stand the rain" d'Ann Peebles. Jusque là, c'était festif et cool. Puis après, on a senti un peu les choses tourner à l'improvisation totale puisque Lucky Peterson était embarqué totalement dans son trip organique (ou organiste comme vous voulez !), avec la batteuse essayant de suivre comme elle pouvait et surtout le pauvre chanteur complètement abandonné à ne faire que des "yeah yeah yeah" remplis de vibes...
Bien entendu, cela a quand même contribué à bien chauffer le public qui fut excellent d'ailleurs et c'était une bonne nouvelle.
Puis ce fut au tour de la belle de venir nous offrir son récital... Cela a commencé très bizarrement. D'habitude, elle y va doucement, elle s'intègre au public, lui parle, lui dit bonjour, etc... Là, elle est arrivée un peu comme d'habitude puis a enchaîné trois chansons du nouvel album sans transition, à la moulinette presque ! Ensuite, heureusement, elle s'est arrêtée un peu et puis a fait son show habituel, parlant beaucoup en chantant, improvisant, dansant...
Pourtant, autant le début fut très cadré et rapide, autant la suite fut largement dépareillée, et un peu trop même. Bien entendu, elle chantait mais il y avait aussi ces innombrables séquences musicales, plus ou moins improvisées, durant lesquelles elle s'amusait comme une folle à danser devant ses musiciens, mais souvent dos au public, et parfois le temps paraissait un peu trop long malheureusement... Puis il y avait d'autres moments où elle semblait ne plus savoir comment enchaîner les chansons voire quoi chanter. Si bien qu'elle a terminé le concert par deux reprises : "I'll be there" (pour laquelle elle a eu besoin d'un pupitre avec les paroles...) et "I want you back" des Jackson 5.
Autre ratage, la mise en place d'un énorme piano à queue pour le rappel. Disons que c'est surtout son placement qui clochait puisque les 3/4 de la fosse ne pouvaient pas voir Ayo. tandis qu'elle interprétait "Better Days" dessus (et c'est tout, ils ont remballé le piano ensuite...).
Avant cela, nous avons quand même eu le droit à sa fameuse descente dans la fosse ! Et encore une fois, j'étais trop devant pour pouvoir l'approcher. Enfin, je dirais que seulement un ou deux mètres nous séparaient donc ça allait cette fois ! C'est toujours un joli moment, le public est émerveillé...
En conclusion, ça sentait le début de tournée avec encore pas mal de petites choses pas du tout rôdées... Ce qui est pourtant étonnant vu qu'il ne s'agissait pas du premier concert de sa vie non plus ! L'improvisation, c'est bien, et elle peut se le permettre avec les excellents musiciens dont elle dispose (finalement bien plus énergiques que les précédents à part le batteur), mais avec toute la matière dont elle dispose aussi désormais, c'est un peu dommage. Pas mal de chansons sont passées à la trappe, notamment certaines du nouvel album.
On imagine que les choses iront mieux le mois prochain et qu'au moins, elle restera toujours aussi rayonnante et généreuse qu'à chaque fois...
dimanche 19 octobre 2008
The Beatles - Please Please Me (1963)
Entamons la folle épopée des Beatles par le commencement avec ce premier album officiel qu'est "Please Please Me".
Si cet album n'est évidemment pas considéré comme le meilleur du groupe parce que c'est quand même le premier, il est tout de même juste extraordinaire, ne serait-ce qu'en connaissant les conditions dans lesquelles il a été enregistré. Difficile à croire avec le système actuel où l'album de n'importe quel artiste met souvent plusieurs semaines voire mois à être finalisé, mais pour celui-ci, les Beatles n'ont eu besoin que d'une seule journée, et même moins : 585 minutes soit 9h45 !!! Avec 14 chansons, enregistrées ainsi quasiment en live... chapeau...
Revenons un peu arrière avec l'aide du journaliste anglais Tony Barrow qui, dans le livret du CD, nous raconte la genèse de cet album. Ainsi, les Beatles ont surtout éclos sur le devant de la scène britannique fin 1962 avec "Love me do" qui cartonne. La Beatlemania peut débuter, on ne parle plus que d'eux, toutes les critiques sont élogieuses, la popularité augmente toujours plus et les chiffres de vente avec ! Barrow explique que l'industrie du disque anglaise va s'intéresser immédiatement à ce nouveau "son", qu'il soit vocal ou instrumental, introduit par les Beatles. Brian Matthew, animateur de plusieurs émissions musicales anglaises, décrit le quatuor comme "le nouveau groupe le plus excitant et accompli visuellement et musicalement depuis les Shadows". Tony Barrow raconte ensuite, et avec raison, qu'il ne s'est pas trop emballé au début car ce ne sont pas forcément les groupes qui cartonnent avec un seul tube qui durent. Puis, au vu de cette popularité non démentie au fil des semaines, de toutes ces filles rendues folles par le son des Beatles, il a fini par se laisser prendre au jeu. Leur second single, "Please Please Me", achevant de le convaincre. Le monde de la musique était bien face à un phénomène sans précédent.
Quand il décrit la singularité de la musique des Beatles, Tony Barrow parle de "Do it yourself". Depuis le début, les Beatles réalisent tout eux-mêmes, leurs lignes musicales, leurs arrangements vocaux... Le journaliste dit de leur musique qu'elle est "sauvage", qu'elle frappe fort et qu'elle est surtout "personnelle". C'est là que se confirme le "Do it yourself", la musique des Beatles est avant tout originale, du début à la fin. Ils créent tout eux-mêmes et ne copient jamais personne. Bien entendu, les influences se font ressentir et les Beatles ont également chanté des reprises, mais ils apportent à chaque fois leur propre patte et celle-ci est unique et géniale.
Pour ce premier album qui venait combler l'attente incroyable des fans après seulement deux singles, les Beatles proposent huit de leurs compositions ainsi que six de leurs reprises préférées, issues de leur répertoire live. Cet album est, comme le décrira plus tard George Martin, une revue de ce que les Beatles jouaient sur scène en plus de compositions originales.
La très belle pochette de l'album montrant nos quatre héros penchés au bord d'un balcon a été réalisée tout bêtement dans l'immeuble d'EMI à Londres ! C'est une jolie photo, les Beatles sont beaux, frais et souriants, peut-être pas encore totalement conscients de la révolution qu'ils sont sur le point de créer...
- "I saw her standing there" (McCartney/Lennon) : Elle entame parfaitement l'album, punchy comme il faut, emballant la machine avec une belle décontraction. Il s'agit en fait d'une très ancienne chanson, probablement l'une des premières écrite par Paul McCartney, encore adolescent. Typiquement rock'n'roll, elle bouge bien, avec un rythme effréné de bout en bout, avec une jolie ligne de basse, une batterie folle et un solo de guitare un peu hésitant mais qui tient la route. McCartney a déjà une voix fabuleuse pour chanter ce genre de rock "flamboyant", un peu rauque mais assez pure en même temps. Les paroles sont très efficaces également avec déjà pas mal de gouaille. Paul raconte une scène d'ado typique, il aperçoit une fille qui lui plaît, son coeur fait "Boum" immédiatement, il ne peut aller danser qu'avec elle. Alors il traverse la pièce, lui prend la main et ils dansent toute la nuit, tombant amoureux l'un de l'autre... et jamais plus il ne dansera avec une autre depuis qu'il l'a vu. C'est très simple, très mignon, et surtout très efficace !
- "Misery" (McCartney/Lennon) : On ralentit un peu la cadence avec cette chanson, à nouveau composée par le célèbre duo. Je l'aime beaucoup ce morceau avec sa mélodie oscillant entre la mélancolie et un rythme plutôt joyeux. Musicalement, c'est très classique mais les qques notes de piano apportées par le producteur George Martin ajoute un vrai plus et une vraie singularité. Malheureusement, le morceau est beaucoup trop court, à peine deux minutes ! Les paroles contrastent totalement avec la chanson précédente puisque le chanteur, John Lennon ici, utilisant l'effet "double-voix", exprime tout son désarroi, le monde (ou plutôt la vie je pense) le traitant si mal. Misère ! (Misery) Lennon pleure sa petite amie qu'il vient de perdre, il a peur de ne plus jamais la voir, alors il se rappelle toutes ces petites choses qu'ils faisaient ensemble, et regrette car c'était vraiment celle qu'il aimait. Sans elle, c'est la misère... Vraiment un bon titre, l'un de mes préférés mais je l'aurais aimé un peu plus longue.
- "Anna (go to him)" (Alexander) : Première reprise de l'album et pas la plus dégueulasse comme on dit chez nous. Son auteur original, Arthur Alexander, était un chanteur soul qui plaisait beaucoup à Lennon et à moi aussi, après écoute de son oeuvre à lui. La reprise des Beatles est en tout cas très respectueuse mais vraiment belle. La jolie lead guitare d'Harrison remplace le piano de l'originale et c'est délicieux. Il y a également des choeurs lanscinants en plus, qui ajoutent au désespoir du chanteur, Lennon, et de sa voix magnifiquement cassée... Ringo assure parfaitement le rythme derrière, tout va bien, on se laisse aller et on espère que notre pauvre chanteur retrouvera sa belle très bientôt... Eh oui, parce que les paroles sont bien tristes; l'auteur s'adresse à Anna, sa bien-aimée, qui va le quitter pour un autre qui l'aime plus que lui (selon ce dernier). Il veut bien la laisser partir, il fait face à ce tragique destin sentimental qui le poursuit, mais avant cela, il veut récupérer la bague qu'il lui avait donné et lui dire une dernière fois combien il l'aime... Un peu le même thème que la chanson précédente donc, mais ça reste très plaisant.
- "Chains" (Goffin/King) : A nouveau une reprise, cette fois signée du célèbre couple d'auteurs-compositeurs américains Gerry Goffin et Carole King. Ce n'est pas leur chanson la plus connue et la plus reprise mais apparemment, elle a bien plu aux Beatles. Elle fait très country-folk, avec Harrison en lead mais suivi de près, la plupart du temps, par les choeurs de Lennon et McCartney. Introduite à l'harmonica, elle suit son cours tranquillement mais je la trouve quand même un peu pataude et répétitive, ça manque d'énergie et de dynamique. Elle fait un peu bouche-trou mais bon, on en voudra pas trop au jeune George d'exprimer ses sentiments ! Ici, l'auteur, au contraire des chansons précédentes, demande à sa bien-aimée de le lâcher un peu parce que l'amour de celle-ci l'étouffe, il se sent "enchaîné" ("Chains"). Pauvre George... ;-)
- "Boys" (Dixon/Farrell) : Après la première apparition de George au micro, voici venu le tour de Ringo ! Cette chanson est également une reprise, cette fois d'une face B des Shirelles, mais en bien plus énergique que l'original. Immédiatement très punchy, la voix grave de Ringo sonne ici très bien au milieu des choeurs aigus de ses partenaires (c'est surtout Paul qu'on entend d'ailleurs, souvent très criard). La basse de Paul détonne tandis que George s'offre un petit solo pas méchant mais sympa, ouvert par son batteur : "All right George !". Bref, les Beatles y mettent toujours du coeur quand ils placent leur tonique batteur sur le devant de la scène, et ça fonctionne terriblement. La chanson a beau être très simpliste, de la musique aux paroles (ça parle de garçons, de baisers et de hey hey bop chou bap), cela remet de la pêche dans l'album. Et, il faut savoir que le morceau a été enregistré en une seule prise, c'est juste impressionnant ! Go Ringo go go go !
- "Ask me why" (McCartney/Lennon) : On se calme un peu ici avec cette jolie balade signée de notre fameux duo. Une chanson toute en douceur et rondeurs, très sweet soul mais avec toujours cette splendide voix de Lennon qui se démarque. Les choeurs sont délicieux (ah les "wou wou wou wou"), on nage dans la beauté pure des chansons d'amour des Beatles. Bien que mineure, je trouve cette chanson très bien structurée, travaillée et avec déjà beaucoup de maturité malgré son apparente simplicité. Ce fut ainsi une bien jolie Face B pour le single du morceau qui va suivre. Le texte est encore assez mélancolique bien que positif, l'auteur semble en fait tout émotionné d'être amoureux et si heureux avec sa belle. Ah la jeunesse...
- "Please Please Me" (McCartney/Lennon) : Et un gros tube pour clore la Face A de l'album... Originellement lente et bluesy, George Martin a beaucoup insisté et travaillé pour lui donner plus de rythme et d'énergie. Une fois le résultat convainquant, il lui prédit un avenir radieux, et il eut raison. Ce fut l'un des tout premiers hits des Beatles. Juste 2 minutes de bonheur ! Intro à l'harmonica, supers riffs de guitare, une batterie léchée, et un duo vocal Lennon-McCartney au top (les supers "come on come on"), une fin délicieusement désordonnée, totalement efficace. On a là affaire à une magnifique pépite pop qui est l'un des socles de ce que sera toute l'oeuvre des Beatles. Le texte est assez simple, Lennon a subi pas mal d'inspirations ici et là, on sent qu'il joue aussi avec les mots et les sonorités. Mais, en gros, il demande à sa copine de faire des efforts pour lui montrer son amour comme lui le fait pour elle. Allez, on se bouge les filles ! ;-)
- "Love me do" (McCartney/Lennon) : On entame la Face B de l'album avec l'autre gros tube qui a fait débuter la légende, mais qui, je ne sais pas pourquoi, ne m'a jamais vraiment emballé. Je ne comprends même pas son succès, c'est dire ! Je suis pas fan de l'harmonica, des chants, du rythme... C'est très blues et bien chanté, soit, mais voilà, c'est ultra répétitif et n'avance jamais très loin. Je fais donc un blocage, ça m'arrive avec qques rares chansons de mes idoles, souvent parmi les plus connues, trop connues peut-être ? I don't know... Toujours est-il que je la trouve donc un peu plombante. On n'accablera pas notre duo préféré avec des paroles ma foi très bateau (un garçon qui demande à une fille de l'aimer... wouah...). Allez, j'arrête, je me fais du mal !
- "P.S. I love you" (McCartney/Lennon) : Cette petite bluette me plaît bien mieux, où Paul fait son crooner du haut de ses 20 ans à peine... Il est la plupart du temps accompagné de John pour le refrain, sur un rythme très bien tenu, toujours le même quasiment, du tout début à la fin. Emballé c'est pesé en à peine 2 minutes, pas la peine de faire plus étant donné la répétition constante du thème. Mais c'est frais, tout juste mélancolique et ça marche très bien. Les paroles sont d'une extrême simplicité, quasiment toujours les mêmes, l'auteur chantant ce qu'il écrit à sa belle dans une lettre d'amour... A noter quand même qu'elle a été écrite bien plus tôt qu'elle n'a été enregistrée donc ça excuse un peu la "jeunesse" de la chose, et aussi que le bon Ringo n'est qu'aux maracas sur ce morceau, la batterie étant assurée par Andy White, mais à la fois, rien de très compliqué ici.
- "Baby it's you" (David/Williams/Bacharach) : Encore une chanson des Shirelles (mieux)reprise par les Beatles (après "Boys", un peu plus haut), notamment composée par le fameux Burt Bacharach. Ici, rien à voir avec la précédente, on se relaxe : "Sha la la la la la...". Une très belle mélodie (avec une basse un peu à la "Stand by me"), et un super John Lennon à la baguette, terriblement romantique et séduisant. Je suis moins convaincu par les choeurs de ses collègues (sans doute plus jolis quand ils sont féminins comme dans la version originale) mais l'ensemble sonne très bien. Le solo reste aussi bizarre avec un piano électrique avec une drôle de sonorité. Les paroles de Luther Dixon (alias Barney Williams) et Mack David sont tout à fait poignantes, une véritable déclaration d'amour d'une femme à un homme (l'inverse pour les Beatles évidemment). Celle-ci dit que quoique les mauvaises langues puissent dire (sans doute une histoire de réputation), elle aime son bien-aimé plus que tout, c'est celui que son coeur a choisi pour la vie ("Baby It's you"). Très efficace.
- "Do you want to know a secret" (McCartney/Lennon) : Les chansons les plus courtes sont-elles les meilleures ? Je ne sais pas mais celle-ci me botte vraiment, peut-être ma préférée de l'album. Composée par Lennon (surtout) et McCartney, inspirée de Disney et peu inspirée par ses auteurs d'ailleurs, qui l'ont laissé à George pour qu'il la chante. Ma foi, ils ont eu tort, elle est juste délicieuse... Le début est original, un peu crooner, puis la chanson démarre sur un joli petit rythme, une basse toute en toucher et de très belles guitares. Et un George qu'on sent assez hésitant dans la voix et ses capacités vocales (notamment les ouh ouh ouh), mais au final, on obtient un morceau entraînant et des plus charmants. Le texte est à nouveau super simple, l'auteur confie à sa belle un secret... : il est amoureux d'elle ! Mais c'est bien tourné, très mignon et on s'en délecte à chaque écoute.
- "A Taste of honey" (Scott/Marlow) : Oeuvre composée par Bobby Scott à la musique et Ric Marlow au texte, cette chanson était l'une des favorites de Paul McCartney à l'époque. On se rapproche ici plus d'un répertoire qu'on qualifiera de "traditionnel", un peu jazzy par séquences. McCartney chante de façon très formelle, aidé de ses camarades aux choeurs graves. C'est en tout cas la seule chanson de l'album qui sort du genre pop-rock-skiffle. Intermède ma foi pas vilain mais un peu vieillot. Les paroles sont elles très poétiques, le "goût du miel" du titre évoque les lèvres de la demoiselle dont l'auteur se souvient et à qui il promet de revenir très bientôt y goûter...
- "There's a place" (McCartney/Lennon) : Pas le temps de s'endormir à nouveau avec le retour du groove, ou plutôt de l'énergie, conjointe ici, de John et Paul qui s'associent pour un duo enthousiaste. Encore une chanson assez mineure mais des plus emballantes, avec un rythme pas effréné mais bien soutenu. Pas vraiment de refrain, mais un couplet similaire au début et à la fin. Entre les deux, un deuxième couplet sur la même mélodie et puis un pont chanté, bien joli également. Bref, que du bon dans cette chanson qui évoque un lieu où l'auteur se réfugie quand il ne se sent pas bien, il peut y penser à sa belle et se sentir mieux. Ainsi, c'est une sorte de chanson pour se motiver et on peut dire que le pari est gagné.
- "Twist and shout" (Medley/Russell) : Et nous voici déjà à la dernière chanson, le climax de l'album... En effet, les chansons ayant été enregistrées dans l'ordre, celle-ci fut la dernière de la session et le pauvre John Lennon n'avait plus de voix, étant malade à l'origine. Il n'y eut que deux prises et la première fut la bonne, John ayant tout perdu sur la seconde ! Cette chanson, signée de Phil Medley et du fameux producteur Bert Russell, est emblématique du rock'n'roll du début des années 60, c'est un pur tube, endiablé comme jamais, et ainsi repris par de nombreux artistes différents, surtout des groupes évidemment. Les Beatles n'y ont pas échappé et en donnent l'une des meilleures versions qui existe sur le marché. Parce que Lennon y donne tout ce qu'il lui reste de voix et parce qu'il démontre sa véritable âme de rocker. On retrouve dans cette chanson toute la fougue et la jeunesse des Beatles de cette époque. La mélodie est géniale, John dirige son groupe comme un vrai leader, avec Paul et George derrière, au taquet. Chaque écoute me donne des frissons... et il y a ce suspense musical juste avant les "aaaaah aaaaah aaaah aaaah" où chacun des membres apporte sa contribution avant de crier un bon coup. Côté texte, c'est simple et énergique, le chanteur invitant sa belle à "twister", soit danser et crier également ! Wouhou !
Pour un premier album, c'est tout de même très convainquant. Certes, le système est aujourd'hui bien différent de ce qui se faisait à l'époque et il est difficile de le placer dans le contexte actuel.
Je pense que je n'arriverai jamais à établir de classement des albums des Beatles, d'autant plus qu'ils sont vraiment différents les uns des autres et qu'il y a des périodes très distinctes. On peut dire que "Please Please Me" est vraiment symbolique de ce qu'étaient les Beatles à leurs débuts : très énergiques, motivés et passionnés, tout en sachant se montrer tendres, attentifs et réfléchis. On ressent cela dans toutes ces chansons. Les textes sont souvent très simples et directs mais tout à fait efficaces et très bien mis en musique. Il faut écrire des tubes, toucher le public et les Beatles ont su le faire très rapidement, instinctivement.
A noter aussi la très bonne utilisation de toutes leurs références musicales. Outre les reprises, souvent parfaitement choisies et mises en valeur, leurs propres compositions sont un mélange d'inspirations diverses qui font mouche. Les Beatles copient peu, ils mettent à leur sauce et le résultat est splendide.
Musicalement, c'est top, avec un super rythme, des guitares parfois hésitantes mais soutenues par une basse déjà remarquable. Vocalement, c'est irréprochable, John comme Paul sont extras, George plus timide et Ringo a déjà son style.
On trouve ainsi déjà beaucoup de maturité dans cet album, qui vient après tout de même plusieurs années de représentations furieuses entre Liverpool et Hambourg. Il ne faut pas oublier que les Beatles ne débarquaient pas ici avec ce premier album. Ils avaient déjà pas mal fait leur route et "Please Please Me" est simplement leur première grosse pierre blanche sur le marché du disque. Et quelle pierre !
Cet album se réécoute donc toujours aussi facilement parce que même si tout n'est pas flamboyant, il y recèle déjà de bien jolies perles...
Les morceaux à retenir : "I saw her standing there", "Misery", "Anna (go to him)", "Please Please Me", "Baby it's you", "Do you want to know a secret", "There's a place", "Twist and shout".
Si cet album n'est évidemment pas considéré comme le meilleur du groupe parce que c'est quand même le premier, il est tout de même juste extraordinaire, ne serait-ce qu'en connaissant les conditions dans lesquelles il a été enregistré. Difficile à croire avec le système actuel où l'album de n'importe quel artiste met souvent plusieurs semaines voire mois à être finalisé, mais pour celui-ci, les Beatles n'ont eu besoin que d'une seule journée, et même moins : 585 minutes soit 9h45 !!! Avec 14 chansons, enregistrées ainsi quasiment en live... chapeau...
Revenons un peu arrière avec l'aide du journaliste anglais Tony Barrow qui, dans le livret du CD, nous raconte la genèse de cet album. Ainsi, les Beatles ont surtout éclos sur le devant de la scène britannique fin 1962 avec "Love me do" qui cartonne. La Beatlemania peut débuter, on ne parle plus que d'eux, toutes les critiques sont élogieuses, la popularité augmente toujours plus et les chiffres de vente avec ! Barrow explique que l'industrie du disque anglaise va s'intéresser immédiatement à ce nouveau "son", qu'il soit vocal ou instrumental, introduit par les Beatles. Brian Matthew, animateur de plusieurs émissions musicales anglaises, décrit le quatuor comme "le nouveau groupe le plus excitant et accompli visuellement et musicalement depuis les Shadows". Tony Barrow raconte ensuite, et avec raison, qu'il ne s'est pas trop emballé au début car ce ne sont pas forcément les groupes qui cartonnent avec un seul tube qui durent. Puis, au vu de cette popularité non démentie au fil des semaines, de toutes ces filles rendues folles par le son des Beatles, il a fini par se laisser prendre au jeu. Leur second single, "Please Please Me", achevant de le convaincre. Le monde de la musique était bien face à un phénomène sans précédent.
Quand il décrit la singularité de la musique des Beatles, Tony Barrow parle de "Do it yourself". Depuis le début, les Beatles réalisent tout eux-mêmes, leurs lignes musicales, leurs arrangements vocaux... Le journaliste dit de leur musique qu'elle est "sauvage", qu'elle frappe fort et qu'elle est surtout "personnelle". C'est là que se confirme le "Do it yourself", la musique des Beatles est avant tout originale, du début à la fin. Ils créent tout eux-mêmes et ne copient jamais personne. Bien entendu, les influences se font ressentir et les Beatles ont également chanté des reprises, mais ils apportent à chaque fois leur propre patte et celle-ci est unique et géniale.
Pour ce premier album qui venait combler l'attente incroyable des fans après seulement deux singles, les Beatles proposent huit de leurs compositions ainsi que six de leurs reprises préférées, issues de leur répertoire live. Cet album est, comme le décrira plus tard George Martin, une revue de ce que les Beatles jouaient sur scène en plus de compositions originales.
La très belle pochette de l'album montrant nos quatre héros penchés au bord d'un balcon a été réalisée tout bêtement dans l'immeuble d'EMI à Londres ! C'est une jolie photo, les Beatles sont beaux, frais et souriants, peut-être pas encore totalement conscients de la révolution qu'ils sont sur le point de créer...
- "I saw her standing there" (McCartney/Lennon) : Elle entame parfaitement l'album, punchy comme il faut, emballant la machine avec une belle décontraction. Il s'agit en fait d'une très ancienne chanson, probablement l'une des premières écrite par Paul McCartney, encore adolescent. Typiquement rock'n'roll, elle bouge bien, avec un rythme effréné de bout en bout, avec une jolie ligne de basse, une batterie folle et un solo de guitare un peu hésitant mais qui tient la route. McCartney a déjà une voix fabuleuse pour chanter ce genre de rock "flamboyant", un peu rauque mais assez pure en même temps. Les paroles sont très efficaces également avec déjà pas mal de gouaille. Paul raconte une scène d'ado typique, il aperçoit une fille qui lui plaît, son coeur fait "Boum" immédiatement, il ne peut aller danser qu'avec elle. Alors il traverse la pièce, lui prend la main et ils dansent toute la nuit, tombant amoureux l'un de l'autre... et jamais plus il ne dansera avec une autre depuis qu'il l'a vu. C'est très simple, très mignon, et surtout très efficace !
- "Misery" (McCartney/Lennon) : On ralentit un peu la cadence avec cette chanson, à nouveau composée par le célèbre duo. Je l'aime beaucoup ce morceau avec sa mélodie oscillant entre la mélancolie et un rythme plutôt joyeux. Musicalement, c'est très classique mais les qques notes de piano apportées par le producteur George Martin ajoute un vrai plus et une vraie singularité. Malheureusement, le morceau est beaucoup trop court, à peine deux minutes ! Les paroles contrastent totalement avec la chanson précédente puisque le chanteur, John Lennon ici, utilisant l'effet "double-voix", exprime tout son désarroi, le monde (ou plutôt la vie je pense) le traitant si mal. Misère ! (Misery) Lennon pleure sa petite amie qu'il vient de perdre, il a peur de ne plus jamais la voir, alors il se rappelle toutes ces petites choses qu'ils faisaient ensemble, et regrette car c'était vraiment celle qu'il aimait. Sans elle, c'est la misère... Vraiment un bon titre, l'un de mes préférés mais je l'aurais aimé un peu plus longue.
- "Anna (go to him)" (Alexander) : Première reprise de l'album et pas la plus dégueulasse comme on dit chez nous. Son auteur original, Arthur Alexander, était un chanteur soul qui plaisait beaucoup à Lennon et à moi aussi, après écoute de son oeuvre à lui. La reprise des Beatles est en tout cas très respectueuse mais vraiment belle. La jolie lead guitare d'Harrison remplace le piano de l'originale et c'est délicieux. Il y a également des choeurs lanscinants en plus, qui ajoutent au désespoir du chanteur, Lennon, et de sa voix magnifiquement cassée... Ringo assure parfaitement le rythme derrière, tout va bien, on se laisse aller et on espère que notre pauvre chanteur retrouvera sa belle très bientôt... Eh oui, parce que les paroles sont bien tristes; l'auteur s'adresse à Anna, sa bien-aimée, qui va le quitter pour un autre qui l'aime plus que lui (selon ce dernier). Il veut bien la laisser partir, il fait face à ce tragique destin sentimental qui le poursuit, mais avant cela, il veut récupérer la bague qu'il lui avait donné et lui dire une dernière fois combien il l'aime... Un peu le même thème que la chanson précédente donc, mais ça reste très plaisant.
- "Chains" (Goffin/King) : A nouveau une reprise, cette fois signée du célèbre couple d'auteurs-compositeurs américains Gerry Goffin et Carole King. Ce n'est pas leur chanson la plus connue et la plus reprise mais apparemment, elle a bien plu aux Beatles. Elle fait très country-folk, avec Harrison en lead mais suivi de près, la plupart du temps, par les choeurs de Lennon et McCartney. Introduite à l'harmonica, elle suit son cours tranquillement mais je la trouve quand même un peu pataude et répétitive, ça manque d'énergie et de dynamique. Elle fait un peu bouche-trou mais bon, on en voudra pas trop au jeune George d'exprimer ses sentiments ! Ici, l'auteur, au contraire des chansons précédentes, demande à sa bien-aimée de le lâcher un peu parce que l'amour de celle-ci l'étouffe, il se sent "enchaîné" ("Chains"). Pauvre George... ;-)
- "Boys" (Dixon/Farrell) : Après la première apparition de George au micro, voici venu le tour de Ringo ! Cette chanson est également une reprise, cette fois d'une face B des Shirelles, mais en bien plus énergique que l'original. Immédiatement très punchy, la voix grave de Ringo sonne ici très bien au milieu des choeurs aigus de ses partenaires (c'est surtout Paul qu'on entend d'ailleurs, souvent très criard). La basse de Paul détonne tandis que George s'offre un petit solo pas méchant mais sympa, ouvert par son batteur : "All right George !". Bref, les Beatles y mettent toujours du coeur quand ils placent leur tonique batteur sur le devant de la scène, et ça fonctionne terriblement. La chanson a beau être très simpliste, de la musique aux paroles (ça parle de garçons, de baisers et de hey hey bop chou bap), cela remet de la pêche dans l'album. Et, il faut savoir que le morceau a été enregistré en une seule prise, c'est juste impressionnant ! Go Ringo go go go !
- "Ask me why" (McCartney/Lennon) : On se calme un peu ici avec cette jolie balade signée de notre fameux duo. Une chanson toute en douceur et rondeurs, très sweet soul mais avec toujours cette splendide voix de Lennon qui se démarque. Les choeurs sont délicieux (ah les "wou wou wou wou"), on nage dans la beauté pure des chansons d'amour des Beatles. Bien que mineure, je trouve cette chanson très bien structurée, travaillée et avec déjà beaucoup de maturité malgré son apparente simplicité. Ce fut ainsi une bien jolie Face B pour le single du morceau qui va suivre. Le texte est encore assez mélancolique bien que positif, l'auteur semble en fait tout émotionné d'être amoureux et si heureux avec sa belle. Ah la jeunesse...
- "Please Please Me" (McCartney/Lennon) : Et un gros tube pour clore la Face A de l'album... Originellement lente et bluesy, George Martin a beaucoup insisté et travaillé pour lui donner plus de rythme et d'énergie. Une fois le résultat convainquant, il lui prédit un avenir radieux, et il eut raison. Ce fut l'un des tout premiers hits des Beatles. Juste 2 minutes de bonheur ! Intro à l'harmonica, supers riffs de guitare, une batterie léchée, et un duo vocal Lennon-McCartney au top (les supers "come on come on"), une fin délicieusement désordonnée, totalement efficace. On a là affaire à une magnifique pépite pop qui est l'un des socles de ce que sera toute l'oeuvre des Beatles. Le texte est assez simple, Lennon a subi pas mal d'inspirations ici et là, on sent qu'il joue aussi avec les mots et les sonorités. Mais, en gros, il demande à sa copine de faire des efforts pour lui montrer son amour comme lui le fait pour elle. Allez, on se bouge les filles ! ;-)
- "Love me do" (McCartney/Lennon) : On entame la Face B de l'album avec l'autre gros tube qui a fait débuter la légende, mais qui, je ne sais pas pourquoi, ne m'a jamais vraiment emballé. Je ne comprends même pas son succès, c'est dire ! Je suis pas fan de l'harmonica, des chants, du rythme... C'est très blues et bien chanté, soit, mais voilà, c'est ultra répétitif et n'avance jamais très loin. Je fais donc un blocage, ça m'arrive avec qques rares chansons de mes idoles, souvent parmi les plus connues, trop connues peut-être ? I don't know... Toujours est-il que je la trouve donc un peu plombante. On n'accablera pas notre duo préféré avec des paroles ma foi très bateau (un garçon qui demande à une fille de l'aimer... wouah...). Allez, j'arrête, je me fais du mal !
- "P.S. I love you" (McCartney/Lennon) : Cette petite bluette me plaît bien mieux, où Paul fait son crooner du haut de ses 20 ans à peine... Il est la plupart du temps accompagné de John pour le refrain, sur un rythme très bien tenu, toujours le même quasiment, du tout début à la fin. Emballé c'est pesé en à peine 2 minutes, pas la peine de faire plus étant donné la répétition constante du thème. Mais c'est frais, tout juste mélancolique et ça marche très bien. Les paroles sont d'une extrême simplicité, quasiment toujours les mêmes, l'auteur chantant ce qu'il écrit à sa belle dans une lettre d'amour... A noter quand même qu'elle a été écrite bien plus tôt qu'elle n'a été enregistrée donc ça excuse un peu la "jeunesse" de la chose, et aussi que le bon Ringo n'est qu'aux maracas sur ce morceau, la batterie étant assurée par Andy White, mais à la fois, rien de très compliqué ici.
- "Baby it's you" (David/Williams/Bacharach) : Encore une chanson des Shirelles (mieux)reprise par les Beatles (après "Boys", un peu plus haut), notamment composée par le fameux Burt Bacharach. Ici, rien à voir avec la précédente, on se relaxe : "Sha la la la la la...". Une très belle mélodie (avec une basse un peu à la "Stand by me"), et un super John Lennon à la baguette, terriblement romantique et séduisant. Je suis moins convaincu par les choeurs de ses collègues (sans doute plus jolis quand ils sont féminins comme dans la version originale) mais l'ensemble sonne très bien. Le solo reste aussi bizarre avec un piano électrique avec une drôle de sonorité. Les paroles de Luther Dixon (alias Barney Williams) et Mack David sont tout à fait poignantes, une véritable déclaration d'amour d'une femme à un homme (l'inverse pour les Beatles évidemment). Celle-ci dit que quoique les mauvaises langues puissent dire (sans doute une histoire de réputation), elle aime son bien-aimé plus que tout, c'est celui que son coeur a choisi pour la vie ("Baby It's you"). Très efficace.
- "Do you want to know a secret" (McCartney/Lennon) : Les chansons les plus courtes sont-elles les meilleures ? Je ne sais pas mais celle-ci me botte vraiment, peut-être ma préférée de l'album. Composée par Lennon (surtout) et McCartney, inspirée de Disney et peu inspirée par ses auteurs d'ailleurs, qui l'ont laissé à George pour qu'il la chante. Ma foi, ils ont eu tort, elle est juste délicieuse... Le début est original, un peu crooner, puis la chanson démarre sur un joli petit rythme, une basse toute en toucher et de très belles guitares. Et un George qu'on sent assez hésitant dans la voix et ses capacités vocales (notamment les ouh ouh ouh), mais au final, on obtient un morceau entraînant et des plus charmants. Le texte est à nouveau super simple, l'auteur confie à sa belle un secret... : il est amoureux d'elle ! Mais c'est bien tourné, très mignon et on s'en délecte à chaque écoute.
- "A Taste of honey" (Scott/Marlow) : Oeuvre composée par Bobby Scott à la musique et Ric Marlow au texte, cette chanson était l'une des favorites de Paul McCartney à l'époque. On se rapproche ici plus d'un répertoire qu'on qualifiera de "traditionnel", un peu jazzy par séquences. McCartney chante de façon très formelle, aidé de ses camarades aux choeurs graves. C'est en tout cas la seule chanson de l'album qui sort du genre pop-rock-skiffle. Intermède ma foi pas vilain mais un peu vieillot. Les paroles sont elles très poétiques, le "goût du miel" du titre évoque les lèvres de la demoiselle dont l'auteur se souvient et à qui il promet de revenir très bientôt y goûter...
- "There's a place" (McCartney/Lennon) : Pas le temps de s'endormir à nouveau avec le retour du groove, ou plutôt de l'énergie, conjointe ici, de John et Paul qui s'associent pour un duo enthousiaste. Encore une chanson assez mineure mais des plus emballantes, avec un rythme pas effréné mais bien soutenu. Pas vraiment de refrain, mais un couplet similaire au début et à la fin. Entre les deux, un deuxième couplet sur la même mélodie et puis un pont chanté, bien joli également. Bref, que du bon dans cette chanson qui évoque un lieu où l'auteur se réfugie quand il ne se sent pas bien, il peut y penser à sa belle et se sentir mieux. Ainsi, c'est une sorte de chanson pour se motiver et on peut dire que le pari est gagné.
- "Twist and shout" (Medley/Russell) : Et nous voici déjà à la dernière chanson, le climax de l'album... En effet, les chansons ayant été enregistrées dans l'ordre, celle-ci fut la dernière de la session et le pauvre John Lennon n'avait plus de voix, étant malade à l'origine. Il n'y eut que deux prises et la première fut la bonne, John ayant tout perdu sur la seconde ! Cette chanson, signée de Phil Medley et du fameux producteur Bert Russell, est emblématique du rock'n'roll du début des années 60, c'est un pur tube, endiablé comme jamais, et ainsi repris par de nombreux artistes différents, surtout des groupes évidemment. Les Beatles n'y ont pas échappé et en donnent l'une des meilleures versions qui existe sur le marché. Parce que Lennon y donne tout ce qu'il lui reste de voix et parce qu'il démontre sa véritable âme de rocker. On retrouve dans cette chanson toute la fougue et la jeunesse des Beatles de cette époque. La mélodie est géniale, John dirige son groupe comme un vrai leader, avec Paul et George derrière, au taquet. Chaque écoute me donne des frissons... et il y a ce suspense musical juste avant les "aaaaah aaaaah aaaah aaaah" où chacun des membres apporte sa contribution avant de crier un bon coup. Côté texte, c'est simple et énergique, le chanteur invitant sa belle à "twister", soit danser et crier également ! Wouhou !
Pour un premier album, c'est tout de même très convainquant. Certes, le système est aujourd'hui bien différent de ce qui se faisait à l'époque et il est difficile de le placer dans le contexte actuel.
Je pense que je n'arriverai jamais à établir de classement des albums des Beatles, d'autant plus qu'ils sont vraiment différents les uns des autres et qu'il y a des périodes très distinctes. On peut dire que "Please Please Me" est vraiment symbolique de ce qu'étaient les Beatles à leurs débuts : très énergiques, motivés et passionnés, tout en sachant se montrer tendres, attentifs et réfléchis. On ressent cela dans toutes ces chansons. Les textes sont souvent très simples et directs mais tout à fait efficaces et très bien mis en musique. Il faut écrire des tubes, toucher le public et les Beatles ont su le faire très rapidement, instinctivement.
A noter aussi la très bonne utilisation de toutes leurs références musicales. Outre les reprises, souvent parfaitement choisies et mises en valeur, leurs propres compositions sont un mélange d'inspirations diverses qui font mouche. Les Beatles copient peu, ils mettent à leur sauce et le résultat est splendide.
Musicalement, c'est top, avec un super rythme, des guitares parfois hésitantes mais soutenues par une basse déjà remarquable. Vocalement, c'est irréprochable, John comme Paul sont extras, George plus timide et Ringo a déjà son style.
On trouve ainsi déjà beaucoup de maturité dans cet album, qui vient après tout de même plusieurs années de représentations furieuses entre Liverpool et Hambourg. Il ne faut pas oublier que les Beatles ne débarquaient pas ici avec ce premier album. Ils avaient déjà pas mal fait leur route et "Please Please Me" est simplement leur première grosse pierre blanche sur le marché du disque. Et quelle pierre !
Cet album se réécoute donc toujours aussi facilement parce que même si tout n'est pas flamboyant, il y recèle déjà de bien jolies perles...
Les morceaux à retenir : "I saw her standing there", "Misery", "Anna (go to him)", "Please Please Me", "Baby it's you", "Do you want to know a secret", "There's a place", "Twist and shout".
samedi 11 octobre 2008
Concert : Marie Richeux - Set de la Butte
Alors oui vous ne devez pas du tout connaître cette jeune fille mais c'est normal, elle n'est pas encore célèbre. Mais c'est pour bientôt, on l'espère, on le souhaite.
Marie Richeux, c'est tout une histoire. Je l'ai connu lors de mon stage chez Philippe Meyer, à Radio France. L'assistant du boss, Antoine, était pote avec elle qui faisait un stage à FIP. Je ne savais pas qu'elle chantait alors, aucun indice ne m'avait été donné. Je l'appris lorsqu'Antoine me parla de cette carrière naissante et parallèle qu'elle tenait et en me racontant alors la genèse de leur rencontre.
Il se baladait le nez au vent dans les couloirs de France Culture (elle est aussi passée par là...) quand il entendit une voix angélique dans un bureau, qui chantonnait. Attiré par ce divin bruit, il ne put s'empêcher d'aller jeter un oeil au bureau en question. Et c'est là qu'il surprit la petite Marie comme il l'appelle. Elle fut très confuse et gênée, mais il la complimenta et l'encouragea... Ils sont donc devenus amis et qques mois plus tard, elle commença à se produire dans qques cabarets.
Marie Richeux, c'est de la chanson infiniment française, avec des textes tout mignons et poétiques, souvent très bien affutés, sur une musique toute jolie aussi, assez simple, jouée à la guitare par son frère, excellent manipulateur de cordes. Elle parle d'amour, de famille, du temps qui passe, de souvenirs, de la société aussi, toujours en finesse et facétie.
C'est donc au Set de la Butte, mini-salle au pied de Montmartre, que je la vis en action pour la première fois. Ce fut très sobre, mini-scène à hauteur humaine, qques instruments et pieds de micros et c'est tout. Elle était donc accompagnée de son frère mais aussi de qques guests très enthousiastes : Ibrahim Maalouf à la trompette, Ludo Pin à la guitare et autres instrumentations improvisées et enfin David Têtard, qui était là "comme un poisson dans l'eau".
La petite Marie a bien chanté et l'ambiance était très conviviale, familiale et protectrice autour de notre graine de chanteuse. Je ne saurais dire pour ses influences mais au niveau de la voix, j'entends un mélange de Carla Bruni et de Pauline Croze. C'est doux, un peu cassé et ça flotte divinement bien dans l'air.
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un concert intimiste comme ça, avec une proximité immédiate et chaleureuse. ça fait un bien fou, ça donne des ailes et j'espère que ça lui en donnera surtout à elle. Elle compose vraiment bien, elle sait se faire accompagner, il ne manque plus qu'à bâtir tout cela solidement autour d'une structure cohérente et ça pourra marcher, pourquoi pas ?
Alors bien entendu, les jolies chanteuses à texte sont nombreuses dans nos contrées et la bataille est dure pour se détacher, notamment quand on n'a pas été mannequin avant et/ou femme de président de la république, mais moi je dis, j'ai beaucoup d'espoir et de confiance en elle, si elle y croit et continue à évoluer comme cela.
La route est encore longue et parsemée d'embûches mais avec un peu d'aide et de chance, elle sera des plus belles, avec beaucoup de bonheur au bout on l'espère.
Marie Richeux, c'est tout une histoire. Je l'ai connu lors de mon stage chez Philippe Meyer, à Radio France. L'assistant du boss, Antoine, était pote avec elle qui faisait un stage à FIP. Je ne savais pas qu'elle chantait alors, aucun indice ne m'avait été donné. Je l'appris lorsqu'Antoine me parla de cette carrière naissante et parallèle qu'elle tenait et en me racontant alors la genèse de leur rencontre.
Il se baladait le nez au vent dans les couloirs de France Culture (elle est aussi passée par là...) quand il entendit une voix angélique dans un bureau, qui chantonnait. Attiré par ce divin bruit, il ne put s'empêcher d'aller jeter un oeil au bureau en question. Et c'est là qu'il surprit la petite Marie comme il l'appelle. Elle fut très confuse et gênée, mais il la complimenta et l'encouragea... Ils sont donc devenus amis et qques mois plus tard, elle commença à se produire dans qques cabarets.
Marie Richeux, c'est de la chanson infiniment française, avec des textes tout mignons et poétiques, souvent très bien affutés, sur une musique toute jolie aussi, assez simple, jouée à la guitare par son frère, excellent manipulateur de cordes. Elle parle d'amour, de famille, du temps qui passe, de souvenirs, de la société aussi, toujours en finesse et facétie.
C'est donc au Set de la Butte, mini-salle au pied de Montmartre, que je la vis en action pour la première fois. Ce fut très sobre, mini-scène à hauteur humaine, qques instruments et pieds de micros et c'est tout. Elle était donc accompagnée de son frère mais aussi de qques guests très enthousiastes : Ibrahim Maalouf à la trompette, Ludo Pin à la guitare et autres instrumentations improvisées et enfin David Têtard, qui était là "comme un poisson dans l'eau".
La petite Marie a bien chanté et l'ambiance était très conviviale, familiale et protectrice autour de notre graine de chanteuse. Je ne saurais dire pour ses influences mais au niveau de la voix, j'entends un mélange de Carla Bruni et de Pauline Croze. C'est doux, un peu cassé et ça flotte divinement bien dans l'air.
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un concert intimiste comme ça, avec une proximité immédiate et chaleureuse. ça fait un bien fou, ça donne des ailes et j'espère que ça lui en donnera surtout à elle. Elle compose vraiment bien, elle sait se faire accompagner, il ne manque plus qu'à bâtir tout cela solidement autour d'une structure cohérente et ça pourra marcher, pourquoi pas ?
Alors bien entendu, les jolies chanteuses à texte sont nombreuses dans nos contrées et la bataille est dure pour se détacher, notamment quand on n'a pas été mannequin avant et/ou femme de président de la république, mais moi je dis, j'ai beaucoup d'espoir et de confiance en elle, si elle y croit et continue à évoluer comme cela.
La route est encore longue et parsemée d'embûches mais avec un peu d'aide et de chance, elle sera des plus belles, avec beaucoup de bonheur au bout on l'espère.
vendredi 19 septembre 2008
Concert : Ayo. - Olympia(s) / Maison de la Radio / Solidays / Fête de l'Huma / Cabaret Sauvage / Casino de Paris / FNAC
Ayo., un nom qui signifie joie dans un dialecte nigérian et qui m'en a apporté beaucoup depuis que je connais cette merveilleuse artiste.
Sa musique est douce et rythmée, sa voix est splendide, sa personnalité est sincère et enthousiaste. J'avais été happé par son premier tube, "Down on my knees", et l'album m'avait rapidement convaincu. Puis il y eut la scène et là, je ne pus me détacher d'elle.
Comme vous le voyez dans le titre, je l'ai vu à de multiples reprises, 7 fois à ce jour ! Je n'ai jamais vu un artiste autant de fois mais il faut dire qu'elle a beaucoup tourné, surtout dans Paris. Je ne sais même plus dans quel ordre j'ai vu ces concerts mais on en fera un tour rapide si l'on peut.
En fait, la première fois que j'ai voulu la voir, c'était en septembre 2006, qques temps après avoir dévoré son album. Mais m'y étant pris trop tard, ses concerts dans la capitale étaient tous complets. Je me suis rattrapé en allant la voir, pour la première fois avec Sei, en décembre de cette même année.
Après une sympathique première partie de son ami Badié, on eut le droit à un show vraiment simple et très beau. On sentait beaucoup d'émotion pour elle que de jouer dans cette salle. En plus, elle était un peu malade, obligée de s'asseoir et pas très sûre d'elle-même pour chanter. Son père était dans la salle, pression supplémentaire. Je crois que dès ses premières notes, j'ai eu les larmes aux yeux, j'étais impressionné devant tant de beauté, physique et musicale. Le concert fut magique et elle décida même de descendre chanter dans le public, au milieu de la fosse, malheureusement, on était un peu trop loin pour l'approcher...
Au deuxième concert qui était je crois, à nouveau à l'Olympia, qques mois plus tard, même programme, elle redescendit dans le public mais cette fois, on était trop près de la scène avec mes deux acolytes, Floriane et Khadija ! D'oh ! Caramba, encore raté ! Mais le show fut super et en plus filmé pour un DVD qui sortit un peu plus tard. En première partie, il y eut une chanteuse américaine de type Norah Jones, mais dont je ne me souviens pas du tout le nom.
Entre temps, je l'avais peut-être aussi vu à la Maison de la Radio, je ne sais plus. Artiste France Inter, elle leur offrit ce concert privé ou presque. Etant en stage là-bas, j'ai pu en profiter pour y assister avec Antoine. C'était très particulier, dans un grand studio de radio mais tout près d'elle. Le comble, c'est que je l'avais croisé un peu avant à la cantine de Radio-France ! Mais je n'avais osé aller la déranger... Là encore, un très beau moment où elle joua beaucoup de sa facétie. En effet, le concert était diffusé en direct à la radio et elle s'imaginait les gens qui l'écoutaient en conduisant et qui n'avaient pas la chance d'être en face d'elle comme nous.
Qques mois après, ce fut l'été, et elle participa au grand festival Solidays, à l'hippodrome de Longchamp, en marge du Bois de Boulogne. Il pleuvait, elle ne joua qu'une heure (comme tous les concerts de ce genre de festival) mais elle nous apporta le soleil. A la fin du concert, la pluie s'estompa et les nuages firent place à un très bel arc-en-ciel... Il y a des signes qui ne trompent pas !
L'été passa et ce fut la Fête de l'Huma, à la Courneuve. Ayo. était là à nouveau, c'était il y a un an, pour son anniversaire qu'on ne manqua pas de lui souhaiter. Une heure de concert mais toujours que du bon !
Qques mois plus tard, le cycle de son premier album se referma après plus d'un an de promotion sur scène. Durant tous ces concerts, elle nous jouait en général toutes les chansons de l'album ainsi que parfois une ou deux reprises, puis un fameux "Girls and Boys" où elle faisait participer filles et garçons de la salle, en compétition avec son fabuleux groupe composé uniquement d'excellents musiciens masculins. Puis elle se mettait souvent à danser aussi, faisant s'envoler sa longue et mince silhouette.
Pour le concert du Cabaret Sauvage, en novembre 2007, ce fut tout autre chose. Très jolie petite salle, mi-cabaret, mi-cirque, située dans le Parc de la Villette, toujours à Paris. Elle nous raconta qu'elle préparait un nouvel album et qu'elle voulait nous le faire partager en exclusivité, enfin la plupart des morceaux n'étaient qu'à l'état de démos. Ce fut donc un concert placé sous le signe de l'improvisation, avec bien entendu, qques chansons déjà bien connues. Ce fut vraiment très particulier, rien à voir avec un show bien rôdé au millimètre.
Et là encore, je n'eus pas de chance puisqu'elle descendit dans le public, beaucoup plus longuement, chanté avec les gens, les enlaça, les embrassa... Et moi, accompagné de ce cher Max, pas forcément fan donc plus près du bar que de la fosse, je ne pus qu'assister, impuissant, à ce joli moment de douceur et de partage avec le public. Argh !
Puis Ayo. partit tenter sa chance aux Etats-Unis lors d'une tournée où elle put notamment rencontrer mon amie Daria, à Chicago.
Je n'avais plus vraiment de nouvelles et voilà qu'un deuxième album se profile enfin officiellement à l'horizon ! Afin de l'annoncer, un concert, au Casino de Paris (où j'avais déjà été voir KT Tunstall), c'était donc dimanche dernier. L'intitulé indiquait qu'il s'agissait d'un concert spécial pour fêter son anniversaire.
Accompagné de Mélissa cette fois (mais qui était déjà là à la Fête de l'Huma avec moi), on ne manqua pas de lui souhaiter avec le joyeux mais un peu timoré public. Ce fut encore un concert particulier. Elle débuta par deux nouveaux morceaux et remarqua l'incrédulité du public devant des nouvelles chansons que l'on a pas encore pu écouter puisque son album n'est pas encore sorti ! Elle se rattrapa donc en les mêlant à des chansons du premier album qui firent s'enchanter la foule, notamment "Down on my knees" qui restera SON tube éternel et dont personne ne se lasse, à sa grande surprise !
Elle était en forme Ayo., très souriante, rigolarde et bavarde, comme d'habitude. Son groupe a totalement changé, finis les Français, place aux Américains apparemment, mais tous très excellents également. Le pianiste Lucky Peterson fut l'invité de marque du concert, ainsi qu'un choeur de gospel le temps d'une ou deux chansons mais aussi de l'arrivée de la jolie pièce montée dorée faite de macarons pour célébrer son anniversaire (28 ans). Elle commença à en distribuer qques uns au public, mais j'étais trop loin... bouh... Puis comble de stupeur, elle invita une dizaine de jeunes fans à monter sur scène avec elle pour chanter et danser !!! Hugs et embrassades furent également de la partie et je restais là, mélancolique. Quoique je n'aurais vraiment pas osé monter sur scène. Certains n'avaient pas peur, notamment cet espèce de danseur de Tektonik qui dansa tout seul sur le côté de la scène ainsi que, de l'autre côté, une jeune fille un peu délurée et visiblement stone qui se crut seule au monde...
Bref, c'était un peu n'importe quoi ce concert mais il a pu au moins nous faire découvrir de manière mieux élaborée les futurs chansons de son second album qui s'annonçait très bon !
Et il l'est, dans la pleine lignée de son prédécesseur mais on en parlera le moment venu. Elle le présentait à la FNAC cette semaine, d'abord à celle de St Lazare puis à celle des Ternes. Ce fut organisé sous forme de show-case avec, dans l'ordre, mini-concert acoustique, entretien avec le public puis dédicace.
J'ai été aux deux, avec une personne différente à chaque fois, et ce fut, je crois, l'aboutissement de ce que j'avais tant attendu depuis tous ces concerts !
A St Lazare, elle nous offrit une courte set-list de qques titres assez enjoués de son nouvel album, mais également un petit medley du précédent. Elle était donc seule à la guitare et l'on a pu apprécier toute sa remarquable technique.
Lors de l'entretien avec le public, elle a répondu à diverses questions, notamment sur sa relation avec le chanteur Patrice. Et j'en ai profité pour me lancer à mon tour dans l'arène. J'ai pris le micro et je l'ai remercié pour tout qu'elle offrait à chacun avec sa musique. Puis je me suis présenté comme étant un ami de Daria, une Américaine rencontrée à HD et qui a elle-même rencontré Ayo. lors d'un concert de cette dernière à Chicago. La chance a fait que Ayo. s'en souvenait et s'est également rappelé que Daria lui avait parlé d'un French Boy qui lui avait fait découvrir sa musique. Ce fut donc un moment très personnel qui s'est créé entre Ayo. et moi. Puis je lui ai demandé pourquoi elle avait changé de groupe, tout simplement.
Après cela vint le temps de la dédicace et du bonheur qu'il offre à chacun de pouvoir discuter qques secondes avec l'artiste et accessoirement d'en obtenir un autographe. Quand ce fut mon tour, ce fut très court mais assez long pour qu'elle me resitue, qu'on en parle vite fait, qu'elle soit toute émue que j'ai dans l'idée d'appeler un jour ma fille Ayo (!) et surtout qu'elle m'autorise à lui faire la bise... Ah quel délicieux moment...
Cet évènement fut l'occasion pour moi de découvrir quelle humanité cache ce grand bout de jeune femme. Elle est d'une sensibilité exacerbée, quasiment en larmes dès que qqu'un la complimente ou lui offre un présent. C'était vraiment très impressionnant vu de près. Jusque là, j'avais remarqué son émotion lors des concerts lorsque le public l'applaudit chaudement, mais ici, une autre dimension s'est dévoilée, extrêmement touchante. Elle se place vraiment au niveau du public et se montre très proche et à l'écoute. Bien entendu, elle ne peut sans doute pas se donner entièrement à lui mais son succès phénoménal ne l'a pas empêché de rester simple et naturelle, comme sa musique, et ceci est remarquable.
Le deuxième show-case à la FNAC des Ternes fut évidemment très ressemblant sauf que le public était plus nombreux, la set-list différente, entièrement tirée de son nouvel album mais aussi plus triste. Un piano étant présent sur scène, elle en profita pour jouer l'un de ses morceaux sur celui-ci.
Les questions furent différentes bien heureusement aussi mais du même ordre. Quant à la dédicace, je fus à nouveau ravi de pouvoir lui redire qques mots et apprécier tout son charme ! ;-)
Je suis sorti de tout cela complètement émerveillé et cela a contribué à évacuer toutes mes frustrations nées de la proximité qu'elle avait donné à tous ces gens sauf moi lors de ses concerts précédents ! :-)
Prochain rendez-vous avec la belle métisse, ce sera pour janvier, à nouveau à l'Olympia...
Sa musique est douce et rythmée, sa voix est splendide, sa personnalité est sincère et enthousiaste. J'avais été happé par son premier tube, "Down on my knees", et l'album m'avait rapidement convaincu. Puis il y eut la scène et là, je ne pus me détacher d'elle.
Comme vous le voyez dans le titre, je l'ai vu à de multiples reprises, 7 fois à ce jour ! Je n'ai jamais vu un artiste autant de fois mais il faut dire qu'elle a beaucoup tourné, surtout dans Paris. Je ne sais même plus dans quel ordre j'ai vu ces concerts mais on en fera un tour rapide si l'on peut.
En fait, la première fois que j'ai voulu la voir, c'était en septembre 2006, qques temps après avoir dévoré son album. Mais m'y étant pris trop tard, ses concerts dans la capitale étaient tous complets. Je me suis rattrapé en allant la voir, pour la première fois avec Sei, en décembre de cette même année.
Après une sympathique première partie de son ami Badié, on eut le droit à un show vraiment simple et très beau. On sentait beaucoup d'émotion pour elle que de jouer dans cette salle. En plus, elle était un peu malade, obligée de s'asseoir et pas très sûre d'elle-même pour chanter. Son père était dans la salle, pression supplémentaire. Je crois que dès ses premières notes, j'ai eu les larmes aux yeux, j'étais impressionné devant tant de beauté, physique et musicale. Le concert fut magique et elle décida même de descendre chanter dans le public, au milieu de la fosse, malheureusement, on était un peu trop loin pour l'approcher...
Au deuxième concert qui était je crois, à nouveau à l'Olympia, qques mois plus tard, même programme, elle redescendit dans le public mais cette fois, on était trop près de la scène avec mes deux acolytes, Floriane et Khadija ! D'oh ! Caramba, encore raté ! Mais le show fut super et en plus filmé pour un DVD qui sortit un peu plus tard. En première partie, il y eut une chanteuse américaine de type Norah Jones, mais dont je ne me souviens pas du tout le nom.
Entre temps, je l'avais peut-être aussi vu à la Maison de la Radio, je ne sais plus. Artiste France Inter, elle leur offrit ce concert privé ou presque. Etant en stage là-bas, j'ai pu en profiter pour y assister avec Antoine. C'était très particulier, dans un grand studio de radio mais tout près d'elle. Le comble, c'est que je l'avais croisé un peu avant à la cantine de Radio-France ! Mais je n'avais osé aller la déranger... Là encore, un très beau moment où elle joua beaucoup de sa facétie. En effet, le concert était diffusé en direct à la radio et elle s'imaginait les gens qui l'écoutaient en conduisant et qui n'avaient pas la chance d'être en face d'elle comme nous.
Qques mois après, ce fut l'été, et elle participa au grand festival Solidays, à l'hippodrome de Longchamp, en marge du Bois de Boulogne. Il pleuvait, elle ne joua qu'une heure (comme tous les concerts de ce genre de festival) mais elle nous apporta le soleil. A la fin du concert, la pluie s'estompa et les nuages firent place à un très bel arc-en-ciel... Il y a des signes qui ne trompent pas !
L'été passa et ce fut la Fête de l'Huma, à la Courneuve. Ayo. était là à nouveau, c'était il y a un an, pour son anniversaire qu'on ne manqua pas de lui souhaiter. Une heure de concert mais toujours que du bon !
Qques mois plus tard, le cycle de son premier album se referma après plus d'un an de promotion sur scène. Durant tous ces concerts, elle nous jouait en général toutes les chansons de l'album ainsi que parfois une ou deux reprises, puis un fameux "Girls and Boys" où elle faisait participer filles et garçons de la salle, en compétition avec son fabuleux groupe composé uniquement d'excellents musiciens masculins. Puis elle se mettait souvent à danser aussi, faisant s'envoler sa longue et mince silhouette.
Pour le concert du Cabaret Sauvage, en novembre 2007, ce fut tout autre chose. Très jolie petite salle, mi-cabaret, mi-cirque, située dans le Parc de la Villette, toujours à Paris. Elle nous raconta qu'elle préparait un nouvel album et qu'elle voulait nous le faire partager en exclusivité, enfin la plupart des morceaux n'étaient qu'à l'état de démos. Ce fut donc un concert placé sous le signe de l'improvisation, avec bien entendu, qques chansons déjà bien connues. Ce fut vraiment très particulier, rien à voir avec un show bien rôdé au millimètre.
Et là encore, je n'eus pas de chance puisqu'elle descendit dans le public, beaucoup plus longuement, chanté avec les gens, les enlaça, les embrassa... Et moi, accompagné de ce cher Max, pas forcément fan donc plus près du bar que de la fosse, je ne pus qu'assister, impuissant, à ce joli moment de douceur et de partage avec le public. Argh !
Puis Ayo. partit tenter sa chance aux Etats-Unis lors d'une tournée où elle put notamment rencontrer mon amie Daria, à Chicago.
Je n'avais plus vraiment de nouvelles et voilà qu'un deuxième album se profile enfin officiellement à l'horizon ! Afin de l'annoncer, un concert, au Casino de Paris (où j'avais déjà été voir KT Tunstall), c'était donc dimanche dernier. L'intitulé indiquait qu'il s'agissait d'un concert spécial pour fêter son anniversaire.
Accompagné de Mélissa cette fois (mais qui était déjà là à la Fête de l'Huma avec moi), on ne manqua pas de lui souhaiter avec le joyeux mais un peu timoré public. Ce fut encore un concert particulier. Elle débuta par deux nouveaux morceaux et remarqua l'incrédulité du public devant des nouvelles chansons que l'on a pas encore pu écouter puisque son album n'est pas encore sorti ! Elle se rattrapa donc en les mêlant à des chansons du premier album qui firent s'enchanter la foule, notamment "Down on my knees" qui restera SON tube éternel et dont personne ne se lasse, à sa grande surprise !
Elle était en forme Ayo., très souriante, rigolarde et bavarde, comme d'habitude. Son groupe a totalement changé, finis les Français, place aux Américains apparemment, mais tous très excellents également. Le pianiste Lucky Peterson fut l'invité de marque du concert, ainsi qu'un choeur de gospel le temps d'une ou deux chansons mais aussi de l'arrivée de la jolie pièce montée dorée faite de macarons pour célébrer son anniversaire (28 ans). Elle commença à en distribuer qques uns au public, mais j'étais trop loin... bouh... Puis comble de stupeur, elle invita une dizaine de jeunes fans à monter sur scène avec elle pour chanter et danser !!! Hugs et embrassades furent également de la partie et je restais là, mélancolique. Quoique je n'aurais vraiment pas osé monter sur scène. Certains n'avaient pas peur, notamment cet espèce de danseur de Tektonik qui dansa tout seul sur le côté de la scène ainsi que, de l'autre côté, une jeune fille un peu délurée et visiblement stone qui se crut seule au monde...
Bref, c'était un peu n'importe quoi ce concert mais il a pu au moins nous faire découvrir de manière mieux élaborée les futurs chansons de son second album qui s'annonçait très bon !
Et il l'est, dans la pleine lignée de son prédécesseur mais on en parlera le moment venu. Elle le présentait à la FNAC cette semaine, d'abord à celle de St Lazare puis à celle des Ternes. Ce fut organisé sous forme de show-case avec, dans l'ordre, mini-concert acoustique, entretien avec le public puis dédicace.
J'ai été aux deux, avec une personne différente à chaque fois, et ce fut, je crois, l'aboutissement de ce que j'avais tant attendu depuis tous ces concerts !
A St Lazare, elle nous offrit une courte set-list de qques titres assez enjoués de son nouvel album, mais également un petit medley du précédent. Elle était donc seule à la guitare et l'on a pu apprécier toute sa remarquable technique.
Lors de l'entretien avec le public, elle a répondu à diverses questions, notamment sur sa relation avec le chanteur Patrice. Et j'en ai profité pour me lancer à mon tour dans l'arène. J'ai pris le micro et je l'ai remercié pour tout qu'elle offrait à chacun avec sa musique. Puis je me suis présenté comme étant un ami de Daria, une Américaine rencontrée à HD et qui a elle-même rencontré Ayo. lors d'un concert de cette dernière à Chicago. La chance a fait que Ayo. s'en souvenait et s'est également rappelé que Daria lui avait parlé d'un French Boy qui lui avait fait découvrir sa musique. Ce fut donc un moment très personnel qui s'est créé entre Ayo. et moi. Puis je lui ai demandé pourquoi elle avait changé de groupe, tout simplement.
Après cela vint le temps de la dédicace et du bonheur qu'il offre à chacun de pouvoir discuter qques secondes avec l'artiste et accessoirement d'en obtenir un autographe. Quand ce fut mon tour, ce fut très court mais assez long pour qu'elle me resitue, qu'on en parle vite fait, qu'elle soit toute émue que j'ai dans l'idée d'appeler un jour ma fille Ayo (!) et surtout qu'elle m'autorise à lui faire la bise... Ah quel délicieux moment...
Cet évènement fut l'occasion pour moi de découvrir quelle humanité cache ce grand bout de jeune femme. Elle est d'une sensibilité exacerbée, quasiment en larmes dès que qqu'un la complimente ou lui offre un présent. C'était vraiment très impressionnant vu de près. Jusque là, j'avais remarqué son émotion lors des concerts lorsque le public l'applaudit chaudement, mais ici, une autre dimension s'est dévoilée, extrêmement touchante. Elle se place vraiment au niveau du public et se montre très proche et à l'écoute. Bien entendu, elle ne peut sans doute pas se donner entièrement à lui mais son succès phénoménal ne l'a pas empêché de rester simple et naturelle, comme sa musique, et ceci est remarquable.
Le deuxième show-case à la FNAC des Ternes fut évidemment très ressemblant sauf que le public était plus nombreux, la set-list différente, entièrement tirée de son nouvel album mais aussi plus triste. Un piano étant présent sur scène, elle en profita pour jouer l'un de ses morceaux sur celui-ci.
Les questions furent différentes bien heureusement aussi mais du même ordre. Quant à la dédicace, je fus à nouveau ravi de pouvoir lui redire qques mots et apprécier tout son charme ! ;-)
Je suis sorti de tout cela complètement émerveillé et cela a contribué à évacuer toutes mes frustrations nées de la proximité qu'elle avait donné à tous ces gens sauf moi lors de ses concerts précédents ! :-)
Prochain rendez-vous avec la belle métisse, ce sera pour janvier, à nouveau à l'Olympia...
vendredi 12 septembre 2008
Concert : Coldplay - Voix du Gaou / Marseille / Bercy
Comme pour Manu Chao, trois concerts en un pour cette note ! En effet, j'ai vécu cette semaine mon troisième concert de Coldplay et cela m'a forcément rappelé les deux précédents, autres grands moments.
Coldplay, c'est désormais l'un des plus grands groupes de pop/rock actuels, une grosse machine de guerre qui a réussi, contrairement à d'autres groupes ou artistes du même genre, à sortir du lot et à rallier sous leur bannière un public très large et international.
Leurs deux premiers albums sont excellents, le troisième a suscité débat et le nouveau, "Viva la vida and death to all his friends", objet de cette nouvelle tournée, semble avoir déjà conquis pas mal de monde. La bande à Chris Martin est désormais parfaitement sur les rails et en qques années, les choses ont bien évolué sur scène, je l'ai constaté pour vous ;-)
Mon premier concert de Coldplay, en 2005, fut déjà pour moi un grand évènement. Le groupe, qui venait de sortir "XY", avait conquis mon coeur, j'y allais avec mon meilleur ami, fan lui aussi, et dans un cadre idyllique : une petite île varoise, en face de Six-Fours, en plein été. C'était pour les "Voix du Gaou", un festival qui commence à faire mouche, recevant chaque année de grosses pointures de la musique internationale. On accède à l'île par un unique petit pont (ou par la mer pour les plus courageux) et pour atteindre la scène, on traverse un petit bois de pins méditerranéens... Les artistes, eux, arrivent et repartent par bateau, c'est plus pratique ! En chemin vers la scène, Julien et moi avions été interrogés par France Bleu Provence, nous mettant déjà bien dans l'ambiance.
En première partie, c'était Richard Ashcroft, ex-leader de The Verve, que Chris Martin a qualifié plus tard de meilleur chanteur au monde. C'était pas mal, pas non plus trop ma tasse de thé ni celle du public qui s'endormait doucement sous les pins alors que le jour baissait peu à peu... Heureusement, le chanteur a réveillé tout le monde en terminant sa partie par le fameux "A Bitter sweet symphony".
Puis vint Coldplay pour un show très sobre au niveau du décor et des lumières, festival oblige. J'avais un peu honte parce que j'entendais tout le monde chanter les paroles et je passais un peu à côté... Mais je profitais des qques merveilleuses chansons de Coldplay, sous la nuit étoilée. On eut le droit à tous les grands tubes et à la bonne humeur de Chris Martin qui dialogua beaucoup avec le public, fustigeant son "français de merde" et appelant les demoiselles à s'emparer du coeur de son batteur, encore célibataire. Très beau souvenir donc.
Deuxième concert, qques mois plus tard sous le dôme de Marseille, la plus grosse salle de la cité phocéenne. En fosse, très bien placé, je m'y étais rendu à nouveau avec Julien mais également Emilie, une amie fan, et une copine à elle. Moi qui me sent souvent l'âme d'un grand photographe rock, j'avais pris pas moins de deux appareils ! A Six-Fours, ça avait été parce que j'avais piqué le petit appareil de mon père, facilement cachable. Là, je n'avais que mon gros Kodak, incachable. Ainsi, je l'avais roulé dans mon pull, dans mon sac. Etant à peu près certain de me faire capter, j'avais embarqué également l'appareil de ma soeur, caché de manière sommaire dans ma chaussette ! Mon sac fut fouillé minutieusement et mon Kodak trouvé, évidemment. Bing, au vestiaire. Par contre, la vigile n'a rien vérifié d'autre sur moi-même donc je suis passé tranquillement, en boîtant, avec l'appareil de ma soeur. ça c'était pour l'anecdote.
En première partie, nous avons eu le droit à Goldfrapp, groupe glam-rock bien efficace avec une sculpturale blonde au micro et des musiciens déguisés de manière très... hmmm... particulière, mi-anges, mi-robins des bois ! C'était assez lourd sonorement parlant mais c'était plutôt bien passé. Côté public, j'avais noté une forte proportion de jeunes filles et de jeunes hommes homosexuels ! Je ne savais donc plus trop où me mettre ;-)
Puis vint Coldplay... Pour le décor, on était dans le clip de "Speed of Sound" avec des écrans géants en fond de scène, faisant apparaître des animations (issues des clips de certaines chansons) ou bien les têtes des membres du groupe. Il y avait aussi cette petite lampe que Chris Martin balance dans le clip de "Fix You" et il a réédité l'exploit (à Six-Fours aussi il me semble). C'était en tout cas assez simple mais très bien foutu.
Musicalement, c'était top bien entendu, avec une play-list quasiment similaire à celle des Voix du Gaou. Chris Martin était là aussi bien en forme, répétant les mêmes jokes concernant son français mais bon, on l'excusera. Il s'est également permis une virée dans le public le temps d'une chanson. Encore un excellent souvenir c'est certain et de très belles photos à la clé...
Ce concert de Bercy, je l'attendais donc avec une très grosse impatience. D'habitude, je n'arrive pas à réaliser avant que le show n'ait lieu mais cette fois, je savais que j'allais jubiler donc je ne tenais plus en place.
Malheureusement, j'ai un poil trop tardé dans l'achat de mes places et les sites marchands ne me laissaient prendre que des tickets en tribune, donc plus chers, et pas les mieux placés. Je me suis donc résigné à acheter ces places, dégoûté que, le lendemain, un ami puisse, sur les mêmes sites, se prendre des places en fosse (ce que je voulais au départ) !
Je me suis pointé là-bas avec ma dulcinée, excité par tous les très bons commentaires issus des concerts précédents de cette même tournée, et j'ai décidé de rentrer par la file "Fosse" sauf que celle-ci s'étalait sur des km... Il était un peu tard il faut dire. Alors on est allé à notre entrée, en tribune, et c'est allé plus vite. Une fois dans Bercy, on s'est mis à nos places pour voir et malgré mes suppliques pour descendre dans la fosse, mon accompagnatrice n'a point voulu... :-(
Je me suis donc résolu à rester assis sur mon siège, quasiment en face de la scène, mais loin, dans un coin de la salle. Autant dire que les protagonistes nous sont apparus tels de petites marionnettes gigotant au milieu des lumières...
Première partie avec Albert Hammond Jr, guitariste des Strokes, pour un rock lourd plutôt enfiévré mais qui sonnait assez brouillon. Y a eu qques morceaux sympas malgré tout.
Puis Coldplay débarqua enfin. Vu d'où j'étais, c'était tout de même assez frustrant, d'autant plus qu'il y avait deux avant-scènes et donc qu'une bonne partie de la fosse pouvait les voir de près. La mise en scène justement était assez grandiose, les moyens ont considérablement augmenté, ça se voyait. Ce fut un très grand show son et lumières, on en a prit pleins les yeux et les oreilles.
Chris Martin était en forme et son français est toujours "de merde". ;-) Le groupe a finalement joué pas mal de titres du nouvel album dont "Viva la vida" qui fut LE tube du concert avec des "oh oh oh oh oh" repris à tue-tête par tout le public. Mais ils n'oublièrent pas les anciens hits, parfois passés à la moulinette ("Talk", "God put a smile upon your face" chantés sur une mini-scène) ou alors n'apportant plus vraiment d'atmosphère spéciale ("Fix You" n'est plus qu'une chanson parmi les autres...).
Mon moment préféré fut sans doute cette version toute épurée de "The Hardest part", interprétée par un Chris Martin en solo sur un piano. Puis le groupe s'invita dans le public, en pleine tribune. C'était pratiquement à l'endroit où nous étions mais dans la tribune d'en face ! Vraiment pas de bol à nouveau... Ils étaient là, devant une porte d'entrée, à chanter notamment "The Scientist" et laissant même leur batteur nous interpréter un petit air country. Très joli moment donc.
"Yellow" conclut ce concert très bien rôdé. Au final, je regrette quand même beaucoup de n'avoir pu plonger au milieu de la fosse car pour un show comme tel, c'est vraiment là qu'il faut se trouver, partager ses émotions avec le monde entier. En gradin, on n'est que spectateur d'un grand spectacle mais on ne participe pas vraiment et les écrans géants ne sont qu'une maigre compensation...
Coldplay reste donc un très grand groupe de scène que je suis à nouveau impatient de revoir un jour !
Coldplay, c'est désormais l'un des plus grands groupes de pop/rock actuels, une grosse machine de guerre qui a réussi, contrairement à d'autres groupes ou artistes du même genre, à sortir du lot et à rallier sous leur bannière un public très large et international.
Leurs deux premiers albums sont excellents, le troisième a suscité débat et le nouveau, "Viva la vida and death to all his friends", objet de cette nouvelle tournée, semble avoir déjà conquis pas mal de monde. La bande à Chris Martin est désormais parfaitement sur les rails et en qques années, les choses ont bien évolué sur scène, je l'ai constaté pour vous ;-)
Mon premier concert de Coldplay, en 2005, fut déjà pour moi un grand évènement. Le groupe, qui venait de sortir "XY", avait conquis mon coeur, j'y allais avec mon meilleur ami, fan lui aussi, et dans un cadre idyllique : une petite île varoise, en face de Six-Fours, en plein été. C'était pour les "Voix du Gaou", un festival qui commence à faire mouche, recevant chaque année de grosses pointures de la musique internationale. On accède à l'île par un unique petit pont (ou par la mer pour les plus courageux) et pour atteindre la scène, on traverse un petit bois de pins méditerranéens... Les artistes, eux, arrivent et repartent par bateau, c'est plus pratique ! En chemin vers la scène, Julien et moi avions été interrogés par France Bleu Provence, nous mettant déjà bien dans l'ambiance.
En première partie, c'était Richard Ashcroft, ex-leader de The Verve, que Chris Martin a qualifié plus tard de meilleur chanteur au monde. C'était pas mal, pas non plus trop ma tasse de thé ni celle du public qui s'endormait doucement sous les pins alors que le jour baissait peu à peu... Heureusement, le chanteur a réveillé tout le monde en terminant sa partie par le fameux "A Bitter sweet symphony".
Puis vint Coldplay pour un show très sobre au niveau du décor et des lumières, festival oblige. J'avais un peu honte parce que j'entendais tout le monde chanter les paroles et je passais un peu à côté... Mais je profitais des qques merveilleuses chansons de Coldplay, sous la nuit étoilée. On eut le droit à tous les grands tubes et à la bonne humeur de Chris Martin qui dialogua beaucoup avec le public, fustigeant son "français de merde" et appelant les demoiselles à s'emparer du coeur de son batteur, encore célibataire. Très beau souvenir donc.
Deuxième concert, qques mois plus tard sous le dôme de Marseille, la plus grosse salle de la cité phocéenne. En fosse, très bien placé, je m'y étais rendu à nouveau avec Julien mais également Emilie, une amie fan, et une copine à elle. Moi qui me sent souvent l'âme d'un grand photographe rock, j'avais pris pas moins de deux appareils ! A Six-Fours, ça avait été parce que j'avais piqué le petit appareil de mon père, facilement cachable. Là, je n'avais que mon gros Kodak, incachable. Ainsi, je l'avais roulé dans mon pull, dans mon sac. Etant à peu près certain de me faire capter, j'avais embarqué également l'appareil de ma soeur, caché de manière sommaire dans ma chaussette ! Mon sac fut fouillé minutieusement et mon Kodak trouvé, évidemment. Bing, au vestiaire. Par contre, la vigile n'a rien vérifié d'autre sur moi-même donc je suis passé tranquillement, en boîtant, avec l'appareil de ma soeur. ça c'était pour l'anecdote.
En première partie, nous avons eu le droit à Goldfrapp, groupe glam-rock bien efficace avec une sculpturale blonde au micro et des musiciens déguisés de manière très... hmmm... particulière, mi-anges, mi-robins des bois ! C'était assez lourd sonorement parlant mais c'était plutôt bien passé. Côté public, j'avais noté une forte proportion de jeunes filles et de jeunes hommes homosexuels ! Je ne savais donc plus trop où me mettre ;-)
Puis vint Coldplay... Pour le décor, on était dans le clip de "Speed of Sound" avec des écrans géants en fond de scène, faisant apparaître des animations (issues des clips de certaines chansons) ou bien les têtes des membres du groupe. Il y avait aussi cette petite lampe que Chris Martin balance dans le clip de "Fix You" et il a réédité l'exploit (à Six-Fours aussi il me semble). C'était en tout cas assez simple mais très bien foutu.
Musicalement, c'était top bien entendu, avec une play-list quasiment similaire à celle des Voix du Gaou. Chris Martin était là aussi bien en forme, répétant les mêmes jokes concernant son français mais bon, on l'excusera. Il s'est également permis une virée dans le public le temps d'une chanson. Encore un excellent souvenir c'est certain et de très belles photos à la clé...
Ce concert de Bercy, je l'attendais donc avec une très grosse impatience. D'habitude, je n'arrive pas à réaliser avant que le show n'ait lieu mais cette fois, je savais que j'allais jubiler donc je ne tenais plus en place.
Malheureusement, j'ai un poil trop tardé dans l'achat de mes places et les sites marchands ne me laissaient prendre que des tickets en tribune, donc plus chers, et pas les mieux placés. Je me suis donc résigné à acheter ces places, dégoûté que, le lendemain, un ami puisse, sur les mêmes sites, se prendre des places en fosse (ce que je voulais au départ) !
Je me suis pointé là-bas avec ma dulcinée, excité par tous les très bons commentaires issus des concerts précédents de cette même tournée, et j'ai décidé de rentrer par la file "Fosse" sauf que celle-ci s'étalait sur des km... Il était un peu tard il faut dire. Alors on est allé à notre entrée, en tribune, et c'est allé plus vite. Une fois dans Bercy, on s'est mis à nos places pour voir et malgré mes suppliques pour descendre dans la fosse, mon accompagnatrice n'a point voulu... :-(
Je me suis donc résolu à rester assis sur mon siège, quasiment en face de la scène, mais loin, dans un coin de la salle. Autant dire que les protagonistes nous sont apparus tels de petites marionnettes gigotant au milieu des lumières...
Première partie avec Albert Hammond Jr, guitariste des Strokes, pour un rock lourd plutôt enfiévré mais qui sonnait assez brouillon. Y a eu qques morceaux sympas malgré tout.
Puis Coldplay débarqua enfin. Vu d'où j'étais, c'était tout de même assez frustrant, d'autant plus qu'il y avait deux avant-scènes et donc qu'une bonne partie de la fosse pouvait les voir de près. La mise en scène justement était assez grandiose, les moyens ont considérablement augmenté, ça se voyait. Ce fut un très grand show son et lumières, on en a prit pleins les yeux et les oreilles.
Chris Martin était en forme et son français est toujours "de merde". ;-) Le groupe a finalement joué pas mal de titres du nouvel album dont "Viva la vida" qui fut LE tube du concert avec des "oh oh oh oh oh" repris à tue-tête par tout le public. Mais ils n'oublièrent pas les anciens hits, parfois passés à la moulinette ("Talk", "God put a smile upon your face" chantés sur une mini-scène) ou alors n'apportant plus vraiment d'atmosphère spéciale ("Fix You" n'est plus qu'une chanson parmi les autres...).
Mon moment préféré fut sans doute cette version toute épurée de "The Hardest part", interprétée par un Chris Martin en solo sur un piano. Puis le groupe s'invita dans le public, en pleine tribune. C'était pratiquement à l'endroit où nous étions mais dans la tribune d'en face ! Vraiment pas de bol à nouveau... Ils étaient là, devant une porte d'entrée, à chanter notamment "The Scientist" et laissant même leur batteur nous interpréter un petit air country. Très joli moment donc.
"Yellow" conclut ce concert très bien rôdé. Au final, je regrette quand même beaucoup de n'avoir pu plonger au milieu de la fosse car pour un show comme tel, c'est vraiment là qu'il faut se trouver, partager ses émotions avec le monde entier. En gradin, on n'est que spectateur d'un grand spectacle mais on ne participe pas vraiment et les écrans géants ne sont qu'une maigre compensation...
Coldplay reste donc un très grand groupe de scène que je suis à nouveau impatient de revoir un jour !
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