Tous les ans, la petite cité balnéaire de Rio das Ostras, sur la côte de l'Etat de Rio de Janeiro, près de Cabo Frio, accueille le "Jazz Blues Festival" qui réunit, deux week-ends de suite, artistes brésiliens et étrangers de bonne facture. C'est en compagnie d'amis que je m'y suis rendu pour le second et dernier samedi de concerts.
Première chose, c'est un festival gratuit, ce qui est une belle initiative pour faire découvrir un genre musical pas forcément très écouté au Brésil. Alors oui, la majorité des spectateurs était plutôt âgée, mais il y avait aussi une bonne partie de jeunes, en mode grunge et fumeurs de joints. Peu importe, bonne ambiance.
On a raté le premier orchestre brésilien, mais on est arrivé pour le HBC Super Trio. H comme Scott Henderson, très grand guitariste de jazz, B comme Jeff Berlin, très grand bassiste de jazz et C comme Billy Cobham, très grand batteur de jazz. Du lourd donc, mais finalement, cela ne m'a pas tant branché que cela. Il s'agissait surtout de très longs solos de guitare électrique de Scott Henderson, avec des sonorités différentes selon les morceaux, et cela m'a pas mal ennuyé. Excellente reprise de "Come Together" des Beatles en revanche, uniquement musicale évidemment, les spectateurs assurant le chant !
La foule a commencé à bouger pour l'artiste suivant, à savoir le très connu Al Jarreau. Je ne connais finalement pas grand chose du répertoire de ce chanteur qui a exploré divers genres musicaux. S'il est plutôt sur le déclin maintenant, l'âge aidant, il sait encore bien donner de la voix et a un groove indéniable. Entouré d'un excellent groupe, il a parfaitement tenu la baraque durant plus d'une heure, offrant même une joyeuse reprise du fameux "Mas que nada" de Jorge Ben.
Mais le clou de la soirée a pour moi été le dernier groupe à entrer en scène : Rockin Dopsie & The Zydeco Twisters. Le zydeco, ce genre musical louisianais qu'affectionne particulièrement mon père est quasiment centenaire, mais continue d'être entretenu et modernisé par des artistes comme Rockin Dopsie. Lui et son groupe déjanté ont mis le feu à Rio das Ostras alors qu'il était déjà 1h passée ! Beaucoup de reprises quand même de leur part (James Brown, Michael Jackson, etc.), mais avec une superbe énergie et un Rockin Dopsie au meilleur de sa forme avec sa planche à laver sur le torse, gesticulant partout sur scène et même au coeur du public. Leurs morceaux zydeco étaient tout aussi entraînants et dansants.
Très belle soirée donc, finie très tard, avec de bien beaux artistes, ce qui donne envie de revenir l'an prochain et plus longtemps !
samedi 23 août 2014
mercredi 5 juin 2013
Concert : Sixto Rodriguez - Zénith
C'était mon dernier concert avant mon grand départ de Paris et quel concert. L'attente était grande, malgré des doutes, et le résultat n'a évidemment pas été à la hauteur des espérances. Mais quand même, j'étais très heureux d'avoir pu décrocher un billet pour voir "en vrai" ce sacré bougre de Sixto Rodriguez.
C'est grâce à "Sugarman", sa chanson phare, que je l'ai découvert, quelques mois avant de voir le documentaire du même nom qui lui a donné une renommée tardive, mais mondiale et ô combien méritée. Sixto Rodriguez, c'est l'homme de deux magnifiques albums datant du début des années 1970, avant de tomber dans un certain oubli, sauf en Afrique du Sud et en Australie où il a eu de rares moments de gloire. Le reste du temps, ignoré dans son propre pays, il a vécu sa vie de manière modeste, sur des chantiers.
La musique folk, subtile et profonde, du chanteur d'origine latino et amérindienne a survécu elle grâce à une poignée de fans. Cela lui a permis de renaître à l'orée des années 2000, jusqu'au documentaire qui a tout bouleversé. Depuis, Sixto Rodriguez tourne, tourne, tourne... malgré la vieillesse, une vue chancelante et un goût pour l'alcool assumé... J'étais donc prévenu, mais j'avais envie, comme tout le monde, de voir le chanteur sur scène, interpréter en live son excellent répertoire.
J'ai eu la chance de prendre des tickets un peu au dernier moment pour le premier de ses deux concerts supplémentaires au Zénith, celui de la Cigale étant complet. J'espérais ainsi profiter de la fraîcheur du premier concert, malgré les manques d'ajustements possibles. La salle, que j'affectionne plutôt, était pleine comme un ballon et mon amie Audrey, qui m'accompagnait, était bien heureuse de voir le groupe français (mais qui chante en anglais) Jill is lucky en première partie.
Malgré la voix nasillarde et maniérée du chanteur-guitariste, ce fut plutôt très bien. D'habitude plus nombreux, ils ne sont venus qu'à trois, avec deux guitaristes et un violoncelliste (la bonne idée du trio). Je ne connais pas vraiment leur musique, mais Audrey m'a assuré qu'ils avaient fait un set spécialement en acoustique, très folk, pour coller à l'ambiance du concert, car ils sont proches de l'électro autrement.
Après cette agréable mise en bouche, nous n'attendions plus que le grand Sixto. Il a débarqué sur scène après 30 minutes d'attente, soutenu vaillamment par sa compagne qu'il a embrassé avant de commencer son show et sans avoir oublié de revêtir son chapeau et ses lunettes de soleil qui font partie de sa panoplie de cowboy mystérieux de la chanson.
Autour de lui et de sa guitare, un groupe très correct doté d'un jeune guitariste lead, un gros bassiste placide, un vieux batteur et un clavier. Le concert n'a pas trop mal commencé, même si on pouvait déjà bien entendre sa voix vieillie. Mais dès la troisième chanson, les choses ont fini par se gâter, Rodriguez déraillant régulièrement, chantant faux la plupart du temps et surtout n'arrivant jamais à terminer correctement ses morceaux. A chaque fois, une fin brutale, presque improvisée.
Puis le jeu de guitare du chanteur mystique était au-delà du n'importe quoi... Il semblait trifouiller ses cordes un peu comme s'il ne savait pas en jouer, sans médiator, et le micro de son instrument semblait constamment débranché entre chaque chanson, car il touchait parfois les cordes sans que l'on puisse entendre aucun son. Bizarre.
Il n'y avait donc pas grand chose à sauver de ce rapide tour de chant (une heure et quart), si ce n'est quelques morceaux où le vieillard n'avait pas besoin d'aller trop dans les aiguës, son principal défaut. Ses quelques prises de parole n'ont pas été très convaincantes non plus, quelques grands slogans sur la vie et l'amour et une blague impliquant Mickey que personne n'a comprise (mais tout le monde a rigolé, car le public a été vraiment très indulgent, heureusement).
Sixto Rodriguez a aussi laissé apparaître au grand public son penchant pour l'alcool, demandant plusieurs fois à boire, mais du vin, pas de l'eau. Ceci doit expliquer en partie son incapacité à donner un récital correct de nos jours. Son guitariste, qui faisait presque office de boy, semblait constamment paniqué de l'attitude de son "maître". C'était souvent le malaise et le public a bien fait de se montrer encourageant malgré ces moments assez hallucinants de nos jours.
Au final, on aura entendu la plupart des chansons qui composent ses deux albums, ainsi que quelques reprises de Elvis ("Blue Suede Shoes"), Dylan (un "Like a rolling stone" pas trop mal) et "La Vie en rose", version anglaise.
C'était sans doute l'un des plus mauvais concerts que j'ai pu voir vocalement parlant, mais je ne cracherai pas dessus comme tant d'autres. J'imaginais bien que je n'allais pas retrouver le Sixto Rodriguez des années 1970, même si je ne pensais pas que les années et un certain amateurisme feraient autant de ravages. Ce monsieur a quand même du courage de se présenter telle une bête de foire sur toutes ces scènes avec ses faibles capacités actuelles. On n'a pas l'impression qu'il s'en rend compte. Nous si, mais tant pis, c'est quand même un sacré bonhomme et ses albums méritent d'être écoutés et salués encore et encore.
C'est grâce à "Sugarman", sa chanson phare, que je l'ai découvert, quelques mois avant de voir le documentaire du même nom qui lui a donné une renommée tardive, mais mondiale et ô combien méritée. Sixto Rodriguez, c'est l'homme de deux magnifiques albums datant du début des années 1970, avant de tomber dans un certain oubli, sauf en Afrique du Sud et en Australie où il a eu de rares moments de gloire. Le reste du temps, ignoré dans son propre pays, il a vécu sa vie de manière modeste, sur des chantiers.
La musique folk, subtile et profonde, du chanteur d'origine latino et amérindienne a survécu elle grâce à une poignée de fans. Cela lui a permis de renaître à l'orée des années 2000, jusqu'au documentaire qui a tout bouleversé. Depuis, Sixto Rodriguez tourne, tourne, tourne... malgré la vieillesse, une vue chancelante et un goût pour l'alcool assumé... J'étais donc prévenu, mais j'avais envie, comme tout le monde, de voir le chanteur sur scène, interpréter en live son excellent répertoire.
J'ai eu la chance de prendre des tickets un peu au dernier moment pour le premier de ses deux concerts supplémentaires au Zénith, celui de la Cigale étant complet. J'espérais ainsi profiter de la fraîcheur du premier concert, malgré les manques d'ajustements possibles. La salle, que j'affectionne plutôt, était pleine comme un ballon et mon amie Audrey, qui m'accompagnait, était bien heureuse de voir le groupe français (mais qui chante en anglais) Jill is lucky en première partie.
Malgré la voix nasillarde et maniérée du chanteur-guitariste, ce fut plutôt très bien. D'habitude plus nombreux, ils ne sont venus qu'à trois, avec deux guitaristes et un violoncelliste (la bonne idée du trio). Je ne connais pas vraiment leur musique, mais Audrey m'a assuré qu'ils avaient fait un set spécialement en acoustique, très folk, pour coller à l'ambiance du concert, car ils sont proches de l'électro autrement.
Après cette agréable mise en bouche, nous n'attendions plus que le grand Sixto. Il a débarqué sur scène après 30 minutes d'attente, soutenu vaillamment par sa compagne qu'il a embrassé avant de commencer son show et sans avoir oublié de revêtir son chapeau et ses lunettes de soleil qui font partie de sa panoplie de cowboy mystérieux de la chanson.
Autour de lui et de sa guitare, un groupe très correct doté d'un jeune guitariste lead, un gros bassiste placide, un vieux batteur et un clavier. Le concert n'a pas trop mal commencé, même si on pouvait déjà bien entendre sa voix vieillie. Mais dès la troisième chanson, les choses ont fini par se gâter, Rodriguez déraillant régulièrement, chantant faux la plupart du temps et surtout n'arrivant jamais à terminer correctement ses morceaux. A chaque fois, une fin brutale, presque improvisée.
Puis le jeu de guitare du chanteur mystique était au-delà du n'importe quoi... Il semblait trifouiller ses cordes un peu comme s'il ne savait pas en jouer, sans médiator, et le micro de son instrument semblait constamment débranché entre chaque chanson, car il touchait parfois les cordes sans que l'on puisse entendre aucun son. Bizarre.
Il n'y avait donc pas grand chose à sauver de ce rapide tour de chant (une heure et quart), si ce n'est quelques morceaux où le vieillard n'avait pas besoin d'aller trop dans les aiguës, son principal défaut. Ses quelques prises de parole n'ont pas été très convaincantes non plus, quelques grands slogans sur la vie et l'amour et une blague impliquant Mickey que personne n'a comprise (mais tout le monde a rigolé, car le public a été vraiment très indulgent, heureusement).
Sixto Rodriguez a aussi laissé apparaître au grand public son penchant pour l'alcool, demandant plusieurs fois à boire, mais du vin, pas de l'eau. Ceci doit expliquer en partie son incapacité à donner un récital correct de nos jours. Son guitariste, qui faisait presque office de boy, semblait constamment paniqué de l'attitude de son "maître". C'était souvent le malaise et le public a bien fait de se montrer encourageant malgré ces moments assez hallucinants de nos jours.
Au final, on aura entendu la plupart des chansons qui composent ses deux albums, ainsi que quelques reprises de Elvis ("Blue Suede Shoes"), Dylan (un "Like a rolling stone" pas trop mal) et "La Vie en rose", version anglaise.
C'était sans doute l'un des plus mauvais concerts que j'ai pu voir vocalement parlant, mais je ne cracherai pas dessus comme tant d'autres. J'imaginais bien que je n'allais pas retrouver le Sixto Rodriguez des années 1970, même si je ne pensais pas que les années et un certain amateurisme feraient autant de ravages. Ce monsieur a quand même du courage de se présenter telle une bête de foire sur toutes ces scènes avec ses faibles capacités actuelles. On n'a pas l'impression qu'il s'en rend compte. Nous si, mais tant pis, c'est quand même un sacré bonhomme et ses albums méritent d'être écoutés et salués encore et encore.
mercredi 8 mai 2013
The Beatles - A Hard day's night (1964)
A peine deux mois après la sortie de "With the Beatles", les Fab Four repartent au charbon pour enregistrer un nouvel album, entre deux tournées mondiales (notamment la première aux Etats-Unis et en France), comme toujours. Mais cette fois, les choses seront différentes. Il s'agira de la bande originale de leur premier film, tourné par l'Américain Richard Lester à partir de mars 1964 pour une sortie en juillet de la même année. Les Beatles jouent leur propre rôle dans ce long-métrage mettant en scène 48h dans la peau des "quatre garçons dans le vent" en pleine Beatlemania.
"A Hard day's night" est un peu particulier dans la discographie des Beatles puisqu'il constitue le premier album à n'être constitué d'aucune reprise contrairement aux deux précédents et au suivant. Autre différence, tous les morceaux sont signés de John Lennon et Paul McCartney, George Harrison chantant sur un seul d'entre eux, mais pas Ringo Starr. Les sept première chansons seront utilisées pour le film, tandis que les six autres viendront compléter l'album.
Le troisième opus des Beatles pose une première pierre de maturité alors que leur rythme de vie est toujours aussi effréné et que les enregistrements sont courts et pas tous à Abbey Road ("Can't buy me love" sera enregistrée à Paris par exemple). Musicalement, cela reste encore très "basique", très R'n'B, mais la variété est toujours là et les morceaux sont courts et efficaces. Le tout enregistré en seulement 17 jours répartis sur à peine quelques mois...
Côté "objet", le disque possède une pochette magnifique représentant un kaléidoscope des têtes des membres du groupe. Chaque Beatle a une ligne horizontale pour lui avec cinq portraits en noir et blanc sur lesquels ils font des grimaces et autres sourires charmeurs. La pochette (version remastérisée) comporte moult photos d'époque du groupe (en tournée et en enregistrement) ainsi que les notes originales de Tony Barrow et d'autres, "historiques", plus récentes.
La suite pour très bientôt...
"A Hard day's night" est un peu particulier dans la discographie des Beatles puisqu'il constitue le premier album à n'être constitué d'aucune reprise contrairement aux deux précédents et au suivant. Autre différence, tous les morceaux sont signés de John Lennon et Paul McCartney, George Harrison chantant sur un seul d'entre eux, mais pas Ringo Starr. Les sept première chansons seront utilisées pour le film, tandis que les six autres viendront compléter l'album.
Le troisième opus des Beatles pose une première pierre de maturité alors que leur rythme de vie est toujours aussi effréné et que les enregistrements sont courts et pas tous à Abbey Road ("Can't buy me love" sera enregistrée à Paris par exemple). Musicalement, cela reste encore très "basique", très R'n'B, mais la variété est toujours là et les morceaux sont courts et efficaces. Le tout enregistré en seulement 17 jours répartis sur à peine quelques mois...
Côté "objet", le disque possède une pochette magnifique représentant un kaléidoscope des têtes des membres du groupe. Chaque Beatle a une ligne horizontale pour lui avec cinq portraits en noir et blanc sur lesquels ils font des grimaces et autres sourires charmeurs. La pochette (version remastérisée) comporte moult photos d'époque du groupe (en tournée et en enregistrement) ainsi que les notes originales de Tony Barrow et d'autres, "historiques", plus récentes.
La suite pour très bientôt...
samedi 23 mars 2013
Concert : Tété - Trianon
Je pensais qu'il s'agissait de mon troisième concert de Tété, eh bien non, c'était le quatrième, car j'avais oublié le dernier (en plus !), au Zénith, il y a plus de deux ans ! Le délicieux chanteur nous revient cette année avec un nouvel album, "Nu là-bas" et la tournée immédiate qui va avec, dont une première date à Paris cette semaine, au Trianon.
Je ne vais pas de nouveau vous dire tout le bien que je pense de cet artiste unique sur la scène française, mais en tout cas, j'étais bien content de le revoir. Son dernier album est plutôt cool et bien troussé, donc cela promettait encore un excellent show dans cette belle salle qu'est le Trianon (que j'avais découvert avec Ayo.).
Pour l'anecdote, le concert était mardi, mais je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadé dès l'achat des billets, que c'était lundi. Je me suis donc pointé lundi soir avec mon amie Audrey pour trouver le lieu vide, éteint et fermé... Heureusement, pas de mauvaise blague le lendemain !
Pas de Jeff Lang en première partie cette fois, mais un compatriote sénégalais de Tété, Faada Freddy. Ce dernier a un univers folk-soul intéressant, chanté en anglais. Excellent vocaliste, son dernier album est entièrement a cappella, mais il s'était doté d'une guitare cette fois-ci. Encore une belle première partie pour Tété donc, avec de surcroît une bonne reprise du "I need a dollar" d'Aloe Blacc.
C'est dans un décor collant avec l'esthétique 1960's de son dernier album que Tété est apparu sur scène, un peu à la manière d'OSS 117, costume classe compris, tandis que son excellent groupe (guitare-basse-batterie) annonçait déjà son arrivée en fanfare. Le chanteur était visiblement en très grande forme malgré une, sans doute, harassante tournée de promo dans les médias.
Comme toujours, on sent, malgré une sorte de timidité mal cachée, qu'il est heureux d'être là à jouer, avec ses fameuses mimiques grimaçantes, devant un public qui lui est forcément acquis. Ses chansons, toutes plus rythmées les unes que les autres, ont défilé sans temps mort ou presque avec un évident privilège pour celles de son dernier album.
Puis, il y a ces surprises qui font le sel d'un concert. Une première chanson interprétée avec guitare au coeur de la fosse, au milieu du public. Et une seconde, plus tard, avec cette fois une vraie balade dans toute la fosse dont devant et à côté de moi. Il l'avait déjà fait au Zénith, mais j'avais oublié. Et c'est aussi une des habitudes de Ayo., et c'est toujours à la fois réjouissant et impressionnant d'avoir l'artiste presque pour soi, chantant à ses côtés.
Et puis, pour finir, Tété a voulu tenter de jouer seul sur scène, sans amplification vocale ou instrumentale, juste lui et sa guitare sans aucun micro. Le public s'est tu et ce fut un très joli moment, inédit cette fois dans la pléiade de concerts que j'ai pu voir ! Autant vous dire qu'un show de Tété n'est jamais décevant grâce à sa musique bien entendu, mais aussi sa bonne humeur et son énergie communicatives.
On regrettera juste une petite chose à ce concert, les séquences de cordes sur les chansons du dernier album rajoutées dans la sono car aucune section dédiée n'était présente sur scène. Ce genre de choses n'est pas nécessaire selon moi dans un concert. Si les vrais musiciens ne sont pas là, autant composer sans et proposer une version différente, live, justement. C'est aussi pour cela que l'on va aux concerts. Et pas question de les jouer au synthé comme "Wix" avec Paul McCartney, c'est encore pire !
On n'en tiendra ainsi pas trop rigueur, parce que tout le reste, c'était de la balle. Tété est un chouette artiste qu'il faut définitivement aller voir et écouter en concert et qu'on remercie toujours de ne pas sombrer dans la surmédiatisation en privilégiant une élégante discrétion (aussi parce qu'il tourne beaucoup ailleurs, très loin).
Je ne vais pas de nouveau vous dire tout le bien que je pense de cet artiste unique sur la scène française, mais en tout cas, j'étais bien content de le revoir. Son dernier album est plutôt cool et bien troussé, donc cela promettait encore un excellent show dans cette belle salle qu'est le Trianon (que j'avais découvert avec Ayo.).
Pour l'anecdote, le concert était mardi, mais je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadé dès l'achat des billets, que c'était lundi. Je me suis donc pointé lundi soir avec mon amie Audrey pour trouver le lieu vide, éteint et fermé... Heureusement, pas de mauvaise blague le lendemain !
Pas de Jeff Lang en première partie cette fois, mais un compatriote sénégalais de Tété, Faada Freddy. Ce dernier a un univers folk-soul intéressant, chanté en anglais. Excellent vocaliste, son dernier album est entièrement a cappella, mais il s'était doté d'une guitare cette fois-ci. Encore une belle première partie pour Tété donc, avec de surcroît une bonne reprise du "I need a dollar" d'Aloe Blacc.
C'est dans un décor collant avec l'esthétique 1960's de son dernier album que Tété est apparu sur scène, un peu à la manière d'OSS 117, costume classe compris, tandis que son excellent groupe (guitare-basse-batterie) annonçait déjà son arrivée en fanfare. Le chanteur était visiblement en très grande forme malgré une, sans doute, harassante tournée de promo dans les médias.
Comme toujours, on sent, malgré une sorte de timidité mal cachée, qu'il est heureux d'être là à jouer, avec ses fameuses mimiques grimaçantes, devant un public qui lui est forcément acquis. Ses chansons, toutes plus rythmées les unes que les autres, ont défilé sans temps mort ou presque avec un évident privilège pour celles de son dernier album.
Puis, il y a ces surprises qui font le sel d'un concert. Une première chanson interprétée avec guitare au coeur de la fosse, au milieu du public. Et une seconde, plus tard, avec cette fois une vraie balade dans toute la fosse dont devant et à côté de moi. Il l'avait déjà fait au Zénith, mais j'avais oublié. Et c'est aussi une des habitudes de Ayo., et c'est toujours à la fois réjouissant et impressionnant d'avoir l'artiste presque pour soi, chantant à ses côtés.
Et puis, pour finir, Tété a voulu tenter de jouer seul sur scène, sans amplification vocale ou instrumentale, juste lui et sa guitare sans aucun micro. Le public s'est tu et ce fut un très joli moment, inédit cette fois dans la pléiade de concerts que j'ai pu voir ! Autant vous dire qu'un show de Tété n'est jamais décevant grâce à sa musique bien entendu, mais aussi sa bonne humeur et son énergie communicatives.
On regrettera juste une petite chose à ce concert, les séquences de cordes sur les chansons du dernier album rajoutées dans la sono car aucune section dédiée n'était présente sur scène. Ce genre de choses n'est pas nécessaire selon moi dans un concert. Si les vrais musiciens ne sont pas là, autant composer sans et proposer une version différente, live, justement. C'est aussi pour cela que l'on va aux concerts. Et pas question de les jouer au synthé comme "Wix" avec Paul McCartney, c'est encore pire !
On n'en tiendra ainsi pas trop rigueur, parce que tout le reste, c'était de la balle. Tété est un chouette artiste qu'il faut définitivement aller voir et écouter en concert et qu'on remercie toujours de ne pas sombrer dans la surmédiatisation en privilégiant une élégante discrétion (aussi parce qu'il tourne beaucoup ailleurs, très loin).
lundi 18 février 2013
Concert : Katie Melua - Palais des Congrès
Depuis ses débuts, je suis Katie Melua de loin. Enfin, j'ai surtout apprécié le commencement de sa carrière, happé par ses douces chansons pop et sa voix sensuelle. Puis je l'ai laissée filer au fur et à mesure, tout en me disant que je finirais bien par acheter l'un de ses albums ou aller à l'un de ses concerts. J'ai fait ni l'un ni l'autre jusqu'à ce que je récupère des places gracieusement offertes par mon travail pour son dernier concert au Palais des Congrès, à Paris, dans le cadre de son Secret Symphony Tour ("Secret Symphony" est le nom de son dernier album en date). La capitale est d'ailleurs la première date de sa tournée 2013, mais la deuxième ne sera, bizarrement, qu'en juillet.
C'est la première fois que j'assistais à un spectacle dans cette grande et confortable salle du Palais des Congrès, très chic, à l'image du public présent ce soir-là, avec aussi une moyenne d'âge plutôt élevée alors que la chanteuse est plus jeune que moi ! D'ailleurs, j'étais très étonné du prix des places - 60 euros minimum - pour une artiste pas non plus très connue et confirmée, mais cela doit avoir un lien avec la salle j'imagine.
Bref, passons rapidement à la première partie, assurée par un trio de jeunes parisiennes (plus un percussionniste) : Théodore, Paul & Gabriel. Un nom de scène composé de prénoms masculins pour trois jeunes femmes proposant de la folk-pop de salon, joliment interprétée (en anglais), mais vraiment pas originale pour un sou. Cela faisait un peu les trois lycéennes (ou étudiantes) qui jouent pour la fête de fin d'année de leur établissement BCBG. Techniquement pas très sûres, elles manquent sincèrement de profondeur et surtout d'une marque de fabrique, malgré la basse Höfner ("violon") à la Paul McCartney.
La première partie est passée assez rapidement et l'attente fut un peu longue pour la belle Katie perchée sur hauts talons et vêtue d'une jolie robe bleue. Toute seule puis accompagnée d'un trio de cordes, j'ai pris un peu peur. Les orchestres de cordes - trois "mannequins" blondes, la quatrième était malade - accompagnant des artistes pop, ça sent tout de suite la guimauve et ça gâche plus les chansons qu'autre chose.
Heureusement, un vrai groupe (guitariste, pianiste, bassiste et batteur, en plus de sa guitare à elle) a fait son apparition peu après en plus des cordes qui n'étaient alors plus toutes seules pour accompagner la chanteuse qui a vogué au gré de son répertoire, que je ne connais pas bien je l'avoue. Mais il semble qu'elle ait joué un peu de tout ses albums, en n'omettant pas ses chansons les plus connues dont ma préférée "If you were a sailboat". Entre chaque morceau, Katie Melua nous a gratifié d'un peu de gentil bavardage, racontant avec sincérité et un peu d'humour britannique (même si elle est née en Géorgie) le contexte de chacune de celles-ci.
Ce fut ainsi un concert des plus agréables avec une artiste sympathique et jolie à la voix indéniablement magnifique et d'ailleurs plus mise en valeur sur ses chansons les plus rythmées, comme "Two bare feet". Son répertoire est assez homogène, proche d'une artiste comme Norah Jones par exemple, mais qui sait trouver ses spécificités. Belle soirée donc, merci Katie.
samedi 20 octobre 2012
Concert : Keane - Olympia
La dernière fois que j'ai été voir un concert "juste" pour la première partie, c'était en 2007 au Café de la Danse. Grâce à notre boulot pour Philippe Meyer, Antoine avait demandé des places pour écouter la douce Constance Amiot, alors en première partie de Da Silva. Ce qui était chouette, c'est qu'on avait pu certes apprécier la première partie, mais aussi la seconde !
Cette fois-ci, l'objet du désir était Agop (in Color), dont le leader, Fred Azilazian, n'est autre que le grand frère d'une amie du lycée, Audrey. Si j'ai bien suivi, ce petit groupe marseillais qui n'a pas encore d'album à son actif a tout de même réussi à décrocher la première partie de Keane à l'Olympia car ces derniers n'en avaient pas et que le son d'Agop leur a plu. C'est vraiment une belle histoire donc.
Audrey m'avait ainsi convié à venir, mais c'était complet et le fameux sésame est finalement venu de mon travail. Ouf ! Me voilà donc à me rendre à l'Olympia, une salle que j'adore, et puis aussi pour voir Keane, que je connais pas tant que ça, mais que j'apprécie bien.
La prestation d'Agop (in Color) fut bien encourageante, encore plus quand on connaît le détail de leur arrivée sur place, vers 17h, sans instruments ! Incompréhension entre le groupe et la salle qui a fait venir des instruments en urgence, mais plus que dix minutes pour répéter ! Au final, cette quasi improvisation ne s'est jamais fait ressentir durant leur performance, si ce n'est au niveau du son. Un larsen récurrent et des seconds micros bien trop bas ont un peu nuit à leur mise en valeur.
Autrement, musicalement, ce fut vraiment une belle découverte pour moi et Keane ne s'y est vraiment pas trompé. C'est dans une veine pop-rock, chantée en anglais, très classique, que j'aime particulièrement avec une voix nasillarde, mais pas désagréable pour le chanteur. Le reste du groupe se tient bien et l'apport pour qques morceaux d'une voix féminine (la femme du leader) donne encore un peu plus de charme.
Bref, une bien jolie prestation, sans fausse note et avec beaucoup d'assurance qui a bien plu au public de l'Olympia, et c'est toujours ça de pris. Puis vint le tour de Keane. La dernière fois que je les avais vus, c'était à Rock en Seine en 2009 (oui, le jour où Oasis s'était séparé...), mais seulement 45 minutes et avec alors une audience bien molle du genou. Rien à voir cette fois-ci, je crois avoir rarement vu un tel engouement, bien gonflé par la forte présence britannique.
La mise en scène était très sobre et belle à la fois, avec un beau jeu de lumière. Et le désormais quatuor s'est lancé avec beaucoup d'enthousiasme dans un concert rondement mené, très pro et vraiment très bon de bout en bout. Le son était impeccable, un vrai bonheur offert par l'Olympia.
Je ne pourrais aller plus en détails dans la set-list car je ne connaissais vraiment que deux ou trois chansons, les premières qui les ont fait connaître sur la scène mondiale, dont l'excellent "Somewhere only we know" repris par toute la salle en choeur. Un public qui fut donc particulièrement bouillant car connaisseur, chantant avec facilité la plupart des morceaux. Ce bel entrain a touché Tom Chaplin, le chanteur, qui, je crois, reconnaissait avec sincérité qu'il avait face à lui l'un des meilleurs publics de leur tournée actuelle. Sauf qu'il est allé jusqu'à dire que les Français étaient meilleurs que les Anglais, ce qui n'a pas plu à la partie britannique, bien large, du public !
A part ça, musicalement, malgré les albums qui passent (quatre désormais), Keane conserve une forte homogénéité, une qualité comme un défaut, toujours sans guitare (sauf une chanson), mais cela reste un groupe solide, très agréable à écouter et la voix de Tom Chaplin, qui semble se durcir un peu avec les années, est toujours sa meilleure arme, puissante et mélodieuse. Il s'est particulièrement bien donné ce soir-là, mouillant littéralement le t-shirt et se montrant fort généreux.
Cette générosité se traduisit par un concert relativement long et un deuxième rappel improvisé devant l'insistance du public avec la reprise toute en maîtrise de "Under Pressure" de Queen et David Bowie, qui faisait partie de leur répertoire récent. Belle conclusion pour un concert vraiment énergique et marquant, qui aura été ainsi une belle surprise aussi bien en première qu'en deuxième partie.
Cette fois-ci, l'objet du désir était Agop (in Color), dont le leader, Fred Azilazian, n'est autre que le grand frère d'une amie du lycée, Audrey. Si j'ai bien suivi, ce petit groupe marseillais qui n'a pas encore d'album à son actif a tout de même réussi à décrocher la première partie de Keane à l'Olympia car ces derniers n'en avaient pas et que le son d'Agop leur a plu. C'est vraiment une belle histoire donc.
Audrey m'avait ainsi convié à venir, mais c'était complet et le fameux sésame est finalement venu de mon travail. Ouf ! Me voilà donc à me rendre à l'Olympia, une salle que j'adore, et puis aussi pour voir Keane, que je connais pas tant que ça, mais que j'apprécie bien.
La prestation d'Agop (in Color) fut bien encourageante, encore plus quand on connaît le détail de leur arrivée sur place, vers 17h, sans instruments ! Incompréhension entre le groupe et la salle qui a fait venir des instruments en urgence, mais plus que dix minutes pour répéter ! Au final, cette quasi improvisation ne s'est jamais fait ressentir durant leur performance, si ce n'est au niveau du son. Un larsen récurrent et des seconds micros bien trop bas ont un peu nuit à leur mise en valeur.
Autrement, musicalement, ce fut vraiment une belle découverte pour moi et Keane ne s'y est vraiment pas trompé. C'est dans une veine pop-rock, chantée en anglais, très classique, que j'aime particulièrement avec une voix nasillarde, mais pas désagréable pour le chanteur. Le reste du groupe se tient bien et l'apport pour qques morceaux d'une voix féminine (la femme du leader) donne encore un peu plus de charme.
Bref, une bien jolie prestation, sans fausse note et avec beaucoup d'assurance qui a bien plu au public de l'Olympia, et c'est toujours ça de pris. Puis vint le tour de Keane. La dernière fois que je les avais vus, c'était à Rock en Seine en 2009 (oui, le jour où Oasis s'était séparé...), mais seulement 45 minutes et avec alors une audience bien molle du genou. Rien à voir cette fois-ci, je crois avoir rarement vu un tel engouement, bien gonflé par la forte présence britannique.
La mise en scène était très sobre et belle à la fois, avec un beau jeu de lumière. Et le désormais quatuor s'est lancé avec beaucoup d'enthousiasme dans un concert rondement mené, très pro et vraiment très bon de bout en bout. Le son était impeccable, un vrai bonheur offert par l'Olympia.
Je ne pourrais aller plus en détails dans la set-list car je ne connaissais vraiment que deux ou trois chansons, les premières qui les ont fait connaître sur la scène mondiale, dont l'excellent "Somewhere only we know" repris par toute la salle en choeur. Un public qui fut donc particulièrement bouillant car connaisseur, chantant avec facilité la plupart des morceaux. Ce bel entrain a touché Tom Chaplin, le chanteur, qui, je crois, reconnaissait avec sincérité qu'il avait face à lui l'un des meilleurs publics de leur tournée actuelle. Sauf qu'il est allé jusqu'à dire que les Français étaient meilleurs que les Anglais, ce qui n'a pas plu à la partie britannique, bien large, du public !
A part ça, musicalement, malgré les albums qui passent (quatre désormais), Keane conserve une forte homogénéité, une qualité comme un défaut, toujours sans guitare (sauf une chanson), mais cela reste un groupe solide, très agréable à écouter et la voix de Tom Chaplin, qui semble se durcir un peu avec les années, est toujours sa meilleure arme, puissante et mélodieuse. Il s'est particulièrement bien donné ce soir-là, mouillant littéralement le t-shirt et se montrant fort généreux.
Cette générosité se traduisit par un concert relativement long et un deuxième rappel improvisé devant l'insistance du public avec la reprise toute en maîtrise de "Under Pressure" de Queen et David Bowie, qui faisait partie de leur répertoire récent. Belle conclusion pour un concert vraiment énergique et marquant, qui aura été ainsi une belle surprise aussi bien en première qu'en deuxième partie.
lundi 17 septembre 2012
Black Cat White Cat - Bande originale du film Chat Noir Chat Blanc
Parmi les bandes originales de film, on a pu le voir, il y a un peu de tout. L'univers reste le même, collé au film, mais peut faire appel à divers sources musicales. Et parfois, quand la production est moins riche, on fait avec les moyens du bord.
C'est le cas de "Chat Noir Chat Blanc" d'Emir Kusturica, sorti en 1998, l'un de ses plus gros succès cinématographiques avec, comme d'habitude, une histoire d'amour entre deux jeunes, vivant au sein d'une famille et d'un univers complètement foutraques. Côté musical, le réalisateur serbe a fait appel à ses amis du No Smoking Orchestra qui a joué sous le nom de Black Cat White Cat une partition qui correspond parfaitement au lieu et au folklore du film.
Dans le livret qui accompagne l'album, rempli de photos du tournage, Emir Kusturica résume son ambition : "Je voulais montrer à quel point la musique gitane n'a besoin de personne pour vivre sa vie. Ici, elle s'approprie tous les genres, même les plus inintéressants. Ce qu'on obtient au final est une sorte de mélange entre la musique traditionnelle et le son cubain, une world music impossible à identifier précisément, libre en quelque sorte. Rien de plus normal en fin de compte puisque la musique des gitans est la synthèse de toutes les autres."
Tout est en place donc pour que nous passions en revue les différents morceaux...
- "Bubamara" : C'est LE morceau emblématique du film, structuré comme la plupart des morceaux de musique tzigane. Cela commence doucement puis s'emballe de plus en plus vite avec orchestre et choeurs. Il nous met directement dans l'ambiance et donne une indescriptible envie de se lever et faire frétiller ses gambettes.
- "Duj Sandale" : Ici, ça part directement à une vitesse effrénée sur une musique de jeu vidéo. Les pieds bougent naturellement et on s'imagine bien dans la folie du film. Le chant est très intéressant, avec un ton assez bas du chanteur qui contraste avec les aigus de l'orchestration. Accompagné d'une voix plus haute, cela aurait été encore plus sympa je pense.
- "Railway Station" : Morceau bien plus pépère, uniquement musical, qui rappelle un peu le "Bubamara" d'entrée. Il colle sans doute bien avec la scène qu'il doit accompagner, mais je n'en ai plus de souvenir, argh ! On ne danse pas vraiment ici, mais cela appelle bien au rêve, forcément foutraque.
- "Jek Di Tharin II" : L'ambiance n'est pas vraiment 100% tzigane ici. On se rapproche d'un rythme jazzy avec une vieille voix de crooner qui se lance dans une longue complainte. Avant que les choses ne s'accélèrent qque peu et touchent quand même le tzigane.
- "Daddy, don't ever die on a Friday" : Un super morceau, en accéléré, très axé sur les cuivres, presque rock parfois, et avec un chant en anglais cette fois. C'est toujours tonitruant et distrayant.
- "Bubamara" : Autre version du morceau phare du film. On nous la présente comme la version "Vivaldi" et c'est en effet le même morceau en musique classique, mais beaucoup plus court.
- "Daddy's gone" : Gentille petite ballade musicale à l'accordéon, qui fait un peu penser à du Yann Tiersen pour "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain". Mignon comme tout !
- "Long Vehicle" : La chanson la plus longue de la bande originale, dont l'intro dure quand même deux minutes ! C'est une nouvelle ballade bien tranquille jusqu'à ce qu'un chanteur invite, en anglais, au voyage dans un "long véhicule", rejoint bientôt par des choeurs qui font très "marins" voire Monty Python.
- "Pit bull" : On entre ici dans une autre dimension avec un morceau electro, mixé par un certain Pink Evolution. C'est assez sombre et un peu daté, à l'image des chansons dance qui font encore fureur dans les boîtes de nuit des pays de l'est. Sans doute le morceau le plus faible de la bande originale.
- "El Bubamara pasa" : De retour avec notre morceau fétiche, mais cette fois dans une version 100% péruvienne avec flûte de pan ! Et le morceau est tellement bon qu'il passe encore une fois très bien, toujours aussi entraînant quand il s'emballe.
- "Ja volim te jos/Meine Stadt" : C'est une voix de diva féminine qui vient nous éclairer de la pénombre avec une charmante chanson à l'orchestration toujours bien marquée au niveau des percussions. Vers la moitié du morceau, une nette pause vient marquer la transition avec la même chanson mais chantée de manière plus rock voire ska et en allemand par un homme cette fois ! Et ça le fait tout aussi bien.
- "Bubamara" : Vous en voulez encore ? Eh bien revoici notre morceau fil rouge dans une mignonne petite version très courte et poétique.
- "Jek Di Tharin" : Même titre, sans le II, que le morceau déjà entendu plus haut. Mais l'ambiance est bien différente ici avec un choeur de vieux messieurs dans une atmosphère tout à fait tzigane.
- "Lies" : Encore un tout petit morceau qui ressemble vaguement à "Bubamara", sans l'être, à l'ambiance un peu mystérieuse.
- "Hunting" : C'est exactement la même mélodie que le morceau précédent, mais dans une version encore différente, plus orchestrée et joyeuse.
- "Dejo Dance" : Et rebelote ici, mais les cuivres sont encore plus mis en valeur et ça va peut-être même un peu plus vite.
- "Bulgarian Dance" : On ne s'arrête plus de vouloir bouger nos membres inférieurs avec une "danse bulgare" fort sympathique, très champêtre avec ses trompettes très prononcées.
- "Bubamara" : Vous en reprendrez bien une dernière louche ? A la sauce "Sunflower" cette fois. C'est encore un peu différent des autres version, mais pas tellement. Toujours aussi entraînant et seulement musical, avec pleins d'instruments différents, de la flûte de pan à la clarinette.
- "Black Cat White Cat" : On termine cette folle bande originale par un morceau qui reprend le titre du film. Le son reprend clairement le thème de la plupart des morceaux avec un ton très jazz band tzigane. C'est excellent, un bon morceau final. Et si on attend bien la fin de la chanson, on a même droit à un bonus caché, mais c'est de l'electro encore, pas terrible, très proche de "Pit bull" en fait.
Une bandes originale est toujours particulière et il est parfois difficile de se convaincre de l'acheter parce qu'elle colle généralement à une image que l'on n'aura pas juste en l'écoutant. Pourtant, celle de "Black Cat White Cat" réussi à retranscrire parfaitement l'atmosphère foldingue et terriblement attachante du film d'Emir Kusturica.
Les morceaux sont pour la plupart très rythmés et festifs, dotés d'une excellente orchestration et d'un chant inspiré, nous plongeant dans l'ambiance particulière des pays de l'est et d'une culture aussi riche que variée. C'est une très bonne approche de la musique tzigane qui, comme le disait en préambule le réalisateur serbe, s'intègre parfaitement dans cette "world music" écoutable partout avec plaisir.
Cette bande originale a donc aussi facilement sa place dans une petite fête entre amis, histoire de déclencher qques pas de danse bienvenus si les voisins du dessous le permettent !
Les morceaux à retenir : "Bubamara" (toutes les versions!), "Duj Sandale", "Daddy, don't ever die on a Friday", "Daddy's gone", "Lies"/"Hunting"/"Dejo Dance", "Bulgarian Dance", "Black Cat White Cat".
C'est le cas de "Chat Noir Chat Blanc" d'Emir Kusturica, sorti en 1998, l'un de ses plus gros succès cinématographiques avec, comme d'habitude, une histoire d'amour entre deux jeunes, vivant au sein d'une famille et d'un univers complètement foutraques. Côté musical, le réalisateur serbe a fait appel à ses amis du No Smoking Orchestra qui a joué sous le nom de Black Cat White Cat une partition qui correspond parfaitement au lieu et au folklore du film.
Dans le livret qui accompagne l'album, rempli de photos du tournage, Emir Kusturica résume son ambition : "Je voulais montrer à quel point la musique gitane n'a besoin de personne pour vivre sa vie. Ici, elle s'approprie tous les genres, même les plus inintéressants. Ce qu'on obtient au final est une sorte de mélange entre la musique traditionnelle et le son cubain, une world music impossible à identifier précisément, libre en quelque sorte. Rien de plus normal en fin de compte puisque la musique des gitans est la synthèse de toutes les autres."
Tout est en place donc pour que nous passions en revue les différents morceaux...
- "Bubamara" : C'est LE morceau emblématique du film, structuré comme la plupart des morceaux de musique tzigane. Cela commence doucement puis s'emballe de plus en plus vite avec orchestre et choeurs. Il nous met directement dans l'ambiance et donne une indescriptible envie de se lever et faire frétiller ses gambettes.
- "Duj Sandale" : Ici, ça part directement à une vitesse effrénée sur une musique de jeu vidéo. Les pieds bougent naturellement et on s'imagine bien dans la folie du film. Le chant est très intéressant, avec un ton assez bas du chanteur qui contraste avec les aigus de l'orchestration. Accompagné d'une voix plus haute, cela aurait été encore plus sympa je pense.
- "Railway Station" : Morceau bien plus pépère, uniquement musical, qui rappelle un peu le "Bubamara" d'entrée. Il colle sans doute bien avec la scène qu'il doit accompagner, mais je n'en ai plus de souvenir, argh ! On ne danse pas vraiment ici, mais cela appelle bien au rêve, forcément foutraque.
- "Jek Di Tharin II" : L'ambiance n'est pas vraiment 100% tzigane ici. On se rapproche d'un rythme jazzy avec une vieille voix de crooner qui se lance dans une longue complainte. Avant que les choses ne s'accélèrent qque peu et touchent quand même le tzigane.
- "Daddy, don't ever die on a Friday" : Un super morceau, en accéléré, très axé sur les cuivres, presque rock parfois, et avec un chant en anglais cette fois. C'est toujours tonitruant et distrayant.
- "Bubamara" : Autre version du morceau phare du film. On nous la présente comme la version "Vivaldi" et c'est en effet le même morceau en musique classique, mais beaucoup plus court.
- "Daddy's gone" : Gentille petite ballade musicale à l'accordéon, qui fait un peu penser à du Yann Tiersen pour "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain". Mignon comme tout !
- "Long Vehicle" : La chanson la plus longue de la bande originale, dont l'intro dure quand même deux minutes ! C'est une nouvelle ballade bien tranquille jusqu'à ce qu'un chanteur invite, en anglais, au voyage dans un "long véhicule", rejoint bientôt par des choeurs qui font très "marins" voire Monty Python.
- "Pit bull" : On entre ici dans une autre dimension avec un morceau electro, mixé par un certain Pink Evolution. C'est assez sombre et un peu daté, à l'image des chansons dance qui font encore fureur dans les boîtes de nuit des pays de l'est. Sans doute le morceau le plus faible de la bande originale.
- "El Bubamara pasa" : De retour avec notre morceau fétiche, mais cette fois dans une version 100% péruvienne avec flûte de pan ! Et le morceau est tellement bon qu'il passe encore une fois très bien, toujours aussi entraînant quand il s'emballe.
- "Ja volim te jos/Meine Stadt" : C'est une voix de diva féminine qui vient nous éclairer de la pénombre avec une charmante chanson à l'orchestration toujours bien marquée au niveau des percussions. Vers la moitié du morceau, une nette pause vient marquer la transition avec la même chanson mais chantée de manière plus rock voire ska et en allemand par un homme cette fois ! Et ça le fait tout aussi bien.
- "Bubamara" : Vous en voulez encore ? Eh bien revoici notre morceau fil rouge dans une mignonne petite version très courte et poétique.
- "Jek Di Tharin" : Même titre, sans le II, que le morceau déjà entendu plus haut. Mais l'ambiance est bien différente ici avec un choeur de vieux messieurs dans une atmosphère tout à fait tzigane.
- "Lies" : Encore un tout petit morceau qui ressemble vaguement à "Bubamara", sans l'être, à l'ambiance un peu mystérieuse.
- "Hunting" : C'est exactement la même mélodie que le morceau précédent, mais dans une version encore différente, plus orchestrée et joyeuse.
- "Dejo Dance" : Et rebelote ici, mais les cuivres sont encore plus mis en valeur et ça va peut-être même un peu plus vite.
- "Bulgarian Dance" : On ne s'arrête plus de vouloir bouger nos membres inférieurs avec une "danse bulgare" fort sympathique, très champêtre avec ses trompettes très prononcées.
- "Bubamara" : Vous en reprendrez bien une dernière louche ? A la sauce "Sunflower" cette fois. C'est encore un peu différent des autres version, mais pas tellement. Toujours aussi entraînant et seulement musical, avec pleins d'instruments différents, de la flûte de pan à la clarinette.
- "Black Cat White Cat" : On termine cette folle bande originale par un morceau qui reprend le titre du film. Le son reprend clairement le thème de la plupart des morceaux avec un ton très jazz band tzigane. C'est excellent, un bon morceau final. Et si on attend bien la fin de la chanson, on a même droit à un bonus caché, mais c'est de l'electro encore, pas terrible, très proche de "Pit bull" en fait.
Une bandes originale est toujours particulière et il est parfois difficile de se convaincre de l'acheter parce qu'elle colle généralement à une image que l'on n'aura pas juste en l'écoutant. Pourtant, celle de "Black Cat White Cat" réussi à retranscrire parfaitement l'atmosphère foldingue et terriblement attachante du film d'Emir Kusturica.
Les morceaux sont pour la plupart très rythmés et festifs, dotés d'une excellente orchestration et d'un chant inspiré, nous plongeant dans l'ambiance particulière des pays de l'est et d'une culture aussi riche que variée. C'est une très bonne approche de la musique tzigane qui, comme le disait en préambule le réalisateur serbe, s'intègre parfaitement dans cette "world music" écoutable partout avec plaisir.
Cette bande originale a donc aussi facilement sa place dans une petite fête entre amis, histoire de déclencher qques pas de danse bienvenus si les voisins du dessous le permettent !
Les morceaux à retenir : "Bubamara" (toutes les versions!), "Duj Sandale", "Daddy, don't ever die on a Friday", "Daddy's gone", "Lies"/"Hunting"/"Dejo Dance", "Bulgarian Dance", "Black Cat White Cat".
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