Cette fois, j'y étais ! Après l'avoir manqué lors de son dernier passage au Brésil en 2014, je n'ai pas raté l'occasion d'aller applaudir Paul McCartney une sixième fois et pour la première fois hors de Paris.
L'ex-Beatles était de passage en terre auriverde dans le cadre de sa tournée "One on one", qui est passée principalement aux Etats-Unis (pour changer). Cette fois, il n'est pas passé à Rio, donc c'est à Belo Horizonte et son stade du Mineirão que je me suis rendu pour le show. São Paulo, le plus près pour moi, était complet, tandis que Porto Alegre et Salvador étaient trop éloignés.
Comme vous pouvez le constater dans mes compte rendus, plus je vois Paul McCartney et moins la magie opère en raison de son grand manque de renouvellement scénique. Toutefois, il y avait ici une grande nouveauté : le voir au Brésil, pays qui possède, selon une grande majorité d'artistes, le meilleur public au monde.
Au moins, contrairement à la France, l'ex-Beatles y fait le plein (malgré des prix prohibitifs) et possède ici une solide base de fans qui a traversé les générations sans perte de popularité. Je vois encore beaucoup de jeunes porter des éléments "The Beatles", vêtements ou autres. Le groupe est sans conteste le plus populaire parmi les étrangers et cela risque de se maintenir encore longtemps.
Cela s'est vérifié durant le concert. Le public était vraiment très varié et d'une chaleur incomparable. Ici, les gens dansent, chantent, crient, applaudissent et offrent une véritable ambiance pour les artistes qu'ils chérissent : Macca s'est retrouvé une ou deux fois obligé de dire au public de s'arrêter de l'encourager. C'était un vrai bonheur, compensant le fait de me retrouver une fois de plus en tribune (sur le côté de la scène).
Côté show, toujours les incontournables : pas de première partie si ce n'est DJ Chris et ses remixes de chansons des Beatles et Paul solo jouées durant une petite heure pendant que des montages de photos défilent sur les écrans, le groupe sobre et efficace (malgré ses défauts, déjà évoqués par ailleurs), les anecdotes (George et son ukulélé), les hommages (George, John, Jimi Hendrix, George Martin, à qui il dédie désormais "Being for the benefit of Mr Kite"...), les mimiques (après "Live and let die"), les 3 heures de concert sans pause boisson, les quelques phrases en langue locale (il manie plutôt bien le portugais le bougre !)...
Les nouveautés sont rares et se retrouvent essentiellement dans la set-list où Macca nous a quelque peu piégé puisqu'il l'a un peu modifiée par rapport à ses deux concerts précédents de Porto Alegre et São Paulo. Il a notamment zappé "Jet" et "Junior's Farm" pour "Save us" entre autres.
Mes nouveautés à moi : "In Spite of all danger", qui s'est révélée une belle surprise, "You won't see me" (il me semble que c'était inédit pour moi) que j'adore, "Letting go" peut-être aussi et "I wanna be your man" (dont je ne vois pas l'intérêt). Le reste n'évolue que trop peu, mais c'est comme ça, j'ai accepté les explications du bonhomme.
Comme tous les publics à travers le monde, les Brésiliens ont été particulièrement enthousiastes sur les chansons des Beatles et notamment "Love me Do" ou "Something". J'ai particulièrement vibré sur cette dernière, les deux premières nouveautés évoquées plus haut, ainsi que, notamment, "I've just seen a face" et "Golden Slumbers". Parfois, je sentais les larmes me monter aux yeux, moins pour l'émotion de le voir, puisque ce n'est plus inédit comme la première fois ou en raison de beaux hommages, mais plutôt à l'idée de ne plus le revoir. Cette fois, j'avais vraiment l'impression que c'était la dernière.
Paul McCartney a toujours de beaux restes, ne serait-ce que physiquement, mais la voix continue de se dégrader, notamment sur les chansons les plus difficiles ("Maybe I'm amazed", "Let it be", "Nineteen hundred and eighty-five" ou encore "FourFiveSeconds" où il ne peut absolument pas concurrencer Rihanna). J'ai même eu l'impression que le son du micro était volontairement baissé sur certains passages (de manière générale, le son était médiocre, stade oblige). Evidemment, il pourrait continuer en chantant un paquet de chansons encore dans son registre possible, mais difficile de se débarrasser des incontournables et aussi de ce type d'arènes quand il peut continuer à les remplir les doigts dans le nez.
En tout cas, la mini-déception du Stade de France est passée, Paul est toujours vivant, le public brésilien l'a fêté comme il se doit et sera-ce vraiment mon dernier concert ? Réponse au prochain...
jeudi 2 novembre 2017
lundi 4 septembre 2017
Livre : Geoff Emerick - En studio avec les Beatles
J'ai lu beaucoup de livres sur les Beatles et jusque-là, seule l'énorme autobiographie "Anthology" m'avait parfaitement comblé. J'ai complété cette nette satisfaction avec "En studio avec les Beatles" (sorti en 2014 pour la version française, 2006 pour la version originale), les mémoires de leur principal ingénieur du son, Geoff Emerick, écrites avec le journaliste Howard Massey.
Le grand intérêt de ce livre est qu'il offre lui aussi une plongée de l'intérieur de la carrière des Beatles, qui plus est bien précise, mais avec en même temps un point de vue extérieur et une subjectivité différente.
Geoff Emerick a eu une histoire assez incroyable, commençant sa carrière extrêmement jeune. Il raconte d'abord son enfance et sa passion pour les appareils sonores, qui le conduit à vouloir travailler dans un studio d'enregistrement. Ce n'était pas gagné à l'époque, mais à seulement 15 ans, il entre finalement comme ingénieur du son assistant aux studios EMI (surnommés Abbey Road depuis le fameux album...).
Le jeune technicien ne s'est pas occupé tout de suite des Beatles, mais il n'en était pas loin dès leur entrée chez EMI. Il gravitait autour, comme assistant, à des tâches "ingrates", mais utiles. Et en 1966, quand l'ingénieur du son "titulaire" des Fab Four, Norman Smith, décide de quitter son poste pour se lancer dans la production (des Pink Floyd), le producteur George Martin décide de le remplacer par Geoff Emerick, alors âgé de seulement 19 ans. Et quelle promotion puisque le premier album dont il va s'occuper est "Revolver"...
C'est à partir de ce moment que le livre devient évidemment d'autant plus intéressant puisque jusqu'alors, l'ingénieur du son ne racontait quasiment rien sur les précédents albums puisqu'il n'y a pas participé directement - mais son récit de l'intérieur des studios EMI n'est néanmoins pas dénué d'intérêt.
A partir de "Revolver", Geoff Emerick se montre donc très précis sur l'enregistrement de la plupart des chansons. On apprend plein de choses sur la manière dont elles ont été enregistrées et c'est passionnant car les Beatles et toute l'équipe qui les entourait ont dû redoubler d'ingéniosité et de créativité pour créer tous les sons qu'ils désiraient. Outre les limites technologiques de l'époque, bien que référents, les studios EMI n'étaient pas forcément non plus les mieux équipés au monde et leur fonctionnement était des plus guindés, car n'enregistrant que peu de musique populaire avant que les Beatles n'y débarquent. Avec leur musique, les Fab Four ont donc révolutionné aussi tout ce qu'il se passait à l'intérieur d'Abbey Road, avec évidemment carte blanche en raison de leur succès démesuré.
Geoff Emerick n'est pas que technique heureusement, il n'oublie pas non plus de raconter un peu la vie en studio, les faits et gestes, les attitudes et comportements des uns et des autres, qui provoqueront d'ailleurs son départ provisoire (accompagné de George Martin) de son poste auprès des Beatles - pour le double album "The Beatles" et "Let it be".
La carrière de Geoff Emerick ne s'arrêtera évidemment pas avec la séparation du groupe puisque l'ingénieur du son raconte aussi l'aventure - et bordel - Apple à laquelle il a participé, concevant le studio d'enregistrement du label des Beatles, et qui se poursuivra au début des années 1970, avant qu'il ne rejoigne les studios AIR de George Martin.
Si ses mémoires sont ainsi un recueil précieux sur les coulisses d'un groupe de génie, elles ne sont pas parfaites pour autant. Elles sont d'abord controversées, car remises en question par ses pairs, notamment Ken Scott, autre ingénieur du son des Beatles. Ce dernier a accusé Geoff Emerick d'avoir commis de nombreuses erreurs factuelles du fait d'une mémoire particulièrement défaillante - Howard Massey aurait en réalité plus fait appel à celle de ses congénères qu'à la sienne !
Il est donc dommage de devoir prendre toutes ces anecdotes avec des pincettes, surtout que l'ingénieur du son a promis de faire amende honorable dans les rééditions futures. Le technicien a aussi une fâcheuse tendance à s'attribuer beaucoup de réussites sonores de morceaux des Beatles, et pas les plus mineurs, et cela avec pas mal d'arrogance. C'est assez dérangeant, surtout quand on sait, donc, que ses propos ne sont peut-être pas si véridiques que cela.
Enfin, il y a son point de vue sur les Beatles et leurs morceaux. Pas qu'il ne soit pas intéressant, mais c'est alors là aussi que sa subjectivité agace un peu. Il est particulièrement dur avec George Harrison - ce que Ken Scott lui reproche aussi, le qualifiant en gros de piètre guitariste, qui n'arrive guère à sortir de solos potables - mais il lui attribue de très grandes qualités de producteur post-Beatles.
A l'inverse, Geoff Emerick n'a d'yeux que pour Paul McCartney, LE génie absolu des Beatles, le plus sympa, le plus ouvert, etc. Mais on sent que le point de vue est biaisé justement parce que le bassiste du groupe a été celui qui lui a accordé le plus d'attention lors de leurs sessions de travail. Et fera appel à lui à plusieurs reprises lors de sa carrière solo, notamment lors des collaborations avec George Martin.
Certes, le talent de Paul McCartney est indéniable et clairement supérieur à celui des autres dans certains domaines, mais ce qui agace, c'est que l'ingénieur du son tend à les rabaisser en comparaison, comme il le fait avec George Harrison donc.
Il est moins loquace sur John Lennon et Ringo Starr. Ils intéressent moins Geoff Emerick, outre parce qu'ils communiquaient peu - et John Lennon n'était pas forcément très sociable et reconnaissant, mais aussi parce qu'ils n'avaient que peu d'intérêt pour la technique en studio, notamment le premier, alors qu'il faisait régulièrement des demandes sonores farfelues - mais auxquelles les techniciens d'EMI se pliaient. Le second n'est pas vraiment plus admiré que George Harrison, l'auteur semblant même le considérer moins bon que Paul McCartney derrière les fûts. Décidément.
Ne soyons donc pas étonnés que le titre original soit une chanson de ce dernier ("Here, there and everywhere"), mais savourons malgré tout un ouvrage aussi nécessaire que fascinant, d'un point de vue différent sur le plus grand groupe de tous les temps.
Le grand intérêt de ce livre est qu'il offre lui aussi une plongée de l'intérieur de la carrière des Beatles, qui plus est bien précise, mais avec en même temps un point de vue extérieur et une subjectivité différente.
Geoff Emerick a eu une histoire assez incroyable, commençant sa carrière extrêmement jeune. Il raconte d'abord son enfance et sa passion pour les appareils sonores, qui le conduit à vouloir travailler dans un studio d'enregistrement. Ce n'était pas gagné à l'époque, mais à seulement 15 ans, il entre finalement comme ingénieur du son assistant aux studios EMI (surnommés Abbey Road depuis le fameux album...).
Le jeune technicien ne s'est pas occupé tout de suite des Beatles, mais il n'en était pas loin dès leur entrée chez EMI. Il gravitait autour, comme assistant, à des tâches "ingrates", mais utiles. Et en 1966, quand l'ingénieur du son "titulaire" des Fab Four, Norman Smith, décide de quitter son poste pour se lancer dans la production (des Pink Floyd), le producteur George Martin décide de le remplacer par Geoff Emerick, alors âgé de seulement 19 ans. Et quelle promotion puisque le premier album dont il va s'occuper est "Revolver"...
C'est à partir de ce moment que le livre devient évidemment d'autant plus intéressant puisque jusqu'alors, l'ingénieur du son ne racontait quasiment rien sur les précédents albums puisqu'il n'y a pas participé directement - mais son récit de l'intérieur des studios EMI n'est néanmoins pas dénué d'intérêt.
A partir de "Revolver", Geoff Emerick se montre donc très précis sur l'enregistrement de la plupart des chansons. On apprend plein de choses sur la manière dont elles ont été enregistrées et c'est passionnant car les Beatles et toute l'équipe qui les entourait ont dû redoubler d'ingéniosité et de créativité pour créer tous les sons qu'ils désiraient. Outre les limites technologiques de l'époque, bien que référents, les studios EMI n'étaient pas forcément non plus les mieux équipés au monde et leur fonctionnement était des plus guindés, car n'enregistrant que peu de musique populaire avant que les Beatles n'y débarquent. Avec leur musique, les Fab Four ont donc révolutionné aussi tout ce qu'il se passait à l'intérieur d'Abbey Road, avec évidemment carte blanche en raison de leur succès démesuré.
Geoff Emerick n'est pas que technique heureusement, il n'oublie pas non plus de raconter un peu la vie en studio, les faits et gestes, les attitudes et comportements des uns et des autres, qui provoqueront d'ailleurs son départ provisoire (accompagné de George Martin) de son poste auprès des Beatles - pour le double album "The Beatles" et "Let it be".
La carrière de Geoff Emerick ne s'arrêtera évidemment pas avec la séparation du groupe puisque l'ingénieur du son raconte aussi l'aventure - et bordel - Apple à laquelle il a participé, concevant le studio d'enregistrement du label des Beatles, et qui se poursuivra au début des années 1970, avant qu'il ne rejoigne les studios AIR de George Martin.
Si ses mémoires sont ainsi un recueil précieux sur les coulisses d'un groupe de génie, elles ne sont pas parfaites pour autant. Elles sont d'abord controversées, car remises en question par ses pairs, notamment Ken Scott, autre ingénieur du son des Beatles. Ce dernier a accusé Geoff Emerick d'avoir commis de nombreuses erreurs factuelles du fait d'une mémoire particulièrement défaillante - Howard Massey aurait en réalité plus fait appel à celle de ses congénères qu'à la sienne !
Il est donc dommage de devoir prendre toutes ces anecdotes avec des pincettes, surtout que l'ingénieur du son a promis de faire amende honorable dans les rééditions futures. Le technicien a aussi une fâcheuse tendance à s'attribuer beaucoup de réussites sonores de morceaux des Beatles, et pas les plus mineurs, et cela avec pas mal d'arrogance. C'est assez dérangeant, surtout quand on sait, donc, que ses propos ne sont peut-être pas si véridiques que cela.
Enfin, il y a son point de vue sur les Beatles et leurs morceaux. Pas qu'il ne soit pas intéressant, mais c'est alors là aussi que sa subjectivité agace un peu. Il est particulièrement dur avec George Harrison - ce que Ken Scott lui reproche aussi, le qualifiant en gros de piètre guitariste, qui n'arrive guère à sortir de solos potables - mais il lui attribue de très grandes qualités de producteur post-Beatles.
A l'inverse, Geoff Emerick n'a d'yeux que pour Paul McCartney, LE génie absolu des Beatles, le plus sympa, le plus ouvert, etc. Mais on sent que le point de vue est biaisé justement parce que le bassiste du groupe a été celui qui lui a accordé le plus d'attention lors de leurs sessions de travail. Et fera appel à lui à plusieurs reprises lors de sa carrière solo, notamment lors des collaborations avec George Martin.
Certes, le talent de Paul McCartney est indéniable et clairement supérieur à celui des autres dans certains domaines, mais ce qui agace, c'est que l'ingénieur du son tend à les rabaisser en comparaison, comme il le fait avec George Harrison donc.
Il est moins loquace sur John Lennon et Ringo Starr. Ils intéressent moins Geoff Emerick, outre parce qu'ils communiquaient peu - et John Lennon n'était pas forcément très sociable et reconnaissant, mais aussi parce qu'ils n'avaient que peu d'intérêt pour la technique en studio, notamment le premier, alors qu'il faisait régulièrement des demandes sonores farfelues - mais auxquelles les techniciens d'EMI se pliaient. Le second n'est pas vraiment plus admiré que George Harrison, l'auteur semblant même le considérer moins bon que Paul McCartney derrière les fûts. Décidément.
Ne soyons donc pas étonnés que le titre original soit une chanson de ce dernier ("Here, there and everywhere"), mais savourons malgré tout un ouvrage aussi nécessaire que fascinant, d'un point de vue différent sur le plus grand groupe de tous les temps.
samedi 27 février 2016
Concert : The Rolling Stones - Vélodrome / Stade de France / Maracanã
Mon dernier concert des Rolling Stones au Maracanã de Rio me donne l'occasion d'évoquer les deux premiers auxquels j'ai assisté, les deux en France, là aussi dans des stades mythiques !
Le tout premier, c'était donc le Vélodrome de Marseille, en 2003, dans le cadre du Licks World Tour. Mon oncle nous avait payés les places en fosse. Parmi les éléments marquants, je me rappelle l'excellente première partie assurée par Stereophonics et le bonheur d'entendre des chansons des Beatles parmi la playlist d'attente jouée dans le stade.
Autrement, concert de très bonne facture et j'avais eu la bonne idée de me placer près de la petite scène installée au milieu de la fosse, là où le groupe joua notamment "Like a Rolling Stone". Ils étaient vraiment tout près, c'était chouette.
Même stratégie pour mon deuxième concert des Stones, cette fois au Stade de France en 2006, dans le cadre du Bigger Bang Tour. Comme il est compliqué d'arriver super tôt et d'être tout près de la scène principale dans la fosse, j'avais pris le parti de me mettre pas trop loin de la petite scène centrale.
Encore un excellent choix de première partie avec Razorlight. Et très bon concert avec notamment "Miss You" et "Start me up" sur la petite scène toute proche. Par contre, je me rappelle qu'un stadier avait repéré mon appareil photo et me faisait des signes pour arrêter de l'utiliser. Pas cool.
Et nous voilà ainsi la semaine dernière au Maracanã de Rio, première date brésilienne dans le cadre du América Latina Olé Tour. Bien que les places aient été écoulées en un rien de temps, j'ai eu un gros coup de chance, repérant des places à vendre sur un groupe Facebook à peine trois jours avant le concert. Cette fois, des places en tribune, mais plutôt bien placées, sur les côtés de la fosse qui disposait d'un "couloir" avancé emprunté par Mick Jagger et de temps en temps Keith Richard, Ron Wood et la choriste Sasha Allen pour un superbe duo sur "Gimme Shelter". Mais pas de petite scène centrale comme à Marseille et Paris donc pas de regret !
Cette fois, je n'ai pas pu assister aux deux premières parties prévues pour cause de retard et surtout d'énormes averses. Je ne connaissais pas le premier groupe, Doctor Pheabes, mais j'aurais bien voulu voir le second, Ultraje a rigor, une sorte de Téléphone brésilien. Tant pis.
Mais je suis arrivé juste après la pluie et à temps pour les Rolling Stones. Je craignais un peu les conséquences de l'orage, mais les problèmes techniques ont juste concerné l'un des deux écrans géants sur les côtés de la scène, à l'opposé de ma place, donc pas trop dérangeant.
Encore une fois, et c'est remarquable vu qu'ils vieillissent quand même, le concert était grandiose, avec là certainement le public le plus chaud des trois shows. Complètement déchaînés, les spectateurs de la fosse ont même envahi une rampe menant à ma tribune, ce qui a été assez moyen vu que cela m'a bouché la vue pour la fin du concert.
Mais autrement, Mick Jagger prend des rides, mais bouge toujours autant, court, danse, saute... et à noter aussi que sa voix semble ne pas faiblir tant que cela, avec le même grain au fil de ces dernières années, contrairement à un Paul McCartney par exemple. Sympa aussi de le voir jouer de la guitare et de l'harmonica.
Les autres membres assurent toujours autant. Clairement, Keith Richards prend un coup de vieux, Charlie Watts encore plus, mais il gère encore bien, même si ses solos semblent un peu brouillons la plupart du temps. Mais Ron Wood le complète parfaitement. Keith Richards a toujours le droit à ses deux chansons réglementaires, avec le constant "Before they make me run", chantées aux trois concerts (plus une différente à chaque fois).
Côté setlist justement, les incontournables ont été jouées aux trois concerts, ouvrant avec "Start me up" ici et fermant, comme à Paris, avec "You can't always get what you want" (avec à Rio une chorale locale pour les choeurs) et "(I can't get no) satisfaction". Seules nouveautés pour Rio par rapport aux deux précédents : "Out of control", le récent "Doom and gloom", mais aussi "Angie" (dont j'ai pas trop trop aimé la version). "Like a Rolling Stone" a été jouée dans le cadre d'un vote du public. J'aurais préféré "She's a rainbow", jouée au Chili précédemment.
Enfin, je dois répéter mes chaleureux encouragements aux Rolling Stones qui font appel à de vrais cuivres pour les accompagner sur scène, ce qui constitue une vraie plus-value par rapport à des artistes se contentant de synthés (oui Paul McCartney, je m'adresse à toi !)...
En conclusion, malgré les années qui passent, c'est encore un bonheur de voir les Rolling Stones sur scène. Leur musique géniale reste, de même que l'énergie et l'enthousiasme. Pour combien de temps encore ?
Le tout premier, c'était donc le Vélodrome de Marseille, en 2003, dans le cadre du Licks World Tour. Mon oncle nous avait payés les places en fosse. Parmi les éléments marquants, je me rappelle l'excellente première partie assurée par Stereophonics et le bonheur d'entendre des chansons des Beatles parmi la playlist d'attente jouée dans le stade.
Autrement, concert de très bonne facture et j'avais eu la bonne idée de me placer près de la petite scène installée au milieu de la fosse, là où le groupe joua notamment "Like a Rolling Stone". Ils étaient vraiment tout près, c'était chouette.
Même stratégie pour mon deuxième concert des Stones, cette fois au Stade de France en 2006, dans le cadre du Bigger Bang Tour. Comme il est compliqué d'arriver super tôt et d'être tout près de la scène principale dans la fosse, j'avais pris le parti de me mettre pas trop loin de la petite scène centrale.
Encore un excellent choix de première partie avec Razorlight. Et très bon concert avec notamment "Miss You" et "Start me up" sur la petite scène toute proche. Par contre, je me rappelle qu'un stadier avait repéré mon appareil photo et me faisait des signes pour arrêter de l'utiliser. Pas cool.
Et nous voilà ainsi la semaine dernière au Maracanã de Rio, première date brésilienne dans le cadre du América Latina Olé Tour. Bien que les places aient été écoulées en un rien de temps, j'ai eu un gros coup de chance, repérant des places à vendre sur un groupe Facebook à peine trois jours avant le concert. Cette fois, des places en tribune, mais plutôt bien placées, sur les côtés de la fosse qui disposait d'un "couloir" avancé emprunté par Mick Jagger et de temps en temps Keith Richard, Ron Wood et la choriste Sasha Allen pour un superbe duo sur "Gimme Shelter". Mais pas de petite scène centrale comme à Marseille et Paris donc pas de regret !
Cette fois, je n'ai pas pu assister aux deux premières parties prévues pour cause de retard et surtout d'énormes averses. Je ne connaissais pas le premier groupe, Doctor Pheabes, mais j'aurais bien voulu voir le second, Ultraje a rigor, une sorte de Téléphone brésilien. Tant pis.
Mais je suis arrivé juste après la pluie et à temps pour les Rolling Stones. Je craignais un peu les conséquences de l'orage, mais les problèmes techniques ont juste concerné l'un des deux écrans géants sur les côtés de la scène, à l'opposé de ma place, donc pas trop dérangeant.
Encore une fois, et c'est remarquable vu qu'ils vieillissent quand même, le concert était grandiose, avec là certainement le public le plus chaud des trois shows. Complètement déchaînés, les spectateurs de la fosse ont même envahi une rampe menant à ma tribune, ce qui a été assez moyen vu que cela m'a bouché la vue pour la fin du concert.
Mais autrement, Mick Jagger prend des rides, mais bouge toujours autant, court, danse, saute... et à noter aussi que sa voix semble ne pas faiblir tant que cela, avec le même grain au fil de ces dernières années, contrairement à un Paul McCartney par exemple. Sympa aussi de le voir jouer de la guitare et de l'harmonica.
Les autres membres assurent toujours autant. Clairement, Keith Richards prend un coup de vieux, Charlie Watts encore plus, mais il gère encore bien, même si ses solos semblent un peu brouillons la plupart du temps. Mais Ron Wood le complète parfaitement. Keith Richards a toujours le droit à ses deux chansons réglementaires, avec le constant "Before they make me run", chantées aux trois concerts (plus une différente à chaque fois).
Côté setlist justement, les incontournables ont été jouées aux trois concerts, ouvrant avec "Start me up" ici et fermant, comme à Paris, avec "You can't always get what you want" (avec à Rio une chorale locale pour les choeurs) et "(I can't get no) satisfaction". Seules nouveautés pour Rio par rapport aux deux précédents : "Out of control", le récent "Doom and gloom", mais aussi "Angie" (dont j'ai pas trop trop aimé la version). "Like a Rolling Stone" a été jouée dans le cadre d'un vote du public. J'aurais préféré "She's a rainbow", jouée au Chili précédemment.
Enfin, je dois répéter mes chaleureux encouragements aux Rolling Stones qui font appel à de vrais cuivres pour les accompagner sur scène, ce qui constitue une vraie plus-value par rapport à des artistes se contentant de synthés (oui Paul McCartney, je m'adresse à toi !)...
En conclusion, malgré les années qui passent, c'est encore un bonheur de voir les Rolling Stones sur scène. Leur musique géniale reste, de même que l'énergie et l'enthousiasme. Pour combien de temps encore ?
vendredi 10 juillet 2015
Concert : Paul McCartney - Stade de France
Honnêtement, je n'aurais jamais cru revoir Paul McCartney en concert (je me dis cela à chaque fois que je le vois, c'est vrai). Mais là, vivant à Rio, c'est devenu bien plus compliqué car il n'y vient pas autant qu'en Europe et encore moins qu'aux Etats-Unis.
Il est venu pourtant il y a quelques mois et les places sont parties en quelques minutes, un problème de carte bancaire m'empêchant de prendre part à la fête. Bref, pour la première fois, il était en ville et je l'ai manqué. Tristesse.
Puis, pour mon premier retour en France depuis deux ans, il se trouve qu'il passait par là aussi ! Incroyable... Je ne pouvais pas le rater cette fois, mais j'avais déjà beaucoup plus d'espoir, sachant que les Français ne se ruent pas pour le voir comme ailleurs. Cela fait de la peine à beaucoup de fans hexagonaux, mais je trouve le côté positif aussi : tout le monde est certain d'avoir sa place. Au départ, j'aurais voulu aller le voir à Marseille car c'était original et dans le "nouveau" stade Vélodrome. Finalement, mon emploi du temps a été perturbé et j'ai dû me rabattre sur le Stade de France que je connais bien déjà. C'était toutefois la première fois que je voyais l'ex-Beatles dans ce lieu, ayant raté sa dernière là-même en 2004 (seule fois où je l'ai raté à Paris depuis 2003).
J'avoue que le voir en stade ne m'enchantait pas beaucoup (je déteste les concerts en stade, ça n'a aucun intérêt autre que financier pour l'artiste, on voit rien en dehors des écrans géants et le son est pourri). Et comme lors des deux derniers Bercy, il y a ce côté blasé qui est désormais en moi, surtout depuis la toute première fois forcément forte en émotion et le concert indépassable à l'Olympia.
C'est de ma faute, oui, mais un peu de la sienne aussi car, il faut bien le dire, il ne se renouvelle pas beaucoup (mais il assume, c'est ce que veut le "grand" public, ignorant les fans un peu pointus comme moi). La "première partie" est toujours la même depuis plus de dix ans maintenant : un pot pourri de chansons des Beatles (y compris des reprises) et de Paul McCartney en solo avec des montages de photos qui défilent sur les écrans. Là, il y avait quand même un DJ au début jouant avec des remix, mais rien de très différent de la suite.
Son groupe est aussi toujours le même. Musicalement, c'est globalement propre et fidèle (sauf les solos qui ne sont pas terribles), avec un excellent batteur, mais les années passent et remplacer des cuivres et des cordes par des synthés me navre toujours plus... Sir Paul est dans la reproduction plutôt que l'adaptation, mais refuse de se payer un vrai orchestre (ne serait qu'une section cuivres comme avec les Wings, époque où il était pourtant moins riche).
La set-list et la mise en scène n'évoluent elles pas beaucoup non plus dans les grandes lignes (Ah le "Michelle" joué constamment pour le public français, les quelques mesures de "Foxy Lady" pour Jimi Hendrix, la même anecdote suivi de "Something" au ukulélé pour George, le "Here Today" pour John, les feux d'artifice de "Live and let die", la fan à pancarte qui monte sur scène, le drapeau français et les confettis). Mais c'est moins répréhensible car il nous gâte à chaque fois de quelques petites nouveautés surprenantes : ici "Temporary Secretary". Je n'avais aussi jamais entendu sur scène les chansons de son dernier album ainsi que "Hope for the future", composée pour un jeu vidéo.
Ai-je passé un mauvais moment pour autant ? Non, parce que même si j'étais en tribune (assis, un peu mieux que prévu dû au fait qu'il a été loin de remplir le stade, trop ambitieux), j'ai suivi le concert avec une nouvelle personne chère à mon coeur et puis parce qu'avec le temps, j'y vais plus décontracté, moins crispé à mon téléphone pour enregistrer le moindre moment inédit, savourant plus quoi, tranquillement, avec presque un ami. Oui, quand il joue mon morceau préféré des Wings, "Nineteen hundred eighty five", j'ai l'impression que c'est pour moi seul et c'est un très grand moment.
Je retiendrai aussi, encore et toujours, une grande générosité - 3h de concert malgré son grand âge, cet effort des quelques mots en français -, et une bonne humeur communicative. Certes, il y a moins de magie pour lui comme pour moi, mais il y a toujours une part de plaisir intact et un fait : je l'ai vu, cinq fois désormais, et je ne verrai pas mieux. Thank you Paul.
Il est venu pourtant il y a quelques mois et les places sont parties en quelques minutes, un problème de carte bancaire m'empêchant de prendre part à la fête. Bref, pour la première fois, il était en ville et je l'ai manqué. Tristesse.
Puis, pour mon premier retour en France depuis deux ans, il se trouve qu'il passait par là aussi ! Incroyable... Je ne pouvais pas le rater cette fois, mais j'avais déjà beaucoup plus d'espoir, sachant que les Français ne se ruent pas pour le voir comme ailleurs. Cela fait de la peine à beaucoup de fans hexagonaux, mais je trouve le côté positif aussi : tout le monde est certain d'avoir sa place. Au départ, j'aurais voulu aller le voir à Marseille car c'était original et dans le "nouveau" stade Vélodrome. Finalement, mon emploi du temps a été perturbé et j'ai dû me rabattre sur le Stade de France que je connais bien déjà. C'était toutefois la première fois que je voyais l'ex-Beatles dans ce lieu, ayant raté sa dernière là-même en 2004 (seule fois où je l'ai raté à Paris depuis 2003).
J'avoue que le voir en stade ne m'enchantait pas beaucoup (je déteste les concerts en stade, ça n'a aucun intérêt autre que financier pour l'artiste, on voit rien en dehors des écrans géants et le son est pourri). Et comme lors des deux derniers Bercy, il y a ce côté blasé qui est désormais en moi, surtout depuis la toute première fois forcément forte en émotion et le concert indépassable à l'Olympia.
C'est de ma faute, oui, mais un peu de la sienne aussi car, il faut bien le dire, il ne se renouvelle pas beaucoup (mais il assume, c'est ce que veut le "grand" public, ignorant les fans un peu pointus comme moi). La "première partie" est toujours la même depuis plus de dix ans maintenant : un pot pourri de chansons des Beatles (y compris des reprises) et de Paul McCartney en solo avec des montages de photos qui défilent sur les écrans. Là, il y avait quand même un DJ au début jouant avec des remix, mais rien de très différent de la suite.
Son groupe est aussi toujours le même. Musicalement, c'est globalement propre et fidèle (sauf les solos qui ne sont pas terribles), avec un excellent batteur, mais les années passent et remplacer des cuivres et des cordes par des synthés me navre toujours plus... Sir Paul est dans la reproduction plutôt que l'adaptation, mais refuse de se payer un vrai orchestre (ne serait qu'une section cuivres comme avec les Wings, époque où il était pourtant moins riche).
La set-list et la mise en scène n'évoluent elles pas beaucoup non plus dans les grandes lignes (Ah le "Michelle" joué constamment pour le public français, les quelques mesures de "Foxy Lady" pour Jimi Hendrix, la même anecdote suivi de "Something" au ukulélé pour George, le "Here Today" pour John, les feux d'artifice de "Live and let die", la fan à pancarte qui monte sur scène, le drapeau français et les confettis). Mais c'est moins répréhensible car il nous gâte à chaque fois de quelques petites nouveautés surprenantes : ici "Temporary Secretary". Je n'avais aussi jamais entendu sur scène les chansons de son dernier album ainsi que "Hope for the future", composée pour un jeu vidéo.
Ai-je passé un mauvais moment pour autant ? Non, parce que même si j'étais en tribune (assis, un peu mieux que prévu dû au fait qu'il a été loin de remplir le stade, trop ambitieux), j'ai suivi le concert avec une nouvelle personne chère à mon coeur et puis parce qu'avec le temps, j'y vais plus décontracté, moins crispé à mon téléphone pour enregistrer le moindre moment inédit, savourant plus quoi, tranquillement, avec presque un ami. Oui, quand il joue mon morceau préféré des Wings, "Nineteen hundred eighty five", j'ai l'impression que c'est pour moi seul et c'est un très grand moment.
Je retiendrai aussi, encore et toujours, une grande générosité - 3h de concert malgré son grand âge, cet effort des quelques mots en français -, et une bonne humeur communicative. Certes, il y a moins de magie pour lui comme pour moi, mais il y a toujours une part de plaisir intact et un fait : je l'ai vu, cinq fois désormais, et je ne verrai pas mieux. Thank you Paul.
dimanche 1 mars 2015
Concert : Ringo Starr - Vivo Rio
Je ne pensais pas revoir Ringo Starr de ma vie, mais entre quelques concerts toujours aux Etats-Unis, l'ancien batteur des Beatles a pris la peine de faire un crochet par l'Amérique du Sud dont le Brésil, avec des dates à São Paulo et Rio.
Une belle aubaine pour moi sachant que j'ai raté, avec beaucoup de déception, la venue de Paul McCartney à Rio il y a quelques mois, faute de moyens financiers - même si Ringo n'était pas donné non plus -. Il s'agissait donc de mon deuxième concert du batteur, quatre ans après celui que j'avais vu à Paris et que j'avais conté ici-même.
Parlons d'abord du lieu du concert. Le Vivo Rio est une salle moyenne (4.000 places) se situant en plein centre de la ville, accolé au MAM. Elle n'est pas vraiment adaptée pour un concert de rock car son rez-de-chaussée contient une double fosse (pour être devant la scène, on paye plus cher) et juste derrière une large partie avec tables et chaises, en mode cabaret. Une mezzanine accueille les plus fortunés. Le Brésil ne semble pas très accoutumé aux premières parties - mais les concerts commencent tard en général, à 22h -, donc il n'y en a pas eu cette fois-ci, mais ce n'est pas plus mal vu celle entendue à Paris, la pire que j'ai jamais pu voir en concert.
Côté groupe, quatre ans après, le All-Starr Band de Ringo a pas mal changé. On retrouve toujours son acolyte de batterie, Gregg Bissonnette (Toto, Joe Satriani), en poste depuis 2008, et Richard Page (Mr Mister) à la basse, en poste depuis 2010. Exit en revanche Rick Derringer, Wally Palmar, Edgar Winter et Gary Wright. Bienvenue à Todd Rundgren (Nazz, Utopia et producteur de Badfinger à Patti Smith en passant par le New York Dolls et Meat Loaf) à la guitare, Gregg Rolie (membre fondateur de Santana, Journey, The Storm) aux claviers, Steve Lukather (Toto, et qui a joué pour les plus grands, de Paul McCartney à Ringo Starr en passant par Joe Cocker, etc.) à la guitare lead et le moins connu Warren Ham (qui a notamment joué pour Toto, Donna Summer et Frankie Valli) aux cuivres et percussions.
Comme à chaque concert, Ringo a une majorité de chansons, mais laisse ses compagnons de tournée chanter eux aussi leurs plus grands succès. Plutôt une meilleure pioche cette année qu'il y a quatre ans parce qu'on a eu le droit à trois grands succès de Toto ("Rosanna", "Africa" et "Hold the line"), Todd Rundgren ("I saw the light", "Bang the drum all day" et "Love is the answer"), Santana ("Evil ways", "Black Magic woman", sur lequel Ringo n'a pas joué, et "Oye como va") et Mr Mister ("Kyrie" et "Broken wings"). Richard Page a également interprété une chanson à lui récente, "You are mine", très bien aussi. De son côté, Ringo Starr n'a malheureusement quasiment pas changé sa setlist d'un iota en ce qui concerne ses "hits", avec peut-être l'ajout de "Matchbox" en ouverture et "Don't pass me by", sinon nous avons eu le droit une fois de plus à "It don't come easy", "Boys", "Honey don't", "Yellow Submarine", "Act Naturally", "I wanna be your man", "Photograph" et "With a little help from my friends". Je fais pas la fine bouche, j'adore la plupart de ces chansons, mais une petite surprise à la "Octopus' Garden", "Wrack my brain" ou encore "I'm the greatest" m'aurait aussi bien plu. Les deux morceaux récents et moins connus qu'il a ajoutés sont "Wings" (à l'origine sur son album "Ringo the 4th", mais réenregistrée pour "Ringo 2012") et "Anthem", également de "Ringo 2012", son dernier album avant celui qui vient de sortir, "Postcards from paradise", mais dont il n'a offert aucune chanson. Les deux sont oubliables. Notons aussi la fin, encore une fois, avec "Give peace a chance" présenté comme une sorte de rappel pour Ringo qui n'y éternise pas pour autant, ne saluant donc pas le public avec le reste de son All-Starr Band.
Ce dernier m'a semblé ainsi plus solide que le précédent que j'avais pu voir. Techniquement, c'était vraiment excellent. Si Ringo est en mode pépère derrière ses fûts, Gregg Bissonnette ne ménage pas ses efforts et est vraiment LE batteur du groupe. J'ai aussi pu découvrir la virtuosité de Steve Lukather à la guitare, vraiment l'un des meilleurs au monde sans aucun doute, dans tous les registres proposés. Et puis mention spéciale aussi à Warren Ham qui, s'il est moins célèbre que les autres membres, a donné toute la mesure de son talent sur plusieurs instruments, notamment les cuivres, et aussi au chant, tout comme Richard Page, qui a gardé une très belle voix. On ne peut pas en dire autant de Todd Rundgren à la voix déraillée, mais compensée par son look de vieux hippie excentrique et sa folie douce tout au long du show, presque à part des autres. Ringo, lui, conserve sa voix nasillarde si particulière qui ne s'altère pas tellement avec le temps.
L'autre bonheur de ses concerts, ce sont ses blagues, même si je l'ai trouvé plutôt réservé cette fois-ci par rapport à la dernière fois. Il semblait ressasser les mêmes bons mots qu'à chaque concert, qui font, il est vrai, parfois de bonnes transitions entre les chansons. En tout cas, Ringo conserve sa verve ironique et cela fait un bon contrepoids à ses mimiques "Peace and love" désormais automatiques et, même si sincères, un peu ringardes. Comme quand Paul McCartney fait de l'air guitar pour saluer ses fans.
Enfin, un point sur le public. Sage à Paris, les fauteuils aidant, je l'attendais bien plus chaud à Rio - le public brésilien est connu pour être l'un des meilleurs au monde -. Certes, il n'était bien entendu pas de toute fraîcheur, il y avait de tous les âges, mais il a été bien, sans plus. Enfin peut-être que mes attentes étaient trop grandes, ce n'était "que" Ringo. Mais ce dernier a déchaîné les passions le concert suivant en Argentine. Alors... En tout cas, on n'a pas été épargné non plus par les applaudissements polis et les silences ce soir-là.
Au final, ne boudons pas notre plaisir, ce fut déjà un meilleur concert que le précédent selon moi, avec d'excellents musiciens, des morceaux sympas et une chouette ambiance. A la prochaine Ringo ?
Une belle aubaine pour moi sachant que j'ai raté, avec beaucoup de déception, la venue de Paul McCartney à Rio il y a quelques mois, faute de moyens financiers - même si Ringo n'était pas donné non plus -. Il s'agissait donc de mon deuxième concert du batteur, quatre ans après celui que j'avais vu à Paris et que j'avais conté ici-même.
Parlons d'abord du lieu du concert. Le Vivo Rio est une salle moyenne (4.000 places) se situant en plein centre de la ville, accolé au MAM. Elle n'est pas vraiment adaptée pour un concert de rock car son rez-de-chaussée contient une double fosse (pour être devant la scène, on paye plus cher) et juste derrière une large partie avec tables et chaises, en mode cabaret. Une mezzanine accueille les plus fortunés. Le Brésil ne semble pas très accoutumé aux premières parties - mais les concerts commencent tard en général, à 22h -, donc il n'y en a pas eu cette fois-ci, mais ce n'est pas plus mal vu celle entendue à Paris, la pire que j'ai jamais pu voir en concert.
Côté groupe, quatre ans après, le All-Starr Band de Ringo a pas mal changé. On retrouve toujours son acolyte de batterie, Gregg Bissonnette (Toto, Joe Satriani), en poste depuis 2008, et Richard Page (Mr Mister) à la basse, en poste depuis 2010. Exit en revanche Rick Derringer, Wally Palmar, Edgar Winter et Gary Wright. Bienvenue à Todd Rundgren (Nazz, Utopia et producteur de Badfinger à Patti Smith en passant par le New York Dolls et Meat Loaf) à la guitare, Gregg Rolie (membre fondateur de Santana, Journey, The Storm) aux claviers, Steve Lukather (Toto, et qui a joué pour les plus grands, de Paul McCartney à Ringo Starr en passant par Joe Cocker, etc.) à la guitare lead et le moins connu Warren Ham (qui a notamment joué pour Toto, Donna Summer et Frankie Valli) aux cuivres et percussions.
Comme à chaque concert, Ringo a une majorité de chansons, mais laisse ses compagnons de tournée chanter eux aussi leurs plus grands succès. Plutôt une meilleure pioche cette année qu'il y a quatre ans parce qu'on a eu le droit à trois grands succès de Toto ("Rosanna", "Africa" et "Hold the line"), Todd Rundgren ("I saw the light", "Bang the drum all day" et "Love is the answer"), Santana ("Evil ways", "Black Magic woman", sur lequel Ringo n'a pas joué, et "Oye como va") et Mr Mister ("Kyrie" et "Broken wings"). Richard Page a également interprété une chanson à lui récente, "You are mine", très bien aussi. De son côté, Ringo Starr n'a malheureusement quasiment pas changé sa setlist d'un iota en ce qui concerne ses "hits", avec peut-être l'ajout de "Matchbox" en ouverture et "Don't pass me by", sinon nous avons eu le droit une fois de plus à "It don't come easy", "Boys", "Honey don't", "Yellow Submarine", "Act Naturally", "I wanna be your man", "Photograph" et "With a little help from my friends". Je fais pas la fine bouche, j'adore la plupart de ces chansons, mais une petite surprise à la "Octopus' Garden", "Wrack my brain" ou encore "I'm the greatest" m'aurait aussi bien plu. Les deux morceaux récents et moins connus qu'il a ajoutés sont "Wings" (à l'origine sur son album "Ringo the 4th", mais réenregistrée pour "Ringo 2012") et "Anthem", également de "Ringo 2012", son dernier album avant celui qui vient de sortir, "Postcards from paradise", mais dont il n'a offert aucune chanson. Les deux sont oubliables. Notons aussi la fin, encore une fois, avec "Give peace a chance" présenté comme une sorte de rappel pour Ringo qui n'y éternise pas pour autant, ne saluant donc pas le public avec le reste de son All-Starr Band.
Ce dernier m'a semblé ainsi plus solide que le précédent que j'avais pu voir. Techniquement, c'était vraiment excellent. Si Ringo est en mode pépère derrière ses fûts, Gregg Bissonnette ne ménage pas ses efforts et est vraiment LE batteur du groupe. J'ai aussi pu découvrir la virtuosité de Steve Lukather à la guitare, vraiment l'un des meilleurs au monde sans aucun doute, dans tous les registres proposés. Et puis mention spéciale aussi à Warren Ham qui, s'il est moins célèbre que les autres membres, a donné toute la mesure de son talent sur plusieurs instruments, notamment les cuivres, et aussi au chant, tout comme Richard Page, qui a gardé une très belle voix. On ne peut pas en dire autant de Todd Rundgren à la voix déraillée, mais compensée par son look de vieux hippie excentrique et sa folie douce tout au long du show, presque à part des autres. Ringo, lui, conserve sa voix nasillarde si particulière qui ne s'altère pas tellement avec le temps.
L'autre bonheur de ses concerts, ce sont ses blagues, même si je l'ai trouvé plutôt réservé cette fois-ci par rapport à la dernière fois. Il semblait ressasser les mêmes bons mots qu'à chaque concert, qui font, il est vrai, parfois de bonnes transitions entre les chansons. En tout cas, Ringo conserve sa verve ironique et cela fait un bon contrepoids à ses mimiques "Peace and love" désormais automatiques et, même si sincères, un peu ringardes. Comme quand Paul McCartney fait de l'air guitar pour saluer ses fans.
Enfin, un point sur le public. Sage à Paris, les fauteuils aidant, je l'attendais bien plus chaud à Rio - le public brésilien est connu pour être l'un des meilleurs au monde -. Certes, il n'était bien entendu pas de toute fraîcheur, il y avait de tous les âges, mais il a été bien, sans plus. Enfin peut-être que mes attentes étaient trop grandes, ce n'était "que" Ringo. Mais ce dernier a déchaîné les passions le concert suivant en Argentine. Alors... En tout cas, on n'a pas été épargné non plus par les applaudissements polis et les silences ce soir-là.
Au final, ne boudons pas notre plaisir, ce fut déjà un meilleur concert que le précédent selon moi, avec d'excellents musiciens, des morceaux sympas et une chouette ambiance. A la prochaine Ringo ?
dimanche 7 septembre 2014
Concert : Daniel Zimmermann - Cidade das Artes
Encore du jazz et encore gratuit grâce à l'invitation de l'Alliance française de Rio pour ce concert du tromboniste français Daniel Zimmermann. Le concert se jouait dans la magnifique Cidades das Artes de Rio, grand édifice de béton avec de jolies courbes - signé du Français Christian de Portzamparc - placé au beau milieu de l'autoroute centrale du quartier excentré de Barra da Tijuca.
Malheureusement, le très joli théâtre du lieu (il y a aussi une grande salle) n'était pas plein du tout. Pas sûr que Daniel Zimmermann soit très connu ici, je ne le connaissais pas non plus en France où il a sorti son premier album solo il y a un an, "Bone Machine". Auparavant, il a participé à de très nombreuses formations, souvent "world" ou alternatives, ainsi qu'à l'accompagnement des principaux artistes français.
A Rio, il terminait une tournée brésilienne en compagnie d'un quartet composé de Manuel Marchès (contrebasse), Maxime Fougères (guitare) et Julien Charlet (batterie), tous excellents évidemment. Daniel Zimmermann et ses compères ont ainsi enchaîné les morceaux de l'album, entrecoupés des explications du tromboniste sur la signification et le style de chacun. Le musicien s'est montré à chaque fois doté d'une délicieuse ironie, avec un verbe subtil et très drôle, provoquant souvent le rire de ses complices (et des quelques spectateurs qui, comme moi, pouvaient comprendre le français).
Côté musique, difficile à décrire, c'est du jazz, contemporain, avec les spécificités du trombone, dont la sonorité ressemble à celle d'une trompette, mais cela reste bien sûr un peu différent. Les morceaux, de plusieurs minutes chacun, étaient variés et intéressants, jamais vraiment ennuyeux, et laissant la place à quelques solos de chacun des instruments présents.
C'était ainsi fort plaisant, avec une acoustique magnifique. Seul regret, la "faute" finale des spectateurs, la majorité d'entre eux ne battant pas le rappel et commençant à partir. Heureusement, quelques irréductibles, dont moi-même, ont fait en sorte de faire revenir le quartet qui, malgré la situation un peu cocasse (et qui l'a bien remarqué), s'est engagé dans un dernier morceau, chanté cette fois (le seul), où Daniel Zimmermann a pu démontrer qu'il se débrouillait également très bien au chant ! Un joli swing de conclusion.
Malheureusement, le très joli théâtre du lieu (il y a aussi une grande salle) n'était pas plein du tout. Pas sûr que Daniel Zimmermann soit très connu ici, je ne le connaissais pas non plus en France où il a sorti son premier album solo il y a un an, "Bone Machine". Auparavant, il a participé à de très nombreuses formations, souvent "world" ou alternatives, ainsi qu'à l'accompagnement des principaux artistes français.
A Rio, il terminait une tournée brésilienne en compagnie d'un quartet composé de Manuel Marchès (contrebasse), Maxime Fougères (guitare) et Julien Charlet (batterie), tous excellents évidemment. Daniel Zimmermann et ses compères ont ainsi enchaîné les morceaux de l'album, entrecoupés des explications du tromboniste sur la signification et le style de chacun. Le musicien s'est montré à chaque fois doté d'une délicieuse ironie, avec un verbe subtil et très drôle, provoquant souvent le rire de ses complices (et des quelques spectateurs qui, comme moi, pouvaient comprendre le français).
Côté musique, difficile à décrire, c'est du jazz, contemporain, avec les spécificités du trombone, dont la sonorité ressemble à celle d'une trompette, mais cela reste bien sûr un peu différent. Les morceaux, de plusieurs minutes chacun, étaient variés et intéressants, jamais vraiment ennuyeux, et laissant la place à quelques solos de chacun des instruments présents.
C'était ainsi fort plaisant, avec une acoustique magnifique. Seul regret, la "faute" finale des spectateurs, la majorité d'entre eux ne battant pas le rappel et commençant à partir. Heureusement, quelques irréductibles, dont moi-même, ont fait en sorte de faire revenir le quartet qui, malgré la situation un peu cocasse (et qui l'a bien remarqué), s'est engagé dans un dernier morceau, chanté cette fois (le seul), où Daniel Zimmermann a pu démontrer qu'il se débrouillait également très bien au chant ! Un joli swing de conclusion.
samedi 23 août 2014
Concert : Divers - Jazz Blues Festival
Tous les ans, la petite cité balnéaire de Rio das Ostras, sur la côte de l'Etat de Rio de Janeiro, près de Cabo Frio, accueille le "Jazz Blues Festival" qui réunit, deux week-ends de suite, artistes brésiliens et étrangers de bonne facture. C'est en compagnie d'amis que je m'y suis rendu pour le second et dernier samedi de concerts.
Première chose, c'est un festival gratuit, ce qui est une belle initiative pour faire découvrir un genre musical pas forcément très écouté au Brésil. Alors oui, la majorité des spectateurs était plutôt âgée, mais il y avait aussi une bonne partie de jeunes, en mode grunge et fumeurs de joints. Peu importe, bonne ambiance.
On a raté le premier orchestre brésilien, mais on est arrivé pour le HBC Super Trio. H comme Scott Henderson, très grand guitariste de jazz, B comme Jeff Berlin, très grand bassiste de jazz et C comme Billy Cobham, très grand batteur de jazz. Du lourd donc, mais finalement, cela ne m'a pas tant branché que cela. Il s'agissait surtout de très longs solos de guitare électrique de Scott Henderson, avec des sonorités différentes selon les morceaux, et cela m'a pas mal ennuyé. Excellente reprise de "Come Together" des Beatles en revanche, uniquement musicale évidemment, les spectateurs assurant le chant !
La foule a commencé à bouger pour l'artiste suivant, à savoir le très connu Al Jarreau. Je ne connais finalement pas grand chose du répertoire de ce chanteur qui a exploré divers genres musicaux. S'il est plutôt sur le déclin maintenant, l'âge aidant, il sait encore bien donner de la voix et a un groove indéniable. Entouré d'un excellent groupe, il a parfaitement tenu la baraque durant plus d'une heure, offrant même une joyeuse reprise du fameux "Mas que nada" de Jorge Ben.
Mais le clou de la soirée a pour moi été le dernier groupe à entrer en scène : Rockin Dopsie & The Zydeco Twisters. Le zydeco, ce genre musical louisianais qu'affectionne particulièrement mon père est quasiment centenaire, mais continue d'être entretenu et modernisé par des artistes comme Rockin Dopsie. Lui et son groupe déjanté ont mis le feu à Rio das Ostras alors qu'il était déjà 1h passée ! Beaucoup de reprises quand même de leur part (James Brown, Michael Jackson, etc.), mais avec une superbe énergie et un Rockin Dopsie au meilleur de sa forme avec sa planche à laver sur le torse, gesticulant partout sur scène et même au coeur du public. Leurs morceaux zydeco étaient tout aussi entraînants et dansants.
Très belle soirée donc, finie très tard, avec de bien beaux artistes, ce qui donne envie de revenir l'an prochain et plus longtemps !
Première chose, c'est un festival gratuit, ce qui est une belle initiative pour faire découvrir un genre musical pas forcément très écouté au Brésil. Alors oui, la majorité des spectateurs était plutôt âgée, mais il y avait aussi une bonne partie de jeunes, en mode grunge et fumeurs de joints. Peu importe, bonne ambiance.
On a raté le premier orchestre brésilien, mais on est arrivé pour le HBC Super Trio. H comme Scott Henderson, très grand guitariste de jazz, B comme Jeff Berlin, très grand bassiste de jazz et C comme Billy Cobham, très grand batteur de jazz. Du lourd donc, mais finalement, cela ne m'a pas tant branché que cela. Il s'agissait surtout de très longs solos de guitare électrique de Scott Henderson, avec des sonorités différentes selon les morceaux, et cela m'a pas mal ennuyé. Excellente reprise de "Come Together" des Beatles en revanche, uniquement musicale évidemment, les spectateurs assurant le chant !
La foule a commencé à bouger pour l'artiste suivant, à savoir le très connu Al Jarreau. Je ne connais finalement pas grand chose du répertoire de ce chanteur qui a exploré divers genres musicaux. S'il est plutôt sur le déclin maintenant, l'âge aidant, il sait encore bien donner de la voix et a un groove indéniable. Entouré d'un excellent groupe, il a parfaitement tenu la baraque durant plus d'une heure, offrant même une joyeuse reprise du fameux "Mas que nada" de Jorge Ben.
Mais le clou de la soirée a pour moi été le dernier groupe à entrer en scène : Rockin Dopsie & The Zydeco Twisters. Le zydeco, ce genre musical louisianais qu'affectionne particulièrement mon père est quasiment centenaire, mais continue d'être entretenu et modernisé par des artistes comme Rockin Dopsie. Lui et son groupe déjanté ont mis le feu à Rio das Ostras alors qu'il était déjà 1h passée ! Beaucoup de reprises quand même de leur part (James Brown, Michael Jackson, etc.), mais avec une superbe énergie et un Rockin Dopsie au meilleur de sa forme avec sa planche à laver sur le torse, gesticulant partout sur scène et même au coeur du public. Leurs morceaux zydeco étaient tout aussi entraînants et dansants.
Très belle soirée donc, finie très tard, avec de bien beaux artistes, ce qui donne envie de revenir l'an prochain et plus longtemps !
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