Le hard-rock, ce n'est pas ma tasse de thé. Mais quand on m'offre un album, quel qu'il soit, je le garde et je tente tout de même de le découvrir. Pour moi, le hard-rock, ce sont : des cheveux longs, de grosses guitares saturées, des cris, des hurlements, des voix rauques et aigües, une grosse batterie, un mauvais goût total en terme d'habillement, du maquillage... Bref, pleins de choses peu ragoutantes.
Etant plus jeune, je rejettais complètement ce genre musical, effrayé par les Metallica, Guns'n'Roses et autres AC/DC. Pareil pour Aerosmith même si je pense connaître encore moins bien ce groupe que les autres pré-cités.
Puis le temps est passé et mon esprit s'est ouvert, mes goûts ont évolué. Pas que je sois devenu un fan de hard-rock, non, loin de là, mais déjà, j'y suis plus habitué et j'aime un peu mieux ce registre.
A ce jour, cette compilation d'Aerosmith reste mon seul album de hard-rock au sein de ma discothèque. Mais c'est bien. Tant mieux.
Donc oui, c'est une compilation. Quoi de mieux pour découvrir un artiste ? Au moins, ça m'évite les mauvais morceaux de seconde zone. Les compilations et autres best of sont souvent dévalués mais ils ont tout de même leur utilité malgré leur manque de subjectivité et leur aspect commercial.
Avec "Greatest Hits", je ne suis en tout cas pas au fait de toute la longue carrière d'Aerosmith puisque cette compilation contient seulement la décennie 70's du groupe américain, ce qui représente tout de même six albums du groupe, plus une participation à un album collectif, la B.O. de la comédie musicale "Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band", eh oui, encore les Beatles.
En tout cas, à l'écoute de ce son, je me dis qu'en fait, c'est surtout le hard-rock 80's qui a tout gâché parce que dans les années 1970, le hard-rock, c'est juste du rock un peu plus prononcé mais c'est pas non plus du métal. Bref, pourquoi pas ?
Côté visuel, la prochette est sobre, rouge avec le logo d'Aerosmith en blanc. Le livret comprend une liste des albums recensés sur cette compilation ainsi que les autres best of du groupe. Il y a également une photo avec des objets reliquas mais rien de plus.
Avant de commencer à donner mon avis sur les chansons, je ne vais pas vous raconter l'histoire d'Aerosmith mais vous la résumer en une phrase : c'est un groupe américain né à Boston à la fin des années 1960 de la fusion du Chain Reaction de Steven Tyler (batteur à l'époque et qui deviendra le chanteur) et du Jam Band de Joe Perry (guitariste) et Tom Hamilton (bassiste). Joey Kramer en est le batteur et le second guitariste Ray Tobano laissera rapidement sa place à Brad Whitford. Jack Douglas (qui a pas mal bossé avec John Lennon en solo) sera leur principal producteur durant la décennie 70's.
Voyons un peu ce que cela donne...
- "Dream on" (Tyler) : Tiré du premier album du groupe, "Aerosmith", en 1972, ce morceau est emblématique d'Aerosmith, l'un de leur plus connus et appréciés. Et c'est mérité. Le titre commence par une jolie mélodie à la guitare, suivie d'une douce basse, ça ressemble à du Led Zeppelin. Puis vient la voix chevrotante de Steven Tyler, très Led Zeppelin aussi. En tout cas, ça tient la route du début à la fin, en restant très hard-rock mélodique mais sans partir trop fort (bon ok Tyler part un peu dans les aigüs à la fin). Une vraie bonne chanson de hard-rock, à la fois simple et profonde. Concernant les paroles, c'est assez philosophique mais j'avoue ne pas avoir décelé de choses très concrètes...
- "Same old song and dance" (Tyler/Perry) : Deux ans après "Aerosmith", le groupe devient plus célèbre et sort "Get your wings" sur lequel se trouve cette chanson qui ouvre l'album. C'est déjà plus rythmé, dès le début, avec un petit cri de Steven Tyler. Là encore, c'est du hard-rock avec de la guitare un peu saturée mais qui tourne plus autour du bon vieux rythm'n'blues avec un riff de guitare redondant. Un bon solo vient animer un morceau qui bouge bien sans non plus casser totalement des briques. Y a qques saxos aussi, qui datent un peu la chose, mais bon, c'est d'époque. Voilà bon, ça fait un bon petit morceau d'ouverture mais c'est pas non plus l'extase. Côté texte, ça parle de cette malchance qui colle à certains types à problèmes qui se font choper avec des armes et de la drogue et le rituel du procès : toujours la même musique quoi. Plutôt original !
- "Sweet emotion" (Tyler/Hamilton) : Un an plus tard, en 1975, c'est enfin la consécration avec l'album "Toys in the attic" qui contient notamment ce morceau marquant. Un joli choeur pour commencer et du riff bien accrocheur pour continuer. Bien rythmé, limite funky, nous voici encore dans du hard-rock efficace ponctué de choeurs-refrains chantant "Sweet emotion". Le texte est encore très évasif, mais reste dans le côté déviant rebelle qui va bien avec la musique.
- "Walk this way" (Tyler/Perry) : Toujours sur "Toys in the attic", c'est sans doute la chanson la plus connue d'Aerosmith, et encore plus depuis sa version de 1986 avec les rappeurs de Run DMC. Mais là, nous restons avec la version originale, moins commerciale déjà. Que dire de plus sur ce tube en puissance ? Ce riff tellement connu, ce flow presque rap. J'aime mieux cette première version avec son côté roots, clair et épuré, moins lourd que la version à venir dix ans plus tard. Tyler crie beaucoup moins et offre une excellente interprétation. Il n'y a que le refrain qui est peut-être un peu moins tranchant... Ce morceau incontournable se termine avec un dernier solo ravageur... Là encore, le texte est assez riche, parlant des amourettes adolescentes à la sauce hard-rock ! Like this !
- "Last child" (Tyler/Whitford) : Encore un an passe et un nouvel album, "Rock" ! En voici un des singles, co-signé par le second guitariste, Brad Whitford. C'est un peu plus doux là... enfin juste au début. Des choeurs suivis d'un riff encore bien reconnaissable et un Steven Tyler dont la voix est devenue plus tranchante et aigüe. C'est encore pas trop lourd, même assez léger dans les basses, et très bluesy. Les choeurs sont bien sympas et l'atmosphère aérienne est très réussie. Et encore un solo technique bien oeuvré par les deux guitaristes. Les paroles sont denses mais peu compréhensibles... Décidément ce Steven Tyler !
- "Back in the saddle" (Tyler/Perry) : Nous sommes toujours sur "Rocks" avec une chanson un peu plus sombre. Grosse intro qui monte en crescendo avant les cris de Steven Tyler : "I'm baaaaaack". C'est ici beaucoup plus rock, plus agressif dans les attaques de refrains. A noter une très bonne basse, vibrante, qu'on entend malgré les gros riffs de guitares par-dessus, beaucoup plus brouillons par contre. Enfin du vrai hard-rock pourrait-on dire ! Faut dire qu'il s'agit d'un western dans le texte, le narrateur est de retour sur sa selle (saddle) et revient en ville, le pistolet chargé... ça va saigner ! Bon, c'est un peu plus bourrin (c'est le cas de le dire !) musicalement mais c'est pas trop mal quand même.
- "Draw the line" (Tyler/Perry) : 1977, un nouvel album, "Draw the line" avec la chanson qui va avec et qui l'ouvre. Mais selon les spécialistes, cet opus serait moins bon que les précédents. C'est tout de suite très trash côté musique, très confus. On se dirige droit vers le hard-rock que j'aime moins... Steven Tyler garde une bonne voix avec de bons choeurs derrière lui. Là encore, il n'y a que la basse qui réussit un bon riff derrière. Je vous fais grâce des paroles touffues et assez énigmatiques...
- "Kings and queens" (Hamilton/Kramer/Tyler/Whitford/Douglas) : Toujours le même album et tout le monde s'y est mis pour composer ce morceau, même le producteur, Jack Douglas. Il n'y a que Joe Perry qui n'y est pas, bizarrement. Grosse batterie pour débuter mais ça se calme ensuite avec un rythme limite au ralenti. Steven Tyler s'égosille en articulant bien chaque mot. Puis vers le milieu de la chanson, après un gros solo riffé, le rythme s'accélère soudain, toujours sur cette même mélodie plutôt intéressante. Comme sur la chanson précédente, ça s'arrête d'un coup avant de reprendre avec un nouveau solo bluesy à mort. En tout cas, on est bien dans l'ambiance "Moyen-âge" dont parle le texte : rois, reines, guillotines, sang, seigneurs... C'est assez conceptuel mais ça passe encore.
- "Come together" (Lennon/McCartney) : Après ça, le groupe a sorti un album live puis a participé à la B.O. de la comédie musicale "Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band", en hommage (raté) aux Beatles, signant la reprise de "Come together". A l'origine, la chanson est déjà très bluesy, pré-punk. Alors, elle colle pas mal à Aerosmith qui en a accéléré le rythme mais reste plutôt fidèle musicalement et même aux choeurs. Donc rien de spécial à signaler, ce n'est ni un affront ni une révolution, juste une reprise très correcte, dans la norme. A noter que cette reprise a été coproduite par l'honorable George Martin.
- "Remember (walking in the sand)" (Morton) : Nous voici en 1979, avec un nouvel album "Night in the ruts". Le déclin est entamé et Joe Perry quitte le groupe après son enregistrement... Aïe. Avant de revenir plus tard. Ce n'est pourtant pas une mauvaise chanson que nous avons là, signée du producteur George "Shadow" Morton. Le rythme se veut lancinant avant de swinguer avec claquements de doigts... et ça reprend de manière lasse et heavy à la fois, avec de grands choeurs derrière. Puis un gros solo doublé pas mal et encore ce pont swinguant. Chanson assez expérimentale on pourrait dire, entre hard-rock et pop jazzy. En fait, on comprend mieux le texte. C'est triste quand Steven Tyler explique la réalité, sa copine est partie avec un autre. Puis ça swingue quand il se rappelle ("Remember") les bons moments qu'il a passé avec elle. Original, non ?
Au final, cette compilation est simple et efficace, contenant tous les singles marquants de la première décennie de carrière d'Aerosmith. Au début, ça ressemble quand même pas mal à Led Zeppelin puis ils prennent leurs marques et foncent droit vers le hard-rock brut pré-heavy à la fin.
Honnêtement, le résultat est loin d'être à jeter. Ce fut une agréable surprise pour moi qui avait déjà peur d'avoir mal aux oreilles. Les premières chansons sont très mélodiques et intéressantes musicalement. Après, ça devient plus confus mais il reste une base efficace qui cartonne bien.
Steven Tyler signe des textes riches et sa voix est particulièrement accrocheuse pour ce type de musique, devant de plus en plus aiguisée au fil des années.
Le choix des titres est donc réussi, Aerosmith m'apparaît comme un groupe aux albums bons et solides. Après, avec les années 1980, il paraît que ça va se gâter... On verra bien... Un jour qui sait !
Les morceaux à retenir : "Dream on", "Sweet Emotion", "Walk this way", "Come Together", "Remember (walking in the sand)".
samedi 7 novembre 2009
vendredi 30 octobre 2009
Concert : Lily Allen - Zénith
La dernière fois que j'avais vu Lily Allen, c'était aux Solidays, il y a 2 ans il me semble et sa prestation m'avait époustouflé. Je l'ai déjà raconté ici-même d'ailleurs : fumant des cigarettes et buvant du rosé sur scène et assurant malgré tout un super show.
Je ne connais pas grand chose de son nouvel album si ce n'est les deux ou trois singles mais ils me plaisent bien alors évidemment, l'envie d'aller la revoir sur scène était bien là.
En plus, je ne connaissais pas le Zénith donc ça tombait bien. En fait, cette salle n'est pas si grande que ça. A l'intérieur, on se croirait un peu au Dôme de Marseille. La fosse n'est pas immense et on est toujours assez près de la scène, ce qui est vraiment sympa. Malheureusement pour Lily, la salle était quand même loin d'être comble, de nombreux sièges étaient recouverts d'une grande toile parce que n'ayant pas trouvé preneur.
Mais peu importe, tant pis pour les autres. Le show a débuté avec une première partie vraiment bien choisie : Just Jack. Je l'avais raté à Rock en Seine en août dernier, me voilà ravi. L'ami Just Jack nous fait de l'électro pop mêlant parfois un peu de flow de hip-hop et de funk. C'est très agréable à écouter, parfois même dansant. Bref, cela a tout de suite mis le public dans l'ambiance.
Puis il y eut Princess Lily dans son décor de cabaret avec chandeliers immenses et escalier monumental. La belle était vêtue ou plutôt dévêtue. Elle n'avait sur elle qu'une espèce de robe où deux grandes lanières cachaient ses seins. Mais le reste de son buste était ouvert à tous les vents, un peu comme la robe de Kylie Minogue dans son fameux clip "Can't get you out of my head". C'est dire le délice visuel qui accompagnait le délice sonore !
La pauvre avait mal à la gorge et s'est donc excusée pour certains passages difficiles mais dans l'ensemble, elle a quand même assuré, même si on aura remarqué un léger soutien du playback. A part ça, elle a fait son show. Comme d'habitude, elle dégage une énorme sympathie. Entre chaque chanson, elle se marrait grassement, soit parce qu'elle se trompait dans la chanson à venir ou pour rien ! Puis elle s'est fumée cigarette sur cigarette jusqu'au bout du concert. Pas forcément très respectueux mais qu'importe, on lui excuse tout écart !
Concernant la playlist, c'était très bien. A vrai dire, je ne connaissais pas ou plus la majorité des chansons qu'elle a chanté mais ça passait très bien quand même. Le chanteur français Ours est venu sur scène pour un duo sur "22", le nouveau single de la Miss. Bon, sympa, mais les deux n'avaient pas l'air très coordonnés.
Lily Allen s'est également fendue de qques reprises dont des morceaux des Kooks, des Killers mais surtout le "Womanizer" de Britney Spears même si sa version ressemble quand même beaucoup à l'original. Pour finir, on a eu le droit au divin "Fuck You" qui a mis toute la salle en transe une dernière fois, Lily Allen distribuant des majeurs à tout le monde.
Au final, même si le show peut encore être mieux rôdé (c'était apparemment l'un des premiers d'une longue tournée européenne), le spectacle fut à la hauteur, on a pris bien du plaisir à voir cette trublionne de la British pop laisser aller sa bonne humeur sur scène. Elle a annoncé il y a qques semaines qu'elle voulait arrêter la musique, on la supplie de ne pas nous quitter !
Je ne connais pas grand chose de son nouvel album si ce n'est les deux ou trois singles mais ils me plaisent bien alors évidemment, l'envie d'aller la revoir sur scène était bien là.
En plus, je ne connaissais pas le Zénith donc ça tombait bien. En fait, cette salle n'est pas si grande que ça. A l'intérieur, on se croirait un peu au Dôme de Marseille. La fosse n'est pas immense et on est toujours assez près de la scène, ce qui est vraiment sympa. Malheureusement pour Lily, la salle était quand même loin d'être comble, de nombreux sièges étaient recouverts d'une grande toile parce que n'ayant pas trouvé preneur.
Mais peu importe, tant pis pour les autres. Le show a débuté avec une première partie vraiment bien choisie : Just Jack. Je l'avais raté à Rock en Seine en août dernier, me voilà ravi. L'ami Just Jack nous fait de l'électro pop mêlant parfois un peu de flow de hip-hop et de funk. C'est très agréable à écouter, parfois même dansant. Bref, cela a tout de suite mis le public dans l'ambiance.
Puis il y eut Princess Lily dans son décor de cabaret avec chandeliers immenses et escalier monumental. La belle était vêtue ou plutôt dévêtue. Elle n'avait sur elle qu'une espèce de robe où deux grandes lanières cachaient ses seins. Mais le reste de son buste était ouvert à tous les vents, un peu comme la robe de Kylie Minogue dans son fameux clip "Can't get you out of my head". C'est dire le délice visuel qui accompagnait le délice sonore !
La pauvre avait mal à la gorge et s'est donc excusée pour certains passages difficiles mais dans l'ensemble, elle a quand même assuré, même si on aura remarqué un léger soutien du playback. A part ça, elle a fait son show. Comme d'habitude, elle dégage une énorme sympathie. Entre chaque chanson, elle se marrait grassement, soit parce qu'elle se trompait dans la chanson à venir ou pour rien ! Puis elle s'est fumée cigarette sur cigarette jusqu'au bout du concert. Pas forcément très respectueux mais qu'importe, on lui excuse tout écart !
Concernant la playlist, c'était très bien. A vrai dire, je ne connaissais pas ou plus la majorité des chansons qu'elle a chanté mais ça passait très bien quand même. Le chanteur français Ours est venu sur scène pour un duo sur "22", le nouveau single de la Miss. Bon, sympa, mais les deux n'avaient pas l'air très coordonnés.
Lily Allen s'est également fendue de qques reprises dont des morceaux des Kooks, des Killers mais surtout le "Womanizer" de Britney Spears même si sa version ressemble quand même beaucoup à l'original. Pour finir, on a eu le droit au divin "Fuck You" qui a mis toute la salle en transe une dernière fois, Lily Allen distribuant des majeurs à tout le monde.
Au final, même si le show peut encore être mieux rôdé (c'était apparemment l'un des premiers d'une longue tournée européenne), le spectacle fut à la hauteur, on a pris bien du plaisir à voir cette trublionne de la British pop laisser aller sa bonne humeur sur scène. Elle a annoncé il y a qques semaines qu'elle voulait arrêter la musique, on la supplie de ne pas nous quitter !
samedi 17 octobre 2009
Ringo Starr - Beaucoups of Blues (1970)
Tous les ex-Beatles ont été relativement rapides à sortir leurs premiers albums solos. Ringo Starr n'échappe pas à la règle et même, il a été le plus rapide.
Après "Sentimental Journey" et ses reprises de vieux standards des années 1930 et 1940, le batteur se fait à nouveau plaisir avec un album entièrement dédié à la country, son autre dada musical. Il faut se souvenir que, déjà avec les Beatles, Ringo s'était attelé à chanter des morceaux lorgnant du côté de la country : "Act Naturally", "What goes on", "Don't pass me by"... Et cela lui allait comme un charme ! Sa voix, très particulière on le sait bien, s'accorde assez bien avec ce genre de musique.
Dans le livret de "Beaucoups of Blues", Ringo raconte à nouveau au Suédois Staffan Olander la genèse de son album. Le batteur indique que cet opus s'est fait un peu par accident. Il bossait sur le "All Things must pass" de George Harrison qui avait fait venir Pete Drake, un excellent joueur de steel-guitar de Nashville, qui avait collaboré avec Elvis Presley et Bob Dylan. Ringo a fait envoyer son chauffeur pour aller le chercher à l'aéroport et Pete Drake s'est émerveillé de la collection de disques country présents dans la voiture du batteur.
Ringo lui explique alors qu'il aimait cette musique depuis toujours puisqu'à Liverpool, qui était un port, il en avait beaucoup écouté. Le batteur savait que Pete Drake venait tout juste de travailler avec Dylan et lui demanda alors s'il était également possible d'enregistrer un album country avec lui. Pete Drake fut enthousiaste et invita Ringo à venir l'enregistrer à Nashville.
Le guitariste a alors demandé à des compositeurs country d'écrire des chansons pour Ringo. Tout était prêt quand l'ex-Beatles est venu les enregistrer aux Etats-Unis. La session dura à peine une semaine, avec des musiciens country réputés tels que Pete Drake évidemment mais aussi les fameux guitaristes Charlie Daniels, Dave Kirby, Chuck Howard, Sorrells Pickard, Jerry Reed, Jerry Shook, Jerry Kennedy, Ben Keith et même Ringo qui s'est essayé à la guitare acoustique. A la basse, on retrouve Roy Huskey Jr et Buddy Harman (qui est pourtant un batteur). Charlie McCoy joue de l'harmonica, George Richey, Grover Lavender et Jim Buchanan du violon. A la batterie, outre Ringo, il y a DJ Fontana. Tous ces noms sont très connus dans le milieu country et ont également participé à l'écriture des chansons.
Pour les voix, Ringo est doublé sur certains morceaux par la chanteuse country Jeannie Kendal et les Jordanaires, choristes d'Elvis Presley, rien que ça. Le tout a évidemment été produit par Pete Drake.
La pochette de l'album est sobre. On voit un Ringo, les cheveux coupés, une cigarette à la main, assis devant la porte d'une cabane en bois, l'air mélancolique, à l'image du titre de l'album, "Beaucoups of Blues".
Le livret est tout aussi austère avec les paroles des chansons et qques photos des sessions d'enregistrement. Mais passons donc à la revue titre par titre...
- "Beaucoups of Blues" (Rabin) : On commence avec la chanson qui a donné son titre à l'album. Rythme nonchalant, voix sobre presque de crooner, Ringo introduit son nouvel opus avec une jolie petite balade sur l'histoire d'un homme qui quitte sa Louisiane pour se rendre compte qu'elle lui manque terriblement, d'où le "beaucoups of blues"... Morceau assez court mais on rentre déjà dans le vif du sujet, une jolie mélodie, une belle orchestration et des choeurs très western. Du tout bon !
- "Love don't last long" (Howard) : Ecrite par l'un des guitaristes embauché par Pete Drake, cette chanson garde le registre de la jolie mélancolie. Le texte raconte trois histoires différentes, trois histoires d'amour qui se finissent mal, d'où le titre ("L'amour ne dure pas longtemps"). Dans la première, une jeune fille est rejetée de la maison par sa mère, et quand elle veut rejoindre le garçon qui l'aimait, il la rejette à son tour. Dans la deuxième, c'est plus trash, avec un jeune homme qui est arrêté par la police du Kentucky. Il demande à son père de payer sa caution. Ce dernier lui dit d'aller en enfer, et le jeune homme se pend dans sa cellule, laissant derrière lui un mot disant "Papa, ramène moi à la maison s'il te plaît". La troisième est tout aussi sanglante. Un homme, dont la femme lui répète tous les jours combien elle l'aime, rentre un jour chez lui et la surprend avec un autre homme. Il tue les deux amants avant de mettre fin à ses jours lui aussi... Très glauque mais Ringo nous conte cela avec une nonchalance mélodieuse à nouveau. Ce morceau fait encore très western et se termine par une outtro musicale du plus bel effet...
- "Fastest growing heartache in the West" (Kingston/Dycus) : Sortez les violons pour ce morceau qui a l'air tout de suite plus joyeux. Le rythme est légèrement plus élevé, soutenu par une belle steel-guitar et des choeurs divins. Le narrateur raconte comment il a ramené en Californie une jeune fille de la campagne et comment celle-ci a adopté un peu trop rapidement le mode de vie de l'Ouest américain. C'est un morceau encore assez court, Ringo ne change pas le ton de sa voix qui sied parfaitement à ce type de chanson.
- "Without her" (Pickard) : Un autre des guitaristes du band concocté par Pete Drake, Sorrells Pickard, a composé ce morceau. Musicalement, c'est encore remarquable. Pour les choeurs également, un peu plus forts que le chanteur quand ça monte dans les aigüs. Mais Ringo tient toujours la baraque, toujours aussi doux dans ses intonations, sans forcer. Il est ainsi parfait dans la peau de cet amoureux qui raconte combien sa belle lui manque...
- "Woman of the night" (Pickard) : Encore une histoire de femme signée Sorrells Pickard... Mais celle-ci est une prostituée dont le narrateur est amoureux et pis, il ne peut même pas se la payer ! Alors, dans ce morceau plutôt enjoué, il nous conte toute son admiration pour cette "femme de la nuit". L'orchestration est puissante, avec harmonica en plus, et batterie mise en avant. Un excellent morceau, dommage que le fade out coupe la chanson un peu brutalement sur la fin.
- "I'd be talking all the time" (Howard/Kingston) : La steel-guitar est à nouveau de sortie ici, pour un morceau à nouveau bien rythmé et plutôt joyeux. Le sens du texte n'est pas très clair cependant. Mais Ringo s'en donne à coeur joie, se lançant parfois dans des élans un peu perchés, mais à peu près bien maîtrisés et il est bien aidé par des choeurs impeccables, qui finissent la chanson sur une jolie coda.
- "$15 draw" (Pickard) : Encore Pickard à la baguette, mais pas d'histoire de filles cette fois. Le narrateur écrit une lettre à sa mère pour lui demander des nouvelles et lui apprendre qu'il a monté un groupe de musique et l'invite à venir l'écouter avec ses frères. C'est ainsi une chanson un peu plus longue que les autres, au rythme élevé, avec harmonica et de superbes parties de guitare, très techniques, encore plus appréciables dans le solo final où Ringo improvise qques borborygmes avec sa voix...
- "Wine, women and loudy happy songs" (Kingston) : Le titre parle pour lui-même ! Mais il s'agit en réalité d'une chanson mélancolique. Le narrateur a connu tout ça mais c'est désormais révolu et il se désespère de la misère dans laquelle il est tombé. Un morceau encore très western, avec une magnifique partie de steel-guitar, accompagnée de violons country.
- "I wouldn't have you any other way" (Howard) : Ringo prend sa plus belle voix de crooner pour interpréter cette douce chanson... Doublé par Jeannie Kendal et les Jordanaires, on l'imagine bien en costume, avec une fine moustache et une salle de club enfumée... Le drôle de texte est signé Chuck Howard à nouveau, à propos d'une femme un peu spéciale dont est amoureux le narrateur. Mais peu importe s'il ne comprend pas "la moitié de ce qu'elle fait", il l'aime comme elle est.
- "Loser's lounge" (Pierce) : On enchaîne avec une vraie mélodie country, bien pêchue, où la voix de Ringo colle à nouveau bien à l'ambiance. Musicalement, c'est encore splendide, la steel-guitar de Pete Drake fait des merveilles. La chanson parle d'un club, le "loser's lounge", où se retrouvent les âmes en perdition d'une ville inconnue. Le tout finit par un grand "Oh Yeah" du plus bel effet !
- "Waiting" (Howard) : Pete Drake sublime à nouveau ce morceau signé Chuck Howard de sa steel-guitar... Une chanson mélancolique à souhait où un Ringo amoureux fait part à sa belle qu'il sera toujours là pour elle... Le solo de violon, avec choeurs, est de toute beauté.
- "Silent Homecoming" (Pickard) : Et un dernier morceau de Sorrells Pickard pour clore l'album. Peut-être celui où la voix de Ringo est la moins assurée malheureusement. Il ne la contrôle plus tellement, notamment quand il part dans les aigüs. Mais c'est peut-être aussi le morceau le plus faible musicalement. Le texte est intéressant en revanche, sur une femme qui attend que son homme rentre de la guerre mais qui se demande s'il a changé après une épreuve aussi terrible. La fin est pas mal mais Ringo ne sait plus trop quoi chanter alors il fait des "no, no" un peu incongrus.
- "Coochy Coochy"* (Starkey) : Deux morceaux en bonus sur la réédition de cet album. Le premier est une composition anecdotique de Ringo Starr, paru en face B de l'unique single sorti avec cet album, la face A étant "Beaucoups of Blues". Cela ressemble déjà beaucoup plus à du Ringo Starr dans l'écriture ! Les paroles sont très simples, le narrateur a beaucoup voyagé et recherche son "coochy coochy"... Je ne sais pas ce que c'est... Musicalement, c'est très enjoué avec un gros solo de violons et de guitares. Le tout est finalement un grand jam qui n'a pas de grand intérêt et démontre que Ringo n'est à son top que quand ON lui écrit des morceaux !
- "Nashville Jam"* (Daniels/Kirby/Pickard/Reed/Shook/Kennedy/Drake/Keith/Huskey Jr/Harman/McCoy/Richey/Lavender/Buchanan/Fontana/Starkey) : Ce morceau là ne figurait nulle part avant la réédition de cet album. Il s'agit simplement d'un boeuf de plus de 6 minutes réunissant tous les musiciens de l'album, à la manière des jams du "All things must pass" de George Harrison. Chacun y va de sa partie de guitare et de violon, mélangeant le blues et la country.
Ce qu'on peut dire de "Beaucoups of Blues", c'est déjà qu'une nouvelle fois, Ringo s'en sort très bien. Il a choisi un registre musical, la country, qui lui va comme un gant, et il n'y quasiment aucune fausse note à déplorer.
Superbement entouré musicalement, sa voix s'accorde parfaitement avec l'ambiance de chaque morceau. Même si l'album reste très homogène parce que, quand même, la country, ça tourne un peu en rond, le résultat est tout à fait convainquant. Evidemment, le succès ne fut pas vraiment au rendez-vous et Ringo préféra se tourner vers le cinéma mais au moins il s'est à nouveau fait plaisir et cela s'entend.
Il a pu compter sur un allié de poids, Pete Drake qui, avec ses musiciens, ont vraiment fait un boulot formidable. On apprécie également les textes des chansons, souvent tristes mais qui sont empreints d'un réalisme qu'on ne trouve guère que dans ce type de musique. Cette ambiance western devrait ravir les amateurs du genre...
Pour un deuxième album solo, c'est donc à nouveau une réussite pour Ringo qui reviendra plus tard à un genre qu'il connaît mieux, la pop, mais qu'il ne maîtrise peut-être pas aussi bien que la country. Dommage qu'il n'ait pas tenté de percer dans cette voie.
Les morceaux à retenir : "Beaucoups of Blues", "Love don't last long", "Woman of the night", "$15 draw", "Loser's lounge".
Après "Sentimental Journey" et ses reprises de vieux standards des années 1930 et 1940, le batteur se fait à nouveau plaisir avec un album entièrement dédié à la country, son autre dada musical. Il faut se souvenir que, déjà avec les Beatles, Ringo s'était attelé à chanter des morceaux lorgnant du côté de la country : "Act Naturally", "What goes on", "Don't pass me by"... Et cela lui allait comme un charme ! Sa voix, très particulière on le sait bien, s'accorde assez bien avec ce genre de musique.
Dans le livret de "Beaucoups of Blues", Ringo raconte à nouveau au Suédois Staffan Olander la genèse de son album. Le batteur indique que cet opus s'est fait un peu par accident. Il bossait sur le "All Things must pass" de George Harrison qui avait fait venir Pete Drake, un excellent joueur de steel-guitar de Nashville, qui avait collaboré avec Elvis Presley et Bob Dylan. Ringo a fait envoyer son chauffeur pour aller le chercher à l'aéroport et Pete Drake s'est émerveillé de la collection de disques country présents dans la voiture du batteur.
Ringo lui explique alors qu'il aimait cette musique depuis toujours puisqu'à Liverpool, qui était un port, il en avait beaucoup écouté. Le batteur savait que Pete Drake venait tout juste de travailler avec Dylan et lui demanda alors s'il était également possible d'enregistrer un album country avec lui. Pete Drake fut enthousiaste et invita Ringo à venir l'enregistrer à Nashville.
Le guitariste a alors demandé à des compositeurs country d'écrire des chansons pour Ringo. Tout était prêt quand l'ex-Beatles est venu les enregistrer aux Etats-Unis. La session dura à peine une semaine, avec des musiciens country réputés tels que Pete Drake évidemment mais aussi les fameux guitaristes Charlie Daniels, Dave Kirby, Chuck Howard, Sorrells Pickard, Jerry Reed, Jerry Shook, Jerry Kennedy, Ben Keith et même Ringo qui s'est essayé à la guitare acoustique. A la basse, on retrouve Roy Huskey Jr et Buddy Harman (qui est pourtant un batteur). Charlie McCoy joue de l'harmonica, George Richey, Grover Lavender et Jim Buchanan du violon. A la batterie, outre Ringo, il y a DJ Fontana. Tous ces noms sont très connus dans le milieu country et ont également participé à l'écriture des chansons.
Pour les voix, Ringo est doublé sur certains morceaux par la chanteuse country Jeannie Kendal et les Jordanaires, choristes d'Elvis Presley, rien que ça. Le tout a évidemment été produit par Pete Drake.
La pochette de l'album est sobre. On voit un Ringo, les cheveux coupés, une cigarette à la main, assis devant la porte d'une cabane en bois, l'air mélancolique, à l'image du titre de l'album, "Beaucoups of Blues".
Le livret est tout aussi austère avec les paroles des chansons et qques photos des sessions d'enregistrement. Mais passons donc à la revue titre par titre...
- "Beaucoups of Blues" (Rabin) : On commence avec la chanson qui a donné son titre à l'album. Rythme nonchalant, voix sobre presque de crooner, Ringo introduit son nouvel opus avec une jolie petite balade sur l'histoire d'un homme qui quitte sa Louisiane pour se rendre compte qu'elle lui manque terriblement, d'où le "beaucoups of blues"... Morceau assez court mais on rentre déjà dans le vif du sujet, une jolie mélodie, une belle orchestration et des choeurs très western. Du tout bon !
- "Love don't last long" (Howard) : Ecrite par l'un des guitaristes embauché par Pete Drake, cette chanson garde le registre de la jolie mélancolie. Le texte raconte trois histoires différentes, trois histoires d'amour qui se finissent mal, d'où le titre ("L'amour ne dure pas longtemps"). Dans la première, une jeune fille est rejetée de la maison par sa mère, et quand elle veut rejoindre le garçon qui l'aimait, il la rejette à son tour. Dans la deuxième, c'est plus trash, avec un jeune homme qui est arrêté par la police du Kentucky. Il demande à son père de payer sa caution. Ce dernier lui dit d'aller en enfer, et le jeune homme se pend dans sa cellule, laissant derrière lui un mot disant "Papa, ramène moi à la maison s'il te plaît". La troisième est tout aussi sanglante. Un homme, dont la femme lui répète tous les jours combien elle l'aime, rentre un jour chez lui et la surprend avec un autre homme. Il tue les deux amants avant de mettre fin à ses jours lui aussi... Très glauque mais Ringo nous conte cela avec une nonchalance mélodieuse à nouveau. Ce morceau fait encore très western et se termine par une outtro musicale du plus bel effet...
- "Fastest growing heartache in the West" (Kingston/Dycus) : Sortez les violons pour ce morceau qui a l'air tout de suite plus joyeux. Le rythme est légèrement plus élevé, soutenu par une belle steel-guitar et des choeurs divins. Le narrateur raconte comment il a ramené en Californie une jeune fille de la campagne et comment celle-ci a adopté un peu trop rapidement le mode de vie de l'Ouest américain. C'est un morceau encore assez court, Ringo ne change pas le ton de sa voix qui sied parfaitement à ce type de chanson.
- "Without her" (Pickard) : Un autre des guitaristes du band concocté par Pete Drake, Sorrells Pickard, a composé ce morceau. Musicalement, c'est encore remarquable. Pour les choeurs également, un peu plus forts que le chanteur quand ça monte dans les aigüs. Mais Ringo tient toujours la baraque, toujours aussi doux dans ses intonations, sans forcer. Il est ainsi parfait dans la peau de cet amoureux qui raconte combien sa belle lui manque...
- "Woman of the night" (Pickard) : Encore une histoire de femme signée Sorrells Pickard... Mais celle-ci est une prostituée dont le narrateur est amoureux et pis, il ne peut même pas se la payer ! Alors, dans ce morceau plutôt enjoué, il nous conte toute son admiration pour cette "femme de la nuit". L'orchestration est puissante, avec harmonica en plus, et batterie mise en avant. Un excellent morceau, dommage que le fade out coupe la chanson un peu brutalement sur la fin.
- "I'd be talking all the time" (Howard/Kingston) : La steel-guitar est à nouveau de sortie ici, pour un morceau à nouveau bien rythmé et plutôt joyeux. Le sens du texte n'est pas très clair cependant. Mais Ringo s'en donne à coeur joie, se lançant parfois dans des élans un peu perchés, mais à peu près bien maîtrisés et il est bien aidé par des choeurs impeccables, qui finissent la chanson sur une jolie coda.
- "$15 draw" (Pickard) : Encore Pickard à la baguette, mais pas d'histoire de filles cette fois. Le narrateur écrit une lettre à sa mère pour lui demander des nouvelles et lui apprendre qu'il a monté un groupe de musique et l'invite à venir l'écouter avec ses frères. C'est ainsi une chanson un peu plus longue que les autres, au rythme élevé, avec harmonica et de superbes parties de guitare, très techniques, encore plus appréciables dans le solo final où Ringo improvise qques borborygmes avec sa voix...
- "Wine, women and loudy happy songs" (Kingston) : Le titre parle pour lui-même ! Mais il s'agit en réalité d'une chanson mélancolique. Le narrateur a connu tout ça mais c'est désormais révolu et il se désespère de la misère dans laquelle il est tombé. Un morceau encore très western, avec une magnifique partie de steel-guitar, accompagnée de violons country.
- "I wouldn't have you any other way" (Howard) : Ringo prend sa plus belle voix de crooner pour interpréter cette douce chanson... Doublé par Jeannie Kendal et les Jordanaires, on l'imagine bien en costume, avec une fine moustache et une salle de club enfumée... Le drôle de texte est signé Chuck Howard à nouveau, à propos d'une femme un peu spéciale dont est amoureux le narrateur. Mais peu importe s'il ne comprend pas "la moitié de ce qu'elle fait", il l'aime comme elle est.
- "Loser's lounge" (Pierce) : On enchaîne avec une vraie mélodie country, bien pêchue, où la voix de Ringo colle à nouveau bien à l'ambiance. Musicalement, c'est encore splendide, la steel-guitar de Pete Drake fait des merveilles. La chanson parle d'un club, le "loser's lounge", où se retrouvent les âmes en perdition d'une ville inconnue. Le tout finit par un grand "Oh Yeah" du plus bel effet !
- "Waiting" (Howard) : Pete Drake sublime à nouveau ce morceau signé Chuck Howard de sa steel-guitar... Une chanson mélancolique à souhait où un Ringo amoureux fait part à sa belle qu'il sera toujours là pour elle... Le solo de violon, avec choeurs, est de toute beauté.
- "Silent Homecoming" (Pickard) : Et un dernier morceau de Sorrells Pickard pour clore l'album. Peut-être celui où la voix de Ringo est la moins assurée malheureusement. Il ne la contrôle plus tellement, notamment quand il part dans les aigüs. Mais c'est peut-être aussi le morceau le plus faible musicalement. Le texte est intéressant en revanche, sur une femme qui attend que son homme rentre de la guerre mais qui se demande s'il a changé après une épreuve aussi terrible. La fin est pas mal mais Ringo ne sait plus trop quoi chanter alors il fait des "no, no" un peu incongrus.
- "Coochy Coochy"* (Starkey) : Deux morceaux en bonus sur la réédition de cet album. Le premier est une composition anecdotique de Ringo Starr, paru en face B de l'unique single sorti avec cet album, la face A étant "Beaucoups of Blues". Cela ressemble déjà beaucoup plus à du Ringo Starr dans l'écriture ! Les paroles sont très simples, le narrateur a beaucoup voyagé et recherche son "coochy coochy"... Je ne sais pas ce que c'est... Musicalement, c'est très enjoué avec un gros solo de violons et de guitares. Le tout est finalement un grand jam qui n'a pas de grand intérêt et démontre que Ringo n'est à son top que quand ON lui écrit des morceaux !
- "Nashville Jam"* (Daniels/Kirby/Pickard/Reed/Shook/Kennedy/Drake/Keith/Huskey Jr/Harman/McCoy/Richey/Lavender/Buchanan/Fontana/Starkey) : Ce morceau là ne figurait nulle part avant la réédition de cet album. Il s'agit simplement d'un boeuf de plus de 6 minutes réunissant tous les musiciens de l'album, à la manière des jams du "All things must pass" de George Harrison. Chacun y va de sa partie de guitare et de violon, mélangeant le blues et la country.
Ce qu'on peut dire de "Beaucoups of Blues", c'est déjà qu'une nouvelle fois, Ringo s'en sort très bien. Il a choisi un registre musical, la country, qui lui va comme un gant, et il n'y quasiment aucune fausse note à déplorer.
Superbement entouré musicalement, sa voix s'accorde parfaitement avec l'ambiance de chaque morceau. Même si l'album reste très homogène parce que, quand même, la country, ça tourne un peu en rond, le résultat est tout à fait convainquant. Evidemment, le succès ne fut pas vraiment au rendez-vous et Ringo préféra se tourner vers le cinéma mais au moins il s'est à nouveau fait plaisir et cela s'entend.
Il a pu compter sur un allié de poids, Pete Drake qui, avec ses musiciens, ont vraiment fait un boulot formidable. On apprécie également les textes des chansons, souvent tristes mais qui sont empreints d'un réalisme qu'on ne trouve guère que dans ce type de musique. Cette ambiance western devrait ravir les amateurs du genre...
Pour un deuxième album solo, c'est donc à nouveau une réussite pour Ringo qui reviendra plus tard à un genre qu'il connaît mieux, la pop, mais qu'il ne maîtrise peut-être pas aussi bien que la country. Dommage qu'il n'ait pas tenté de percer dans cette voie.
Les morceaux à retenir : "Beaucoups of Blues", "Love don't last long", "Woman of the night", "$15 draw", "Loser's lounge".
mercredi 23 septembre 2009
Concert : Divers - Peace One Day
"Peace One Day" est un évènement créé par un philantrope britannique, Jeremy Gilley, qui voulait sauver la planète des guerres et des malheurs. Comme il a l'air riche et doté de pleins d'amis stars, il a convaincu l'ONU de lui accorder un jour de célébration par an, le 21 septembre.
Ainsi, ce jour-là a été consacré "Peace Day" (Journée de la Paix) et selon les nombreuses vidéos diffusées pendant le concert, toutes les hostilités s'arrêtent le 21 septembre pour laisser les victimes être vaccinées et soignées notamment.
C'est donc dans une ambiance "peace and love" que l'on célèbre le Peace Day chaque année par un concert. D'habitude, ça se joue à Londres parce que le créateur est anglais. Mais là, c'était les 10 ans alors il était déplacé à Paris. Chouette. Et au Grand Rex, re-chouette, car je découvrais cette grande et magnifique salle à l'ancienne de Paris avec décors orientaux tout en carton pâte.
Avant de dévoiler la succulente affiche de ce Peace One Day Concert, on va un peu décrire le déroulement de la soirée. Entre chaque partie musicale, des intervenants venaient faire leur petit speech et/ou montrer des vidéos assez courtes des actions de Peace One Day. Ainsi, nous avons eu droit à un slameur-rapeur américain, Saul Williams, qui est allé de plus en plus vite et en anglais donc super difficile à suivre, puis l'ambassadrice de Peace One Day en France, l'actrice Elsa Zylberstein, qui est revenue deux fois (la deuxième fois avec Jeremy Gilley), puis l'ambassadeur d'Afghanistan en France, et enfin l'actrice Aïssa Maïga, qu'on a déjà vu aux côtés de Romain Duris dans "Les Poupées Russes" notamment.
Côté musical, trois ou quatre morceaux interprétés par du beau monde et voici ce que j'en ai pensé :
- Kasabian : Ce sont eux qui ont fait le plus de bruit mais qui ont recueilli le moins de suffrages de la foule. Pas facile de passer en premier non plus. M'enfin, ils ne m'ont jamais vraiment tapé dans l'oeil et en live, pas de changement dans mon esprit. Ce n'est pas complètement mauvais mais ça n'a vraiment rien d'extraordinaire et je ne prends pas part du tout à l'engouement qu'il suscite depuis plusieurs années.
- Ayo. : On rentre dans le vif du sujet avec la belle métisse, fruit d'une vraie passion que je lui porte depuis un moment maintenant, vous l'avez bien compris. Evidemment, sa prestation fut courte donc frustrante. De plus, elle n'a pas vraiment chanté mes chansons préférées à part une version rallongée de "Help is coming" mélangé parfois de "Slow Slow Run Run". Sinon, elle a interprété "Better Days" et "Life is real". Performance acoustique pour la belle qui n'était accompagnée que d'un membre de Tryo aux percussions, bwah. Pas mon meilleur souvenir donc mais quoi qu'il en soit, la voir sur scène est toujours un bonheur pour moi.
- Charlie Winston : Le chouchou du public sans doute tellement il explose à l'heure actuelle. Il cartonne et c'est mérité. Ce fut la performance que j'ai préféré de cette soirée. Charlie Winston a chanté les quatre meilleures chansons de son album, soit les quatre gros tubes : "In your hand", "I love your smile", "Kick the bucket" et "Like a hobo". Je suis moins fan de cette dernière mais c'est vraiment celle qui a le plus plu au public qui n'arrêtait pas de la réclamer en sifflant l'air entre chaque morceau ! Charlie Winston a tout pour plaire : charmant, drôle et bon danseur. Une prestation parfaite.
- Olivia Ruiz : La petite chanteuse du sud était la seule artiste francophone au programme du concert. Mais elle est arrivée sans pression et a livré une jolie et énergique performance très appréciable, notamment par la présence de nombreux musiciens dont de vrais cuivres. Je ne connaissais pas la moitié des chansons qu'elle a interprété mais il y avait notamment "J'traîne des pieds", l'un de ses premiers tubes, et "Elle Panique", son dernier single qui cartonne bien. Prestation bien sympa donc.
- Keziah Jones : Très attendu lui aussi, il fut le plus décevant. Seul sur scène avec sa guitare, il est resté assis sur sa chaise le temps de quelques chansons assez similaires et ennuyeuses à mourir. Si le Nigérian maîtrise vraiment bien son instrument, il lui a manqué du charisme et de l'enthousiasme pour faire vraiment se soulever les gens. Je l'avais vu pour la première fois à Solidays où, même s'il avait été fidèle à lui-même, il ne m'avait pas vraiment accroché. Sa performance ici ne m'a plus convaincu, au contraire.
- Lenny Kravitz : La tête d'affiche de la soirée a été le plus applaudi et le plus "star". Cinq minutes de retard, trois chansons et puis s'en va. Mais pour le coup, lui a un charisme fou et une présence sur scène très puissante. Accompagné d'un super groupe (clavier extra, cuivres), il a fait parfaitement son boulot. Si ses chansons ne sont pas follement originales, il sait maîtriser une foule en délire. Toute la salle a repris le refrain de "Let love rule" en choeur avant que Lenny la star ne quitte la scène pour de bon...
Au final, même si l'esprit pacifique de la soirée n'était pas vraiment dans les têtes des spectateurs parisiens qui préféraient se délecter des vedettes de la chanson présentes sur scène, le spectacle fut varié et très appréciable. Ce fut une belle palette d'artistes à la mode et qui font de la bonne musique. La cause est juste et bonne alors merci aussi à eux pour s'être impliqués dans l'évènement. Peace !
Ainsi, ce jour-là a été consacré "Peace Day" (Journée de la Paix) et selon les nombreuses vidéos diffusées pendant le concert, toutes les hostilités s'arrêtent le 21 septembre pour laisser les victimes être vaccinées et soignées notamment.
C'est donc dans une ambiance "peace and love" que l'on célèbre le Peace Day chaque année par un concert. D'habitude, ça se joue à Londres parce que le créateur est anglais. Mais là, c'était les 10 ans alors il était déplacé à Paris. Chouette. Et au Grand Rex, re-chouette, car je découvrais cette grande et magnifique salle à l'ancienne de Paris avec décors orientaux tout en carton pâte.
Avant de dévoiler la succulente affiche de ce Peace One Day Concert, on va un peu décrire le déroulement de la soirée. Entre chaque partie musicale, des intervenants venaient faire leur petit speech et/ou montrer des vidéos assez courtes des actions de Peace One Day. Ainsi, nous avons eu droit à un slameur-rapeur américain, Saul Williams, qui est allé de plus en plus vite et en anglais donc super difficile à suivre, puis l'ambassadrice de Peace One Day en France, l'actrice Elsa Zylberstein, qui est revenue deux fois (la deuxième fois avec Jeremy Gilley), puis l'ambassadeur d'Afghanistan en France, et enfin l'actrice Aïssa Maïga, qu'on a déjà vu aux côtés de Romain Duris dans "Les Poupées Russes" notamment.
Côté musical, trois ou quatre morceaux interprétés par du beau monde et voici ce que j'en ai pensé :
- Kasabian : Ce sont eux qui ont fait le plus de bruit mais qui ont recueilli le moins de suffrages de la foule. Pas facile de passer en premier non plus. M'enfin, ils ne m'ont jamais vraiment tapé dans l'oeil et en live, pas de changement dans mon esprit. Ce n'est pas complètement mauvais mais ça n'a vraiment rien d'extraordinaire et je ne prends pas part du tout à l'engouement qu'il suscite depuis plusieurs années.
- Ayo. : On rentre dans le vif du sujet avec la belle métisse, fruit d'une vraie passion que je lui porte depuis un moment maintenant, vous l'avez bien compris. Evidemment, sa prestation fut courte donc frustrante. De plus, elle n'a pas vraiment chanté mes chansons préférées à part une version rallongée de "Help is coming" mélangé parfois de "Slow Slow Run Run". Sinon, elle a interprété "Better Days" et "Life is real". Performance acoustique pour la belle qui n'était accompagnée que d'un membre de Tryo aux percussions, bwah. Pas mon meilleur souvenir donc mais quoi qu'il en soit, la voir sur scène est toujours un bonheur pour moi.
- Charlie Winston : Le chouchou du public sans doute tellement il explose à l'heure actuelle. Il cartonne et c'est mérité. Ce fut la performance que j'ai préféré de cette soirée. Charlie Winston a chanté les quatre meilleures chansons de son album, soit les quatre gros tubes : "In your hand", "I love your smile", "Kick the bucket" et "Like a hobo". Je suis moins fan de cette dernière mais c'est vraiment celle qui a le plus plu au public qui n'arrêtait pas de la réclamer en sifflant l'air entre chaque morceau ! Charlie Winston a tout pour plaire : charmant, drôle et bon danseur. Une prestation parfaite.
- Olivia Ruiz : La petite chanteuse du sud était la seule artiste francophone au programme du concert. Mais elle est arrivée sans pression et a livré une jolie et énergique performance très appréciable, notamment par la présence de nombreux musiciens dont de vrais cuivres. Je ne connaissais pas la moitié des chansons qu'elle a interprété mais il y avait notamment "J'traîne des pieds", l'un de ses premiers tubes, et "Elle Panique", son dernier single qui cartonne bien. Prestation bien sympa donc.
- Keziah Jones : Très attendu lui aussi, il fut le plus décevant. Seul sur scène avec sa guitare, il est resté assis sur sa chaise le temps de quelques chansons assez similaires et ennuyeuses à mourir. Si le Nigérian maîtrise vraiment bien son instrument, il lui a manqué du charisme et de l'enthousiasme pour faire vraiment se soulever les gens. Je l'avais vu pour la première fois à Solidays où, même s'il avait été fidèle à lui-même, il ne m'avait pas vraiment accroché. Sa performance ici ne m'a plus convaincu, au contraire.
- Lenny Kravitz : La tête d'affiche de la soirée a été le plus applaudi et le plus "star". Cinq minutes de retard, trois chansons et puis s'en va. Mais pour le coup, lui a un charisme fou et une présence sur scène très puissante. Accompagné d'un super groupe (clavier extra, cuivres), il a fait parfaitement son boulot. Si ses chansons ne sont pas follement originales, il sait maîtriser une foule en délire. Toute la salle a repris le refrain de "Let love rule" en choeur avant que Lenny la star ne quitte la scène pour de bon...
Au final, même si l'esprit pacifique de la soirée n'était pas vraiment dans les têtes des spectateurs parisiens qui préféraient se délecter des vedettes de la chanson présentes sur scène, le spectacle fut varié et très appréciable. Ce fut une belle palette d'artistes à la mode et qui font de la bonne musique. La cause est juste et bonne alors merci aussi à eux pour s'être impliqués dans l'évènement. Peace !
mardi 15 septembre 2009
Concert : Coldplay - Parc des Princes
Un an après, voilà Coldplay de retour à Paris et je ne pouvais les manquer pour rien au monde.
Leur succès ne se dément pas, surtout depuis le dernier album et les voilà désormais prêts à remplir des stades. Pas encore le Stade de France mais le Parc, c'est pas mal ! J'y avais vu les Red Hot Chili Peppers, souvenir correct.
Là, j'étais tout au bout, en haut, à l'opposé de la scène, juste en face. Autant dire que vu la superficie du machin, les écrans géants m'ont bien aidé... Plus de place en fosse, eh ouais...
Bref, j'ai raté la première première partie, Bat for Lashes, mais j'ai vu la fin de la seconde, les Flaming Lips, très flamboyant et coloré mais musicalement, pas non plus un grand souvenir.
Puis le concert... ah... enfin... Well, depuis un an, leur tournée ne s'est pas arrêtée donc en fait, on a eu le droit au même show quasiment que celui de Bercy, en plus grand. Je vous invite ainsi à aller lire mon post à ce sujet.
Des choses ont un peu changé dans ma perception tout de même. J'aime encore mieux les nombreuses chansons du nouvel album qui ont été jouées. Autrement "Viva la vida" cartonne toujours plus, "The hardest part" est toujours le moment le plus beau du concert... Le groupe reste incroyablement généreux et énergique, ça fait plaisir.
Sur la petite scène qu'ils ont placé dans un coin de la fosse, ils ont ajouté une splendide reprise de "Billie Jean" à leur répertoire. Et en bonus, on a eu le droit à un CD offert, reprenant qques titres live bien foutus.
Sinon, c'était pile poil pareil donc, mais c'était du tout bon. Coldplay est désormais un des plus grands groupes mondiaux et confirme après chaque concert sa puissance dévastatrice... pour notre plus grand bonheur, heureusement.
Leur succès ne se dément pas, surtout depuis le dernier album et les voilà désormais prêts à remplir des stades. Pas encore le Stade de France mais le Parc, c'est pas mal ! J'y avais vu les Red Hot Chili Peppers, souvenir correct.
Là, j'étais tout au bout, en haut, à l'opposé de la scène, juste en face. Autant dire que vu la superficie du machin, les écrans géants m'ont bien aidé... Plus de place en fosse, eh ouais...
Bref, j'ai raté la première première partie, Bat for Lashes, mais j'ai vu la fin de la seconde, les Flaming Lips, très flamboyant et coloré mais musicalement, pas non plus un grand souvenir.
Puis le concert... ah... enfin... Well, depuis un an, leur tournée ne s'est pas arrêtée donc en fait, on a eu le droit au même show quasiment que celui de Bercy, en plus grand. Je vous invite ainsi à aller lire mon post à ce sujet.
Des choses ont un peu changé dans ma perception tout de même. J'aime encore mieux les nombreuses chansons du nouvel album qui ont été jouées. Autrement "Viva la vida" cartonne toujours plus, "The hardest part" est toujours le moment le plus beau du concert... Le groupe reste incroyablement généreux et énergique, ça fait plaisir.
Sur la petite scène qu'ils ont placé dans un coin de la fosse, ils ont ajouté une splendide reprise de "Billie Jean" à leur répertoire. Et en bonus, on a eu le droit à un CD offert, reprenant qques titres live bien foutus.
Sinon, c'était pile poil pareil donc, mais c'était du tout bon. Coldplay est désormais un des plus grands groupes mondiaux et confirme après chaque concert sa puissance dévastatrice... pour notre plus grand bonheur, heureusement.
dimanche 30 août 2009
Concert : Divers - Rock en Seine 2009
Le festival parisien propose chaque année une affiche assez alléchante avec des groupes connus et donc attirants mais je n'avais encore jamais eu l'occasion d'y mettre les pieds. Manque de temps, d'argent... Oui parce que déjà, c'est un peu cher. 99 Euros les trois jours, ce n'est pas donné. Evidemment, c'est honnête compte tenu des nombreux concerts qui ont lieu mais si l'on est intéressé que par qques groupes et qu'en plus, ce sont des shows de seulement 1h, ça glace tout de suite un peu.
C'était mon cas cette année où The Offspring et MGMT m'intéressaient beaucoup mais ils étaient les seuls de leur journée (samedi et dimanche) alors bof, non, tant pis. Je me suis donc rabattu sur le vendredi, le meilleur jour selon avec plusieurs groupes qui me bottaient bien.
Concernant l'environnement, il est vert, c'est bien mais proche de la forêt alors c'est très touffu et feuillu donc pas terrible pour le sol. Ce n'est que détail certes. Mais l'emplacement n'est pas loin des transports donc un point positif pour compenser. Je m'attendais à un évènement au moins aussi grand que Solidays et en fait, pas vraiment. On a vite l'impression que c'est plus petit, il n'y a que trois scènes dont deux très rapprochées, ce qui empêche pas mal de concerts de se dérouler en même temps. Du coup, ben on poireaute pas mal quand il n'y a rien d'intéressant à se mettre sous la dent. En plus, les concerts ne s'enchaînent pas vraiment bien, trop de moments de latences donc.
Ce vendredi, je voulais débuter en assistant à la prestation de Just Jack mais trop de retard donc tant pis... Mais j'ai vu d'autres choses que voici :
- Keane : J'aime bien ce groupe et son chanteur potelé qui fait de la pop bien huilée malgré l'absence de guitares. Mais là il y en avait un peu et c'est bien le chanteur qui la tenait, de temps en temps. A les écouter, ils ressemblent quand même à des cousins du Coldplay du début, en plus classiques. Leurs chansons sont bonnes mais il est vrai qu'il a eu beau se démener, le chanteur a eu beaucoup de mal à soulever la foule qui reprenait vraiment très timidement ses paroles. Dommage parce qu'ils méritaient mieux. Une prestation solide et convaincante mais de seulement 45 minutes et ça, c'est vraiment lamentable. C'est quoi ce festival ?
Après j'ai écouté les rappeurs d'Asher Roth d'une oreille et c'était pas trop mal.
- Amy Macdonald : Je ne comptais pas non plus m'attarder avec la jeune Ecossaise mais finalement, ce fut une bonne surprise. Je ne connaissais qu'une ou deux chansons de la Miss et le reste fut plutôt bon avec des morceaux souvent bien rythmés et variés. Elle et son groupe ont la pêche et son accent écossais est vraiment super craquant. Son look de fausse blonde en robe paillette détonait beaucoup car ça n'allait pas du tout avec ce qu'elle chantait (folk pop) mais pourquoi pas ? Un bon point pour elle.
- Madness : Les maîtres du rock steady britannique ont donné la plus belle prestation que j'ai pu voir de la journée. Bien entendu, je ne connaissais que qques fameux titre de cet orchestre très cuivré mais le reste fut splendide. Le show fut vraiment magique avec un chanteur parfait meneur de revue, qui s'exprimait de manière poétique voire un peu mystérieuse. Il lançait ses chansons de manière original et s'est même fendu du premier couplet de "Help !" a cappella. Ses musiciens étaient tous géniaux dont plusieurs saxophonistes fous dont un a fini dans les airs, accroché à un élastique. Bref, un show du feu de dieu qui a mis la foule en extase. De "One step beyond" à "Our House" en passant par "Baggy trousers" ou une reprise de Max Romeo, tout le monde a pris son pied avec joie.
- Bloc Party : Ils ont tout de suite donné le ton en annonçant qu'ils ne permettraient pas au public de partir voir Oasis. Alors c'est parti sur les chapeaux de roue avec beaucoup de son et comme d'habitude, on n'entendait pas assez la voix du chanteur. Mais qu'importe, ils sont toujours aussi efficaces avec d'excellents musiciens, notamment le batteur qui, même s'il ressemble toujours à un geek de 15 ans, assure comme un chef derrière ses fûts.
Comme tout bon lâcheur, je n'ai pas vu parce que oui, j'attendais l'évènement Oasis... Mais ça a mal tourné et j'ai malheureusement assisté à un fait historique : la séparation des frères Gallagher. C'était déjà très inquiétant car à 22h, heure du concert, les roadies plaçaient à peine les instruments... Bon... du retard, ok, comme d'hab'. Puis une voix dans le noir, qui annonce que le concert est annulé, que les deux frères ennemis se sont battus dans les loges, qu'ils se séparent... Incroyable... Une blague ? Tout le monde y a cru, s'attendant à voir débarquer le groupe sur scène pour faire la surprise. Mais non, le speaker a répété l'annonce en anglais puis cela a été affiché sur les écrans aux côtés de la scène. Une bagarre, une guitare cassée, un retard, et le ras le bol de Noel quant à bosser avec son frère. C'est fini Oasis. Cela est déjà arrivé par le passé alors espérons que l'on ait assisté seulement à un épisode fâcheux de plus de leur histoire mouvementée mais tellement talentueuse. La poisse pour un festival qui a déjà perdu sa tête d'affiche (Amy Winehouse) au dernier moment deux fois de suite déjà dans le passé !
Madness a fini par remplacer les frères fâchés pour un show similaire au précédent mais j'étais déjà loin, sans plus aucun espoir. Au final, l'impression est donc bien mitigée. L'absence d'Oasis pèse évidemment beaucoup dans mon opinion mais le reste aussi. Ma journée ne fut pas perdue grâce aux éclaircies de Madness et Keane notamment mais le reste ne m'a pas totalement enchantée donc bon, on espère y revenir avec plus de convictions la prochaine fois.
C'était mon cas cette année où The Offspring et MGMT m'intéressaient beaucoup mais ils étaient les seuls de leur journée (samedi et dimanche) alors bof, non, tant pis. Je me suis donc rabattu sur le vendredi, le meilleur jour selon avec plusieurs groupes qui me bottaient bien.
Concernant l'environnement, il est vert, c'est bien mais proche de la forêt alors c'est très touffu et feuillu donc pas terrible pour le sol. Ce n'est que détail certes. Mais l'emplacement n'est pas loin des transports donc un point positif pour compenser. Je m'attendais à un évènement au moins aussi grand que Solidays et en fait, pas vraiment. On a vite l'impression que c'est plus petit, il n'y a que trois scènes dont deux très rapprochées, ce qui empêche pas mal de concerts de se dérouler en même temps. Du coup, ben on poireaute pas mal quand il n'y a rien d'intéressant à se mettre sous la dent. En plus, les concerts ne s'enchaînent pas vraiment bien, trop de moments de latences donc.
Ce vendredi, je voulais débuter en assistant à la prestation de Just Jack mais trop de retard donc tant pis... Mais j'ai vu d'autres choses que voici :
- Keane : J'aime bien ce groupe et son chanteur potelé qui fait de la pop bien huilée malgré l'absence de guitares. Mais là il y en avait un peu et c'est bien le chanteur qui la tenait, de temps en temps. A les écouter, ils ressemblent quand même à des cousins du Coldplay du début, en plus classiques. Leurs chansons sont bonnes mais il est vrai qu'il a eu beau se démener, le chanteur a eu beaucoup de mal à soulever la foule qui reprenait vraiment très timidement ses paroles. Dommage parce qu'ils méritaient mieux. Une prestation solide et convaincante mais de seulement 45 minutes et ça, c'est vraiment lamentable. C'est quoi ce festival ?
Après j'ai écouté les rappeurs d'Asher Roth d'une oreille et c'était pas trop mal.
- Amy Macdonald : Je ne comptais pas non plus m'attarder avec la jeune Ecossaise mais finalement, ce fut une bonne surprise. Je ne connaissais qu'une ou deux chansons de la Miss et le reste fut plutôt bon avec des morceaux souvent bien rythmés et variés. Elle et son groupe ont la pêche et son accent écossais est vraiment super craquant. Son look de fausse blonde en robe paillette détonait beaucoup car ça n'allait pas du tout avec ce qu'elle chantait (folk pop) mais pourquoi pas ? Un bon point pour elle.
- Madness : Les maîtres du rock steady britannique ont donné la plus belle prestation que j'ai pu voir de la journée. Bien entendu, je ne connaissais que qques fameux titre de cet orchestre très cuivré mais le reste fut splendide. Le show fut vraiment magique avec un chanteur parfait meneur de revue, qui s'exprimait de manière poétique voire un peu mystérieuse. Il lançait ses chansons de manière original et s'est même fendu du premier couplet de "Help !" a cappella. Ses musiciens étaient tous géniaux dont plusieurs saxophonistes fous dont un a fini dans les airs, accroché à un élastique. Bref, un show du feu de dieu qui a mis la foule en extase. De "One step beyond" à "Our House" en passant par "Baggy trousers" ou une reprise de Max Romeo, tout le monde a pris son pied avec joie.
- Bloc Party : Ils ont tout de suite donné le ton en annonçant qu'ils ne permettraient pas au public de partir voir Oasis. Alors c'est parti sur les chapeaux de roue avec beaucoup de son et comme d'habitude, on n'entendait pas assez la voix du chanteur. Mais qu'importe, ils sont toujours aussi efficaces avec d'excellents musiciens, notamment le batteur qui, même s'il ressemble toujours à un geek de 15 ans, assure comme un chef derrière ses fûts.
Comme tout bon lâcheur, je n'ai pas vu parce que oui, j'attendais l'évènement Oasis... Mais ça a mal tourné et j'ai malheureusement assisté à un fait historique : la séparation des frères Gallagher. C'était déjà très inquiétant car à 22h, heure du concert, les roadies plaçaient à peine les instruments... Bon... du retard, ok, comme d'hab'. Puis une voix dans le noir, qui annonce que le concert est annulé, que les deux frères ennemis se sont battus dans les loges, qu'ils se séparent... Incroyable... Une blague ? Tout le monde y a cru, s'attendant à voir débarquer le groupe sur scène pour faire la surprise. Mais non, le speaker a répété l'annonce en anglais puis cela a été affiché sur les écrans aux côtés de la scène. Une bagarre, une guitare cassée, un retard, et le ras le bol de Noel quant à bosser avec son frère. C'est fini Oasis. Cela est déjà arrivé par le passé alors espérons que l'on ait assisté seulement à un épisode fâcheux de plus de leur histoire mouvementée mais tellement talentueuse. La poisse pour un festival qui a déjà perdu sa tête d'affiche (Amy Winehouse) au dernier moment deux fois de suite déjà dans le passé !
Madness a fini par remplacer les frères fâchés pour un show similaire au précédent mais j'étais déjà loin, sans plus aucun espoir. Au final, l'impression est donc bien mitigée. L'absence d'Oasis pèse évidemment beaucoup dans mon opinion mais le reste aussi. Ma journée ne fut pas perdue grâce aux éclaircies de Madness et Keane notamment mais le reste ne m'a pas totalement enchantée donc bon, on espère y revenir avec plus de convictions la prochaine fois.
samedi 22 août 2009
Paul & Linda McCartney - Ram (1971)
Le second album solo de Paul McCartney est paru à peine un an après le premier, démontrant toujours plus l'aspect prolifique de l'ex-Beatle. Ici, il crédite sa femme, Linda, comme auteur de l'album parce qu'elle aurait participé activement à l'écriture des chansons, mais aussi pour sa participation musicale (dans les choeurs surtout).
Avec "Ram", McCartney continue sa route post-Beatles en restant très roots. A l'image du diptyque "Plastic Ono Band-Imagine" de Lennon, le second étant une suite "orchestrée" du premier, on peut également voir une certaine continuité entre les deux premiers albums solos de Paul.
Comme pour Lennon, l'orchestration a été beaucoup plus travaillée ici. Mais "McCartney" était aussi beaucoup plus expérimental que "Plastic Ono Band" et "Ram" représente alors un véritable album avec douze chansons tout de même largement plus complètes que sur l'album précédent.
McCartney a donc continué à s'isoler dans sa ferme écossaise pour produire cette oeuvre avant de s'envoler pour New-York afin de l'enregistrer. Cette fois-ci, il n'a pas tout fait tout seul puisqu'il a recruté le batteur Denny Seiwell (futur Wings) et les guitaristes David Spinozza (qui collaborera peu de temps après avec Lennon et Ono) et Hugh McCraken (qui jouera avec de nombreux artistes au cours de sa carrière). Paul et Linda assure seuls la production.
"Ram" va vraiment lancer la carrière solo de McCartney, tout comme "Imagine" pour Lennon. Et cet album va faire particulièrement parler de lui. Sa qualité est indéniable, la touche McCartney est très présente et les Beatles ne sont pas très loin. Cependant, ce n'est que récemment que l'album a fait l'objet d'un véritable come-back sur la scène médiatique avec la presse rock le resortant des archives pour en faire l'éloge. "Ram" est alors devenu le chef d'oeuvre oublié de Paul McCartney dont on a retenu en solo que "Band on the run" ou presque.
Il fera aussi parler de lui au moment présent de l'époque puisque Lennon s'acharnera dessus avec véhémence. J'ai chroniqué "Imagine" avant "Ram" et pourtant c'est bien ce dernier qui est sorti en premier. Et dans "Imagine", Lennon répond furieusement à McCartney, se croyant insulté par son ex-compère. On en parlera dans le détail des chansons.
Lennon se vengera en chanson mais également visuellement. En effet, sur "Imagine", on trouve au dos une photo d'un John hilare en train de tirer les oreilles d'un énorme porc. Il parodiait avec facétie la pochette de "Ram" où l'on voit Paul en train de tenir un bélier (ram en anglais) par les cornes... Le packaging de l'album est très roots, à l'image du contenu. Il y a donc cette photo de couverture et tout autour, le fond, les côtés, sont coloriés, tendance orangée. Très enfantin. A l'intérieur, Il y a un patchwork coloré avec des photos de Paul surtout, dans diverses situations dont en studio. A l'arrière, du coloriage à nouveau et deux photos, l'une de Paul en famille, l'autre de deux scarabées en train de copuler, sans doute une allusion coquine aux Beatles... Les photos sont signées Linda, et les coloriages sont de Paul. Mouais.
"Ram" est assurément l'un des meilleurs albums solo de Paul McCartney, et en voici les chansons :
- "Too many people" (McCartney) : Première chanson de l'album avec d'ors-et-déjà un message fort, adressé à son vieux frère John. C'est l'une de celles que j'aime le moins parce que trop déstructurée, avec des petits bouts différents collés ça et là. Les parties vocales ne sont pas toujours très convaincantes. Musicalement, c'est mieux mais le premier solo de guitare est mou et raté, le second n'est pas vraiment plus réussi. Et la fin est complètement désordonnée. Mais au moins on sent bien que Paul a qque chose à faire passer. Ici, c'est une leçon qu'il veut donner à John notamment. Les paroles sont assez mystérieuses; Paul répétant ce "Too many people" (trop de gens) faisant ceci ou cela, indiquant cela comme un reproche. Et notamment prêchant la bonne parole comme John et Yoko. Il s'adresse sans doute à son ex-compère également quand il lui dit qu'il a eu de la chance mais qu'il a préféré s'en séparer. Je ne pourrais analyser chaque vers mais si littéralement, il n'y ni queue ni tête dans ce morceau, il y a assurément beaucoup de messages codés envers ses ex-compères et autres ennemis de Paul à cette époque. C'est ainsi une entame assez puissante, surtout concernant le texte, mais qui reste encore pas totalement aboutie selon moi.
- "3 legs" (McCartney) : ça se calme tout de suite après avec un petit blues tout mignon. Vocalement, c'est intéressant avec des choeurs toujours bien sentis et Paul chantant tantôt sous vocoder, tantôt de sa voix naturelle. Musicalement, c'est très simple, suivant le schéma classique d'un blues. Côté texte, Lennon s'est encore senti visé mais rien n'est moins sûr. Paul parle de son chien qui n'a que trois pattes et qui ne peut pas courir. Jusque là, rien de très insultant mais après il chante "Quand je pensais que tu étais mon ami / Quand je pensais que je pouvais t'appeler mon ami / Tu m'as laissé tomber". Et après il parle de mouches... Encore un texte à message, beaucoup plus métaphorique et poétique, qui sent bon la ruralité. Mais s'adressait-il à John ? Telle est la question... Loin d'être ma chanson préférée également. Cela ne commence pas très fort mais Paulo va vite se rattraper.
- "Ram on" (McCartney) : McCartney abandonne un peu ses rancoeurs et s'envole dans ce qu'il sait faire de mieux : un petit orchestre, du lyrisme, de l'amour et de la poésie... Chanson patchwork, on entend de tout, du piano, des dialogues, du ukulélé (avant George !), des choeurs sublimes, un sifflement... et un Paul chantant merveilleusement bien l'amour si cela en est. Il indique à qqu'un de donner son coeur à qqu'un d'autre. Un texte court mais dense en mystère... Ce morceau est un petit moment de bonheur tout simplement, une histoire de collage superbement mise en musique par McCartney. Du grand art.
- "Dear boy" (Paul & Linda McCartney) : Le lyrisme continue ici avec la première chanson vraiment bien finalisée de l'album, les précédentes possédant encore un petit côté bricolage. Ici, nous avons un morceau de pop pur, magnifique aussi bien vocalement (au vocoder avec des choeurs à tomber) et musicalement. C'est très homogène du début à la fin. Lennon a encore tiqué ici mais c'est beaucoup moins clair. L'auteur s'adresse à un jeune homme qui aurait manqué sa chance avec une fille et lui indique combien il a fait une erreur : "Je pense que tu n'as jamais remarqué, mon garçon, ce que tu avais trouvé / Je pense que tu n'as jamais remarqué qu'elle était juste la chose la plus mignonne qui soit / Je pense que tu n'as jamais remarqué ce que tu avais trouvé, mon garçon". C'est de toute beauté, un Paul imbattable ici, l'une de ses plus belles chansons. D'une durée de seulement 2 minutes.
- "Uncle Albert/Admiral Halsey" (Paul & Linda McCartney) : Une autre pièce maîtresse de "Ram" que ce petit medley concocté aux petits oignons. McCartney en a réalisé plusieurs durant sa carrière, commençant avec les Beatles (A Day in the Life, le medley d'Abbey Road) et poursuivant cette expérimentation en solo. Reprenant la bonne vieille sauce anglaise avec une ambiance à l'ancienne, Paul crée un véritable conte féérique de près de 5 minutes. Il y a donc ces deux personnages dans le texte. D'abord l'oncle Albert qui a l'air d'un vieux gâteux qu'on essaye de rassurer. Puis l'amiral Halsey intervient peu après. Encore un texte rempli de nonsense mais sur une orchestration divine et des choeurs enchanteurs. On passe d'une ambiance de manière très fluide. Totalement jouissif !
- "Smile away" (McCartney) : Comme d'habitude avec Paul, chaque morceau est unique et nous plonge dans une atmosphère différente du précédent. Ici, on retourne au rock roots sur une base assez classique mais tout à fait plaisante. McCartney prend sa grosse voix, sur des choeurs entêtants et tout charmants, et fait bouger tout le monde. Le texte est simple mais très comique. L'auteur raconte qu'il se baladait un jour dans la rue et qu'il a rencontré un ami qui lui a dit successivement qu'il puait des pieds, de l'haleine et des dents... Je ne sais pas qui dit "Smile away" à l'autre mais c'est viril. Musicalement, c'est très fourni et c'est très bon, avec un solo de guitare très sympa. On a souvent critiqué McCartney quand il se mettait à faire du rock mais là, il s'en sort très bien.
- "Heart of the country" (Paul & Linda McCartney) : Un autre bijou de "Ram" assurément. Avec le rock roots, voici une petite chanson folk, aux accents très rustiques. On sent bien Paul dans sa ferme écossaise en train d'enregistrer ce morceau. Il y chante merveilleusement bien les joies simples de la campagne. Le narrateur y cherche une maison et explique de manière poétique pourquoi. C'est court, épuré et efficace. Une merveille avec juste une guitare et une basse...
- "Monkberry moon delight" (Paul & Linda McCartney) : Et là encore, on passe de la simplicité même à la lourdeur symphonique. Lourd mais bon. Lourd comme l'ambiance heavy psychédélique de ce morceau incroyable. Paul change à nouveau de registre vocal, forçant ici un maximum sur les basses. C'est une chanson atypique une nouvelle fois, reposant sur un texte complètement foutraque mélangeant nourriture et instruments de musique. Paul est au sommet de sa forme et les choeurs évoquent déjà les futurs Wings (comme dans les précédentes chansons d'ailleurs). On apprécie la fin qui part en improvisation.
- "Eat at home" (Paul & Linda McCartney) : Retour à une petite chanson toute mignonne avec texte simplissime ("Chéri, viens manger à la maison") et rengaine imperturbable. Pas le morceau le plus difficile que McCartney ait eu à composer, dans la lignée de tout ces petites pièces faciles qu'il a composé tout au long de sa carrière pour remplir ses albums. Cela n'est pas forcément péjoratif que de dire cela car ceux-ci sont au moins efficaces bien que souvent anecdotiques. "Eat at home" est bien sympatoche, petit rock rythmé avec Linda aux choeurs, mais pas super renversant non plus.
- "Long haired lady" (Paul & Linda McCartney) : Un morceau déjà très Wings avec beaucoup de choeurs "naïfs", un peu enfantins. Paul rend sans doute ici hommage à sa belle avec un texte où il évoque une dame aux cheveux longs et aux yeux brillants. L'ambiance est très folk mais change ici aussi plusieurs fois de tons, notamment avec la partie "Love is long", sorte de refrain à part, chanté de manière répétitive. Mais l'amour reste au centre de la chanson. C'est un peu sans queue ni tête mais ça passe bien quand même avec une fin à la "Hey Jude" où l'orchestre monte petit à petit en puissance afin de s'éteindre.
- "Ram on" (McCartney) : Cela va devenir le petit jeu de McCartney, ajouter plus loin dans l'album une petite reprise alternative d'un morceau déjà entendu. Cela avait commencé avec Sgt Pepper. "Ram on" deuxième partie, petit intermède musical très court mais toujours très mignon avant d'arriver à la fin.
- "The back seat of my car" (McCartney) : McCartney clôt son album avec une chanson puissante et mélancolique à la fois, comme il a l'habitude de faire. Sa composition aurait début sous l'ère Beatles. Dans le sillage de "Oh Darling !", ou encore "Maybe I'm amazed" mais en plus léger tout de même, voici un morceau très réussi que John aurait encore pris pour lui. Le narrateur parle d'un voyage effectué avec sa petite amie, en route pour Mexico et écoutant de la musique. Tout n'est pas très clair mais cela finit par un refrain "we believe that we can't be wrong" (On croit que l'on ne peut avoir tort) sur lequel Lennon aurait tiqué. Ces deux amants ont fait qque chose de mal mais ne s'en rendent pas compte... Une chanson chorale pour clore un album déjà bien riche.
- "Another day"* (Paul & Linda McCartney) : En bonus sur l'album réédité, les deux chansons du single sorti entre "McCartney" et "Ram". Face A, nous trouvons cette adorable mélodie qui cache un texte assez triste. La chanson est à ranger dans le registre de celles où McCartney raconte une véritable histoire, souvent remplie de spleen. Ici, c'est celle d'une jeune femme au quotidien routinier et solitaire. Le jour où elle rencontre l'homme de sa vie, il la quitte le lendemain... Cela contraste donc particulièrement avec le rythme presque enjoué de la mélodie, absolument efficace. Mais Lennon s'en moquera dans "How do you sleep ?" en raillant le fait qu'il n'aurait composé que cette chanson de bien depuis "Yesterday". Méchant car McCartney ne rate pas sa cible ici avec un morceau vraiment réussi, très bon choix de single.
- "Oh Woman, oh why"* (McCartney) : Et une face B tout à fait honorable avec un rock roots, dans le même registre que "Smile away". McCartney fait encore état de tout son magnifique registre vocal ici, allant loin dans le raclage de gorge et les aigüs. Comme tout bon rock, le texte est simple. Le narrateur s'inquiète de voir sa bien-aimée avec une arme, lui demande pourquoi et tente de la faire culpabiliser. Mais on entend les coups de feu à la fin ! Musicalement, c'est fort, le rythme est bon, alternant lenteur et un peu plus de rapidité. Et bien entendu, on trouve déjà qques choeurs à la Wings.
Avec "Ram", les Wings sont indéniablement en route. McCartney offre toute sa palette de génie. Cela passe par ces orchestrations magnifiques, ces choeurs caractéristiques et toutes ces couleurs différentes, uniques à chaque morceau. C'est un festival de pop, de rock, de folk, tout y passe. McCartney règle ses comptes de manière détournée mais préfère se concentrer sur les plaisirs de la vie à deux et en famille. C'est une époque assez dure pour lui où il devait affronter les trois autres en procès et en prenait plein la tête dans cette position isolée. Malgré tout, il sort un album fort et rempli de fraîcheur simple.
Si "McCartney" était une bonne ébauche, "Ram", pas complètement fini non plus, apporte une énorme pierre au futur édifice construit par l'ex-Beatles en mal de reconnaissance. McCartney n'a jamais eu besoin d'être sur le devant de la scène pour faire des choses splendides et là, il réussit un coup de maître, rattrapant largement ses ex-camarades en termes de qualité.
"Ram" foisonne de belles choses, de tout ce qui fait Paul McCartney. Il est juste intouchable et inimitable, réussissant ce tour de bravoure quasiment à lui tout seul. L'artiste concentre tout ce qu'il y a de mieux en musique pop en lui-même. Si tout n'est pas parfait non plus, il a déjà une sérieuse avance sur tout le reste. "Ram" se situe exactement entre les Beatles et les Wings, une superbe transition.
Les morceaux à retenir : "Ram on", "Dear boy", "Uncle Albert/Admiral Halsey", "Smile away", "Heart of the country", "Monkberry moon delight", "The back seat of my car".
Avec "Ram", McCartney continue sa route post-Beatles en restant très roots. A l'image du diptyque "Plastic Ono Band-Imagine" de Lennon, le second étant une suite "orchestrée" du premier, on peut également voir une certaine continuité entre les deux premiers albums solos de Paul.
Comme pour Lennon, l'orchestration a été beaucoup plus travaillée ici. Mais "McCartney" était aussi beaucoup plus expérimental que "Plastic Ono Band" et "Ram" représente alors un véritable album avec douze chansons tout de même largement plus complètes que sur l'album précédent.
McCartney a donc continué à s'isoler dans sa ferme écossaise pour produire cette oeuvre avant de s'envoler pour New-York afin de l'enregistrer. Cette fois-ci, il n'a pas tout fait tout seul puisqu'il a recruté le batteur Denny Seiwell (futur Wings) et les guitaristes David Spinozza (qui collaborera peu de temps après avec Lennon et Ono) et Hugh McCraken (qui jouera avec de nombreux artistes au cours de sa carrière). Paul et Linda assure seuls la production.
"Ram" va vraiment lancer la carrière solo de McCartney, tout comme "Imagine" pour Lennon. Et cet album va faire particulièrement parler de lui. Sa qualité est indéniable, la touche McCartney est très présente et les Beatles ne sont pas très loin. Cependant, ce n'est que récemment que l'album a fait l'objet d'un véritable come-back sur la scène médiatique avec la presse rock le resortant des archives pour en faire l'éloge. "Ram" est alors devenu le chef d'oeuvre oublié de Paul McCartney dont on a retenu en solo que "Band on the run" ou presque.
Il fera aussi parler de lui au moment présent de l'époque puisque Lennon s'acharnera dessus avec véhémence. J'ai chroniqué "Imagine" avant "Ram" et pourtant c'est bien ce dernier qui est sorti en premier. Et dans "Imagine", Lennon répond furieusement à McCartney, se croyant insulté par son ex-compère. On en parlera dans le détail des chansons.
Lennon se vengera en chanson mais également visuellement. En effet, sur "Imagine", on trouve au dos une photo d'un John hilare en train de tirer les oreilles d'un énorme porc. Il parodiait avec facétie la pochette de "Ram" où l'on voit Paul en train de tenir un bélier (ram en anglais) par les cornes... Le packaging de l'album est très roots, à l'image du contenu. Il y a donc cette photo de couverture et tout autour, le fond, les côtés, sont coloriés, tendance orangée. Très enfantin. A l'intérieur, Il y a un patchwork coloré avec des photos de Paul surtout, dans diverses situations dont en studio. A l'arrière, du coloriage à nouveau et deux photos, l'une de Paul en famille, l'autre de deux scarabées en train de copuler, sans doute une allusion coquine aux Beatles... Les photos sont signées Linda, et les coloriages sont de Paul. Mouais.
"Ram" est assurément l'un des meilleurs albums solo de Paul McCartney, et en voici les chansons :
- "Too many people" (McCartney) : Première chanson de l'album avec d'ors-et-déjà un message fort, adressé à son vieux frère John. C'est l'une de celles que j'aime le moins parce que trop déstructurée, avec des petits bouts différents collés ça et là. Les parties vocales ne sont pas toujours très convaincantes. Musicalement, c'est mieux mais le premier solo de guitare est mou et raté, le second n'est pas vraiment plus réussi. Et la fin est complètement désordonnée. Mais au moins on sent bien que Paul a qque chose à faire passer. Ici, c'est une leçon qu'il veut donner à John notamment. Les paroles sont assez mystérieuses; Paul répétant ce "Too many people" (trop de gens) faisant ceci ou cela, indiquant cela comme un reproche. Et notamment prêchant la bonne parole comme John et Yoko. Il s'adresse sans doute à son ex-compère également quand il lui dit qu'il a eu de la chance mais qu'il a préféré s'en séparer. Je ne pourrais analyser chaque vers mais si littéralement, il n'y ni queue ni tête dans ce morceau, il y a assurément beaucoup de messages codés envers ses ex-compères et autres ennemis de Paul à cette époque. C'est ainsi une entame assez puissante, surtout concernant le texte, mais qui reste encore pas totalement aboutie selon moi.
- "3 legs" (McCartney) : ça se calme tout de suite après avec un petit blues tout mignon. Vocalement, c'est intéressant avec des choeurs toujours bien sentis et Paul chantant tantôt sous vocoder, tantôt de sa voix naturelle. Musicalement, c'est très simple, suivant le schéma classique d'un blues. Côté texte, Lennon s'est encore senti visé mais rien n'est moins sûr. Paul parle de son chien qui n'a que trois pattes et qui ne peut pas courir. Jusque là, rien de très insultant mais après il chante "Quand je pensais que tu étais mon ami / Quand je pensais que je pouvais t'appeler mon ami / Tu m'as laissé tomber". Et après il parle de mouches... Encore un texte à message, beaucoup plus métaphorique et poétique, qui sent bon la ruralité. Mais s'adressait-il à John ? Telle est la question... Loin d'être ma chanson préférée également. Cela ne commence pas très fort mais Paulo va vite se rattraper.
- "Ram on" (McCartney) : McCartney abandonne un peu ses rancoeurs et s'envole dans ce qu'il sait faire de mieux : un petit orchestre, du lyrisme, de l'amour et de la poésie... Chanson patchwork, on entend de tout, du piano, des dialogues, du ukulélé (avant George !), des choeurs sublimes, un sifflement... et un Paul chantant merveilleusement bien l'amour si cela en est. Il indique à qqu'un de donner son coeur à qqu'un d'autre. Un texte court mais dense en mystère... Ce morceau est un petit moment de bonheur tout simplement, une histoire de collage superbement mise en musique par McCartney. Du grand art.
- "Dear boy" (Paul & Linda McCartney) : Le lyrisme continue ici avec la première chanson vraiment bien finalisée de l'album, les précédentes possédant encore un petit côté bricolage. Ici, nous avons un morceau de pop pur, magnifique aussi bien vocalement (au vocoder avec des choeurs à tomber) et musicalement. C'est très homogène du début à la fin. Lennon a encore tiqué ici mais c'est beaucoup moins clair. L'auteur s'adresse à un jeune homme qui aurait manqué sa chance avec une fille et lui indique combien il a fait une erreur : "Je pense que tu n'as jamais remarqué, mon garçon, ce que tu avais trouvé / Je pense que tu n'as jamais remarqué qu'elle était juste la chose la plus mignonne qui soit / Je pense que tu n'as jamais remarqué ce que tu avais trouvé, mon garçon". C'est de toute beauté, un Paul imbattable ici, l'une de ses plus belles chansons. D'une durée de seulement 2 minutes.
- "Uncle Albert/Admiral Halsey" (Paul & Linda McCartney) : Une autre pièce maîtresse de "Ram" que ce petit medley concocté aux petits oignons. McCartney en a réalisé plusieurs durant sa carrière, commençant avec les Beatles (A Day in the Life, le medley d'Abbey Road) et poursuivant cette expérimentation en solo. Reprenant la bonne vieille sauce anglaise avec une ambiance à l'ancienne, Paul crée un véritable conte féérique de près de 5 minutes. Il y a donc ces deux personnages dans le texte. D'abord l'oncle Albert qui a l'air d'un vieux gâteux qu'on essaye de rassurer. Puis l'amiral Halsey intervient peu après. Encore un texte rempli de nonsense mais sur une orchestration divine et des choeurs enchanteurs. On passe d'une ambiance de manière très fluide. Totalement jouissif !
- "Smile away" (McCartney) : Comme d'habitude avec Paul, chaque morceau est unique et nous plonge dans une atmosphère différente du précédent. Ici, on retourne au rock roots sur une base assez classique mais tout à fait plaisante. McCartney prend sa grosse voix, sur des choeurs entêtants et tout charmants, et fait bouger tout le monde. Le texte est simple mais très comique. L'auteur raconte qu'il se baladait un jour dans la rue et qu'il a rencontré un ami qui lui a dit successivement qu'il puait des pieds, de l'haleine et des dents... Je ne sais pas qui dit "Smile away" à l'autre mais c'est viril. Musicalement, c'est très fourni et c'est très bon, avec un solo de guitare très sympa. On a souvent critiqué McCartney quand il se mettait à faire du rock mais là, il s'en sort très bien.
- "Heart of the country" (Paul & Linda McCartney) : Un autre bijou de "Ram" assurément. Avec le rock roots, voici une petite chanson folk, aux accents très rustiques. On sent bien Paul dans sa ferme écossaise en train d'enregistrer ce morceau. Il y chante merveilleusement bien les joies simples de la campagne. Le narrateur y cherche une maison et explique de manière poétique pourquoi. C'est court, épuré et efficace. Une merveille avec juste une guitare et une basse...
- "Monkberry moon delight" (Paul & Linda McCartney) : Et là encore, on passe de la simplicité même à la lourdeur symphonique. Lourd mais bon. Lourd comme l'ambiance heavy psychédélique de ce morceau incroyable. Paul change à nouveau de registre vocal, forçant ici un maximum sur les basses. C'est une chanson atypique une nouvelle fois, reposant sur un texte complètement foutraque mélangeant nourriture et instruments de musique. Paul est au sommet de sa forme et les choeurs évoquent déjà les futurs Wings (comme dans les précédentes chansons d'ailleurs). On apprécie la fin qui part en improvisation.
- "Eat at home" (Paul & Linda McCartney) : Retour à une petite chanson toute mignonne avec texte simplissime ("Chéri, viens manger à la maison") et rengaine imperturbable. Pas le morceau le plus difficile que McCartney ait eu à composer, dans la lignée de tout ces petites pièces faciles qu'il a composé tout au long de sa carrière pour remplir ses albums. Cela n'est pas forcément péjoratif que de dire cela car ceux-ci sont au moins efficaces bien que souvent anecdotiques. "Eat at home" est bien sympatoche, petit rock rythmé avec Linda aux choeurs, mais pas super renversant non plus.
- "Long haired lady" (Paul & Linda McCartney) : Un morceau déjà très Wings avec beaucoup de choeurs "naïfs", un peu enfantins. Paul rend sans doute ici hommage à sa belle avec un texte où il évoque une dame aux cheveux longs et aux yeux brillants. L'ambiance est très folk mais change ici aussi plusieurs fois de tons, notamment avec la partie "Love is long", sorte de refrain à part, chanté de manière répétitive. Mais l'amour reste au centre de la chanson. C'est un peu sans queue ni tête mais ça passe bien quand même avec une fin à la "Hey Jude" où l'orchestre monte petit à petit en puissance afin de s'éteindre.
- "Ram on" (McCartney) : Cela va devenir le petit jeu de McCartney, ajouter plus loin dans l'album une petite reprise alternative d'un morceau déjà entendu. Cela avait commencé avec Sgt Pepper. "Ram on" deuxième partie, petit intermède musical très court mais toujours très mignon avant d'arriver à la fin.
- "The back seat of my car" (McCartney) : McCartney clôt son album avec une chanson puissante et mélancolique à la fois, comme il a l'habitude de faire. Sa composition aurait début sous l'ère Beatles. Dans le sillage de "Oh Darling !", ou encore "Maybe I'm amazed" mais en plus léger tout de même, voici un morceau très réussi que John aurait encore pris pour lui. Le narrateur parle d'un voyage effectué avec sa petite amie, en route pour Mexico et écoutant de la musique. Tout n'est pas très clair mais cela finit par un refrain "we believe that we can't be wrong" (On croit que l'on ne peut avoir tort) sur lequel Lennon aurait tiqué. Ces deux amants ont fait qque chose de mal mais ne s'en rendent pas compte... Une chanson chorale pour clore un album déjà bien riche.
- "Another day"* (Paul & Linda McCartney) : En bonus sur l'album réédité, les deux chansons du single sorti entre "McCartney" et "Ram". Face A, nous trouvons cette adorable mélodie qui cache un texte assez triste. La chanson est à ranger dans le registre de celles où McCartney raconte une véritable histoire, souvent remplie de spleen. Ici, c'est celle d'une jeune femme au quotidien routinier et solitaire. Le jour où elle rencontre l'homme de sa vie, il la quitte le lendemain... Cela contraste donc particulièrement avec le rythme presque enjoué de la mélodie, absolument efficace. Mais Lennon s'en moquera dans "How do you sleep ?" en raillant le fait qu'il n'aurait composé que cette chanson de bien depuis "Yesterday". Méchant car McCartney ne rate pas sa cible ici avec un morceau vraiment réussi, très bon choix de single.
- "Oh Woman, oh why"* (McCartney) : Et une face B tout à fait honorable avec un rock roots, dans le même registre que "Smile away". McCartney fait encore état de tout son magnifique registre vocal ici, allant loin dans le raclage de gorge et les aigüs. Comme tout bon rock, le texte est simple. Le narrateur s'inquiète de voir sa bien-aimée avec une arme, lui demande pourquoi et tente de la faire culpabiliser. Mais on entend les coups de feu à la fin ! Musicalement, c'est fort, le rythme est bon, alternant lenteur et un peu plus de rapidité. Et bien entendu, on trouve déjà qques choeurs à la Wings.
Avec "Ram", les Wings sont indéniablement en route. McCartney offre toute sa palette de génie. Cela passe par ces orchestrations magnifiques, ces choeurs caractéristiques et toutes ces couleurs différentes, uniques à chaque morceau. C'est un festival de pop, de rock, de folk, tout y passe. McCartney règle ses comptes de manière détournée mais préfère se concentrer sur les plaisirs de la vie à deux et en famille. C'est une époque assez dure pour lui où il devait affronter les trois autres en procès et en prenait plein la tête dans cette position isolée. Malgré tout, il sort un album fort et rempli de fraîcheur simple.
Si "McCartney" était une bonne ébauche, "Ram", pas complètement fini non plus, apporte une énorme pierre au futur édifice construit par l'ex-Beatles en mal de reconnaissance. McCartney n'a jamais eu besoin d'être sur le devant de la scène pour faire des choses splendides et là, il réussit un coup de maître, rattrapant largement ses ex-camarades en termes de qualité.
"Ram" foisonne de belles choses, de tout ce qui fait Paul McCartney. Il est juste intouchable et inimitable, réussissant ce tour de bravoure quasiment à lui tout seul. L'artiste concentre tout ce qu'il y a de mieux en musique pop en lui-même. Si tout n'est pas parfait non plus, il a déjà une sérieuse avance sur tout le reste. "Ram" se situe exactement entre les Beatles et les Wings, une superbe transition.
Les morceaux à retenir : "Ram on", "Dear boy", "Uncle Albert/Admiral Halsey", "Smile away", "Heart of the country", "Monkberry moon delight", "The back seat of my car".
Inscription à :
Articles (Atom)