mercredi 16 septembre 2026

Concert : Ayo. - La Cigale

Il y a un an, Ayo. s'offrait une tournée des festivals estivaux, après celle promouvant son dernier album, "Mami Wata", sorti à l'automne 2024. Elle avait fait une exception à l'Olympia en juin, où j'avais bien évidemment été l'applaudir. 

Un peu plus d'un an après, pas de tournée ni de nouvel album à défendre pour l'Allemande d'origine nigériane, mais un anniversaire à commémorer : le sien, le 14 septembre, et les 20 ans cette année de la sortie de son tout premier opus, "Joyful". Celui qui l'a propulsée vers le succès que l'on connaît. 

Pour fêter cela, Ayo. jouait donc lundi un concert unique à La Cigale. Salle parisienne dont j'aime beaucoup le charme et la taille, et dans laquelle je ne l'avais pas encore vue (je l'ai applaudie quasiment partout ailleurs à Paris !).

Pour ce show, l'artiste a choisi de se présenter seule sur scène, sans même de première partie, avec ses guitares, ainsi qu'un clavier le temps de deux chansons. La salle avait fait le plein, avec, comme à l'Olympia l'an dernier, le choix d'une fosse en places assises (des voix disaient que c'était pour masquer le fait que, justement, la salle n'était pas pleine, mais au moins, tous les sièges étaient occupés).

Avec un peu de retard, Ayo. est arrivée sur scène, toute simple avec sa robe courte couleur peau (ce qui lui a permis de faire des blagues dessus) et sa coupe afro (en hommage à celle qu'elle portait à ses débuts). Comme on pouvait s'y attendre, la chanteuse a composé sa setlist de l'intégralité de "Joyful" - avec des morceaux qu'elle n'avait parfois pas joués depuis la sortie de l'album -, ainsi que de quelques chansons issues d'albums postérieurs ("Better Days", "Black Spoon", "Paname", "Gentle Giant" en conclusion, hommage à son premier producteur, Jean-Philippe Allard...).

Après l'enchaînement des deux-trois premiers titres sans interruption, Ayo. s'est mise à parler et à raconter sa nervosité, enchaînant ensuite, comme à son habitude, les longs discours. Cela agace certaines et certains, elle reconnaît elle-même qu'elle parle beaucoup trop, mais j'aime sa spontanéité et sa sincérité, contant des anecdotes sur sa vie ou sur ses chansons avec une grande humilité. 

Personnellement, je préfère trop de bavardage à rien du tout, puis elle est toute pardonnée vu le superbe show acoustique qu'elle a donc proposé pour ce double anniversaire. Outre évidemment sa voix qui me touche toujours autant, je suis impressionné par ses qualités de musicienne. Elle a su très bien arranger tous les morceaux proposés pour elle-même et sa guitare, et je crois que c'était la première fois que je la voyais jouer du clavier. Là aussi elle y a démontré son talent sur un autre instrument.

Ce concert d'Ayo. était, selon mon décompte officiel, le 21e auquel j'assistais et il gardera ainsi une saveur particulière. Celle donc de la suivre depuis vingt ans et en espérant que cela continue encore de nombreuses années. Elle a évoqué la préparation d'un futur album, dédié au Nigeria si j'ai bien compris. A suivre... 

lundi 17 août 2026

Concert : Gorillaz - Paléo Festival

Deux jours après Twenty One Pilots, retour sur la plaine de l'Asse, à Nyon, pour une nouvelle soirée prometteuse. Cette fois pour un groupe (ou concept, difficile à définir) que je n'avais jamais vu en concert : Gorillaz. Je n'avais pas forcément entendu de bons échos de la bande à Damon Albarn sur scène, mais je voulais tout de même voir par moi-même.

Avant cela, j'aurais voulu assister au concert entier de Morcheeba sur la scène Véga, mais je suis malheureusement arrivé pour le dernier tiers du spectacle, ratant notamment ma chanson préférée "Otherwise". Le temps malgré tout d'apprécier la voix toujours aussi magnifique de Skye Edwards, avec un Ross Godfrey en forme à la guitare.

Un peu plus tard, j'ai été jeter une oreille au phénomène hip-hop français du moment, Theodora. Et on peut dire que la "Boss Lady" envoie. Des sons très rythmés et une énergie communicative. Le public de la Grande scène était en feu.

En fin de soirée, place donc à Gorillaz. Un show à suivre sur scène, mais aussi sur les écrans avec les fameux dessins (animés) de l'illustrateur Jamie Hewlett. Au milieu d'un bon nombre de musiciens, Damon Albarn a surgi déguisé en dictateur de république bananière. Alternant le micro ou le mégaphone pour chanter - se trompant même pour un morceau -, le cofondateur de Blur avait l'air bien perché, déclamant parfois des propos pas très cohérents entre deux chansons (il a notamment raconté qu'un des bâtiments situés en face de la scène lui faisait peur depuis sa dernière venue à Paléo).

Mais si le chant n'était pas toujours très assuré non plus côté justesse, Damon Albarn peut compter sur un groupe des plus solides, dont quelques musiciens indiens pour les morceaux du dernier album de Gorillaz, "The Mountain", fortement inspiré de la musique de ce pays. Et, drôles de retrouvailles, à la guitare électrique, il y avait Jeff Wootton, que j'avais vu aux côtés de Dhani Harrison lors de son concert parisien fin 2024. Avec toujours ce même enthousiasme déchaîné.

En ce qui concerne la setlist, outre une bonne place consacrée, et c'est normal, à "The Mountain", les morceaux de "Demon Days" étaient les plus présents. Un bien joli best of en somme. Ainsi, en dépit des élucubrations pas toujours nettes de Damon Albarn, j'ai trouvé le show bien cool même si je peux comprendre les frustrations du public qui n'attendrait que les tubes les plus dansants - j'aurais bien aimé "Dare" aussi. Mais pour moi, la seule grosse erreur de setlist, c'était surtout de clôturer le concert avec "Clint Eastwood". C'est sans doute le tube le plus connu, mais il y a "Feel Good Inc." juste avant qui a un style bien plus festif. J'aurais donc inversé les deux.

C'est ainsi que s'achevait mon Paléo 2026 car j'ai donc laissé ma place pour la soirée Katy Perry (que j'aime pas particulièrement, mais le spectacle avait l'air de valoir la peine tout de même). Rendez-vous (peut-être) l'an prochain pour les 50 ans du festival (avec un jour supplémentaire et, qui sait, des artistes que je connais encore !).

lundi 10 août 2026

Concert : Twenty One Pilots - Paléo Festival

Pas de Montreux Jazz Festival cette année pour moi, aucun artiste ne m'a donné envie d'y dépenser autant d'argent et même pas un(e) Brésilien(ne) connu(e) dans la programmation. Alors c'est sur Paléo que j'ai misé à la fin du mois dernier, avec trois soirées de prévu au départ (finalement deux, car j'ai laissé la troisième, avec Katy Perry en tête d'affiche, pour une amie).

La première soirée, celle d'ouverture, promettait notamment Suzane, Lorde, Perceval, Asaf Avidan... mais moi c'est avant tout le duo Twenty One Pilots que je désirais applaudir. On a à peine pu écouter la voix si particulière d'Asaf Avidan, mais c'est tout pour les autres artistes, car, comme d'habitude avec ma chère et tendre, on est arrivé tardivement sur place et on a voulu profiter de visiter les lieux tranquillement. Le festival est toujours aussi riche en stands et installations, outre les scènes, et cette année, le village du monde était consacré aux pays nordiques avec un décor impressionnant financé par Ikea. Bref, cela valait aussi la peine de s'écarter de la musique !

Twenty One Pilots clôturait la soirée d'ouverture avec donc un concert à presque minuit. On avait été les voir il y a un peu plus d'un an à Zurich - en notant au passage que leur première partie d'alors, le groupe Balu Brigada, était aussi programmée le même jour à Paléo - et les deux Américains nous avaient époustouflé. Il n'y a ainsi plus aucune hésitation à aller les voir lorsqu'ils passent pas loin de chez nous. Même en festival sans toutes les infrastructures de leur show habituel, ils s'adaptent au lieu et trouvent des idées pour ne pas rester jouer platement sur scène. 

Lors d'un festival précédent par exemple, la présence d'une grande roue en face de la scène a permis au chanteur, Tyler Joseph, d'y faire un tour pendant une chanson. Point de plates-formes particulières à Paléo, mais nous avons tout de même eu le droit à Josh Dun, le batteur, grimpant sur une tour située à côté de la scène, afin de pouvoir y jouer un ou deux morceaux. Quant à son acolyte, il a traversé le public pour aller interpréter "Ride" sur une mini-scène au cœur des spectateurs et spectatrices (pas très loin de là où nous étions d'ailleurs). Et, comme d'habitude, les deux compères de l'Ohio sont aussi venus régulièrement saluer leurs fans et chanter auprès d'eux, terminant sur deux petites plates-formes, l'un en face de l'autre, portées par les premiers rangs. Ce n'était pas aussi impressionnant que lors des concerts habituels, en salle, mais c'était déjà très bien et toujours très interactif ! Sur "Ride", Tyler Joseph a terminé le morceau accompagné sur scène du jeune chanteur d'un groupe de rock local, qui s'avère être le frère d'une amie !

Côté setlist, festival oblige, c'est une demi-douzaine de titres en moins par rapport à une setlist habituelle, mais tout de même 1h30 de show, avec une large place consacrée ici à leur dernier album en date, "Breach", sorti en septembre dernier, dont je suis complètement passé à côté une fois de plus. Les chansons de "Blurryface", leur opus phare, restent heureusement toujours en bonne place. Comparé au concert de l'an dernier à Zurich, il y avait tout de même une structure similaire avec "Overcompensate" en ouverture et "Stressed Out" et "Trees" en clôture. Quelques bouts ou reprises entières aussi pour cette tournée de festivals avec "Stolen Dance" de Milky Chance, "Believe" de Cher et "Seven Nation Army" des White Stripes (Jack White introduisant le morceau en vidéo, donnant son aval pour qu'elle soit jouée par Twenty One Pilots).

Dans la chaleur nyonnaise, qu'ils visitaient pour la seconde fois, le multi-instrumentiste Tyler Joseph et le costaud Josh Dun ont une nouvelle fois délivré un show hyper bien rôdé, entraînant et généreux. Ils font toujours autant plaisir à voir et on espère que cela durera encore longtemps.