vendredi 10 juillet 2015

Concert : Paul McCartney - Stade de France

Honnêtement, je n'aurais jamais cru revoir Paul McCartney en concert (je me dis cela à chaque fois que je le vois, c'est vrai). Mais là, vivant à Rio, c'est devenu bien plus compliqué car il n'y vient pas autant qu'en Europe et encore moins qu'aux Etats-Unis.

Il est venu pourtant il y a quelques mois et les places sont parties en quelques minutes, un problème de carte bancaire m'empêchant de prendre part à la fête. Bref, pour la première fois, il était en ville et je l'ai manqué. Tristesse.

Puis, pour mon premier retour en France depuis deux ans, il se trouve qu'il passait par là aussi ! Incroyable... Je ne pouvais pas le rater cette fois, mais j'avais déjà beaucoup plus d'espoir, sachant que les Français ne se ruent pas pour le voir comme ailleurs. Cela fait de la peine à beaucoup de fans hexagonaux, mais je trouve le côté positif aussi : tout le monde est certain d'avoir sa place. Au départ, j'aurais voulu aller le voir à Marseille car c'était original et dans le "nouveau" stade Vélodrome. Finalement, mon emploi du temps a été perturbé et j'ai dû me rabattre sur le Stade de France que je connais bien déjà. C'était toutefois la première fois que je voyais l'ex-Beatles dans ce lieu, ayant raté sa dernière là-même en 2004 (seule fois où je l'ai raté à Paris depuis 2003).

J'avoue que le voir en stade ne m'enchantait pas beaucoup (je déteste les concerts en stade, ça n'a aucun intérêt autre que financier pour l'artiste, on voit rien en dehors des écrans géants et le son est pourri). Et comme lors des deux derniers Bercy, il y a ce côté blasé qui est désormais en moi, surtout depuis la toute première fois forcément forte en émotion et le concert indépassable à l'Olympia.

C'est de ma faute, oui, mais un peu de la sienne aussi car, il faut bien le dire, il ne se renouvelle pas beaucoup (mais il assume, c'est ce que veut le "grand" public, ignorant les fans un peu pointus comme moi). La "première partie" est toujours la même depuis plus de dix ans maintenant : un pot pourri de chansons des Beatles (y compris des reprises) et de Paul McCartney en solo avec des montages de photos qui défilent sur les écrans. Là, il y avait quand même un DJ au début jouant avec des remix, mais rien de très différent de la suite.

Son groupe est aussi toujours le même. Musicalement, c'est globalement propre et fidèle (sauf les solos qui ne sont pas terribles), avec un excellent batteur, mais les années passent et remplacer des cuivres et des cordes par des synthés me navre toujours plus... Sir Paul est dans la reproduction plutôt que l'adaptation, mais refuse de se payer un vrai orchestre (ne serait qu'une section cuivres comme avec les Wings, époque où il était pourtant moins riche).

La set-list et la mise en scène n'évoluent elles pas beaucoup non plus dans les grandes lignes (Ah le "Michelle" joué constamment pour le public français, les quelques mesures de "Foxy Lady" pour Jimi Hendrix, la même anecdote suivi de "Something" au ukulélé pour George, le "Here Today" pour John, les feux d'artifice de "Live and let die", la fan à pancarte qui monte sur scène, le drapeau français et les confettis). Mais c'est moins répréhensible car il nous gâte à chaque fois de quelques petites nouveautés surprenantes : ici "Temporary Secretary". Je n'avais aussi jamais entendu sur scène les chansons de son dernier album ainsi que "Hope for the future", composée pour un jeu vidéo.

Ai-je passé un mauvais moment pour autant ? Non, parce que même si j'étais en tribune (assis, un peu mieux que prévu dû au fait qu'il a été loin de remplir le stade, trop ambitieux), j'ai suivi le concert avec une nouvelle personne chère à mon coeur et puis parce qu'avec le temps, j'y vais plus décontracté, moins crispé à mon téléphone pour enregistrer le moindre moment inédit, savourant plus quoi, tranquillement, avec presque un ami. Oui, quand il joue mon morceau préféré des Wings, "Nineteen hundred eighty five", j'ai l'impression que c'est pour moi seul et c'est un très grand moment.

Je retiendrai aussi, encore et toujours, une grande générosité - 3h de concert malgré son grand âge, cet effort des quelques mots en français -, et une bonne humeur communicative. Certes, il y a moins de magie pour lui comme pour moi, mais il y a toujours une part de plaisir intact et un fait : je l'ai vu, cinq fois désormais, et je ne verrai pas mieux. Thank you Paul.

dimanche 1 mars 2015

Concert : Ringo Starr - Vivo Rio

Je ne pensais pas revoir Ringo Starr de ma vie, mais entre quelques concerts toujours aux Etats-Unis, l'ancien batteur des Beatles a pris la peine de faire un crochet par l'Amérique du Sud dont le Brésil, avec des dates à São Paulo et Rio.

Une belle aubaine pour moi sachant que j'ai raté, avec beaucoup de déception, la venue de Paul McCartney à Rio il y a quelques mois, faute de moyens financiers - même si Ringo n'était pas donné non plus -. Il s'agissait donc de mon deuxième concert du batteur, quatre ans après celui que j'avais vu à Paris et que j'avais conté ici-même.

Parlons d'abord du lieu du concert. Le Vivo Rio est une salle moyenne (4.000 places) se situant en plein centre de la ville, accolé au MAM. Elle n'est pas vraiment adaptée pour un concert de rock car son rez-de-chaussée contient une double fosse (pour être devant la scène, on paye plus cher) et juste derrière une large partie avec tables et chaises, en mode cabaret. Une mezzanine accueille les plus fortunés. Le Brésil ne semble pas très accoutumé aux premières parties - mais les concerts commencent tard en général, à 22h -, donc il n'y en a pas eu cette fois-ci, mais ce n'est pas plus mal vu celle entendue à Paris, la pire que j'ai jamais pu voir en concert.

Côté groupe, quatre ans après, le All-Starr Band de Ringo a pas mal changé. On retrouve toujours son acolyte de batterie, Gregg Bissonnette (Toto, Joe Satriani), en poste depuis 2008, et Richard Page (Mr Mister) à la basse, en poste depuis 2010. Exit en revanche Rick Derringer, Wally Palmar, Edgar Winter et Gary Wright. Bienvenue à Todd Rundgren (Nazz, Utopia et producteur de Badfinger à Patti Smith en passant par le New York Dolls et Meat Loaf) à la guitare, Gregg Rolie (membre fondateur de Santana, Journey, The Storm) aux claviers, Steve Lukather (Toto, et qui a joué pour les plus grands, de Paul McCartney à Ringo Starr en passant par Joe Cocker, etc.) à la guitare lead et le moins connu Warren Ham (qui a notamment joué pour Toto, Donna Summer et Frankie Valli) aux cuivres et percussions.

Comme à chaque concert, Ringo a une majorité de chansons, mais laisse ses compagnons de tournée chanter eux aussi leurs plus grands succès. Plutôt une meilleure pioche cette année qu'il y a quatre ans parce qu'on a eu le droit à trois grands succès de Toto ("Rosanna", "Africa" et "Hold the line"), Todd Rundgren ("I saw the light", "Bang the drum all day" et "Love is the answer"), Santana ("Evil ways", "Black Magic woman", sur lequel Ringo n'a pas joué, et "Oye como va") et Mr Mister ("Kyrie" et "Broken wings"). Richard Page a également interprété une chanson à lui récente, "You are mine", très bien aussi. De son côté, Ringo Starr  n'a malheureusement quasiment pas changé sa setlist d'un iota en ce qui concerne ses "hits", avec peut-être l'ajout de "Matchbox" en ouverture et "Don't pass me by", sinon nous avons eu le droit une fois de plus à "It don't come easy", "Boys", "Honey don't", "Yellow Submarine", "Act Naturally", "I wanna be your man", "Photograph" et "With a little help from my friends". Je fais pas la fine bouche, j'adore la plupart de ces chansons, mais une petite surprise à la "Octopus' Garden", "Wrack my brain" ou encore "I'm the greatest" m'aurait aussi bien plu. Les deux morceaux récents et moins connus qu'il a ajoutés sont "Wings" (à l'origine sur son album "Ringo the 4th", mais réenregistrée pour "Ringo 2012") et "Anthem", également de "Ringo 2012", son dernier album avant celui qui vient de sortir, "Postcards from paradise", mais dont il n'a offert aucune chanson. Les deux sont oubliables. Notons aussi la fin, encore une fois, avec "Give peace a chance" présenté comme une sorte de rappel pour Ringo qui n'y éternise pas pour autant, ne saluant donc pas le public avec le reste de son All-Starr Band.

Ce dernier m'a semblé ainsi plus solide que le précédent que j'avais pu voir. Techniquement, c'était vraiment excellent. Si Ringo est en mode pépère derrière ses fûts, Gregg Bissonnette ne ménage pas ses efforts et est vraiment LE batteur du groupe. J'ai aussi pu découvrir la virtuosité de Steve Lukather à la guitare, vraiment l'un des meilleurs au monde sans aucun doute, dans tous les registres proposés. Et puis mention spéciale aussi à Warren Ham qui, s'il est moins célèbre que les autres membres, a donné toute la mesure de son talent sur plusieurs instruments, notamment les cuivres, et aussi au chant, tout comme Richard Page, qui a gardé une très belle voix. On ne peut pas en dire autant de Todd Rundgren à la voix déraillée, mais compensée par son look de vieux hippie excentrique et sa folie douce tout au long du show, presque à part des autres. Ringo, lui, conserve sa voix nasillarde si particulière qui ne s'altère pas tellement avec le temps.

L'autre bonheur de ses concerts, ce sont ses blagues, même si je l'ai trouvé plutôt réservé cette fois-ci par rapport à la dernière fois. Il semblait ressasser les mêmes bons mots qu'à chaque concert, qui font, il est vrai, parfois de bonnes transitions entre les chansons. En tout cas, Ringo conserve sa verve ironique et cela fait un bon contrepoids à ses mimiques "Peace and love" désormais automatiques et, même si sincères, un peu ringardes. Comme quand Paul McCartney fait de l'air guitar pour saluer ses fans.

Enfin, un point sur le public. Sage à Paris, les fauteuils aidant, je l'attendais bien plus chaud à Rio - le public brésilien est connu pour être l'un des meilleurs au monde -. Certes, il n'était bien entendu pas de toute fraîcheur, il y avait de tous les âges, mais il a été bien, sans plus. Enfin peut-être que mes attentes étaient trop grandes, ce n'était "que" Ringo. Mais ce dernier a déchaîné les passions le concert suivant en Argentine. Alors... En tout cas, on n'a pas été épargné non plus par les applaudissements polis et les silences ce soir-là.

Au final, ne boudons pas notre plaisir, ce fut déjà un meilleur concert que le précédent selon moi, avec d'excellents musiciens, des morceaux sympas et une chouette ambiance. A la prochaine Ringo ?

dimanche 7 septembre 2014

Concert : Daniel Zimmermann - Cidade das Artes

Encore du jazz et encore gratuit grâce à l'invitation de l'Alliance française de Rio pour ce concert du tromboniste français Daniel Zimmermann. Le concert se jouait dans la magnifique Cidades das Artes de Rio, grand édifice de béton avec de jolies courbes - signé du Français Christian de Portzamparc -  placé au beau milieu de l'autoroute centrale du quartier excentré de Barra da Tijuca.

Malheureusement, le très joli théâtre du lieu (il y a aussi une grande salle) n'était pas plein du tout. Pas sûr que Daniel Zimmermann soit très connu ici, je ne le connaissais pas non plus en France où il a sorti son premier album solo il y a un an, "Bone Machine". Auparavant, il a participé à de très nombreuses formations, souvent "world" ou alternatives, ainsi qu'à l'accompagnement des principaux artistes français.

A Rio, il terminait une tournée brésilienne en compagnie d'un quartet composé de Manuel Marchès (contrebasse), Maxime Fougères (guitare) et Julien Charlet (batterie), tous excellents évidemment. Daniel Zimmermann et ses compères ont ainsi enchaîné les morceaux de l'album, entrecoupés des explications du tromboniste sur la signification et le style de chacun. Le musicien s'est montré à chaque fois doté d'une délicieuse ironie, avec un verbe subtil et très drôle, provoquant souvent le rire de ses complices (et des quelques spectateurs qui, comme moi, pouvaient comprendre le français).

Côté musique, difficile à décrire, c'est du jazz, contemporain, avec les spécificités du trombone, dont la sonorité ressemble à celle d'une trompette, mais cela reste bien sûr un peu différent. Les morceaux, de plusieurs minutes chacun, étaient variés et intéressants, jamais vraiment ennuyeux, et laissant la place à quelques solos de chacun des instruments présents.

C'était ainsi fort plaisant, avec une acoustique magnifique. Seul regret, la "faute" finale des spectateurs, la majorité d'entre eux ne battant pas le rappel et commençant à partir. Heureusement, quelques irréductibles, dont moi-même, ont fait en sorte de faire revenir le quartet qui, malgré la situation un peu cocasse (et qui l'a bien remarqué), s'est engagé dans un dernier morceau, chanté cette fois (le seul), où Daniel Zimmermann a pu démontrer qu'il se débrouillait également très bien au chant ! Un joli swing de conclusion.

samedi 23 août 2014

Concert : Divers - Jazz Blues Festival

Tous les ans, la petite cité balnéaire de Rio das Ostras, sur la côte de l'Etat de Rio de Janeiro, près de Cabo Frio, accueille le "Jazz Blues Festival" qui réunit, deux week-ends de suite, artistes brésiliens et étrangers de bonne facture. C'est en compagnie d'amis que je m'y suis rendu pour le second et dernier samedi de concerts.

Première chose, c'est un festival gratuit, ce qui est une belle initiative pour faire découvrir un genre musical pas forcément très écouté au Brésil. Alors oui, la majorité des spectateurs était plutôt âgée, mais il y avait aussi une bonne partie de jeunes, en mode grunge et fumeurs de joints. Peu importe, bonne ambiance.

On a raté le premier orchestre brésilien, mais on est arrivé pour le HBC Super Trio. H comme Scott Henderson, très grand guitariste de jazz, B comme Jeff Berlin, très grand bassiste de jazz et C comme Billy Cobham, très grand batteur de jazz. Du lourd donc, mais finalement, cela ne m'a pas tant branché que cela. Il s'agissait surtout de très longs solos de guitare électrique de Scott Henderson, avec des sonorités différentes selon les morceaux, et cela m'a pas mal ennuyé. Excellente reprise de "Come Together" des Beatles en revanche, uniquement musicale évidemment, les spectateurs assurant le chant !

La foule a commencé à bouger pour l'artiste suivant, à savoir le très connu Al Jarreau. Je ne connais finalement pas grand chose du répertoire de ce chanteur qui a exploré divers genres musicaux. S'il est plutôt sur le déclin maintenant, l'âge aidant, il sait encore bien donner de la voix et a un groove indéniable. Entouré d'un excellent groupe, il a parfaitement tenu la baraque durant plus d'une heure, offrant même une joyeuse reprise du fameux "Mas que nada" de Jorge Ben.

Mais le clou de la soirée a pour moi été le dernier groupe à entrer en scène : Rockin Dopsie & The Zydeco Twisters. Le zydeco, ce genre musical louisianais qu'affectionne particulièrement mon père est quasiment centenaire, mais continue d'être entretenu et modernisé par des artistes comme Rockin Dopsie. Lui et son groupe déjanté ont mis le feu à Rio das Ostras alors qu'il était déjà 1h passée ! Beaucoup de reprises quand même de leur part (James Brown, Michael Jackson, etc.), mais avec une superbe énergie et un Rockin Dopsie au meilleur de sa forme avec sa planche à laver sur le torse, gesticulant partout sur scène et même au coeur du public. Leurs morceaux zydeco étaient tout aussi entraînants et dansants.

Très belle soirée donc, finie très tard, avec de bien beaux artistes, ce qui donne envie de revenir l'an prochain et plus longtemps !

mercredi 5 juin 2013

Concert : Sixto Rodriguez - Zénith

C'était mon dernier concert avant mon grand départ de Paris et quel concert. L'attente était grande, malgré des doutes, et le résultat n'a évidemment pas été à la hauteur des espérances. Mais quand même, j'étais très heureux d'avoir pu décrocher un billet pour voir "en vrai" ce sacré bougre de Sixto Rodriguez.

C'est grâce à "Sugarman", sa chanson phare, que je l'ai découvert, quelques mois avant de voir le documentaire du même nom qui lui a donné une renommée tardive, mais mondiale et ô combien méritée. Sixto Rodriguez, c'est l'homme de deux magnifiques albums datant du début des années 1970, avant de tomber dans un certain oubli, sauf en Afrique du Sud et en Australie où il a eu de rares moments de gloire. Le reste du temps, ignoré dans son propre pays, il a vécu sa vie de manière modeste, sur des chantiers.

La musique folk, subtile et profonde, du chanteur d'origine latino et amérindienne a survécu elle grâce à une poignée de fans. Cela lui a permis de renaître à l'orée des années 2000, jusqu'au documentaire qui a tout bouleversé. Depuis, Sixto Rodriguez tourne, tourne, tourne... malgré la vieillesse, une vue chancelante et un goût pour l'alcool assumé... J'étais donc prévenu, mais j'avais envie, comme tout le monde, de voir le chanteur sur scène, interpréter en live son excellent répertoire.

J'ai eu la chance de prendre des tickets un peu au dernier moment pour le premier de ses deux concerts supplémentaires au Zénith, celui de la Cigale étant complet. J'espérais ainsi profiter de la fraîcheur du premier concert, malgré les manques d'ajustements possibles. La salle, que j'affectionne plutôt, était pleine comme un ballon et mon amie Audrey, qui m'accompagnait, était bien heureuse de voir le groupe français (mais qui chante en anglais) Jill is lucky en première partie.

Malgré la voix nasillarde et maniérée du chanteur-guitariste, ce fut plutôt très bien. D'habitude plus nombreux, ils ne sont venus qu'à trois, avec deux guitaristes et un violoncelliste (la bonne idée du trio). Je ne connais pas vraiment leur musique, mais Audrey m'a assuré qu'ils avaient fait un set spécialement en acoustique, très folk, pour coller à l'ambiance du concert, car ils sont proches de l'électro autrement.

Après cette agréable mise en bouche, nous n'attendions plus que le grand Sixto. Il a débarqué sur scène après 30 minutes d'attente, soutenu vaillamment par sa compagne qu'il a embrassé avant de commencer son show et sans avoir oublié de revêtir son chapeau et ses lunettes de soleil qui font partie de sa panoplie de cowboy mystérieux de la chanson.

Autour de lui et de sa guitare, un groupe très correct doté d'un jeune guitariste lead, un gros bassiste placide, un vieux batteur et un clavier. Le concert n'a pas trop mal commencé, même si on pouvait déjà bien entendre sa voix vieillie. Mais dès la troisième chanson, les choses ont fini par se gâter, Rodriguez déraillant régulièrement, chantant faux la plupart du temps et surtout n'arrivant jamais à terminer correctement ses morceaux. A chaque fois, une fin brutale, presque improvisée.

Puis le jeu de guitare du chanteur mystique était au-delà du n'importe quoi... Il semblait trifouiller ses cordes un peu comme s'il ne savait pas en jouer, sans médiator, et le micro de son instrument semblait constamment débranché entre chaque chanson, car il touchait parfois les cordes sans que l'on puisse entendre aucun son. Bizarre.

Il n'y avait donc pas grand chose à sauver de ce rapide tour de chant (une heure et quart), si ce n'est quelques morceaux où le vieillard n'avait pas besoin d'aller trop dans les aiguës, son principal défaut. Ses quelques prises de parole n'ont pas été très convaincantes non plus, quelques grands slogans sur la vie et l'amour et une blague impliquant  Mickey que personne n'a comprise (mais tout le monde a rigolé, car le public a été vraiment très indulgent, heureusement).

Sixto Rodriguez a aussi laissé apparaître au grand public son penchant pour l'alcool, demandant plusieurs fois à boire, mais du vin, pas de l'eau. Ceci doit expliquer en partie son incapacité à donner un récital correct de nos jours. Son guitariste, qui faisait presque office de boy, semblait constamment paniqué de l'attitude de son "maître". C'était souvent le malaise et le public a bien fait de se montrer encourageant malgré ces moments assez hallucinants de nos jours.

Au final, on aura entendu la plupart des chansons qui composent ses deux albums, ainsi que quelques reprises de Elvis ("Blue Suede Shoes"), Dylan (un "Like a rolling stone" pas trop mal) et "La Vie en rose", version anglaise.

C'était sans doute l'un des plus mauvais concerts que j'ai pu voir vocalement parlant, mais je ne cracherai pas dessus comme tant d'autres. J'imaginais bien que je n'allais pas retrouver le Sixto Rodriguez des années 1970, même si je ne pensais pas que les années et un certain amateurisme feraient autant de ravages. Ce monsieur a quand même du courage de se présenter telle une bête de foire sur toutes ces scènes avec ses faibles capacités actuelles. On n'a pas l'impression qu'il s'en rend compte. Nous si, mais tant pis, c'est quand même un sacré bonhomme et ses albums méritent d'être écoutés et salués encore et encore.

mercredi 8 mai 2013

The Beatles - A Hard day's night (1964)

A peine deux mois après la sortie de "With the Beatles", les Fab Four repartent au charbon pour enregistrer un nouvel album, entre deux tournées mondiales (notamment la première aux Etats-Unis et en France), comme toujours. Mais cette fois, les choses seront différentes. Il s'agira de la bande originale de leur premier film, tourné par l'Américain Richard Lester à partir de mars 1964 pour une sortie en juillet de la même année. Les Beatles jouent leur propre rôle dans ce long-métrage mettant en scène 48h dans la peau des "quatre garçons dans le vent" en pleine Beatlemania.

"A Hard day's night" est un peu particulier dans la discographie des Beatles puisqu'il constitue le premier album à n'être constitué d'aucune reprise contrairement aux deux précédents et au suivant. Autre différence, tous les morceaux sont signés de John Lennon et Paul McCartney, George Harrison chantant sur un seul d'entre eux, mais pas Ringo Starr. Les sept première chansons seront utilisées pour le film, tandis que les six autres viendront compléter l'album.

Le troisième opus des Beatles pose une première pierre de maturité alors que leur rythme de vie est toujours aussi effréné et que les enregistrements sont courts et pas tous à Abbey Road ("Can't buy me love" sera enregistrée à Paris par exemple). Musicalement, cela reste encore très "basique", très R'n'B, mais la variété est toujours là et les morceaux sont courts et efficaces. Le tout enregistré en seulement 17 jours répartis sur à peine quelques mois...

Côté "objet", le disque possède une pochette magnifique représentant un kaléidoscope des têtes des membres du groupe. Chaque Beatle a une ligne horizontale pour lui avec cinq portraits en noir et blanc sur lesquels ils font des grimaces et autres sourires charmeurs. La pochette (version remastérisée) comporte moult photos d'époque du groupe (en tournée et en enregistrement) ainsi que les notes originales de Tony Barrow et d'autres, "historiques", plus récentes.

La suite pour très bientôt...

samedi 23 mars 2013

Concert : Tété - Trianon

Je pensais qu'il s'agissait de mon troisième concert de Tété, eh bien non, c'était le quatrième, car j'avais oublié le dernier (en plus !), au Zénith, il y a plus de deux ans ! Le délicieux chanteur nous revient cette année avec un nouvel album, "Nu là-bas" et la tournée immédiate qui va avec, dont une première date à Paris cette semaine, au Trianon.

Je ne vais pas de nouveau vous dire tout le bien que je pense de cet artiste unique sur la scène française, mais en tout cas, j'étais bien content de le revoir. Son dernier album est plutôt cool et bien troussé, donc cela promettait encore un excellent show dans cette belle salle qu'est le Trianon (que j'avais découvert avec Ayo.).

Pour l'anecdote, le concert était mardi, mais je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadé dès l'achat des billets, que c'était lundi. Je me suis donc pointé lundi soir avec mon amie Audrey pour trouver le lieu vide, éteint et fermé... Heureusement, pas de mauvaise blague le lendemain !

Pas de Jeff Lang en première partie cette fois, mais un compatriote sénégalais de Tété, Faada Freddy. Ce dernier a un univers folk-soul intéressant, chanté en anglais. Excellent vocaliste, son dernier album est entièrement a cappella, mais il s'était doté d'une guitare cette fois-ci. Encore une belle première partie pour Tété donc, avec de surcroît une bonne reprise du "I need a dollar" d'Aloe Blacc.

C'est dans un décor collant avec l'esthétique 1960's de son dernier album que Tété est apparu sur scène, un peu à la manière d'OSS 117, costume classe compris, tandis que son excellent groupe (guitare-basse-batterie) annonçait déjà son arrivée en fanfare. Le chanteur était visiblement en très grande forme malgré une, sans doute, harassante tournée de promo dans les médias.

Comme toujours, on sent, malgré une sorte de timidité mal cachée, qu'il est heureux d'être là à jouer, avec ses fameuses mimiques grimaçantes, devant un public qui lui est forcément acquis. Ses chansons, toutes plus rythmées les unes que les autres, ont défilé sans temps mort ou presque avec un évident privilège pour celles de son dernier album.

Puis, il y a ces surprises qui font le sel d'un concert. Une première chanson interprétée avec guitare au coeur de la fosse, au milieu du public. Et une seconde, plus tard, avec cette fois une vraie balade dans toute la fosse dont devant et à côté de moi. Il l'avait déjà fait au Zénith, mais j'avais oublié. Et c'est aussi une des habitudes de Ayo., et c'est toujours à la fois réjouissant et impressionnant d'avoir l'artiste presque pour soi, chantant à ses côtés.

Et puis, pour finir, Tété a voulu tenter de jouer seul sur scène, sans amplification vocale ou instrumentale, juste lui et sa guitare sans aucun micro. Le public s'est tu et ce fut un très joli moment, inédit cette fois dans la pléiade de concerts que j'ai pu voir ! Autant vous dire qu'un show de Tété n'est jamais décevant grâce à sa musique bien entendu, mais aussi sa bonne humeur et son énergie communicatives.

On regrettera juste une petite chose à ce concert, les séquences de cordes sur les chansons du dernier album rajoutées dans la sono car aucune section dédiée n'était présente sur scène. Ce genre de choses n'est pas nécessaire selon moi dans un concert. Si les vrais musiciens ne sont pas là, autant composer sans et proposer une version différente, live, justement. C'est aussi pour cela que l'on va aux concerts. Et pas question de les jouer au synthé comme "Wix" avec Paul McCartney, c'est encore pire !

On n'en tiendra ainsi pas trop rigueur, parce que tout le reste, c'était de la balle. Tété est un chouette artiste qu'il faut définitivement aller voir et écouter en concert et qu'on remercie toujours de ne pas sombrer dans la surmédiatisation en privilégiant une élégante discrétion (aussi parce qu'il tourne beaucoup ailleurs, très loin).