Après le succès phénoménal de son premier album "Joyful", suivi d'une tournée faites de salles et autres festivals qui aura bien duré 2 ans, Ayo. était de retour il y a qques mois pour un deuxième album "Gravity at last", que j'aurai l'occasion de vous décrire plus tard...
De ce nouvel album, elle avait déjà donné qques pistes lors du concert au Cabaret Sauvage, puis surtout lors de son concert-anniversaire en septembre dernier. Mais cela avait fait un peu flop parce que le public ne le connaissait pas encore.
"Gravity at last" a fini par sortir et le public a maintenant eu le temps de s'en régaler. Sa nouvelle tournée peut enfin commencer... Là, c'est du lourd, elle passe partout en France, et ses trois premières dates parisiennes, à l'Olympia donc, sont déjà complètes (du coup, ils en ont rajouté le mois prochain, et j'y serai aussi !).
Après une répétition générale et en public à Sannois, j'ai ainsi eu la chance d'assister au premier vrai concert de sa tournée, à l'Olympia. C'était mon troisième Olympia avec Ayo. et j'étais assez impatient parce qu'avec ce nouvel album, que j'aime, il y allait avoir forcément plus de matière à chanter.
En première partie, c'est Lucky Peterson qui s'est pointé en compagnie d'une sculpturale et néanmoins excellente batteuse métisse. Lui aux claviers (orgue principalement), elle derrière les fûts donc. Je n'étais pas étonné de ce choix sachant que le musicien de jazz et de soul a travaillé avec Ayo. sur "Gravity at last" et qu'il était déjà là pour l'accompagner lors de son concert-anniversaire.
Mais déjà, il y avait qque chose d'un peu bancal. Lucky Peterson a commencé à jouer deux ou trois morceaux, uniquement des instrumentaux, très jazzy et sympas, à l'air improvisés. Puis il a été rejoint par un chanteur, français, qui a longuement improvisé sur le classique soul "I can't stand the rain" d'Ann Peebles. Jusque là, c'était festif et cool. Puis après, on a senti un peu les choses tourner à l'improvisation totale puisque Lucky Peterson était embarqué totalement dans son trip organique (ou organiste comme vous voulez !), avec la batteuse essayant de suivre comme elle pouvait et surtout le pauvre chanteur complètement abandonné à ne faire que des "yeah yeah yeah" remplis de vibes...
Bien entendu, cela a quand même contribué à bien chauffer le public qui fut excellent d'ailleurs et c'était une bonne nouvelle.
Puis ce fut au tour de la belle de venir nous offrir son récital... Cela a commencé très bizarrement. D'habitude, elle y va doucement, elle s'intègre au public, lui parle, lui dit bonjour, etc... Là, elle est arrivée un peu comme d'habitude puis a enchaîné trois chansons du nouvel album sans transition, à la moulinette presque ! Ensuite, heureusement, elle s'est arrêtée un peu et puis a fait son show habituel, parlant beaucoup en chantant, improvisant, dansant...
Pourtant, autant le début fut très cadré et rapide, autant la suite fut largement dépareillée, et un peu trop même. Bien entendu, elle chantait mais il y avait aussi ces innombrables séquences musicales, plus ou moins improvisées, durant lesquelles elle s'amusait comme une folle à danser devant ses musiciens, mais souvent dos au public, et parfois le temps paraissait un peu trop long malheureusement... Puis il y avait d'autres moments où elle semblait ne plus savoir comment enchaîner les chansons voire quoi chanter. Si bien qu'elle a terminé le concert par deux reprises : "I'll be there" (pour laquelle elle a eu besoin d'un pupitre avec les paroles...) et "I want you back" des Jackson 5.
Autre ratage, la mise en place d'un énorme piano à queue pour le rappel. Disons que c'est surtout son placement qui clochait puisque les 3/4 de la fosse ne pouvaient pas voir Ayo. tandis qu'elle interprétait "Better Days" dessus (et c'est tout, ils ont remballé le piano ensuite...).
Avant cela, nous avons quand même eu le droit à sa fameuse descente dans la fosse ! Et encore une fois, j'étais trop devant pour pouvoir l'approcher. Enfin, je dirais que seulement un ou deux mètres nous séparaient donc ça allait cette fois ! C'est toujours un joli moment, le public est émerveillé...
En conclusion, ça sentait le début de tournée avec encore pas mal de petites choses pas du tout rôdées... Ce qui est pourtant étonnant vu qu'il ne s'agissait pas du premier concert de sa vie non plus ! L'improvisation, c'est bien, et elle peut se le permettre avec les excellents musiciens dont elle dispose (finalement bien plus énergiques que les précédents à part le batteur), mais avec toute la matière dont elle dispose aussi désormais, c'est un peu dommage. Pas mal de chansons sont passées à la trappe, notamment certaines du nouvel album.
On imagine que les choses iront mieux le mois prochain et qu'au moins, elle restera toujours aussi rayonnante et généreuse qu'à chaque fois...
jeudi 8 janvier 2009
dimanche 19 octobre 2008
The Beatles - Please Please Me (1963)
Entamons la folle épopée des Beatles par le commencement avec ce premier album officiel qu'est "Please Please Me".
Si cet album n'est évidemment pas considéré comme le meilleur du groupe parce que c'est quand même le premier, il est tout de même juste extraordinaire, ne serait-ce qu'en connaissant les conditions dans lesquelles il a été enregistré. Difficile à croire avec le système actuel où l'album de n'importe quel artiste met souvent plusieurs semaines voire mois à être finalisé, mais pour celui-ci, les Beatles n'ont eu besoin que d'une seule journée, et même moins : 585 minutes soit 9h45 !!! Avec 14 chansons, enregistrées ainsi quasiment en live... chapeau...
Revenons un peu arrière avec l'aide du journaliste anglais Tony Barrow qui, dans le livret du CD, nous raconte la genèse de cet album. Ainsi, les Beatles ont surtout éclos sur le devant de la scène britannique fin 1962 avec "Love me do" qui cartonne. La Beatlemania peut débuter, on ne parle plus que d'eux, toutes les critiques sont élogieuses, la popularité augmente toujours plus et les chiffres de vente avec ! Barrow explique que l'industrie du disque anglaise va s'intéresser immédiatement à ce nouveau "son", qu'il soit vocal ou instrumental, introduit par les Beatles. Brian Matthew, animateur de plusieurs émissions musicales anglaises, décrit le quatuor comme "le nouveau groupe le plus excitant et accompli visuellement et musicalement depuis les Shadows". Tony Barrow raconte ensuite, et avec raison, qu'il ne s'est pas trop emballé au début car ce ne sont pas forcément les groupes qui cartonnent avec un seul tube qui durent. Puis, au vu de cette popularité non démentie au fil des semaines, de toutes ces filles rendues folles par le son des Beatles, il a fini par se laisser prendre au jeu. Leur second single, "Please Please Me", achevant de le convaincre. Le monde de la musique était bien face à un phénomène sans précédent.
Quand il décrit la singularité de la musique des Beatles, Tony Barrow parle de "Do it yourself". Depuis le début, les Beatles réalisent tout eux-mêmes, leurs lignes musicales, leurs arrangements vocaux... Le journaliste dit de leur musique qu'elle est "sauvage", qu'elle frappe fort et qu'elle est surtout "personnelle". C'est là que se confirme le "Do it yourself", la musique des Beatles est avant tout originale, du début à la fin. Ils créent tout eux-mêmes et ne copient jamais personne. Bien entendu, les influences se font ressentir et les Beatles ont également chanté des reprises, mais ils apportent à chaque fois leur propre patte et celle-ci est unique et géniale.
Pour ce premier album qui venait combler l'attente incroyable des fans après seulement deux singles, les Beatles proposent huit de leurs compositions ainsi que six de leurs reprises préférées, issues de leur répertoire live. Cet album est, comme le décrira plus tard George Martin, une revue de ce que les Beatles jouaient sur scène en plus de compositions originales.
La très belle pochette de l'album montrant nos quatre héros penchés au bord d'un balcon a été réalisée tout bêtement dans l'immeuble d'EMI à Londres ! C'est une jolie photo, les Beatles sont beaux, frais et souriants, peut-être pas encore totalement conscients de la révolution qu'ils sont sur le point de créer...
- "I saw her standing there" (McCartney/Lennon) : Elle entame parfaitement l'album, punchy comme il faut, emballant la machine avec une belle décontraction. Il s'agit en fait d'une très ancienne chanson, probablement l'une des premières écrite par Paul McCartney, encore adolescent. Typiquement rock'n'roll, elle bouge bien, avec un rythme effréné de bout en bout, avec une jolie ligne de basse, une batterie folle et un solo de guitare un peu hésitant mais qui tient la route. McCartney a déjà une voix fabuleuse pour chanter ce genre de rock "flamboyant", un peu rauque mais assez pure en même temps. Les paroles sont très efficaces également avec déjà pas mal de gouaille. Paul raconte une scène d'ado typique, il aperçoit une fille qui lui plaît, son coeur fait "Boum" immédiatement, il ne peut aller danser qu'avec elle. Alors il traverse la pièce, lui prend la main et ils dansent toute la nuit, tombant amoureux l'un de l'autre... et jamais plus il ne dansera avec une autre depuis qu'il l'a vu. C'est très simple, très mignon, et surtout très efficace !
- "Misery" (McCartney/Lennon) : On ralentit un peu la cadence avec cette chanson, à nouveau composée par le célèbre duo. Je l'aime beaucoup ce morceau avec sa mélodie oscillant entre la mélancolie et un rythme plutôt joyeux. Musicalement, c'est très classique mais les qques notes de piano apportées par le producteur George Martin ajoute un vrai plus et une vraie singularité. Malheureusement, le morceau est beaucoup trop court, à peine deux minutes ! Les paroles contrastent totalement avec la chanson précédente puisque le chanteur, John Lennon ici, utilisant l'effet "double-voix", exprime tout son désarroi, le monde (ou plutôt la vie je pense) le traitant si mal. Misère ! (Misery) Lennon pleure sa petite amie qu'il vient de perdre, il a peur de ne plus jamais la voir, alors il se rappelle toutes ces petites choses qu'ils faisaient ensemble, et regrette car c'était vraiment celle qu'il aimait. Sans elle, c'est la misère... Vraiment un bon titre, l'un de mes préférés mais je l'aurais aimé un peu plus longue.
- "Anna (go to him)" (Alexander) : Première reprise de l'album et pas la plus dégueulasse comme on dit chez nous. Son auteur original, Arthur Alexander, était un chanteur soul qui plaisait beaucoup à Lennon et à moi aussi, après écoute de son oeuvre à lui. La reprise des Beatles est en tout cas très respectueuse mais vraiment belle. La jolie lead guitare d'Harrison remplace le piano de l'originale et c'est délicieux. Il y a également des choeurs lanscinants en plus, qui ajoutent au désespoir du chanteur, Lennon, et de sa voix magnifiquement cassée... Ringo assure parfaitement le rythme derrière, tout va bien, on se laisse aller et on espère que notre pauvre chanteur retrouvera sa belle très bientôt... Eh oui, parce que les paroles sont bien tristes; l'auteur s'adresse à Anna, sa bien-aimée, qui va le quitter pour un autre qui l'aime plus que lui (selon ce dernier). Il veut bien la laisser partir, il fait face à ce tragique destin sentimental qui le poursuit, mais avant cela, il veut récupérer la bague qu'il lui avait donné et lui dire une dernière fois combien il l'aime... Un peu le même thème que la chanson précédente donc, mais ça reste très plaisant.
- "Chains" (Goffin/King) : A nouveau une reprise, cette fois signée du célèbre couple d'auteurs-compositeurs américains Gerry Goffin et Carole King. Ce n'est pas leur chanson la plus connue et la plus reprise mais apparemment, elle a bien plu aux Beatles. Elle fait très country-folk, avec Harrison en lead mais suivi de près, la plupart du temps, par les choeurs de Lennon et McCartney. Introduite à l'harmonica, elle suit son cours tranquillement mais je la trouve quand même un peu pataude et répétitive, ça manque d'énergie et de dynamique. Elle fait un peu bouche-trou mais bon, on en voudra pas trop au jeune George d'exprimer ses sentiments ! Ici, l'auteur, au contraire des chansons précédentes, demande à sa bien-aimée de le lâcher un peu parce que l'amour de celle-ci l'étouffe, il se sent "enchaîné" ("Chains"). Pauvre George... ;-)
- "Boys" (Dixon/Farrell) : Après la première apparition de George au micro, voici venu le tour de Ringo ! Cette chanson est également une reprise, cette fois d'une face B des Shirelles, mais en bien plus énergique que l'original. Immédiatement très punchy, la voix grave de Ringo sonne ici très bien au milieu des choeurs aigus de ses partenaires (c'est surtout Paul qu'on entend d'ailleurs, souvent très criard). La basse de Paul détonne tandis que George s'offre un petit solo pas méchant mais sympa, ouvert par son batteur : "All right George !". Bref, les Beatles y mettent toujours du coeur quand ils placent leur tonique batteur sur le devant de la scène, et ça fonctionne terriblement. La chanson a beau être très simpliste, de la musique aux paroles (ça parle de garçons, de baisers et de hey hey bop chou bap), cela remet de la pêche dans l'album. Et, il faut savoir que le morceau a été enregistré en une seule prise, c'est juste impressionnant ! Go Ringo go go go !
- "Ask me why" (McCartney/Lennon) : On se calme un peu ici avec cette jolie balade signée de notre fameux duo. Une chanson toute en douceur et rondeurs, très sweet soul mais avec toujours cette splendide voix de Lennon qui se démarque. Les choeurs sont délicieux (ah les "wou wou wou wou"), on nage dans la beauté pure des chansons d'amour des Beatles. Bien que mineure, je trouve cette chanson très bien structurée, travaillée et avec déjà beaucoup de maturité malgré son apparente simplicité. Ce fut ainsi une bien jolie Face B pour le single du morceau qui va suivre. Le texte est encore assez mélancolique bien que positif, l'auteur semble en fait tout émotionné d'être amoureux et si heureux avec sa belle. Ah la jeunesse...
- "Please Please Me" (McCartney/Lennon) : Et un gros tube pour clore la Face A de l'album... Originellement lente et bluesy, George Martin a beaucoup insisté et travaillé pour lui donner plus de rythme et d'énergie. Une fois le résultat convainquant, il lui prédit un avenir radieux, et il eut raison. Ce fut l'un des tout premiers hits des Beatles. Juste 2 minutes de bonheur ! Intro à l'harmonica, supers riffs de guitare, une batterie léchée, et un duo vocal Lennon-McCartney au top (les supers "come on come on"), une fin délicieusement désordonnée, totalement efficace. On a là affaire à une magnifique pépite pop qui est l'un des socles de ce que sera toute l'oeuvre des Beatles. Le texte est assez simple, Lennon a subi pas mal d'inspirations ici et là, on sent qu'il joue aussi avec les mots et les sonorités. Mais, en gros, il demande à sa copine de faire des efforts pour lui montrer son amour comme lui le fait pour elle. Allez, on se bouge les filles ! ;-)
- "Love me do" (McCartney/Lennon) : On entame la Face B de l'album avec l'autre gros tube qui a fait débuter la légende, mais qui, je ne sais pas pourquoi, ne m'a jamais vraiment emballé. Je ne comprends même pas son succès, c'est dire ! Je suis pas fan de l'harmonica, des chants, du rythme... C'est très blues et bien chanté, soit, mais voilà, c'est ultra répétitif et n'avance jamais très loin. Je fais donc un blocage, ça m'arrive avec qques rares chansons de mes idoles, souvent parmi les plus connues, trop connues peut-être ? I don't know... Toujours est-il que je la trouve donc un peu plombante. On n'accablera pas notre duo préféré avec des paroles ma foi très bateau (un garçon qui demande à une fille de l'aimer... wouah...). Allez, j'arrête, je me fais du mal !
- "P.S. I love you" (McCartney/Lennon) : Cette petite bluette me plaît bien mieux, où Paul fait son crooner du haut de ses 20 ans à peine... Il est la plupart du temps accompagné de John pour le refrain, sur un rythme très bien tenu, toujours le même quasiment, du tout début à la fin. Emballé c'est pesé en à peine 2 minutes, pas la peine de faire plus étant donné la répétition constante du thème. Mais c'est frais, tout juste mélancolique et ça marche très bien. Les paroles sont d'une extrême simplicité, quasiment toujours les mêmes, l'auteur chantant ce qu'il écrit à sa belle dans une lettre d'amour... A noter quand même qu'elle a été écrite bien plus tôt qu'elle n'a été enregistrée donc ça excuse un peu la "jeunesse" de la chose, et aussi que le bon Ringo n'est qu'aux maracas sur ce morceau, la batterie étant assurée par Andy White, mais à la fois, rien de très compliqué ici.
- "Baby it's you" (David/Williams/Bacharach) : Encore une chanson des Shirelles (mieux)reprise par les Beatles (après "Boys", un peu plus haut), notamment composée par le fameux Burt Bacharach. Ici, rien à voir avec la précédente, on se relaxe : "Sha la la la la la...". Une très belle mélodie (avec une basse un peu à la "Stand by me"), et un super John Lennon à la baguette, terriblement romantique et séduisant. Je suis moins convaincu par les choeurs de ses collègues (sans doute plus jolis quand ils sont féminins comme dans la version originale) mais l'ensemble sonne très bien. Le solo reste aussi bizarre avec un piano électrique avec une drôle de sonorité. Les paroles de Luther Dixon (alias Barney Williams) et Mack David sont tout à fait poignantes, une véritable déclaration d'amour d'une femme à un homme (l'inverse pour les Beatles évidemment). Celle-ci dit que quoique les mauvaises langues puissent dire (sans doute une histoire de réputation), elle aime son bien-aimé plus que tout, c'est celui que son coeur a choisi pour la vie ("Baby It's you"). Très efficace.
- "Do you want to know a secret" (McCartney/Lennon) : Les chansons les plus courtes sont-elles les meilleures ? Je ne sais pas mais celle-ci me botte vraiment, peut-être ma préférée de l'album. Composée par Lennon (surtout) et McCartney, inspirée de Disney et peu inspirée par ses auteurs d'ailleurs, qui l'ont laissé à George pour qu'il la chante. Ma foi, ils ont eu tort, elle est juste délicieuse... Le début est original, un peu crooner, puis la chanson démarre sur un joli petit rythme, une basse toute en toucher et de très belles guitares. Et un George qu'on sent assez hésitant dans la voix et ses capacités vocales (notamment les ouh ouh ouh), mais au final, on obtient un morceau entraînant et des plus charmants. Le texte est à nouveau super simple, l'auteur confie à sa belle un secret... : il est amoureux d'elle ! Mais c'est bien tourné, très mignon et on s'en délecte à chaque écoute.
- "A Taste of honey" (Scott/Marlow) : Oeuvre composée par Bobby Scott à la musique et Ric Marlow au texte, cette chanson était l'une des favorites de Paul McCartney à l'époque. On se rapproche ici plus d'un répertoire qu'on qualifiera de "traditionnel", un peu jazzy par séquences. McCartney chante de façon très formelle, aidé de ses camarades aux choeurs graves. C'est en tout cas la seule chanson de l'album qui sort du genre pop-rock-skiffle. Intermède ma foi pas vilain mais un peu vieillot. Les paroles sont elles très poétiques, le "goût du miel" du titre évoque les lèvres de la demoiselle dont l'auteur se souvient et à qui il promet de revenir très bientôt y goûter...
- "There's a place" (McCartney/Lennon) : Pas le temps de s'endormir à nouveau avec le retour du groove, ou plutôt de l'énergie, conjointe ici, de John et Paul qui s'associent pour un duo enthousiaste. Encore une chanson assez mineure mais des plus emballantes, avec un rythme pas effréné mais bien soutenu. Pas vraiment de refrain, mais un couplet similaire au début et à la fin. Entre les deux, un deuxième couplet sur la même mélodie et puis un pont chanté, bien joli également. Bref, que du bon dans cette chanson qui évoque un lieu où l'auteur se réfugie quand il ne se sent pas bien, il peut y penser à sa belle et se sentir mieux. Ainsi, c'est une sorte de chanson pour se motiver et on peut dire que le pari est gagné.
- "Twist and shout" (Medley/Russell) : Et nous voici déjà à la dernière chanson, le climax de l'album... En effet, les chansons ayant été enregistrées dans l'ordre, celle-ci fut la dernière de la session et le pauvre John Lennon n'avait plus de voix, étant malade à l'origine. Il n'y eut que deux prises et la première fut la bonne, John ayant tout perdu sur la seconde ! Cette chanson, signée de Phil Medley et du fameux producteur Bert Russell, est emblématique du rock'n'roll du début des années 60, c'est un pur tube, endiablé comme jamais, et ainsi repris par de nombreux artistes différents, surtout des groupes évidemment. Les Beatles n'y ont pas échappé et en donnent l'une des meilleures versions qui existe sur le marché. Parce que Lennon y donne tout ce qu'il lui reste de voix et parce qu'il démontre sa véritable âme de rocker. On retrouve dans cette chanson toute la fougue et la jeunesse des Beatles de cette époque. La mélodie est géniale, John dirige son groupe comme un vrai leader, avec Paul et George derrière, au taquet. Chaque écoute me donne des frissons... et il y a ce suspense musical juste avant les "aaaaah aaaaah aaaah aaaah" où chacun des membres apporte sa contribution avant de crier un bon coup. Côté texte, c'est simple et énergique, le chanteur invitant sa belle à "twister", soit danser et crier également ! Wouhou !
Pour un premier album, c'est tout de même très convainquant. Certes, le système est aujourd'hui bien différent de ce qui se faisait à l'époque et il est difficile de le placer dans le contexte actuel.
Je pense que je n'arriverai jamais à établir de classement des albums des Beatles, d'autant plus qu'ils sont vraiment différents les uns des autres et qu'il y a des périodes très distinctes. On peut dire que "Please Please Me" est vraiment symbolique de ce qu'étaient les Beatles à leurs débuts : très énergiques, motivés et passionnés, tout en sachant se montrer tendres, attentifs et réfléchis. On ressent cela dans toutes ces chansons. Les textes sont souvent très simples et directs mais tout à fait efficaces et très bien mis en musique. Il faut écrire des tubes, toucher le public et les Beatles ont su le faire très rapidement, instinctivement.
A noter aussi la très bonne utilisation de toutes leurs références musicales. Outre les reprises, souvent parfaitement choisies et mises en valeur, leurs propres compositions sont un mélange d'inspirations diverses qui font mouche. Les Beatles copient peu, ils mettent à leur sauce et le résultat est splendide.
Musicalement, c'est top, avec un super rythme, des guitares parfois hésitantes mais soutenues par une basse déjà remarquable. Vocalement, c'est irréprochable, John comme Paul sont extras, George plus timide et Ringo a déjà son style.
On trouve ainsi déjà beaucoup de maturité dans cet album, qui vient après tout de même plusieurs années de représentations furieuses entre Liverpool et Hambourg. Il ne faut pas oublier que les Beatles ne débarquaient pas ici avec ce premier album. Ils avaient déjà pas mal fait leur route et "Please Please Me" est simplement leur première grosse pierre blanche sur le marché du disque. Et quelle pierre !
Cet album se réécoute donc toujours aussi facilement parce que même si tout n'est pas flamboyant, il y recèle déjà de bien jolies perles...
Les morceaux à retenir : "I saw her standing there", "Misery", "Anna (go to him)", "Please Please Me", "Baby it's you", "Do you want to know a secret", "There's a place", "Twist and shout".
Si cet album n'est évidemment pas considéré comme le meilleur du groupe parce que c'est quand même le premier, il est tout de même juste extraordinaire, ne serait-ce qu'en connaissant les conditions dans lesquelles il a été enregistré. Difficile à croire avec le système actuel où l'album de n'importe quel artiste met souvent plusieurs semaines voire mois à être finalisé, mais pour celui-ci, les Beatles n'ont eu besoin que d'une seule journée, et même moins : 585 minutes soit 9h45 !!! Avec 14 chansons, enregistrées ainsi quasiment en live... chapeau...
Revenons un peu arrière avec l'aide du journaliste anglais Tony Barrow qui, dans le livret du CD, nous raconte la genèse de cet album. Ainsi, les Beatles ont surtout éclos sur le devant de la scène britannique fin 1962 avec "Love me do" qui cartonne. La Beatlemania peut débuter, on ne parle plus que d'eux, toutes les critiques sont élogieuses, la popularité augmente toujours plus et les chiffres de vente avec ! Barrow explique que l'industrie du disque anglaise va s'intéresser immédiatement à ce nouveau "son", qu'il soit vocal ou instrumental, introduit par les Beatles. Brian Matthew, animateur de plusieurs émissions musicales anglaises, décrit le quatuor comme "le nouveau groupe le plus excitant et accompli visuellement et musicalement depuis les Shadows". Tony Barrow raconte ensuite, et avec raison, qu'il ne s'est pas trop emballé au début car ce ne sont pas forcément les groupes qui cartonnent avec un seul tube qui durent. Puis, au vu de cette popularité non démentie au fil des semaines, de toutes ces filles rendues folles par le son des Beatles, il a fini par se laisser prendre au jeu. Leur second single, "Please Please Me", achevant de le convaincre. Le monde de la musique était bien face à un phénomène sans précédent.
Quand il décrit la singularité de la musique des Beatles, Tony Barrow parle de "Do it yourself". Depuis le début, les Beatles réalisent tout eux-mêmes, leurs lignes musicales, leurs arrangements vocaux... Le journaliste dit de leur musique qu'elle est "sauvage", qu'elle frappe fort et qu'elle est surtout "personnelle". C'est là que se confirme le "Do it yourself", la musique des Beatles est avant tout originale, du début à la fin. Ils créent tout eux-mêmes et ne copient jamais personne. Bien entendu, les influences se font ressentir et les Beatles ont également chanté des reprises, mais ils apportent à chaque fois leur propre patte et celle-ci est unique et géniale.
Pour ce premier album qui venait combler l'attente incroyable des fans après seulement deux singles, les Beatles proposent huit de leurs compositions ainsi que six de leurs reprises préférées, issues de leur répertoire live. Cet album est, comme le décrira plus tard George Martin, une revue de ce que les Beatles jouaient sur scène en plus de compositions originales.
La très belle pochette de l'album montrant nos quatre héros penchés au bord d'un balcon a été réalisée tout bêtement dans l'immeuble d'EMI à Londres ! C'est une jolie photo, les Beatles sont beaux, frais et souriants, peut-être pas encore totalement conscients de la révolution qu'ils sont sur le point de créer...
- "I saw her standing there" (McCartney/Lennon) : Elle entame parfaitement l'album, punchy comme il faut, emballant la machine avec une belle décontraction. Il s'agit en fait d'une très ancienne chanson, probablement l'une des premières écrite par Paul McCartney, encore adolescent. Typiquement rock'n'roll, elle bouge bien, avec un rythme effréné de bout en bout, avec une jolie ligne de basse, une batterie folle et un solo de guitare un peu hésitant mais qui tient la route. McCartney a déjà une voix fabuleuse pour chanter ce genre de rock "flamboyant", un peu rauque mais assez pure en même temps. Les paroles sont très efficaces également avec déjà pas mal de gouaille. Paul raconte une scène d'ado typique, il aperçoit une fille qui lui plaît, son coeur fait "Boum" immédiatement, il ne peut aller danser qu'avec elle. Alors il traverse la pièce, lui prend la main et ils dansent toute la nuit, tombant amoureux l'un de l'autre... et jamais plus il ne dansera avec une autre depuis qu'il l'a vu. C'est très simple, très mignon, et surtout très efficace !
- "Misery" (McCartney/Lennon) : On ralentit un peu la cadence avec cette chanson, à nouveau composée par le célèbre duo. Je l'aime beaucoup ce morceau avec sa mélodie oscillant entre la mélancolie et un rythme plutôt joyeux. Musicalement, c'est très classique mais les qques notes de piano apportées par le producteur George Martin ajoute un vrai plus et une vraie singularité. Malheureusement, le morceau est beaucoup trop court, à peine deux minutes ! Les paroles contrastent totalement avec la chanson précédente puisque le chanteur, John Lennon ici, utilisant l'effet "double-voix", exprime tout son désarroi, le monde (ou plutôt la vie je pense) le traitant si mal. Misère ! (Misery) Lennon pleure sa petite amie qu'il vient de perdre, il a peur de ne plus jamais la voir, alors il se rappelle toutes ces petites choses qu'ils faisaient ensemble, et regrette car c'était vraiment celle qu'il aimait. Sans elle, c'est la misère... Vraiment un bon titre, l'un de mes préférés mais je l'aurais aimé un peu plus longue.
- "Anna (go to him)" (Alexander) : Première reprise de l'album et pas la plus dégueulasse comme on dit chez nous. Son auteur original, Arthur Alexander, était un chanteur soul qui plaisait beaucoup à Lennon et à moi aussi, après écoute de son oeuvre à lui. La reprise des Beatles est en tout cas très respectueuse mais vraiment belle. La jolie lead guitare d'Harrison remplace le piano de l'originale et c'est délicieux. Il y a également des choeurs lanscinants en plus, qui ajoutent au désespoir du chanteur, Lennon, et de sa voix magnifiquement cassée... Ringo assure parfaitement le rythme derrière, tout va bien, on se laisse aller et on espère que notre pauvre chanteur retrouvera sa belle très bientôt... Eh oui, parce que les paroles sont bien tristes; l'auteur s'adresse à Anna, sa bien-aimée, qui va le quitter pour un autre qui l'aime plus que lui (selon ce dernier). Il veut bien la laisser partir, il fait face à ce tragique destin sentimental qui le poursuit, mais avant cela, il veut récupérer la bague qu'il lui avait donné et lui dire une dernière fois combien il l'aime... Un peu le même thème que la chanson précédente donc, mais ça reste très plaisant.
- "Chains" (Goffin/King) : A nouveau une reprise, cette fois signée du célèbre couple d'auteurs-compositeurs américains Gerry Goffin et Carole King. Ce n'est pas leur chanson la plus connue et la plus reprise mais apparemment, elle a bien plu aux Beatles. Elle fait très country-folk, avec Harrison en lead mais suivi de près, la plupart du temps, par les choeurs de Lennon et McCartney. Introduite à l'harmonica, elle suit son cours tranquillement mais je la trouve quand même un peu pataude et répétitive, ça manque d'énergie et de dynamique. Elle fait un peu bouche-trou mais bon, on en voudra pas trop au jeune George d'exprimer ses sentiments ! Ici, l'auteur, au contraire des chansons précédentes, demande à sa bien-aimée de le lâcher un peu parce que l'amour de celle-ci l'étouffe, il se sent "enchaîné" ("Chains"). Pauvre George... ;-)
- "Boys" (Dixon/Farrell) : Après la première apparition de George au micro, voici venu le tour de Ringo ! Cette chanson est également une reprise, cette fois d'une face B des Shirelles, mais en bien plus énergique que l'original. Immédiatement très punchy, la voix grave de Ringo sonne ici très bien au milieu des choeurs aigus de ses partenaires (c'est surtout Paul qu'on entend d'ailleurs, souvent très criard). La basse de Paul détonne tandis que George s'offre un petit solo pas méchant mais sympa, ouvert par son batteur : "All right George !". Bref, les Beatles y mettent toujours du coeur quand ils placent leur tonique batteur sur le devant de la scène, et ça fonctionne terriblement. La chanson a beau être très simpliste, de la musique aux paroles (ça parle de garçons, de baisers et de hey hey bop chou bap), cela remet de la pêche dans l'album. Et, il faut savoir que le morceau a été enregistré en une seule prise, c'est juste impressionnant ! Go Ringo go go go !
- "Ask me why" (McCartney/Lennon) : On se calme un peu ici avec cette jolie balade signée de notre fameux duo. Une chanson toute en douceur et rondeurs, très sweet soul mais avec toujours cette splendide voix de Lennon qui se démarque. Les choeurs sont délicieux (ah les "wou wou wou wou"), on nage dans la beauté pure des chansons d'amour des Beatles. Bien que mineure, je trouve cette chanson très bien structurée, travaillée et avec déjà beaucoup de maturité malgré son apparente simplicité. Ce fut ainsi une bien jolie Face B pour le single du morceau qui va suivre. Le texte est encore assez mélancolique bien que positif, l'auteur semble en fait tout émotionné d'être amoureux et si heureux avec sa belle. Ah la jeunesse...
- "Please Please Me" (McCartney/Lennon) : Et un gros tube pour clore la Face A de l'album... Originellement lente et bluesy, George Martin a beaucoup insisté et travaillé pour lui donner plus de rythme et d'énergie. Une fois le résultat convainquant, il lui prédit un avenir radieux, et il eut raison. Ce fut l'un des tout premiers hits des Beatles. Juste 2 minutes de bonheur ! Intro à l'harmonica, supers riffs de guitare, une batterie léchée, et un duo vocal Lennon-McCartney au top (les supers "come on come on"), une fin délicieusement désordonnée, totalement efficace. On a là affaire à une magnifique pépite pop qui est l'un des socles de ce que sera toute l'oeuvre des Beatles. Le texte est assez simple, Lennon a subi pas mal d'inspirations ici et là, on sent qu'il joue aussi avec les mots et les sonorités. Mais, en gros, il demande à sa copine de faire des efforts pour lui montrer son amour comme lui le fait pour elle. Allez, on se bouge les filles ! ;-)
- "Love me do" (McCartney/Lennon) : On entame la Face B de l'album avec l'autre gros tube qui a fait débuter la légende, mais qui, je ne sais pas pourquoi, ne m'a jamais vraiment emballé. Je ne comprends même pas son succès, c'est dire ! Je suis pas fan de l'harmonica, des chants, du rythme... C'est très blues et bien chanté, soit, mais voilà, c'est ultra répétitif et n'avance jamais très loin. Je fais donc un blocage, ça m'arrive avec qques rares chansons de mes idoles, souvent parmi les plus connues, trop connues peut-être ? I don't know... Toujours est-il que je la trouve donc un peu plombante. On n'accablera pas notre duo préféré avec des paroles ma foi très bateau (un garçon qui demande à une fille de l'aimer... wouah...). Allez, j'arrête, je me fais du mal !
- "P.S. I love you" (McCartney/Lennon) : Cette petite bluette me plaît bien mieux, où Paul fait son crooner du haut de ses 20 ans à peine... Il est la plupart du temps accompagné de John pour le refrain, sur un rythme très bien tenu, toujours le même quasiment, du tout début à la fin. Emballé c'est pesé en à peine 2 minutes, pas la peine de faire plus étant donné la répétition constante du thème. Mais c'est frais, tout juste mélancolique et ça marche très bien. Les paroles sont d'une extrême simplicité, quasiment toujours les mêmes, l'auteur chantant ce qu'il écrit à sa belle dans une lettre d'amour... A noter quand même qu'elle a été écrite bien plus tôt qu'elle n'a été enregistrée donc ça excuse un peu la "jeunesse" de la chose, et aussi que le bon Ringo n'est qu'aux maracas sur ce morceau, la batterie étant assurée par Andy White, mais à la fois, rien de très compliqué ici.
- "Baby it's you" (David/Williams/Bacharach) : Encore une chanson des Shirelles (mieux)reprise par les Beatles (après "Boys", un peu plus haut), notamment composée par le fameux Burt Bacharach. Ici, rien à voir avec la précédente, on se relaxe : "Sha la la la la la...". Une très belle mélodie (avec une basse un peu à la "Stand by me"), et un super John Lennon à la baguette, terriblement romantique et séduisant. Je suis moins convaincu par les choeurs de ses collègues (sans doute plus jolis quand ils sont féminins comme dans la version originale) mais l'ensemble sonne très bien. Le solo reste aussi bizarre avec un piano électrique avec une drôle de sonorité. Les paroles de Luther Dixon (alias Barney Williams) et Mack David sont tout à fait poignantes, une véritable déclaration d'amour d'une femme à un homme (l'inverse pour les Beatles évidemment). Celle-ci dit que quoique les mauvaises langues puissent dire (sans doute une histoire de réputation), elle aime son bien-aimé plus que tout, c'est celui que son coeur a choisi pour la vie ("Baby It's you"). Très efficace.
- "Do you want to know a secret" (McCartney/Lennon) : Les chansons les plus courtes sont-elles les meilleures ? Je ne sais pas mais celle-ci me botte vraiment, peut-être ma préférée de l'album. Composée par Lennon (surtout) et McCartney, inspirée de Disney et peu inspirée par ses auteurs d'ailleurs, qui l'ont laissé à George pour qu'il la chante. Ma foi, ils ont eu tort, elle est juste délicieuse... Le début est original, un peu crooner, puis la chanson démarre sur un joli petit rythme, une basse toute en toucher et de très belles guitares. Et un George qu'on sent assez hésitant dans la voix et ses capacités vocales (notamment les ouh ouh ouh), mais au final, on obtient un morceau entraînant et des plus charmants. Le texte est à nouveau super simple, l'auteur confie à sa belle un secret... : il est amoureux d'elle ! Mais c'est bien tourné, très mignon et on s'en délecte à chaque écoute.
- "A Taste of honey" (Scott/Marlow) : Oeuvre composée par Bobby Scott à la musique et Ric Marlow au texte, cette chanson était l'une des favorites de Paul McCartney à l'époque. On se rapproche ici plus d'un répertoire qu'on qualifiera de "traditionnel", un peu jazzy par séquences. McCartney chante de façon très formelle, aidé de ses camarades aux choeurs graves. C'est en tout cas la seule chanson de l'album qui sort du genre pop-rock-skiffle. Intermède ma foi pas vilain mais un peu vieillot. Les paroles sont elles très poétiques, le "goût du miel" du titre évoque les lèvres de la demoiselle dont l'auteur se souvient et à qui il promet de revenir très bientôt y goûter...
- "There's a place" (McCartney/Lennon) : Pas le temps de s'endormir à nouveau avec le retour du groove, ou plutôt de l'énergie, conjointe ici, de John et Paul qui s'associent pour un duo enthousiaste. Encore une chanson assez mineure mais des plus emballantes, avec un rythme pas effréné mais bien soutenu. Pas vraiment de refrain, mais un couplet similaire au début et à la fin. Entre les deux, un deuxième couplet sur la même mélodie et puis un pont chanté, bien joli également. Bref, que du bon dans cette chanson qui évoque un lieu où l'auteur se réfugie quand il ne se sent pas bien, il peut y penser à sa belle et se sentir mieux. Ainsi, c'est une sorte de chanson pour se motiver et on peut dire que le pari est gagné.
- "Twist and shout" (Medley/Russell) : Et nous voici déjà à la dernière chanson, le climax de l'album... En effet, les chansons ayant été enregistrées dans l'ordre, celle-ci fut la dernière de la session et le pauvre John Lennon n'avait plus de voix, étant malade à l'origine. Il n'y eut que deux prises et la première fut la bonne, John ayant tout perdu sur la seconde ! Cette chanson, signée de Phil Medley et du fameux producteur Bert Russell, est emblématique du rock'n'roll du début des années 60, c'est un pur tube, endiablé comme jamais, et ainsi repris par de nombreux artistes différents, surtout des groupes évidemment. Les Beatles n'y ont pas échappé et en donnent l'une des meilleures versions qui existe sur le marché. Parce que Lennon y donne tout ce qu'il lui reste de voix et parce qu'il démontre sa véritable âme de rocker. On retrouve dans cette chanson toute la fougue et la jeunesse des Beatles de cette époque. La mélodie est géniale, John dirige son groupe comme un vrai leader, avec Paul et George derrière, au taquet. Chaque écoute me donne des frissons... et il y a ce suspense musical juste avant les "aaaaah aaaaah aaaah aaaah" où chacun des membres apporte sa contribution avant de crier un bon coup. Côté texte, c'est simple et énergique, le chanteur invitant sa belle à "twister", soit danser et crier également ! Wouhou !
Pour un premier album, c'est tout de même très convainquant. Certes, le système est aujourd'hui bien différent de ce qui se faisait à l'époque et il est difficile de le placer dans le contexte actuel.
Je pense que je n'arriverai jamais à établir de classement des albums des Beatles, d'autant plus qu'ils sont vraiment différents les uns des autres et qu'il y a des périodes très distinctes. On peut dire que "Please Please Me" est vraiment symbolique de ce qu'étaient les Beatles à leurs débuts : très énergiques, motivés et passionnés, tout en sachant se montrer tendres, attentifs et réfléchis. On ressent cela dans toutes ces chansons. Les textes sont souvent très simples et directs mais tout à fait efficaces et très bien mis en musique. Il faut écrire des tubes, toucher le public et les Beatles ont su le faire très rapidement, instinctivement.
A noter aussi la très bonne utilisation de toutes leurs références musicales. Outre les reprises, souvent parfaitement choisies et mises en valeur, leurs propres compositions sont un mélange d'inspirations diverses qui font mouche. Les Beatles copient peu, ils mettent à leur sauce et le résultat est splendide.
Musicalement, c'est top, avec un super rythme, des guitares parfois hésitantes mais soutenues par une basse déjà remarquable. Vocalement, c'est irréprochable, John comme Paul sont extras, George plus timide et Ringo a déjà son style.
On trouve ainsi déjà beaucoup de maturité dans cet album, qui vient après tout de même plusieurs années de représentations furieuses entre Liverpool et Hambourg. Il ne faut pas oublier que les Beatles ne débarquaient pas ici avec ce premier album. Ils avaient déjà pas mal fait leur route et "Please Please Me" est simplement leur première grosse pierre blanche sur le marché du disque. Et quelle pierre !
Cet album se réécoute donc toujours aussi facilement parce que même si tout n'est pas flamboyant, il y recèle déjà de bien jolies perles...
Les morceaux à retenir : "I saw her standing there", "Misery", "Anna (go to him)", "Please Please Me", "Baby it's you", "Do you want to know a secret", "There's a place", "Twist and shout".
samedi 11 octobre 2008
Concert : Marie Richeux - Set de la Butte
Alors oui vous ne devez pas du tout connaître cette jeune fille mais c'est normal, elle n'est pas encore célèbre. Mais c'est pour bientôt, on l'espère, on le souhaite.
Marie Richeux, c'est tout une histoire. Je l'ai connu lors de mon stage chez Philippe Meyer, à Radio France. L'assistant du boss, Antoine, était pote avec elle qui faisait un stage à FIP. Je ne savais pas qu'elle chantait alors, aucun indice ne m'avait été donné. Je l'appris lorsqu'Antoine me parla de cette carrière naissante et parallèle qu'elle tenait et en me racontant alors la genèse de leur rencontre.
Il se baladait le nez au vent dans les couloirs de France Culture (elle est aussi passée par là...) quand il entendit une voix angélique dans un bureau, qui chantonnait. Attiré par ce divin bruit, il ne put s'empêcher d'aller jeter un oeil au bureau en question. Et c'est là qu'il surprit la petite Marie comme il l'appelle. Elle fut très confuse et gênée, mais il la complimenta et l'encouragea... Ils sont donc devenus amis et qques mois plus tard, elle commença à se produire dans qques cabarets.
Marie Richeux, c'est de la chanson infiniment française, avec des textes tout mignons et poétiques, souvent très bien affutés, sur une musique toute jolie aussi, assez simple, jouée à la guitare par son frère, excellent manipulateur de cordes. Elle parle d'amour, de famille, du temps qui passe, de souvenirs, de la société aussi, toujours en finesse et facétie.
C'est donc au Set de la Butte, mini-salle au pied de Montmartre, que je la vis en action pour la première fois. Ce fut très sobre, mini-scène à hauteur humaine, qques instruments et pieds de micros et c'est tout. Elle était donc accompagnée de son frère mais aussi de qques guests très enthousiastes : Ibrahim Maalouf à la trompette, Ludo Pin à la guitare et autres instrumentations improvisées et enfin David Têtard, qui était là "comme un poisson dans l'eau".
La petite Marie a bien chanté et l'ambiance était très conviviale, familiale et protectrice autour de notre graine de chanteuse. Je ne saurais dire pour ses influences mais au niveau de la voix, j'entends un mélange de Carla Bruni et de Pauline Croze. C'est doux, un peu cassé et ça flotte divinement bien dans l'air.
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un concert intimiste comme ça, avec une proximité immédiate et chaleureuse. ça fait un bien fou, ça donne des ailes et j'espère que ça lui en donnera surtout à elle. Elle compose vraiment bien, elle sait se faire accompagner, il ne manque plus qu'à bâtir tout cela solidement autour d'une structure cohérente et ça pourra marcher, pourquoi pas ?
Alors bien entendu, les jolies chanteuses à texte sont nombreuses dans nos contrées et la bataille est dure pour se détacher, notamment quand on n'a pas été mannequin avant et/ou femme de président de la république, mais moi je dis, j'ai beaucoup d'espoir et de confiance en elle, si elle y croit et continue à évoluer comme cela.
La route est encore longue et parsemée d'embûches mais avec un peu d'aide et de chance, elle sera des plus belles, avec beaucoup de bonheur au bout on l'espère.
Marie Richeux, c'est tout une histoire. Je l'ai connu lors de mon stage chez Philippe Meyer, à Radio France. L'assistant du boss, Antoine, était pote avec elle qui faisait un stage à FIP. Je ne savais pas qu'elle chantait alors, aucun indice ne m'avait été donné. Je l'appris lorsqu'Antoine me parla de cette carrière naissante et parallèle qu'elle tenait et en me racontant alors la genèse de leur rencontre.
Il se baladait le nez au vent dans les couloirs de France Culture (elle est aussi passée par là...) quand il entendit une voix angélique dans un bureau, qui chantonnait. Attiré par ce divin bruit, il ne put s'empêcher d'aller jeter un oeil au bureau en question. Et c'est là qu'il surprit la petite Marie comme il l'appelle. Elle fut très confuse et gênée, mais il la complimenta et l'encouragea... Ils sont donc devenus amis et qques mois plus tard, elle commença à se produire dans qques cabarets.
Marie Richeux, c'est de la chanson infiniment française, avec des textes tout mignons et poétiques, souvent très bien affutés, sur une musique toute jolie aussi, assez simple, jouée à la guitare par son frère, excellent manipulateur de cordes. Elle parle d'amour, de famille, du temps qui passe, de souvenirs, de la société aussi, toujours en finesse et facétie.
C'est donc au Set de la Butte, mini-salle au pied de Montmartre, que je la vis en action pour la première fois. Ce fut très sobre, mini-scène à hauteur humaine, qques instruments et pieds de micros et c'est tout. Elle était donc accompagnée de son frère mais aussi de qques guests très enthousiastes : Ibrahim Maalouf à la trompette, Ludo Pin à la guitare et autres instrumentations improvisées et enfin David Têtard, qui était là "comme un poisson dans l'eau".
La petite Marie a bien chanté et l'ambiance était très conviviale, familiale et protectrice autour de notre graine de chanteuse. Je ne saurais dire pour ses influences mais au niveau de la voix, j'entends un mélange de Carla Bruni et de Pauline Croze. C'est doux, un peu cassé et ça flotte divinement bien dans l'air.
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un concert intimiste comme ça, avec une proximité immédiate et chaleureuse. ça fait un bien fou, ça donne des ailes et j'espère que ça lui en donnera surtout à elle. Elle compose vraiment bien, elle sait se faire accompagner, il ne manque plus qu'à bâtir tout cela solidement autour d'une structure cohérente et ça pourra marcher, pourquoi pas ?
Alors bien entendu, les jolies chanteuses à texte sont nombreuses dans nos contrées et la bataille est dure pour se détacher, notamment quand on n'a pas été mannequin avant et/ou femme de président de la république, mais moi je dis, j'ai beaucoup d'espoir et de confiance en elle, si elle y croit et continue à évoluer comme cela.
La route est encore longue et parsemée d'embûches mais avec un peu d'aide et de chance, elle sera des plus belles, avec beaucoup de bonheur au bout on l'espère.
vendredi 19 septembre 2008
Concert : Ayo. - Olympia(s) / Maison de la Radio / Solidays / Fête de l'Huma / Cabaret Sauvage / Casino de Paris / FNAC
Ayo., un nom qui signifie joie dans un dialecte nigérian et qui m'en a apporté beaucoup depuis que je connais cette merveilleuse artiste.
Sa musique est douce et rythmée, sa voix est splendide, sa personnalité est sincère et enthousiaste. J'avais été happé par son premier tube, "Down on my knees", et l'album m'avait rapidement convaincu. Puis il y eut la scène et là, je ne pus me détacher d'elle.
Comme vous le voyez dans le titre, je l'ai vu à de multiples reprises, 7 fois à ce jour ! Je n'ai jamais vu un artiste autant de fois mais il faut dire qu'elle a beaucoup tourné, surtout dans Paris. Je ne sais même plus dans quel ordre j'ai vu ces concerts mais on en fera un tour rapide si l'on peut.
En fait, la première fois que j'ai voulu la voir, c'était en septembre 2006, qques temps après avoir dévoré son album. Mais m'y étant pris trop tard, ses concerts dans la capitale étaient tous complets. Je me suis rattrapé en allant la voir, pour la première fois avec Sei, en décembre de cette même année.
Après une sympathique première partie de son ami Badié, on eut le droit à un show vraiment simple et très beau. On sentait beaucoup d'émotion pour elle que de jouer dans cette salle. En plus, elle était un peu malade, obligée de s'asseoir et pas très sûre d'elle-même pour chanter. Son père était dans la salle, pression supplémentaire. Je crois que dès ses premières notes, j'ai eu les larmes aux yeux, j'étais impressionné devant tant de beauté, physique et musicale. Le concert fut magique et elle décida même de descendre chanter dans le public, au milieu de la fosse, malheureusement, on était un peu trop loin pour l'approcher...
Au deuxième concert qui était je crois, à nouveau à l'Olympia, qques mois plus tard, même programme, elle redescendit dans le public mais cette fois, on était trop près de la scène avec mes deux acolytes, Floriane et Khadija ! D'oh ! Caramba, encore raté ! Mais le show fut super et en plus filmé pour un DVD qui sortit un peu plus tard. En première partie, il y eut une chanteuse américaine de type Norah Jones, mais dont je ne me souviens pas du tout le nom.
Entre temps, je l'avais peut-être aussi vu à la Maison de la Radio, je ne sais plus. Artiste France Inter, elle leur offrit ce concert privé ou presque. Etant en stage là-bas, j'ai pu en profiter pour y assister avec Antoine. C'était très particulier, dans un grand studio de radio mais tout près d'elle. Le comble, c'est que je l'avais croisé un peu avant à la cantine de Radio-France ! Mais je n'avais osé aller la déranger... Là encore, un très beau moment où elle joua beaucoup de sa facétie. En effet, le concert était diffusé en direct à la radio et elle s'imaginait les gens qui l'écoutaient en conduisant et qui n'avaient pas la chance d'être en face d'elle comme nous.
Qques mois après, ce fut l'été, et elle participa au grand festival Solidays, à l'hippodrome de Longchamp, en marge du Bois de Boulogne. Il pleuvait, elle ne joua qu'une heure (comme tous les concerts de ce genre de festival) mais elle nous apporta le soleil. A la fin du concert, la pluie s'estompa et les nuages firent place à un très bel arc-en-ciel... Il y a des signes qui ne trompent pas !
L'été passa et ce fut la Fête de l'Huma, à la Courneuve. Ayo. était là à nouveau, c'était il y a un an, pour son anniversaire qu'on ne manqua pas de lui souhaiter. Une heure de concert mais toujours que du bon !
Qques mois plus tard, le cycle de son premier album se referma après plus d'un an de promotion sur scène. Durant tous ces concerts, elle nous jouait en général toutes les chansons de l'album ainsi que parfois une ou deux reprises, puis un fameux "Girls and Boys" où elle faisait participer filles et garçons de la salle, en compétition avec son fabuleux groupe composé uniquement d'excellents musiciens masculins. Puis elle se mettait souvent à danser aussi, faisant s'envoler sa longue et mince silhouette.
Pour le concert du Cabaret Sauvage, en novembre 2007, ce fut tout autre chose. Très jolie petite salle, mi-cabaret, mi-cirque, située dans le Parc de la Villette, toujours à Paris. Elle nous raconta qu'elle préparait un nouvel album et qu'elle voulait nous le faire partager en exclusivité, enfin la plupart des morceaux n'étaient qu'à l'état de démos. Ce fut donc un concert placé sous le signe de l'improvisation, avec bien entendu, qques chansons déjà bien connues. Ce fut vraiment très particulier, rien à voir avec un show bien rôdé au millimètre.
Et là encore, je n'eus pas de chance puisqu'elle descendit dans le public, beaucoup plus longuement, chanté avec les gens, les enlaça, les embrassa... Et moi, accompagné de ce cher Max, pas forcément fan donc plus près du bar que de la fosse, je ne pus qu'assister, impuissant, à ce joli moment de douceur et de partage avec le public. Argh !
Puis Ayo. partit tenter sa chance aux Etats-Unis lors d'une tournée où elle put notamment rencontrer mon amie Daria, à Chicago.
Je n'avais plus vraiment de nouvelles et voilà qu'un deuxième album se profile enfin officiellement à l'horizon ! Afin de l'annoncer, un concert, au Casino de Paris (où j'avais déjà été voir KT Tunstall), c'était donc dimanche dernier. L'intitulé indiquait qu'il s'agissait d'un concert spécial pour fêter son anniversaire.
Accompagné de Mélissa cette fois (mais qui était déjà là à la Fête de l'Huma avec moi), on ne manqua pas de lui souhaiter avec le joyeux mais un peu timoré public. Ce fut encore un concert particulier. Elle débuta par deux nouveaux morceaux et remarqua l'incrédulité du public devant des nouvelles chansons que l'on a pas encore pu écouter puisque son album n'est pas encore sorti ! Elle se rattrapa donc en les mêlant à des chansons du premier album qui firent s'enchanter la foule, notamment "Down on my knees" qui restera SON tube éternel et dont personne ne se lasse, à sa grande surprise !
Elle était en forme Ayo., très souriante, rigolarde et bavarde, comme d'habitude. Son groupe a totalement changé, finis les Français, place aux Américains apparemment, mais tous très excellents également. Le pianiste Lucky Peterson fut l'invité de marque du concert, ainsi qu'un choeur de gospel le temps d'une ou deux chansons mais aussi de l'arrivée de la jolie pièce montée dorée faite de macarons pour célébrer son anniversaire (28 ans). Elle commença à en distribuer qques uns au public, mais j'étais trop loin... bouh... Puis comble de stupeur, elle invita une dizaine de jeunes fans à monter sur scène avec elle pour chanter et danser !!! Hugs et embrassades furent également de la partie et je restais là, mélancolique. Quoique je n'aurais vraiment pas osé monter sur scène. Certains n'avaient pas peur, notamment cet espèce de danseur de Tektonik qui dansa tout seul sur le côté de la scène ainsi que, de l'autre côté, une jeune fille un peu délurée et visiblement stone qui se crut seule au monde...
Bref, c'était un peu n'importe quoi ce concert mais il a pu au moins nous faire découvrir de manière mieux élaborée les futurs chansons de son second album qui s'annonçait très bon !
Et il l'est, dans la pleine lignée de son prédécesseur mais on en parlera le moment venu. Elle le présentait à la FNAC cette semaine, d'abord à celle de St Lazare puis à celle des Ternes. Ce fut organisé sous forme de show-case avec, dans l'ordre, mini-concert acoustique, entretien avec le public puis dédicace.
J'ai été aux deux, avec une personne différente à chaque fois, et ce fut, je crois, l'aboutissement de ce que j'avais tant attendu depuis tous ces concerts !
A St Lazare, elle nous offrit une courte set-list de qques titres assez enjoués de son nouvel album, mais également un petit medley du précédent. Elle était donc seule à la guitare et l'on a pu apprécier toute sa remarquable technique.
Lors de l'entretien avec le public, elle a répondu à diverses questions, notamment sur sa relation avec le chanteur Patrice. Et j'en ai profité pour me lancer à mon tour dans l'arène. J'ai pris le micro et je l'ai remercié pour tout qu'elle offrait à chacun avec sa musique. Puis je me suis présenté comme étant un ami de Daria, une Américaine rencontrée à HD et qui a elle-même rencontré Ayo. lors d'un concert de cette dernière à Chicago. La chance a fait que Ayo. s'en souvenait et s'est également rappelé que Daria lui avait parlé d'un French Boy qui lui avait fait découvrir sa musique. Ce fut donc un moment très personnel qui s'est créé entre Ayo. et moi. Puis je lui ai demandé pourquoi elle avait changé de groupe, tout simplement.
Après cela vint le temps de la dédicace et du bonheur qu'il offre à chacun de pouvoir discuter qques secondes avec l'artiste et accessoirement d'en obtenir un autographe. Quand ce fut mon tour, ce fut très court mais assez long pour qu'elle me resitue, qu'on en parle vite fait, qu'elle soit toute émue que j'ai dans l'idée d'appeler un jour ma fille Ayo (!) et surtout qu'elle m'autorise à lui faire la bise... Ah quel délicieux moment...
Cet évènement fut l'occasion pour moi de découvrir quelle humanité cache ce grand bout de jeune femme. Elle est d'une sensibilité exacerbée, quasiment en larmes dès que qqu'un la complimente ou lui offre un présent. C'était vraiment très impressionnant vu de près. Jusque là, j'avais remarqué son émotion lors des concerts lorsque le public l'applaudit chaudement, mais ici, une autre dimension s'est dévoilée, extrêmement touchante. Elle se place vraiment au niveau du public et se montre très proche et à l'écoute. Bien entendu, elle ne peut sans doute pas se donner entièrement à lui mais son succès phénoménal ne l'a pas empêché de rester simple et naturelle, comme sa musique, et ceci est remarquable.
Le deuxième show-case à la FNAC des Ternes fut évidemment très ressemblant sauf que le public était plus nombreux, la set-list différente, entièrement tirée de son nouvel album mais aussi plus triste. Un piano étant présent sur scène, elle en profita pour jouer l'un de ses morceaux sur celui-ci.
Les questions furent différentes bien heureusement aussi mais du même ordre. Quant à la dédicace, je fus à nouveau ravi de pouvoir lui redire qques mots et apprécier tout son charme ! ;-)
Je suis sorti de tout cela complètement émerveillé et cela a contribué à évacuer toutes mes frustrations nées de la proximité qu'elle avait donné à tous ces gens sauf moi lors de ses concerts précédents ! :-)
Prochain rendez-vous avec la belle métisse, ce sera pour janvier, à nouveau à l'Olympia...
Sa musique est douce et rythmée, sa voix est splendide, sa personnalité est sincère et enthousiaste. J'avais été happé par son premier tube, "Down on my knees", et l'album m'avait rapidement convaincu. Puis il y eut la scène et là, je ne pus me détacher d'elle.
Comme vous le voyez dans le titre, je l'ai vu à de multiples reprises, 7 fois à ce jour ! Je n'ai jamais vu un artiste autant de fois mais il faut dire qu'elle a beaucoup tourné, surtout dans Paris. Je ne sais même plus dans quel ordre j'ai vu ces concerts mais on en fera un tour rapide si l'on peut.
En fait, la première fois que j'ai voulu la voir, c'était en septembre 2006, qques temps après avoir dévoré son album. Mais m'y étant pris trop tard, ses concerts dans la capitale étaient tous complets. Je me suis rattrapé en allant la voir, pour la première fois avec Sei, en décembre de cette même année.
Après une sympathique première partie de son ami Badié, on eut le droit à un show vraiment simple et très beau. On sentait beaucoup d'émotion pour elle que de jouer dans cette salle. En plus, elle était un peu malade, obligée de s'asseoir et pas très sûre d'elle-même pour chanter. Son père était dans la salle, pression supplémentaire. Je crois que dès ses premières notes, j'ai eu les larmes aux yeux, j'étais impressionné devant tant de beauté, physique et musicale. Le concert fut magique et elle décida même de descendre chanter dans le public, au milieu de la fosse, malheureusement, on était un peu trop loin pour l'approcher...
Au deuxième concert qui était je crois, à nouveau à l'Olympia, qques mois plus tard, même programme, elle redescendit dans le public mais cette fois, on était trop près de la scène avec mes deux acolytes, Floriane et Khadija ! D'oh ! Caramba, encore raté ! Mais le show fut super et en plus filmé pour un DVD qui sortit un peu plus tard. En première partie, il y eut une chanteuse américaine de type Norah Jones, mais dont je ne me souviens pas du tout le nom.
Entre temps, je l'avais peut-être aussi vu à la Maison de la Radio, je ne sais plus. Artiste France Inter, elle leur offrit ce concert privé ou presque. Etant en stage là-bas, j'ai pu en profiter pour y assister avec Antoine. C'était très particulier, dans un grand studio de radio mais tout près d'elle. Le comble, c'est que je l'avais croisé un peu avant à la cantine de Radio-France ! Mais je n'avais osé aller la déranger... Là encore, un très beau moment où elle joua beaucoup de sa facétie. En effet, le concert était diffusé en direct à la radio et elle s'imaginait les gens qui l'écoutaient en conduisant et qui n'avaient pas la chance d'être en face d'elle comme nous.
Qques mois après, ce fut l'été, et elle participa au grand festival Solidays, à l'hippodrome de Longchamp, en marge du Bois de Boulogne. Il pleuvait, elle ne joua qu'une heure (comme tous les concerts de ce genre de festival) mais elle nous apporta le soleil. A la fin du concert, la pluie s'estompa et les nuages firent place à un très bel arc-en-ciel... Il y a des signes qui ne trompent pas !
L'été passa et ce fut la Fête de l'Huma, à la Courneuve. Ayo. était là à nouveau, c'était il y a un an, pour son anniversaire qu'on ne manqua pas de lui souhaiter. Une heure de concert mais toujours que du bon !
Qques mois plus tard, le cycle de son premier album se referma après plus d'un an de promotion sur scène. Durant tous ces concerts, elle nous jouait en général toutes les chansons de l'album ainsi que parfois une ou deux reprises, puis un fameux "Girls and Boys" où elle faisait participer filles et garçons de la salle, en compétition avec son fabuleux groupe composé uniquement d'excellents musiciens masculins. Puis elle se mettait souvent à danser aussi, faisant s'envoler sa longue et mince silhouette.
Pour le concert du Cabaret Sauvage, en novembre 2007, ce fut tout autre chose. Très jolie petite salle, mi-cabaret, mi-cirque, située dans le Parc de la Villette, toujours à Paris. Elle nous raconta qu'elle préparait un nouvel album et qu'elle voulait nous le faire partager en exclusivité, enfin la plupart des morceaux n'étaient qu'à l'état de démos. Ce fut donc un concert placé sous le signe de l'improvisation, avec bien entendu, qques chansons déjà bien connues. Ce fut vraiment très particulier, rien à voir avec un show bien rôdé au millimètre.
Et là encore, je n'eus pas de chance puisqu'elle descendit dans le public, beaucoup plus longuement, chanté avec les gens, les enlaça, les embrassa... Et moi, accompagné de ce cher Max, pas forcément fan donc plus près du bar que de la fosse, je ne pus qu'assister, impuissant, à ce joli moment de douceur et de partage avec le public. Argh !
Puis Ayo. partit tenter sa chance aux Etats-Unis lors d'une tournée où elle put notamment rencontrer mon amie Daria, à Chicago.
Je n'avais plus vraiment de nouvelles et voilà qu'un deuxième album se profile enfin officiellement à l'horizon ! Afin de l'annoncer, un concert, au Casino de Paris (où j'avais déjà été voir KT Tunstall), c'était donc dimanche dernier. L'intitulé indiquait qu'il s'agissait d'un concert spécial pour fêter son anniversaire.
Accompagné de Mélissa cette fois (mais qui était déjà là à la Fête de l'Huma avec moi), on ne manqua pas de lui souhaiter avec le joyeux mais un peu timoré public. Ce fut encore un concert particulier. Elle débuta par deux nouveaux morceaux et remarqua l'incrédulité du public devant des nouvelles chansons que l'on a pas encore pu écouter puisque son album n'est pas encore sorti ! Elle se rattrapa donc en les mêlant à des chansons du premier album qui firent s'enchanter la foule, notamment "Down on my knees" qui restera SON tube éternel et dont personne ne se lasse, à sa grande surprise !
Elle était en forme Ayo., très souriante, rigolarde et bavarde, comme d'habitude. Son groupe a totalement changé, finis les Français, place aux Américains apparemment, mais tous très excellents également. Le pianiste Lucky Peterson fut l'invité de marque du concert, ainsi qu'un choeur de gospel le temps d'une ou deux chansons mais aussi de l'arrivée de la jolie pièce montée dorée faite de macarons pour célébrer son anniversaire (28 ans). Elle commença à en distribuer qques uns au public, mais j'étais trop loin... bouh... Puis comble de stupeur, elle invita une dizaine de jeunes fans à monter sur scène avec elle pour chanter et danser !!! Hugs et embrassades furent également de la partie et je restais là, mélancolique. Quoique je n'aurais vraiment pas osé monter sur scène. Certains n'avaient pas peur, notamment cet espèce de danseur de Tektonik qui dansa tout seul sur le côté de la scène ainsi que, de l'autre côté, une jeune fille un peu délurée et visiblement stone qui se crut seule au monde...
Bref, c'était un peu n'importe quoi ce concert mais il a pu au moins nous faire découvrir de manière mieux élaborée les futurs chansons de son second album qui s'annonçait très bon !
Et il l'est, dans la pleine lignée de son prédécesseur mais on en parlera le moment venu. Elle le présentait à la FNAC cette semaine, d'abord à celle de St Lazare puis à celle des Ternes. Ce fut organisé sous forme de show-case avec, dans l'ordre, mini-concert acoustique, entretien avec le public puis dédicace.
J'ai été aux deux, avec une personne différente à chaque fois, et ce fut, je crois, l'aboutissement de ce que j'avais tant attendu depuis tous ces concerts !
A St Lazare, elle nous offrit une courte set-list de qques titres assez enjoués de son nouvel album, mais également un petit medley du précédent. Elle était donc seule à la guitare et l'on a pu apprécier toute sa remarquable technique.
Lors de l'entretien avec le public, elle a répondu à diverses questions, notamment sur sa relation avec le chanteur Patrice. Et j'en ai profité pour me lancer à mon tour dans l'arène. J'ai pris le micro et je l'ai remercié pour tout qu'elle offrait à chacun avec sa musique. Puis je me suis présenté comme étant un ami de Daria, une Américaine rencontrée à HD et qui a elle-même rencontré Ayo. lors d'un concert de cette dernière à Chicago. La chance a fait que Ayo. s'en souvenait et s'est également rappelé que Daria lui avait parlé d'un French Boy qui lui avait fait découvrir sa musique. Ce fut donc un moment très personnel qui s'est créé entre Ayo. et moi. Puis je lui ai demandé pourquoi elle avait changé de groupe, tout simplement.
Après cela vint le temps de la dédicace et du bonheur qu'il offre à chacun de pouvoir discuter qques secondes avec l'artiste et accessoirement d'en obtenir un autographe. Quand ce fut mon tour, ce fut très court mais assez long pour qu'elle me resitue, qu'on en parle vite fait, qu'elle soit toute émue que j'ai dans l'idée d'appeler un jour ma fille Ayo (!) et surtout qu'elle m'autorise à lui faire la bise... Ah quel délicieux moment...
Cet évènement fut l'occasion pour moi de découvrir quelle humanité cache ce grand bout de jeune femme. Elle est d'une sensibilité exacerbée, quasiment en larmes dès que qqu'un la complimente ou lui offre un présent. C'était vraiment très impressionnant vu de près. Jusque là, j'avais remarqué son émotion lors des concerts lorsque le public l'applaudit chaudement, mais ici, une autre dimension s'est dévoilée, extrêmement touchante. Elle se place vraiment au niveau du public et se montre très proche et à l'écoute. Bien entendu, elle ne peut sans doute pas se donner entièrement à lui mais son succès phénoménal ne l'a pas empêché de rester simple et naturelle, comme sa musique, et ceci est remarquable.
Le deuxième show-case à la FNAC des Ternes fut évidemment très ressemblant sauf que le public était plus nombreux, la set-list différente, entièrement tirée de son nouvel album mais aussi plus triste. Un piano étant présent sur scène, elle en profita pour jouer l'un de ses morceaux sur celui-ci.
Les questions furent différentes bien heureusement aussi mais du même ordre. Quant à la dédicace, je fus à nouveau ravi de pouvoir lui redire qques mots et apprécier tout son charme ! ;-)
Je suis sorti de tout cela complètement émerveillé et cela a contribué à évacuer toutes mes frustrations nées de la proximité qu'elle avait donné à tous ces gens sauf moi lors de ses concerts précédents ! :-)
Prochain rendez-vous avec la belle métisse, ce sera pour janvier, à nouveau à l'Olympia...
vendredi 12 septembre 2008
Concert : Coldplay - Voix du Gaou / Marseille / Bercy
Comme pour Manu Chao, trois concerts en un pour cette note ! En effet, j'ai vécu cette semaine mon troisième concert de Coldplay et cela m'a forcément rappelé les deux précédents, autres grands moments.
Coldplay, c'est désormais l'un des plus grands groupes de pop/rock actuels, une grosse machine de guerre qui a réussi, contrairement à d'autres groupes ou artistes du même genre, à sortir du lot et à rallier sous leur bannière un public très large et international.
Leurs deux premiers albums sont excellents, le troisième a suscité débat et le nouveau, "Viva la vida and death to all his friends", objet de cette nouvelle tournée, semble avoir déjà conquis pas mal de monde. La bande à Chris Martin est désormais parfaitement sur les rails et en qques années, les choses ont bien évolué sur scène, je l'ai constaté pour vous ;-)
Mon premier concert de Coldplay, en 2005, fut déjà pour moi un grand évènement. Le groupe, qui venait de sortir "XY", avait conquis mon coeur, j'y allais avec mon meilleur ami, fan lui aussi, et dans un cadre idyllique : une petite île varoise, en face de Six-Fours, en plein été. C'était pour les "Voix du Gaou", un festival qui commence à faire mouche, recevant chaque année de grosses pointures de la musique internationale. On accède à l'île par un unique petit pont (ou par la mer pour les plus courageux) et pour atteindre la scène, on traverse un petit bois de pins méditerranéens... Les artistes, eux, arrivent et repartent par bateau, c'est plus pratique ! En chemin vers la scène, Julien et moi avions été interrogés par France Bleu Provence, nous mettant déjà bien dans l'ambiance.
En première partie, c'était Richard Ashcroft, ex-leader de The Verve, que Chris Martin a qualifié plus tard de meilleur chanteur au monde. C'était pas mal, pas non plus trop ma tasse de thé ni celle du public qui s'endormait doucement sous les pins alors que le jour baissait peu à peu... Heureusement, le chanteur a réveillé tout le monde en terminant sa partie par le fameux "A Bitter sweet symphony".
Puis vint Coldplay pour un show très sobre au niveau du décor et des lumières, festival oblige. J'avais un peu honte parce que j'entendais tout le monde chanter les paroles et je passais un peu à côté... Mais je profitais des qques merveilleuses chansons de Coldplay, sous la nuit étoilée. On eut le droit à tous les grands tubes et à la bonne humeur de Chris Martin qui dialogua beaucoup avec le public, fustigeant son "français de merde" et appelant les demoiselles à s'emparer du coeur de son batteur, encore célibataire. Très beau souvenir donc.
Deuxième concert, qques mois plus tard sous le dôme de Marseille, la plus grosse salle de la cité phocéenne. En fosse, très bien placé, je m'y étais rendu à nouveau avec Julien mais également Emilie, une amie fan, et une copine à elle. Moi qui me sent souvent l'âme d'un grand photographe rock, j'avais pris pas moins de deux appareils ! A Six-Fours, ça avait été parce que j'avais piqué le petit appareil de mon père, facilement cachable. Là, je n'avais que mon gros Kodak, incachable. Ainsi, je l'avais roulé dans mon pull, dans mon sac. Etant à peu près certain de me faire capter, j'avais embarqué également l'appareil de ma soeur, caché de manière sommaire dans ma chaussette ! Mon sac fut fouillé minutieusement et mon Kodak trouvé, évidemment. Bing, au vestiaire. Par contre, la vigile n'a rien vérifié d'autre sur moi-même donc je suis passé tranquillement, en boîtant, avec l'appareil de ma soeur. ça c'était pour l'anecdote.
En première partie, nous avons eu le droit à Goldfrapp, groupe glam-rock bien efficace avec une sculpturale blonde au micro et des musiciens déguisés de manière très... hmmm... particulière, mi-anges, mi-robins des bois ! C'était assez lourd sonorement parlant mais c'était plutôt bien passé. Côté public, j'avais noté une forte proportion de jeunes filles et de jeunes hommes homosexuels ! Je ne savais donc plus trop où me mettre ;-)
Puis vint Coldplay... Pour le décor, on était dans le clip de "Speed of Sound" avec des écrans géants en fond de scène, faisant apparaître des animations (issues des clips de certaines chansons) ou bien les têtes des membres du groupe. Il y avait aussi cette petite lampe que Chris Martin balance dans le clip de "Fix You" et il a réédité l'exploit (à Six-Fours aussi il me semble). C'était en tout cas assez simple mais très bien foutu.
Musicalement, c'était top bien entendu, avec une play-list quasiment similaire à celle des Voix du Gaou. Chris Martin était là aussi bien en forme, répétant les mêmes jokes concernant son français mais bon, on l'excusera. Il s'est également permis une virée dans le public le temps d'une chanson. Encore un excellent souvenir c'est certain et de très belles photos à la clé...
Ce concert de Bercy, je l'attendais donc avec une très grosse impatience. D'habitude, je n'arrive pas à réaliser avant que le show n'ait lieu mais cette fois, je savais que j'allais jubiler donc je ne tenais plus en place.
Malheureusement, j'ai un poil trop tardé dans l'achat de mes places et les sites marchands ne me laissaient prendre que des tickets en tribune, donc plus chers, et pas les mieux placés. Je me suis donc résigné à acheter ces places, dégoûté que, le lendemain, un ami puisse, sur les mêmes sites, se prendre des places en fosse (ce que je voulais au départ) !
Je me suis pointé là-bas avec ma dulcinée, excité par tous les très bons commentaires issus des concerts précédents de cette même tournée, et j'ai décidé de rentrer par la file "Fosse" sauf que celle-ci s'étalait sur des km... Il était un peu tard il faut dire. Alors on est allé à notre entrée, en tribune, et c'est allé plus vite. Une fois dans Bercy, on s'est mis à nos places pour voir et malgré mes suppliques pour descendre dans la fosse, mon accompagnatrice n'a point voulu... :-(
Je me suis donc résolu à rester assis sur mon siège, quasiment en face de la scène, mais loin, dans un coin de la salle. Autant dire que les protagonistes nous sont apparus tels de petites marionnettes gigotant au milieu des lumières...
Première partie avec Albert Hammond Jr, guitariste des Strokes, pour un rock lourd plutôt enfiévré mais qui sonnait assez brouillon. Y a eu qques morceaux sympas malgré tout.
Puis Coldplay débarqua enfin. Vu d'où j'étais, c'était tout de même assez frustrant, d'autant plus qu'il y avait deux avant-scènes et donc qu'une bonne partie de la fosse pouvait les voir de près. La mise en scène justement était assez grandiose, les moyens ont considérablement augmenté, ça se voyait. Ce fut un très grand show son et lumières, on en a prit pleins les yeux et les oreilles.
Chris Martin était en forme et son français est toujours "de merde". ;-) Le groupe a finalement joué pas mal de titres du nouvel album dont "Viva la vida" qui fut LE tube du concert avec des "oh oh oh oh oh" repris à tue-tête par tout le public. Mais ils n'oublièrent pas les anciens hits, parfois passés à la moulinette ("Talk", "God put a smile upon your face" chantés sur une mini-scène) ou alors n'apportant plus vraiment d'atmosphère spéciale ("Fix You" n'est plus qu'une chanson parmi les autres...).
Mon moment préféré fut sans doute cette version toute épurée de "The Hardest part", interprétée par un Chris Martin en solo sur un piano. Puis le groupe s'invita dans le public, en pleine tribune. C'était pratiquement à l'endroit où nous étions mais dans la tribune d'en face ! Vraiment pas de bol à nouveau... Ils étaient là, devant une porte d'entrée, à chanter notamment "The Scientist" et laissant même leur batteur nous interpréter un petit air country. Très joli moment donc.
"Yellow" conclut ce concert très bien rôdé. Au final, je regrette quand même beaucoup de n'avoir pu plonger au milieu de la fosse car pour un show comme tel, c'est vraiment là qu'il faut se trouver, partager ses émotions avec le monde entier. En gradin, on n'est que spectateur d'un grand spectacle mais on ne participe pas vraiment et les écrans géants ne sont qu'une maigre compensation...
Coldplay reste donc un très grand groupe de scène que je suis à nouveau impatient de revoir un jour !
Coldplay, c'est désormais l'un des plus grands groupes de pop/rock actuels, une grosse machine de guerre qui a réussi, contrairement à d'autres groupes ou artistes du même genre, à sortir du lot et à rallier sous leur bannière un public très large et international.
Leurs deux premiers albums sont excellents, le troisième a suscité débat et le nouveau, "Viva la vida and death to all his friends", objet de cette nouvelle tournée, semble avoir déjà conquis pas mal de monde. La bande à Chris Martin est désormais parfaitement sur les rails et en qques années, les choses ont bien évolué sur scène, je l'ai constaté pour vous ;-)
Mon premier concert de Coldplay, en 2005, fut déjà pour moi un grand évènement. Le groupe, qui venait de sortir "XY", avait conquis mon coeur, j'y allais avec mon meilleur ami, fan lui aussi, et dans un cadre idyllique : une petite île varoise, en face de Six-Fours, en plein été. C'était pour les "Voix du Gaou", un festival qui commence à faire mouche, recevant chaque année de grosses pointures de la musique internationale. On accède à l'île par un unique petit pont (ou par la mer pour les plus courageux) et pour atteindre la scène, on traverse un petit bois de pins méditerranéens... Les artistes, eux, arrivent et repartent par bateau, c'est plus pratique ! En chemin vers la scène, Julien et moi avions été interrogés par France Bleu Provence, nous mettant déjà bien dans l'ambiance.
En première partie, c'était Richard Ashcroft, ex-leader de The Verve, que Chris Martin a qualifié plus tard de meilleur chanteur au monde. C'était pas mal, pas non plus trop ma tasse de thé ni celle du public qui s'endormait doucement sous les pins alors que le jour baissait peu à peu... Heureusement, le chanteur a réveillé tout le monde en terminant sa partie par le fameux "A Bitter sweet symphony".
Puis vint Coldplay pour un show très sobre au niveau du décor et des lumières, festival oblige. J'avais un peu honte parce que j'entendais tout le monde chanter les paroles et je passais un peu à côté... Mais je profitais des qques merveilleuses chansons de Coldplay, sous la nuit étoilée. On eut le droit à tous les grands tubes et à la bonne humeur de Chris Martin qui dialogua beaucoup avec le public, fustigeant son "français de merde" et appelant les demoiselles à s'emparer du coeur de son batteur, encore célibataire. Très beau souvenir donc.
Deuxième concert, qques mois plus tard sous le dôme de Marseille, la plus grosse salle de la cité phocéenne. En fosse, très bien placé, je m'y étais rendu à nouveau avec Julien mais également Emilie, une amie fan, et une copine à elle. Moi qui me sent souvent l'âme d'un grand photographe rock, j'avais pris pas moins de deux appareils ! A Six-Fours, ça avait été parce que j'avais piqué le petit appareil de mon père, facilement cachable. Là, je n'avais que mon gros Kodak, incachable. Ainsi, je l'avais roulé dans mon pull, dans mon sac. Etant à peu près certain de me faire capter, j'avais embarqué également l'appareil de ma soeur, caché de manière sommaire dans ma chaussette ! Mon sac fut fouillé minutieusement et mon Kodak trouvé, évidemment. Bing, au vestiaire. Par contre, la vigile n'a rien vérifié d'autre sur moi-même donc je suis passé tranquillement, en boîtant, avec l'appareil de ma soeur. ça c'était pour l'anecdote.
En première partie, nous avons eu le droit à Goldfrapp, groupe glam-rock bien efficace avec une sculpturale blonde au micro et des musiciens déguisés de manière très... hmmm... particulière, mi-anges, mi-robins des bois ! C'était assez lourd sonorement parlant mais c'était plutôt bien passé. Côté public, j'avais noté une forte proportion de jeunes filles et de jeunes hommes homosexuels ! Je ne savais donc plus trop où me mettre ;-)
Puis vint Coldplay... Pour le décor, on était dans le clip de "Speed of Sound" avec des écrans géants en fond de scène, faisant apparaître des animations (issues des clips de certaines chansons) ou bien les têtes des membres du groupe. Il y avait aussi cette petite lampe que Chris Martin balance dans le clip de "Fix You" et il a réédité l'exploit (à Six-Fours aussi il me semble). C'était en tout cas assez simple mais très bien foutu.
Musicalement, c'était top bien entendu, avec une play-list quasiment similaire à celle des Voix du Gaou. Chris Martin était là aussi bien en forme, répétant les mêmes jokes concernant son français mais bon, on l'excusera. Il s'est également permis une virée dans le public le temps d'une chanson. Encore un excellent souvenir c'est certain et de très belles photos à la clé...
Ce concert de Bercy, je l'attendais donc avec une très grosse impatience. D'habitude, je n'arrive pas à réaliser avant que le show n'ait lieu mais cette fois, je savais que j'allais jubiler donc je ne tenais plus en place.
Malheureusement, j'ai un poil trop tardé dans l'achat de mes places et les sites marchands ne me laissaient prendre que des tickets en tribune, donc plus chers, et pas les mieux placés. Je me suis donc résigné à acheter ces places, dégoûté que, le lendemain, un ami puisse, sur les mêmes sites, se prendre des places en fosse (ce que je voulais au départ) !
Je me suis pointé là-bas avec ma dulcinée, excité par tous les très bons commentaires issus des concerts précédents de cette même tournée, et j'ai décidé de rentrer par la file "Fosse" sauf que celle-ci s'étalait sur des km... Il était un peu tard il faut dire. Alors on est allé à notre entrée, en tribune, et c'est allé plus vite. Une fois dans Bercy, on s'est mis à nos places pour voir et malgré mes suppliques pour descendre dans la fosse, mon accompagnatrice n'a point voulu... :-(
Je me suis donc résolu à rester assis sur mon siège, quasiment en face de la scène, mais loin, dans un coin de la salle. Autant dire que les protagonistes nous sont apparus tels de petites marionnettes gigotant au milieu des lumières...
Première partie avec Albert Hammond Jr, guitariste des Strokes, pour un rock lourd plutôt enfiévré mais qui sonnait assez brouillon. Y a eu qques morceaux sympas malgré tout.
Puis Coldplay débarqua enfin. Vu d'où j'étais, c'était tout de même assez frustrant, d'autant plus qu'il y avait deux avant-scènes et donc qu'une bonne partie de la fosse pouvait les voir de près. La mise en scène justement était assez grandiose, les moyens ont considérablement augmenté, ça se voyait. Ce fut un très grand show son et lumières, on en a prit pleins les yeux et les oreilles.
Chris Martin était en forme et son français est toujours "de merde". ;-) Le groupe a finalement joué pas mal de titres du nouvel album dont "Viva la vida" qui fut LE tube du concert avec des "oh oh oh oh oh" repris à tue-tête par tout le public. Mais ils n'oublièrent pas les anciens hits, parfois passés à la moulinette ("Talk", "God put a smile upon your face" chantés sur une mini-scène) ou alors n'apportant plus vraiment d'atmosphère spéciale ("Fix You" n'est plus qu'une chanson parmi les autres...).
Mon moment préféré fut sans doute cette version toute épurée de "The Hardest part", interprétée par un Chris Martin en solo sur un piano. Puis le groupe s'invita dans le public, en pleine tribune. C'était pratiquement à l'endroit où nous étions mais dans la tribune d'en face ! Vraiment pas de bol à nouveau... Ils étaient là, devant une porte d'entrée, à chanter notamment "The Scientist" et laissant même leur batteur nous interpréter un petit air country. Très joli moment donc.
"Yellow" conclut ce concert très bien rôdé. Au final, je regrette quand même beaucoup de n'avoir pu plonger au milieu de la fosse car pour un show comme tel, c'est vraiment là qu'il faut se trouver, partager ses émotions avec le monde entier. En gradin, on n'est que spectateur d'un grand spectacle mais on ne participe pas vraiment et les écrans géants ne sont qu'une maigre compensation...
Coldplay reste donc un très grand groupe de scène que je suis à nouveau impatient de revoir un jour !
samedi 12 juillet 2008
Concert : Jack Johnson - Bercy
Jack Johson est un grand gaillard sacrément sympathique. Ancien surfeur ayant grandi à Hawaï, il s'est reconverti dans la musique avec beaucoup de talent et de succès.
Sa musique est très simple et positive et est marquée par une extrême homogénéité qui s'étale sur plusieurs albums très agréables, que l'on découvrira bientôt ici-même.
J'étais assez impatient de voir ce que lui et ses deux acolytes, Adam Topol à la batterie et Merlo Podwelski à la basse (+ Zach Gill aux claviers et autres instruments à vent) pouvaient donner sur scène. J'avais déjà entrevu qques images et ça donnait envie.
Toutefois, le lieu du concert me fit un peu peur. Bercy, c'est gros, c'est grand et la musique de Jack Johnson, malgré son gabarit, c'est calme, c'est doux et tendre. Cela me paraissait donc assez paradoxal et je craignais de voir des milliers de personnes un peu trop endormies...
Et ce ne fut pas le cas...
Faisons tout d'abord un point sur les deux première parties.
Le premier à s'avance sur scène fut Mason Jennings, chanteur né à Hawaï (comme Jack) et qui vient de signer sur le label de son bienfaiteur. Ce grand bonhomme barbu était tout seul avec sa guitare et a fait résonner sa voix éraillée pour nous chanter des chansons folk très très proches de l'univers de Bob Dylan. Derrière, un garçon a remarqué qu'il s'agissait du "Vincent Delerm de la country", ce n'est pas faux ! Une voix très particulière donc, un style pas original pour un sou mais ce fut loin d'être désagréable.
Puis ce fut au tour d'un autre collaborateur intime de Jack Johnson, G. Love & Special Sauce, de venir nous pousser la chansonnette. Là, c'était déjà beaucoup plus turbulent que Jennings. G. Love est un as de la guitare et de l'harmonica, accompagné d'un excellent groupe. Sa musique est très particulière mais originale, mêlant le folk festif au... hip-hop ! Le résultat est plutôt entraînant et a très bien fonctionné auprès du public.
Ensuite, Jack arriva enfin, avec ses musiciens. Première satisfaction, le son. Il était excellent, de bout en bout, on a évité la bouillie de Manu Chao, ouf ! Le décor était lui aussi très joli avec de très beaux éclairages et, en fond de scène, des écrans plus ou moins grands avec cadre de simili-bois projetant des formes colorés, des images d'évasion (surf, vagues, train,...) ou la tête de ce bon vieux jack !
Côté chansons, Johnson a eu la bonne idée de nous servir en majorité ses morceaux les plus rythmés, les plus vivants, les plus entraînants. Parce qu'on rappelera que sa discographie est tout de même très calme... Excellent choix donc et le public a pu vibrer et bouger à de nombreuses reprises. Un public chaud comme la braise mais qui n'a pas réussi à vraiment dérider notre ex-surfer. En effet, et ce fut une première légère déception, Jack Johnson n'a pas dit grand chose de plus en dehors de "Bonjour", "Merci", "Au revoir". Qu'il ne connaisse pas beaucoup de mots français, ça se comprend mais de la part d'un gaillard aussi sympathique, c'est vrai qu'on s'attendait à un peu plus de participation de sa part. Au contraire, on a donc trouvé qqu'un de plutôt réservé, se contentant d'enchaîner les chansons sans broncher (il n'y avait guère que son clavier, Zach Gill, pour oser se lever, danser et encourager le public à participer).
Eh oui, autre déception, ce concert fut trop... parfait ! Tout était parfaitement rôdé et huilé, mais tellement qu'aucune chanson n'a dépassé de sa longueur initiale. Malgré l'enthousiasme du public sur certains morceaux, on eut le droit à aucune rallonge, aucune improvisation... Un peu dommage même si ça n'enlève rien à la qualité du concert en lui-même. Il a juste manqué cette valeur ajoutée qui fait qu'on jouit encore plus du moment.
Jack Johnson a en tout cas bien passé en revue ses différents albums, sans oublier ses chansons phares. Nous avons eu le droit à deux rappels : le premier, très sympa, avec deux ou trois chansons interprétées en compagnie de ses acolytes de première partie (Mason Jennings et G. Love) et un dernier, en solo, sur fond de ciel noir étoilé, pour une chanson douce que le public termina par chanter tout seul... C'était un très beau moment... On s'attendait à ce que le reste du groupe revienne pour un final et puis non, c'était fini. Arf !
Ainsi, c'est un très bon concert que nous a offert Jack Johnson, qui m'a autant agréablement surpris par le son, la qualité et sa vivacité, qu'un poil déçu par son perfectionnisme rigide et son inutile timidité. Mais, de toute manière, après un moment comme cela, c'est toujours le positif qui reste et c'est le plus important.
Sa musique est très simple et positive et est marquée par une extrême homogénéité qui s'étale sur plusieurs albums très agréables, que l'on découvrira bientôt ici-même.
J'étais assez impatient de voir ce que lui et ses deux acolytes, Adam Topol à la batterie et Merlo Podwelski à la basse (+ Zach Gill aux claviers et autres instruments à vent) pouvaient donner sur scène. J'avais déjà entrevu qques images et ça donnait envie.
Toutefois, le lieu du concert me fit un peu peur. Bercy, c'est gros, c'est grand et la musique de Jack Johnson, malgré son gabarit, c'est calme, c'est doux et tendre. Cela me paraissait donc assez paradoxal et je craignais de voir des milliers de personnes un peu trop endormies...
Et ce ne fut pas le cas...
Faisons tout d'abord un point sur les deux première parties.
Le premier à s'avance sur scène fut Mason Jennings, chanteur né à Hawaï (comme Jack) et qui vient de signer sur le label de son bienfaiteur. Ce grand bonhomme barbu était tout seul avec sa guitare et a fait résonner sa voix éraillée pour nous chanter des chansons folk très très proches de l'univers de Bob Dylan. Derrière, un garçon a remarqué qu'il s'agissait du "Vincent Delerm de la country", ce n'est pas faux ! Une voix très particulière donc, un style pas original pour un sou mais ce fut loin d'être désagréable.
Puis ce fut au tour d'un autre collaborateur intime de Jack Johnson, G. Love & Special Sauce, de venir nous pousser la chansonnette. Là, c'était déjà beaucoup plus turbulent que Jennings. G. Love est un as de la guitare et de l'harmonica, accompagné d'un excellent groupe. Sa musique est très particulière mais originale, mêlant le folk festif au... hip-hop ! Le résultat est plutôt entraînant et a très bien fonctionné auprès du public.
Ensuite, Jack arriva enfin, avec ses musiciens. Première satisfaction, le son. Il était excellent, de bout en bout, on a évité la bouillie de Manu Chao, ouf ! Le décor était lui aussi très joli avec de très beaux éclairages et, en fond de scène, des écrans plus ou moins grands avec cadre de simili-bois projetant des formes colorés, des images d'évasion (surf, vagues, train,...) ou la tête de ce bon vieux jack !
Côté chansons, Johnson a eu la bonne idée de nous servir en majorité ses morceaux les plus rythmés, les plus vivants, les plus entraînants. Parce qu'on rappelera que sa discographie est tout de même très calme... Excellent choix donc et le public a pu vibrer et bouger à de nombreuses reprises. Un public chaud comme la braise mais qui n'a pas réussi à vraiment dérider notre ex-surfer. En effet, et ce fut une première légère déception, Jack Johnson n'a pas dit grand chose de plus en dehors de "Bonjour", "Merci", "Au revoir". Qu'il ne connaisse pas beaucoup de mots français, ça se comprend mais de la part d'un gaillard aussi sympathique, c'est vrai qu'on s'attendait à un peu plus de participation de sa part. Au contraire, on a donc trouvé qqu'un de plutôt réservé, se contentant d'enchaîner les chansons sans broncher (il n'y avait guère que son clavier, Zach Gill, pour oser se lever, danser et encourager le public à participer).
Eh oui, autre déception, ce concert fut trop... parfait ! Tout était parfaitement rôdé et huilé, mais tellement qu'aucune chanson n'a dépassé de sa longueur initiale. Malgré l'enthousiasme du public sur certains morceaux, on eut le droit à aucune rallonge, aucune improvisation... Un peu dommage même si ça n'enlève rien à la qualité du concert en lui-même. Il a juste manqué cette valeur ajoutée qui fait qu'on jouit encore plus du moment.
Jack Johnson a en tout cas bien passé en revue ses différents albums, sans oublier ses chansons phares. Nous avons eu le droit à deux rappels : le premier, très sympa, avec deux ou trois chansons interprétées en compagnie de ses acolytes de première partie (Mason Jennings et G. Love) et un dernier, en solo, sur fond de ciel noir étoilé, pour une chanson douce que le public termina par chanter tout seul... C'était un très beau moment... On s'attendait à ce que le reste du groupe revienne pour un final et puis non, c'était fini. Arf !
Ainsi, c'est un très bon concert que nous a offert Jack Johnson, qui m'a autant agréablement surpris par le son, la qualité et sa vivacité, qu'un poil déçu par son perfectionnisme rigide et son inutile timidité. Mais, de toute manière, après un moment comme cela, c'est toujours le positif qui reste et c'est le plus important.
jeudi 12 juin 2008
Concert : Manu Chao - Maison de la Radio / Bercy
Deux concerts en un pour cette chronique consacrée à l'artiste absolument unique en France qu'est Manu Chao.
Notre globe-trotter international a sorti un album, "La Radiolina", à l'automne et a gratifié France Inter d'un concert privé (diffusé sur les ondes) fin septembre auquel j'ai eu la chance d'assister tel un V.I.P. de la Maison Ronde.
Manu Chao, j'ai tous ses albums ou presque, c'est le type d'artiste qui m'a ouvert à d'autres genres de musiques, des choses plus "world" comme on dit. Il est autant adulé que critiqué et je fais donc partie de ses admirateurs. Il m'impressionne vraiment, tellement que je n'avais pas pris le risque d'aller le voir en concert lors de sa dernière tournée, au début des années 2000. Je le regrette.
Il était temps de me rattraper car le petit galopin se fait rare sur scène... Cette occasion spéciale fut un vrai régal. En effet, quoi de mieux qu'un grand studio radiophonique, 1000 places à tout casser, une acoustique forcément idéale et une scène en contrebas, à peine surélevée, avec des musiciens à qques mètres seulement, si proches.
Présenté par Bernard Chérèze, le responsable de la programmation musicale de France Inter, pas peu fier, Manu Chao a débarqué avec trois acolytes : son lead guitariste surexcité mais excellent, son bassiste digne d'une armoire à glace en short et un batteur pas moins actif.
Le public, une trentaine d'auditeurs et le reste d'amis ou de V.I.P. locaux, fut tout de suite en folie... Si je me souviens bien, on a eu le droit à au moins deux heures d'un concert assez extraordinaire. Malgré la proximité et la petitesse finalement du lieu, Manu Chao nous a donné un récital similaire à celui qu'il donnerait devant 100 000 personnes. Lui et ses musiciens étaient à fond, tout en énergie et tension électrique, avec même un mini jeu de scène très efficace.
La play-list était, comme toujours, assez variée, avec une belle place réservée à son nouvel opus, mais, à ma grande surprise, sans son tube d'alors "Rainin in Paradize". Tant pis, le tout fut absolument exquis.
Manu Chao a semblé trouver l'enthousiasme de l'audience à son goût et a donc été vraiment généreux. Quoi de plus naturel donc que de ramener sa fraise ensuite au cocktail donné en son honneur. Avec mon bracelet V.I.P., j'ai pu m'y faufiler et croiser donc notre petit lutin, vraiment tout petit, mais tellement sympathique. Il n'avait pas l'air très à son aise parmi tous ces pique-assiette mais il s'est plié au jeu, en compagnie de sa petite troupe.
Ce concert fut donc pour moi un magnifique avant-goût de ce que j'allais voir ce soir, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. La dernière et unique fois que j'étais venu dans cette salle, c'était pour pleurer toutes les larmes de mon coeur telle une jeune fille en fleur devant le show époustouflant de l'une de mes idoles, Paul McCartney. Mais je vous conterai cela une autre fois.
Ainsi, nous disions que les spectacles de Manu Chao se font plutôt rares, enfin surtout chez nous il faut croire, car il n'a cessé de sillonner l'Amérique dans les deux sens ces dernières années (dont est issu son unique album live à ce jour). "La Radiolina Tour" signe donc le retour de Manu Chao et de son Radio Bemba Sound System en France et Paris fut la troisième étape de son périple, après Toulouse et Marseille.
Le POPB, comme on dit, était plein comme un oeuf et j'appréciais déjà le fait de n'avoir payé que 29 Euros pour m'asseoir là où je voulais, câd soit en fosse, soit en tribune. Connaissant le public jeune et survolté du père Chao, je pris directement la direction des gradins et ce ne fut pas moins agréable.
Première partie, et ce fut une surprise, assurée par Keny Arkana, jeune rappeuse marseillaise. Bon, je dois dire que j'ai cru en fait que c'était un garçon pendant tout son show et puis son discours était bien gentil mais vraiment trop facile (des slogans du type "On va nettoyer l'Elysée au Kärcher", "n'ayons pas peur de la liberté"...). Y a eu des séquences intéressantes mêlant rap et reggae mais globalement, c'était assez répétitif et vraiment déjà vu et entendu. J'étais surpris donc parce que je ne m'attendais vraiment pas à du rap en première partie mais bon, pourquoi pas ? Le public, chaud comme la braise, a répondu plutôt très positivement donc tant mieux.
Ce public justement qui fut assez incroyable tout au long du concert, jamais vu ça. La fosse était en totale ébullition, ça sautait de partout et personne n'était assis en gradin, le sol tremblait comme jamais. Tout ça du début à la fin d'un show qui dura près de 3h30 !!!
Ce qu'il y a de fantastique chez Manu Chao, c'est pleins de choses mais notamment l'absence de temps mort. Dès le premier morceau, la musique commence et ne s'arrêtera plus... Il n'y a jamais de silence entre les chansons, ça transitionne tout seul, tout comme sur ses albums finalement. De plus, là où il fait très fort, c'est que son patchwork musical fonctionne ainsi très bien sur scène avec bien entendu une place beaucoup plus prépondérante pour les instruments (on savoure de temps en temps ses bidouillages sonores mais ils sont là, en fond, juste pour égayer). Sur scène, il fait l'effort de tout réinterpréter d'une manière souvent totalement différente de la version originale de l'album. C'est ainsi qu'on se surprend à reconnaître des mélodies ou des textes que l'on connaît bien mais qu'après un temps d'adaptation à cette nouvelle mouture qu'il nous propose. C'est globalement une revisite de beaucoup de ses morceaux à la sauce rock festif.
Un peu de calme nous fit beaucoup de bien pour de superbes séquences sur "Clandestino", "Desaparecido" ou encore la splendide "Minha galera" que je vénère. Sans oublier les magnifiques rumbas de son dernier album "Me llaman calle" et "La rumba de Barcelona" avec la virtuosité à la guitare de son lead guitariste, Magyd (j'ai retrouvé son nom).
Côté musiciens justement, les mêmes qu'à Radio France étaient bien présents, toujours avec la même vigueur et les mêmes fringues aussi, le plus simple possible. Magyd tient sa guitare comme une mitraillette et le bassiste sa basse comme une grosse bûche de bois prête à mettre au feu. Le batteur était torse nu dès le départ, et nous avions aussi un percussioniste (ancien de la Mano Negra), qui a eu le droit de chanter un titre de la Mano justement, "Sidi H'Bibi", puis il y avait un gars aux claviers et un très bon trompettiste italien. Ils ont tous assuré du tonnerre mais on regrettera un son qui fut la plupart du temps bien trop gras et saturé, sorte de bouillie sonore rendant difficilement compréhensible les textes hispaniques de Manu Chao.
La play-list fut comme d'habitude très éclectique, passant en revue les trois albums solos du lutin vert (il portait cette couleur, comme souvent, avec pantalon court et casquette sur la tête, derrière sa grosse guitare orange). La troupe est venue, partie, revenue puis repartie plusieurs fois, de manière très rôdée, sachant très bien qu'elle avait le public dans sa poche.
Le gros du show se finit par des chansons de la Mano Negra dont un superbe "Mala Vida" qui fit bondir toute la salle. Et, ô jolie et délicate surprise, Manu Chao termina le spectacle pour de bon avec qques extraits de son disque qui accompagnait le livre pour enfants réalisé avec le dessinateur Wozniak, "Sibérie m'était contée". Il y a dessus de très jolies choses, très différentes de ce que Manu Chao fait d'habitude. En gros, c'est de la chanson française, celle d'un titi parisien qui a galéré selon lui pendant 25 hivers dans la capitale. Les morceaux sont assez négatifs pour la plupart mais ça fait vraiment plaisir aussi d'entendre ce polyglotte chanter en français, sur des textes des plus franchouillards. C'était donc le cadeau de la fin, de ce concert qui n'en finissait pas, pour le plus grand bonheur de tous.
Une dernière remarque d'ailleurs à ce propos. La très grande majorité des spectateurs ce soir devait avoir la vingtaine. C'est fou quand on considère qu'il a quand même plus de 20 ans de carrière derrière lui (malgré un gros trou). Finalement, ses "vieux" fans n'ont pas eu l'air de trop le suivre quand il a débarqué tout seul. Mais qui d'autre peut se targuer d'attirer à chaque album une nouvelle génération de fans ? Madonna peut-être... ;-)
Notre globe-trotter international a sorti un album, "La Radiolina", à l'automne et a gratifié France Inter d'un concert privé (diffusé sur les ondes) fin septembre auquel j'ai eu la chance d'assister tel un V.I.P. de la Maison Ronde.
Manu Chao, j'ai tous ses albums ou presque, c'est le type d'artiste qui m'a ouvert à d'autres genres de musiques, des choses plus "world" comme on dit. Il est autant adulé que critiqué et je fais donc partie de ses admirateurs. Il m'impressionne vraiment, tellement que je n'avais pas pris le risque d'aller le voir en concert lors de sa dernière tournée, au début des années 2000. Je le regrette.
Il était temps de me rattraper car le petit galopin se fait rare sur scène... Cette occasion spéciale fut un vrai régal. En effet, quoi de mieux qu'un grand studio radiophonique, 1000 places à tout casser, une acoustique forcément idéale et une scène en contrebas, à peine surélevée, avec des musiciens à qques mètres seulement, si proches.
Présenté par Bernard Chérèze, le responsable de la programmation musicale de France Inter, pas peu fier, Manu Chao a débarqué avec trois acolytes : son lead guitariste surexcité mais excellent, son bassiste digne d'une armoire à glace en short et un batteur pas moins actif.
Le public, une trentaine d'auditeurs et le reste d'amis ou de V.I.P. locaux, fut tout de suite en folie... Si je me souviens bien, on a eu le droit à au moins deux heures d'un concert assez extraordinaire. Malgré la proximité et la petitesse finalement du lieu, Manu Chao nous a donné un récital similaire à celui qu'il donnerait devant 100 000 personnes. Lui et ses musiciens étaient à fond, tout en énergie et tension électrique, avec même un mini jeu de scène très efficace.
La play-list était, comme toujours, assez variée, avec une belle place réservée à son nouvel opus, mais, à ma grande surprise, sans son tube d'alors "Rainin in Paradize". Tant pis, le tout fut absolument exquis.
Manu Chao a semblé trouver l'enthousiasme de l'audience à son goût et a donc été vraiment généreux. Quoi de plus naturel donc que de ramener sa fraise ensuite au cocktail donné en son honneur. Avec mon bracelet V.I.P., j'ai pu m'y faufiler et croiser donc notre petit lutin, vraiment tout petit, mais tellement sympathique. Il n'avait pas l'air très à son aise parmi tous ces pique-assiette mais il s'est plié au jeu, en compagnie de sa petite troupe.
Ce concert fut donc pour moi un magnifique avant-goût de ce que j'allais voir ce soir, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. La dernière et unique fois que j'étais venu dans cette salle, c'était pour pleurer toutes les larmes de mon coeur telle une jeune fille en fleur devant le show époustouflant de l'une de mes idoles, Paul McCartney. Mais je vous conterai cela une autre fois.
Ainsi, nous disions que les spectacles de Manu Chao se font plutôt rares, enfin surtout chez nous il faut croire, car il n'a cessé de sillonner l'Amérique dans les deux sens ces dernières années (dont est issu son unique album live à ce jour). "La Radiolina Tour" signe donc le retour de Manu Chao et de son Radio Bemba Sound System en France et Paris fut la troisième étape de son périple, après Toulouse et Marseille.
Le POPB, comme on dit, était plein comme un oeuf et j'appréciais déjà le fait de n'avoir payé que 29 Euros pour m'asseoir là où je voulais, câd soit en fosse, soit en tribune. Connaissant le public jeune et survolté du père Chao, je pris directement la direction des gradins et ce ne fut pas moins agréable.
Première partie, et ce fut une surprise, assurée par Keny Arkana, jeune rappeuse marseillaise. Bon, je dois dire que j'ai cru en fait que c'était un garçon pendant tout son show et puis son discours était bien gentil mais vraiment trop facile (des slogans du type "On va nettoyer l'Elysée au Kärcher", "n'ayons pas peur de la liberté"...). Y a eu des séquences intéressantes mêlant rap et reggae mais globalement, c'était assez répétitif et vraiment déjà vu et entendu. J'étais surpris donc parce que je ne m'attendais vraiment pas à du rap en première partie mais bon, pourquoi pas ? Le public, chaud comme la braise, a répondu plutôt très positivement donc tant mieux.
Ce public justement qui fut assez incroyable tout au long du concert, jamais vu ça. La fosse était en totale ébullition, ça sautait de partout et personne n'était assis en gradin, le sol tremblait comme jamais. Tout ça du début à la fin d'un show qui dura près de 3h30 !!!
Ce qu'il y a de fantastique chez Manu Chao, c'est pleins de choses mais notamment l'absence de temps mort. Dès le premier morceau, la musique commence et ne s'arrêtera plus... Il n'y a jamais de silence entre les chansons, ça transitionne tout seul, tout comme sur ses albums finalement. De plus, là où il fait très fort, c'est que son patchwork musical fonctionne ainsi très bien sur scène avec bien entendu une place beaucoup plus prépondérante pour les instruments (on savoure de temps en temps ses bidouillages sonores mais ils sont là, en fond, juste pour égayer). Sur scène, il fait l'effort de tout réinterpréter d'une manière souvent totalement différente de la version originale de l'album. C'est ainsi qu'on se surprend à reconnaître des mélodies ou des textes que l'on connaît bien mais qu'après un temps d'adaptation à cette nouvelle mouture qu'il nous propose. C'est globalement une revisite de beaucoup de ses morceaux à la sauce rock festif.
Un peu de calme nous fit beaucoup de bien pour de superbes séquences sur "Clandestino", "Desaparecido" ou encore la splendide "Minha galera" que je vénère. Sans oublier les magnifiques rumbas de son dernier album "Me llaman calle" et "La rumba de Barcelona" avec la virtuosité à la guitare de son lead guitariste, Magyd (j'ai retrouvé son nom).
Côté musiciens justement, les mêmes qu'à Radio France étaient bien présents, toujours avec la même vigueur et les mêmes fringues aussi, le plus simple possible. Magyd tient sa guitare comme une mitraillette et le bassiste sa basse comme une grosse bûche de bois prête à mettre au feu. Le batteur était torse nu dès le départ, et nous avions aussi un percussioniste (ancien de la Mano Negra), qui a eu le droit de chanter un titre de la Mano justement, "Sidi H'Bibi", puis il y avait un gars aux claviers et un très bon trompettiste italien. Ils ont tous assuré du tonnerre mais on regrettera un son qui fut la plupart du temps bien trop gras et saturé, sorte de bouillie sonore rendant difficilement compréhensible les textes hispaniques de Manu Chao.
La play-list fut comme d'habitude très éclectique, passant en revue les trois albums solos du lutin vert (il portait cette couleur, comme souvent, avec pantalon court et casquette sur la tête, derrière sa grosse guitare orange). La troupe est venue, partie, revenue puis repartie plusieurs fois, de manière très rôdée, sachant très bien qu'elle avait le public dans sa poche.
Le gros du show se finit par des chansons de la Mano Negra dont un superbe "Mala Vida" qui fit bondir toute la salle. Et, ô jolie et délicate surprise, Manu Chao termina le spectacle pour de bon avec qques extraits de son disque qui accompagnait le livre pour enfants réalisé avec le dessinateur Wozniak, "Sibérie m'était contée". Il y a dessus de très jolies choses, très différentes de ce que Manu Chao fait d'habitude. En gros, c'est de la chanson française, celle d'un titi parisien qui a galéré selon lui pendant 25 hivers dans la capitale. Les morceaux sont assez négatifs pour la plupart mais ça fait vraiment plaisir aussi d'entendre ce polyglotte chanter en français, sur des textes des plus franchouillards. C'était donc le cadeau de la fin, de ce concert qui n'en finissait pas, pour le plus grand bonheur de tous.
Une dernière remarque d'ailleurs à ce propos. La très grande majorité des spectateurs ce soir devait avoir la vingtaine. C'est fou quand on considère qu'il a quand même plus de 20 ans de carrière derrière lui (malgré un gros trou). Finalement, ses "vieux" fans n'ont pas eu l'air de trop le suivre quand il a débarqué tout seul. Mais qui d'autre peut se targuer d'attirer à chaque album une nouvelle génération de fans ? Madonna peut-être... ;-)
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