Depuis le temps que mon boulot nous propose des places de concert, il fallait bien que j'en profite. C'est donc muni d'une invitation que je me suis rendu dans ce Zénith que j'aime bien pour écouter la chanteuse et de plus en plus actrice ("Nip/Tuck", "Weeds", etc.) canadienne Alanis Morissette.
Mine de rien, cela fait bien vingt ans que ce petit bout de femme balade ses mélodies pop-rock et sa voix unique à travers le monde. C'est à l'occasion d'une tournée européenne qu'elle nous rendait donc visite. Je ne suis pas un fan accompli, mais j'aime assez ses chansons les plus connues.
Je suis arrivé sur place juste pour le début du concert où, apparemment, aucune première partie n'était prévue. Peu bavarde ("Tu m'as manqué" et "Merci/Thank you" pour seules paroles échangées avec le public), Alanis Morissette a enchaîné les morceaux sans temps mort. C'était très pro et formaté, et, malgré la qualité des chansons et de leur interprétation, cela manquait singulièrement de chaleur.
Mais le public était particulièrement présent, répondant parfaitement à l'appel sur les tubes les plus connus de la Canadienne, et cette dernière est ainsi revenue à deux reprises pour les rappels. Sympa. A part ça, on a pu constater qu'Alanis Morissette tenait encore une voix solide et capable de varier les tons à sa guise. La chanteuse a alterné les guitares, donnant aussi quelques coups d'harmonica. Mais elle a aussi interprété quelques morceaux sans instruments, longeant le bord de scène de droite à gauche et inversement, sans arrêt... On se serait cru à Roland-Garros.
Le son était parfois saturé et les rares moments où l'on a pu entendre vraiment son chant avec des accompagnements moins forts ont été particulièrement appréciés. Au final, c'était un bon concert, avec de bonnes chansons, allant des plus anciennes aux plus récentes, sans oublier aucune incontournable, mais manquant de la proximité et du contact que l'on attend un minimum des artistes sur scène.
mardi 3 juillet 2012
jeudi 21 juin 2012
Concert : Ayo. - Café de la Danse
Si je compte bien, cette nouvelle performance live d'Ayo. devait être la 17e que j'ai vu... Oui, ça fait beaucoup, record à battre. Et encore, je pense que j'ai zappé (volontairement) une ou deux courtes prestations, donc on doit plus approcher les 19 voire 20 !
Mais là, ça faisait assez longtemps que je ne l'avais pas vu pointer le bout de son nez sur scène, si on excepte justement un showcase à la Fnac et un petit show VIP pour la réouverture d'une boutique Morgan sur les Champs-Elysées. Et ça, donc, je ne vous en avais pas parlé, parce qu'il ne s'agissait pas de concerts à proprement parler.
Bref, la dernière tournée d'Ayo. par chez nous, c'était l'an dernier pour assurer la promotion de son 3e album, "Billy-Eve". Un an plus tard, la grande chanteuse a visiblement changé de cap, de petit ami et s'offre un petit tour estival pour se remettre dans le bain avant de sortir prochainement un 4e album.
Elle l'a d'ailleurs un peu évoqué sur la scène du Café de la Danse, l'une des scènes de ses débuts, petite, avec une grande proximité avec le public (que j'avais déjà essayé une fois, en 2007, pour voir Da Silva). Dans ses grandes prises de parole, désormais légendaires, Ayo. a en effet semblé touchée par, selon elle, un certain échec de "Billy-Eve" et du besoin de passer à autre chose. Du coup, elle fait table rase du tout "électrique" pour amorcer une série de concerts "acoustiques", avec un pianiste, une contrebassiste (et guitariste) et un batteur.
Avant cela, la salle, déjà comble, a goûté de nouveau aux douces ballades de la franco-australienne Emilie Gassin, déjà première partie d'Ayo. il y a deux ans, lors de son dernier Olympia. Celle-ci n'a pas changé son répertoire, toujours plus ou moins le même, gentil, sympa, mais pas de quoi casser la baraque non plus.
Celui d'Ayo. fut assez intéressant, serré, avec une majorité de chansons de son premier album dont le fameux "Down on my knees" qu'elle aurait bien zappé vu sa réaction quand le public l'a demandé en choeur. Ayo. craint de finir comme Gloria Gaynor avec "I will survive". Elle n'a pas tort, maudit public.
Pour le reste, c'était donc du grand classique, toujours bon et enjoué, avec de nouveaux (sauf le pianiste de ses débuts) et (toujours aussi) excellents musiciens. L'artiste a donc encore beaucoup bavardé, parfois en chantant, et on a senti un certain côté improvisé, tantôt mignon tantôt agaçant car occasionnant de sérieuses pertes de temps. Pas de rappel par exemple !
Mais il y eut tout de même d'autres jolis moments comme cette séquence passée au sein du chaleureux public pour reprendre du Bob Marley, cette invitation sur scène de deux chanteuses amateurs issues de ce même public pour l'accompagner sur "Down on my knees" puis son fils Nile à la batterie ou encore ces deux ou trois nouveaux morceaux qui s'annoncent très bien.
Au final, ce n'était pas son concert le plus abouti, on a senti beaucoup de flottement, mais ça faisait aussi partie du charme d'une artiste qui laisse beaucoup de place à la liberté et à la créativité. Ayo. distille également toujours autant de fraîcheur et de bonne humeur qu'il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit de grave. Espérons qu'elle garde la voix et la musique, ses principaux atouts, et qu'elle poursuive sa route avec optimisme.
Mais là, ça faisait assez longtemps que je ne l'avais pas vu pointer le bout de son nez sur scène, si on excepte justement un showcase à la Fnac et un petit show VIP pour la réouverture d'une boutique Morgan sur les Champs-Elysées. Et ça, donc, je ne vous en avais pas parlé, parce qu'il ne s'agissait pas de concerts à proprement parler.
Bref, la dernière tournée d'Ayo. par chez nous, c'était l'an dernier pour assurer la promotion de son 3e album, "Billy-Eve". Un an plus tard, la grande chanteuse a visiblement changé de cap, de petit ami et s'offre un petit tour estival pour se remettre dans le bain avant de sortir prochainement un 4e album.
Elle l'a d'ailleurs un peu évoqué sur la scène du Café de la Danse, l'une des scènes de ses débuts, petite, avec une grande proximité avec le public (que j'avais déjà essayé une fois, en 2007, pour voir Da Silva). Dans ses grandes prises de parole, désormais légendaires, Ayo. a en effet semblé touchée par, selon elle, un certain échec de "Billy-Eve" et du besoin de passer à autre chose. Du coup, elle fait table rase du tout "électrique" pour amorcer une série de concerts "acoustiques", avec un pianiste, une contrebassiste (et guitariste) et un batteur.
Avant cela, la salle, déjà comble, a goûté de nouveau aux douces ballades de la franco-australienne Emilie Gassin, déjà première partie d'Ayo. il y a deux ans, lors de son dernier Olympia. Celle-ci n'a pas changé son répertoire, toujours plus ou moins le même, gentil, sympa, mais pas de quoi casser la baraque non plus.
Celui d'Ayo. fut assez intéressant, serré, avec une majorité de chansons de son premier album dont le fameux "Down on my knees" qu'elle aurait bien zappé vu sa réaction quand le public l'a demandé en choeur. Ayo. craint de finir comme Gloria Gaynor avec "I will survive". Elle n'a pas tort, maudit public.
Pour le reste, c'était donc du grand classique, toujours bon et enjoué, avec de nouveaux (sauf le pianiste de ses débuts) et (toujours aussi) excellents musiciens. L'artiste a donc encore beaucoup bavardé, parfois en chantant, et on a senti un certain côté improvisé, tantôt mignon tantôt agaçant car occasionnant de sérieuses pertes de temps. Pas de rappel par exemple !
Mais il y eut tout de même d'autres jolis moments comme cette séquence passée au sein du chaleureux public pour reprendre du Bob Marley, cette invitation sur scène de deux chanteuses amateurs issues de ce même public pour l'accompagner sur "Down on my knees" puis son fils Nile à la batterie ou encore ces deux ou trois nouveaux morceaux qui s'annoncent très bien.
Au final, ce n'était pas son concert le plus abouti, on a senti beaucoup de flottement, mais ça faisait aussi partie du charme d'une artiste qui laisse beaucoup de place à la liberté et à la créativité. Ayo. distille également toujours autant de fraîcheur et de bonne humeur qu'il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit de grave. Espérons qu'elle garde la voix et la musique, ses principaux atouts, et qu'elle poursuive sa route avec optimisme.
dimanche 10 juin 2012
Concert : Garland Jeffreys - Divan du Monde
Il y a une semaine, l'un des vétérans du rock des années 1970, Garland Jeffreys était de passage à Paris dans le cadre d'une petite tournée européenne vantant les mérites de son dernier album en date.
Son nom ne vous dit sans doute pas grand chose, mais ce petit bonhomme a vécu dans l'ombre des plus grands. Camarade de classe de Lou Reed, il a oeuvré dans son sillage ainsi que dans celui de Bruce Springsteen, Paul Simon, Bob Marley ou encore Bob Dylan. De toutes ces amitiés, Garland Jeffreys a retiré beaucoup d'influence et un style du coup très polyvalent, allant du rock brut au reggae en passant par de la pop exotique.
Le rocker new-yorkais a traversé les décennies tranquillement au rythme d'une douzaine d'albums, de plus en plus espacés au fil des années. Pour ma part, c'est par hasard, grâce à son plus gros tube, "Wild in the streets", que je l'ai connu, il y a environ trois ans. C'est pour moi l'une des meilleures chansons rock de tous les temps, rien que ça.
Alors quand j'ai aperçu que le petit (et gros, les années passent) Garland était dans la place, je n'ai pas hésité, d'autant plus que le concert avait lieu au Divan du Monde, une petite salle que j'aime beaucoup pour la proximité idéale donnée au public d'avec l'artiste. Si vous m'avez bien lu, c'est là que j'avais vu Jeff Lang. Lors de ce dernier concert, j'avais pu rencontrer Tété dans le public (Jeff Lang avait été sa première partie à l'Olympia). Cette fois, c'est Antoine de Caunes qui était parmi nous, grand fan (et ami ?) de Garland Jeffreys depuis toujours.
En première partie, nous avons eu droit à un duo en solo. Le chanteur d'In Between, Frédéric, nous a expliqué que normalement ils étaient deux, mais pas ce soir-là. Ils sont évidemment français, chantant en anglais. Bon, ça chante bien, c'est du folk tout doux, tout mignon, mais quel ennui ! En plus, les chansons avaient toutes des titres hyper recherchés ("Home sweet home", "Song with no name", "The power of music"...) et ne parlons pas des paroles, vraiment simples et naïves. Bref, merci de l'effort, mais il y a encore du boulot.
A côté, Garland Jeffreys a fait l'effet d'une bombe et a déchaîné un public fort anglo-saxon et fort âgé, il faut bien le dire. Avec un super groupe (un guitariste old school à la Keith Richards, enchaînant les bières, un batteur placide tout aussi de la vie vieille et deux plus jeunes aux claviers et à la basse), le New Yorkais a tout donné, se mettant en transe sur chaque chanson qui, si je ne les connais pas toutes, étaient aussi bien récentes que plus anciennes.
La folie l'a gagné jusqu'à descendre chanter son rock jusque dans le public à deux reprises, même si la remontée sur scène fut loin d'être facile ! Je n'avais pas vu ça depuis Ayo., c'est dire l'événement ! En tout cas, énorme performance du vieux rocker qui nous a livré son répertoire avec bonheur, intensité et même deux rappels (dont un joli dernier avec son tube exotique, "Matador", joué à la guitare acoustique). Même si je ne connaissais pas tout, j'ai pu vibrer sur chaque chanson avec un climax, forcément, sur "Wild in the streets".
Je n'ai finalement pas eu souvent l'occasion de voir de vrais concerts de rock'n'roll dans ma vie et celui-là, dans une petite salle chauffée à blanc, a été juste exquis. L'ambiance anglo-saxonne m'a transporté ailleurs, avec Garland Jeffreys, au coeur d'un New York des années 1970 chaud comme la braise. Ce concert restera assurément comme l'un des meilleurs auxquels j'ai pu assister. Du grand show avec peu de moyens. Chapeau.
Alors quand j'ai aperçu que le petit (et gros, les années passent) Garland était dans la place, je n'ai pas hésité, d'autant plus que le concert avait lieu au Divan du Monde, une petite salle que j'aime beaucoup pour la proximité idéale donnée au public d'avec l'artiste. Si vous m'avez bien lu, c'est là que j'avais vu Jeff Lang. Lors de ce dernier concert, j'avais pu rencontrer Tété dans le public (Jeff Lang avait été sa première partie à l'Olympia). Cette fois, c'est Antoine de Caunes qui était parmi nous, grand fan (et ami ?) de Garland Jeffreys depuis toujours.
En première partie, nous avons eu droit à un duo en solo. Le chanteur d'In Between, Frédéric, nous a expliqué que normalement ils étaient deux, mais pas ce soir-là. Ils sont évidemment français, chantant en anglais. Bon, ça chante bien, c'est du folk tout doux, tout mignon, mais quel ennui ! En plus, les chansons avaient toutes des titres hyper recherchés ("Home sweet home", "Song with no name", "The power of music"...) et ne parlons pas des paroles, vraiment simples et naïves. Bref, merci de l'effort, mais il y a encore du boulot.
A côté, Garland Jeffreys a fait l'effet d'une bombe et a déchaîné un public fort anglo-saxon et fort âgé, il faut bien le dire. Avec un super groupe (un guitariste old school à la Keith Richards, enchaînant les bières, un batteur placide tout aussi de la vie vieille et deux plus jeunes aux claviers et à la basse), le New Yorkais a tout donné, se mettant en transe sur chaque chanson qui, si je ne les connais pas toutes, étaient aussi bien récentes que plus anciennes.
La folie l'a gagné jusqu'à descendre chanter son rock jusque dans le public à deux reprises, même si la remontée sur scène fut loin d'être facile ! Je n'avais pas vu ça depuis Ayo., c'est dire l'événement ! En tout cas, énorme performance du vieux rocker qui nous a livré son répertoire avec bonheur, intensité et même deux rappels (dont un joli dernier avec son tube exotique, "Matador", joué à la guitare acoustique). Même si je ne connaissais pas tout, j'ai pu vibrer sur chaque chanson avec un climax, forcément, sur "Wild in the streets".
Je n'ai finalement pas eu souvent l'occasion de voir de vrais concerts de rock'n'roll dans ma vie et celui-là, dans une petite salle chauffée à blanc, a été juste exquis. L'ambiance anglo-saxonne m'a transporté ailleurs, avec Garland Jeffreys, au coeur d'un New York des années 1970 chaud comme la braise. Ce concert restera assurément comme l'un des meilleurs auxquels j'ai pu assister. Du grand show avec peu de moyens. Chapeau.
lundi 16 janvier 2012
Abd Al Malik - Château Rouge (2010)
Abd Al Malik est un garçon que j'aime bien, que ce soit son personnage ou sa musique (globalement). A vrai dire, je n'ai connu que ses grands succès, paru sur "Gibraltar", puis c'est "Ma Jolie" qui m'a poussé à piquer ce dernier album, "Château Rouge", sur une table où figuraient pleins d'autres biens culturels.
Le slam, c'est intéressant, même si ce n'est pas plus mon truc que le rap. Et là, sur cet album, Abd Al Malik s'oriente justement plus vers quelque chose qui me fait penser largement à MC Solaar, avec de la variété dans le phrasé adopté. Parfois lent, parfois rapide, parfois chanté.
Maintenant, je ne vais pas pouvoir vous analyser plus que ça le pourquoi du comment, parce que je ne connais que cet album. On verra plus tard pour le reste. En attendant, parlons donc de "Château Rouge".
On apprécie la pochette avec Abd Al Malik qui pose, classe et serein sans regarder l'objectif, devant une sorte de magasin de tissus de toutes les couleurs, à l'image des boutiques colorées du quartier de Château-Rouge (d'où le titre de l'album, également de la dernière chanson du disque), et un néon (c'est un autre morceau de l'album), au-dessus de lui, indique son nom.
A l'intérieur du livret, de jolies photos ainsi que les (longs) textes des (longues) chansons de l'album que nous allons détailler gaiement.
- "Valentin" (Abd Al Malik / Bilal) : L'album s'ouvre avec un morceau plutôt bien rythmé, écrit avec son grand frère Bilal, mais pas très gai. Le chanteur évoque un enterrement... Celui du Valentin du titre, son grand-père, qui se déroule à Brazzaville, où a grandi Abd Al Malik. Le texte est assez intéressant, sur le souvenir et la mémoire, la musique aussi, un bon morceau mais aux tonalités vraiment mélancoliques.
- "Ma Jolie" (Abd Al Malik / Wallen) : Heureusement, ce deuxième titre, qui s'enchaîne sans transition avec le premier, vient donner un peu plus de fraîcheur. Enfin c'est ce que l'on croit si on s'en tient à la musique, hyper enfantine et rythmée, taillée pour en faire un single. L'histoire, c'est celle d'un gamin qui supplie sa "jolie" de lui revenir. Pendant trois couplets, tout est dans la reconquête, avant qu'intervienne le vrai visage du narrateur, violent et qui a vraisemblablement déjà frappé sa "jolie"... Sa soeur lui interdit alors de le revoir d'où la supplique... Un titre, coécrit avec Wallen, artiste et épouse d'Abd Al Malik, qui colle bien avec l'esprit adolescent d'aujourd'hui où on peut faire rêver avec des sacs Gucci et de la muscu. Un très bon titre où le slammeur manie bien le chant et son texte, dur, contrastant avec la musique joyeuse.
- "Miss America" (Abd Al Malik / Bilal) : Je suis moins fan de ce morceau, notamment du chant, très proche de celui du MC Solaar quand il est le moins bon, et de la musique, qui fait années 1980 et enfume le tout. Côté texte, c'est plutôt bien vu, critiquant les jeunes filles, Madame Bovary modernes, qui ne jurent que par ce qu'elles lisent dans les magazines people et s'inventent un style totalement superficiel, d'où le "Miss America" du titre. Dommage que l'enrobage soit moins bon que le texte, même si celui-ci n'est pas non plus très original.
- "Mon amour" (Abd Al Malik / Wallen) : On reparle d'amour ici, en anglais pour Wallen et en français pour Abd Al Malik. Wallen donne donc de la voix, mais on entend bien que l'anglais n'est pas sa langue maternelle. Ce qu'elle chante n'est pas non plus très profond: "My baby is a hero no matter what he shows/He's so much better than he knows". Son alter ego n'a pas non plus un texte très bon, se comparant à Adam et Eve. Et le son un peu électro n'arrange rien. C'est pas complètement nul, mais c'est assez banal et on a connu des chansons d'amour plus romantiques et transportantes.
- "Le Meilleur des mondes/Brave new world" (Abd Al Malik/Primary1/Bilal) : Passons à un morceau philantropique. Dès qu'Abd Al Malik se met à chanter, à toute vitesse, ça se gâte... c'est presque faux et le refrain est naze à souhait ("Pleurer sur ce dance-floor étrange d'autres y dansent/Vivre dans le meilleur des mondes, mondes"). Il y est rejoint par Primary 1, en anglais, et ça n'arrange rien. Des paroles à la musique, c'est encore du synthétique dégoulinant. Un morceau vraiment raté et chiant.
- "Dynamo" (Abd Al Malik/Ezra Koenig/Wallen) : Voilà un titre déjà beaucoup plus intéressant, ne serait-ce que grâce au texte, splendide évocation de la jeunesse d'Abd Al Malik qui raconte ses souvenirs de vélo avec son frère et ses amis dans la cité. Le chanteur nous offre le premier vrai slam de l'album et on est conquis. Le refrain est chanté en français par Ezra Koenig, le chanteur de Vampire Weekend, rien que ça. Cela donne un certain charme avec une musique toute douce et poétique. Bravo donc.
- "Centre ville" (Abd Al Malik/Wallen) : Ici, Abd Al Malik nous fait visiter Paris avec ses yeux de slammeur. Encore un morceau séduisant avec un refrain chanté de manière mécanique, évoquant la capitale comme la ville de la seconde chance. Musicalement, c'est pas mal non plus, presque pop. Abd Al Malik est vraiment meilleur que quand il slamme. Et c'est donc ce qu'il fait ici, de la gare de l'Est à Saint-Lazare en passant par Châtelet et le Sentier.
- "Goodbye Guantanamo" (Abd Al Malik/Bilal) : Un peu plus d'énergie dans ce morceau, beaucoup plus sombre du côté des paroles, largement abstraites et qu'on a bien du mal à lier au titre qui fait office de refrain. Je pense que l'auteur joue sur le contraste de l'espérance et de l'idéal, trahi par des lieux comme Guantanamo. Musicalement, c'est intéressant, toujours électronique mais entraînant avec notamment une insistance sur les percussions.
- "Neon" (Abd Al Malik/Mattéo Falkone/Bilal) : Ce titre n'est pas beaucoup plus éclairant, malgré une thématique lumineuse déclinée à toutes les sauces, mise en rapport avec la vie et l'existence. Abd Al Malik fait jouer sa voix lancinante, tranchée en fin de morceau par une apparition du rappeur Mattéo Falkone, qui a déjà travaillé avec Bilal et Wallen. Pas grand chose de dire de plus sur une chanson sombre, encore alimentée par un son vaguement 80's. On n'est pas trop fan.
- "We are still kings" (Abd Al Malik/Wallen) : Et voici un titre entièrement en anglais (mis à part une phrase dans un dialecte africain pour les jolis choeurs aigüs). Abd Al Malik s'y emploie tout seul ici et il s'applique, mais ce n'est pas non plus trop son truc, l'accent français se faisant souvent bien entendre, exprès ou pas. Mais on aime la tonalité africaine de ce titre, fraîche et jolie, qui compense ces problèmes de diction. Côté paroles, c'est encore un peu confus, le chanteur évoquant notamment ses racines et son statut.
- "Rock the planet" (Abd Al Malik/Cocknbullkid/Wallen) : Encore un morceau bilingue, avec Abd Al Malik pour le texte français et la Britannique Cocknbullkid pour l'Anglais, soit le refrain. C'est très varié musicalement, aussi bien africain pour les couplets slammés avec la belle voix grave d'Abd Al Malik que pop pour le refrain chanté joliment par Cocknbullkid. Un très bon petit titre dont la tristesse des paroles tranche avec l'espérance de la musique.
- "SyndiSkaliste" (Abd Al Malik/Wallen) : Comme son titre l'indique, cette chanson est rythmée comme un ska et les paroles parlent des luttes populaires et des espoirs optimistes des gens. Wallen redonne de la voix pour les refrains et ça sonne très bien, le tout se mariant très bien ensemble. Chouette!
- "Ground Zero (Ode to love)" (Abd Al Malik/Papa Wemba/Wallen) : Le slammeur reprend la langue anglaise ici et c'est toujours aussi peu convainquant. Quel intérêt, franchement? Pour cacher (un peu) un texte consacré à la religion (musulmane) et que le titre évoque le 11-Septembre? Il n'y avait rien de honteux à ça pourtant sauf s'il veut s'adresser à son public anglo-saxon, s'il existe... Les interventions du célèbre chanteur congolais, Papa Wemba, en dialecte africain, apportent heureusement une petite échappée africanisante une nouvelle fois bienvenue. C'est dommage parce que le morceau est plutôt joli, bien rythmé, mais l'horrible accent d'Abd Al Malik vient presque tout gâcher.
- "Château Rouge" (Abd Al Malik/Gérard Jouannest) : On termine l'album avec le morceau-titre, long fleuve (plus de 12 minutes!) tranquille. Accompagné au piano par Gérard Jouannest, pianiste de Jacques Brel et époux de Juliette Gréco, Abd Al Malik conclut avec un slam classique, racontant les destins croisés d'habitants du quartier parisien de Château-Rouge. C'est simple et bien raconté, comme le slammeur sait si bien le faire, avec un très belle partition au piano qui suit parfaitement le cours et le rythme du récit.
On referme ainsi cet album de manière apaisée alors que l'ensemble est plutôt rythmé. On sent qu'Abd Al Malik explore toujours plus de pistes, variant les plaisirs, les duos et chantant même presque plus que ce qui l'a fait connaître, le slam.
Si on n'est pas toujours très convaincu de son chant, qui ne s'accorde pas toujours bien à la musique, pas toujours réussie elle non plus, l'artiste se montre irréprochable justement sur les quelques slams de l'album. C'est vraiment sa force et il le confirme une fois de plus.
On aurait aussi voulu qu'il nous épargne ces quelques essais en anglais, mais bon, il va jusqu'au bout du touche-à-tout et on ne peut pas tout réussir. Globalement, Abd Al Malik offre malgré tout un album bien rempli qui pourrait gagner encore en diversité, mais qui se tient très bien sur la longueur malgré quelques morceaux banals. On est surtout curieux de découvrir la suite et aussi le passé, pour comparer.
Les morceaux à retenir : "Valentin", "Ma Jolie", "Dynamo", "Centre Ville", "Goodbye Guantanamo", "We are still kings", "Rock the planet", "SyndiSkaliste", "Château Rouge".
Le slam, c'est intéressant, même si ce n'est pas plus mon truc que le rap. Et là, sur cet album, Abd Al Malik s'oriente justement plus vers quelque chose qui me fait penser largement à MC Solaar, avec de la variété dans le phrasé adopté. Parfois lent, parfois rapide, parfois chanté.
Maintenant, je ne vais pas pouvoir vous analyser plus que ça le pourquoi du comment, parce que je ne connais que cet album. On verra plus tard pour le reste. En attendant, parlons donc de "Château Rouge".
On apprécie la pochette avec Abd Al Malik qui pose, classe et serein sans regarder l'objectif, devant une sorte de magasin de tissus de toutes les couleurs, à l'image des boutiques colorées du quartier de Château-Rouge (d'où le titre de l'album, également de la dernière chanson du disque), et un néon (c'est un autre morceau de l'album), au-dessus de lui, indique son nom.
A l'intérieur du livret, de jolies photos ainsi que les (longs) textes des (longues) chansons de l'album que nous allons détailler gaiement.
- "Valentin" (Abd Al Malik / Bilal) : L'album s'ouvre avec un morceau plutôt bien rythmé, écrit avec son grand frère Bilal, mais pas très gai. Le chanteur évoque un enterrement... Celui du Valentin du titre, son grand-père, qui se déroule à Brazzaville, où a grandi Abd Al Malik. Le texte est assez intéressant, sur le souvenir et la mémoire, la musique aussi, un bon morceau mais aux tonalités vraiment mélancoliques.
- "Ma Jolie" (Abd Al Malik / Wallen) : Heureusement, ce deuxième titre, qui s'enchaîne sans transition avec le premier, vient donner un peu plus de fraîcheur. Enfin c'est ce que l'on croit si on s'en tient à la musique, hyper enfantine et rythmée, taillée pour en faire un single. L'histoire, c'est celle d'un gamin qui supplie sa "jolie" de lui revenir. Pendant trois couplets, tout est dans la reconquête, avant qu'intervienne le vrai visage du narrateur, violent et qui a vraisemblablement déjà frappé sa "jolie"... Sa soeur lui interdit alors de le revoir d'où la supplique... Un titre, coécrit avec Wallen, artiste et épouse d'Abd Al Malik, qui colle bien avec l'esprit adolescent d'aujourd'hui où on peut faire rêver avec des sacs Gucci et de la muscu. Un très bon titre où le slammeur manie bien le chant et son texte, dur, contrastant avec la musique joyeuse.
- "Miss America" (Abd Al Malik / Bilal) : Je suis moins fan de ce morceau, notamment du chant, très proche de celui du MC Solaar quand il est le moins bon, et de la musique, qui fait années 1980 et enfume le tout. Côté texte, c'est plutôt bien vu, critiquant les jeunes filles, Madame Bovary modernes, qui ne jurent que par ce qu'elles lisent dans les magazines people et s'inventent un style totalement superficiel, d'où le "Miss America" du titre. Dommage que l'enrobage soit moins bon que le texte, même si celui-ci n'est pas non plus très original.
- "Mon amour" (Abd Al Malik / Wallen) : On reparle d'amour ici, en anglais pour Wallen et en français pour Abd Al Malik. Wallen donne donc de la voix, mais on entend bien que l'anglais n'est pas sa langue maternelle. Ce qu'elle chante n'est pas non plus très profond: "My baby is a hero no matter what he shows/He's so much better than he knows". Son alter ego n'a pas non plus un texte très bon, se comparant à Adam et Eve. Et le son un peu électro n'arrange rien. C'est pas complètement nul, mais c'est assez banal et on a connu des chansons d'amour plus romantiques et transportantes.
- "Le Meilleur des mondes/Brave new world" (Abd Al Malik/Primary1/Bilal) : Passons à un morceau philantropique. Dès qu'Abd Al Malik se met à chanter, à toute vitesse, ça se gâte... c'est presque faux et le refrain est naze à souhait ("Pleurer sur ce dance-floor étrange d'autres y dansent/Vivre dans le meilleur des mondes, mondes"). Il y est rejoint par Primary 1, en anglais, et ça n'arrange rien. Des paroles à la musique, c'est encore du synthétique dégoulinant. Un morceau vraiment raté et chiant.
- "Dynamo" (Abd Al Malik/Ezra Koenig/Wallen) : Voilà un titre déjà beaucoup plus intéressant, ne serait-ce que grâce au texte, splendide évocation de la jeunesse d'Abd Al Malik qui raconte ses souvenirs de vélo avec son frère et ses amis dans la cité. Le chanteur nous offre le premier vrai slam de l'album et on est conquis. Le refrain est chanté en français par Ezra Koenig, le chanteur de Vampire Weekend, rien que ça. Cela donne un certain charme avec une musique toute douce et poétique. Bravo donc.
- "Centre ville" (Abd Al Malik/Wallen) : Ici, Abd Al Malik nous fait visiter Paris avec ses yeux de slammeur. Encore un morceau séduisant avec un refrain chanté de manière mécanique, évoquant la capitale comme la ville de la seconde chance. Musicalement, c'est pas mal non plus, presque pop. Abd Al Malik est vraiment meilleur que quand il slamme. Et c'est donc ce qu'il fait ici, de la gare de l'Est à Saint-Lazare en passant par Châtelet et le Sentier.
- "Goodbye Guantanamo" (Abd Al Malik/Bilal) : Un peu plus d'énergie dans ce morceau, beaucoup plus sombre du côté des paroles, largement abstraites et qu'on a bien du mal à lier au titre qui fait office de refrain. Je pense que l'auteur joue sur le contraste de l'espérance et de l'idéal, trahi par des lieux comme Guantanamo. Musicalement, c'est intéressant, toujours électronique mais entraînant avec notamment une insistance sur les percussions.
- "Neon" (Abd Al Malik/Mattéo Falkone/Bilal) : Ce titre n'est pas beaucoup plus éclairant, malgré une thématique lumineuse déclinée à toutes les sauces, mise en rapport avec la vie et l'existence. Abd Al Malik fait jouer sa voix lancinante, tranchée en fin de morceau par une apparition du rappeur Mattéo Falkone, qui a déjà travaillé avec Bilal et Wallen. Pas grand chose de dire de plus sur une chanson sombre, encore alimentée par un son vaguement 80's. On n'est pas trop fan.
- "We are still kings" (Abd Al Malik/Wallen) : Et voici un titre entièrement en anglais (mis à part une phrase dans un dialecte africain pour les jolis choeurs aigüs). Abd Al Malik s'y emploie tout seul ici et il s'applique, mais ce n'est pas non plus trop son truc, l'accent français se faisant souvent bien entendre, exprès ou pas. Mais on aime la tonalité africaine de ce titre, fraîche et jolie, qui compense ces problèmes de diction. Côté paroles, c'est encore un peu confus, le chanteur évoquant notamment ses racines et son statut.
- "Rock the planet" (Abd Al Malik/Cocknbullkid/Wallen) : Encore un morceau bilingue, avec Abd Al Malik pour le texte français et la Britannique Cocknbullkid pour l'Anglais, soit le refrain. C'est très varié musicalement, aussi bien africain pour les couplets slammés avec la belle voix grave d'Abd Al Malik que pop pour le refrain chanté joliment par Cocknbullkid. Un très bon petit titre dont la tristesse des paroles tranche avec l'espérance de la musique.
- "SyndiSkaliste" (Abd Al Malik/Wallen) : Comme son titre l'indique, cette chanson est rythmée comme un ska et les paroles parlent des luttes populaires et des espoirs optimistes des gens. Wallen redonne de la voix pour les refrains et ça sonne très bien, le tout se mariant très bien ensemble. Chouette!
- "Ground Zero (Ode to love)" (Abd Al Malik/Papa Wemba/Wallen) : Le slammeur reprend la langue anglaise ici et c'est toujours aussi peu convainquant. Quel intérêt, franchement? Pour cacher (un peu) un texte consacré à la religion (musulmane) et que le titre évoque le 11-Septembre? Il n'y avait rien de honteux à ça pourtant sauf s'il veut s'adresser à son public anglo-saxon, s'il existe... Les interventions du célèbre chanteur congolais, Papa Wemba, en dialecte africain, apportent heureusement une petite échappée africanisante une nouvelle fois bienvenue. C'est dommage parce que le morceau est plutôt joli, bien rythmé, mais l'horrible accent d'Abd Al Malik vient presque tout gâcher.
- "Château Rouge" (Abd Al Malik/Gérard Jouannest) : On termine l'album avec le morceau-titre, long fleuve (plus de 12 minutes!) tranquille. Accompagné au piano par Gérard Jouannest, pianiste de Jacques Brel et époux de Juliette Gréco, Abd Al Malik conclut avec un slam classique, racontant les destins croisés d'habitants du quartier parisien de Château-Rouge. C'est simple et bien raconté, comme le slammeur sait si bien le faire, avec un très belle partition au piano qui suit parfaitement le cours et le rythme du récit.
On referme ainsi cet album de manière apaisée alors que l'ensemble est plutôt rythmé. On sent qu'Abd Al Malik explore toujours plus de pistes, variant les plaisirs, les duos et chantant même presque plus que ce qui l'a fait connaître, le slam.
Si on n'est pas toujours très convaincu de son chant, qui ne s'accorde pas toujours bien à la musique, pas toujours réussie elle non plus, l'artiste se montre irréprochable justement sur les quelques slams de l'album. C'est vraiment sa force et il le confirme une fois de plus.
On aurait aussi voulu qu'il nous épargne ces quelques essais en anglais, mais bon, il va jusqu'au bout du touche-à-tout et on ne peut pas tout réussir. Globalement, Abd Al Malik offre malgré tout un album bien rempli qui pourrait gagner encore en diversité, mais qui se tient très bien sur la longueur malgré quelques morceaux banals. On est surtout curieux de découvrir la suite et aussi le passé, pour comparer.
Les morceaux à retenir : "Valentin", "Ma Jolie", "Dynamo", "Centre Ville", "Goodbye Guantanamo", "We are still kings", "Rock the planet", "SyndiSkaliste", "Château Rouge".
dimanche 4 décembre 2011
Concert : Cansei de ser sexy (CSS) - La Gaîté Lyrique
Allez, dernier concert de l'année puisque je pouvais toujours rêver pour avoir des places pour celui de Coldplay dans 10 jours. De toute manière, je ne serai pas là. Et une nouvelle salle à découvrir, La Gaîté Lyrique, ancien grand théâtre rénové pour accueillir un centre culturel dédié aux arts numériques.
A l'intérieur, beaucoup de choses à voir, dont une salle de concert, pas très grande, mais à la jolie sobriété. Le concert qui nous concernait était donc celui des Brésiliens foutraques de CSS (Cansei de ser sexy) que j'ai découvert un peu par hasard il y a quelques années. Et j'aime beaucoup leur pop-rock-électro variée et le charisme de leur mignonne petite chanteuse survoltée surnommée Lovefoxxx.
La première partie a été assurée par le groupe canadien, Dance yourself to death, soit du rock sombre, mais très bien interprété par sa chanteuse/bassiste. Le reste du groupe est d'ailleurs exclusivement féminin (l'excellente guitariste et la "claviériste" dont le genre peut tout de même laisser hésitant), en dehors du batteur. En tout cas, leur set a bien plu au public et c'était amplement mérité. Un groupe à suivre.
Dans le genre féminin, CSS n'est pas mal non plus puisque les deux tiers des membres sont des femmes (chanteuse, les deux guitaristes et la "claviériste"). Seuls le bassiste et le batteur sont des hommes et ils sont en retrait.
Leur arrivée sur scène fut aussi fracassante que leur musique, emballant tout de suite le public, complètement dément. Le show fut évidemment en grande partie assuré par la loufoque Lovefoxxx, qui a commencé le concert avec une gigantesque perruque afro et très habillée, terminant presque entièrement dévêtue !
La performance de la chanteuse brésilienne d'origine japonaise était vraiment incroyable, tant dans les chorégraphies déjantées que dans ses sauts répétés dans le public qu'elle invita à monter sur scène à la fin ! Vocalement, c'était un peu moins ça, souvent fausse dans les chansons les plus mélodiques.
Mais qu'importe, l'ambiance de folie mise par le groupe fut le plus important. Côté set-list, je ne suis pas encore un grand spécialiste, mais il me semble que la plupart des morceaux des deux derniers albums ont été joués, notamment mes quelques préférés.
CSS en live, ça vaut donc vraiment son pesant de cacahuètes, et c'est même radicalement différent des albums. Les morceaux s'en retrouvent beaucoup plus rock et beaucoup moins électro-pop, et c'est pas plus mal pour certains. Voilà longtemps que je n'avais pas vu un show de cette teneur dans une petite salle, un grand bravo et vivement le prochain passage en terre française!
vendredi 2 décembre 2011
Concert : Paul McCartney - Bercy
Deux ans après son dernier passage à Paris, Paul McCartney nous a gratifié d'une nouvelle visite, toujours à Bercy, dans le cadre de son "Band on the run Tour" européen. Et cette fois-ci, je ne sais pour quel engouement, le concert fut complet dès le premier jour de mise en vente des billets. Forcément, j'en étais.
Contrairement à la dernière fois, je me suis pointé qques heures en avance histoire de pas me retrouver trop loin dans une fosse pleine à craquer. Ma position fut donc plutôt bonne, dans l'axe de la scène, à qques dizaines de mètres.
Comme toujours, aucune partie prévue ou presque (une sorte de DJ passant des reprises en anglais ou français des chansons des Beatles + la grande et jolie fresque "historique" retraçant en chanson et en vidéo les grands moments de la carrière de Paul McCartney), mais en revanche beaucoup de vedettes dans les gradins : Calogero, Pascal Obispo, Laurent Voulzy, Francis Cabrel, Lenny Kravitz, Guillaume Durand, etc.
Puis, après pas mal de retard, l'ex-Beatles a enfin débarqué sur scène, accompagné de son fidèle groupe, toujours aussi pro, mais pas plus emballant qu'à chaque fois (sauf Abe Laboriel Jr à la batterie). Heureusement, Paul McCartney, malgré son cabotinage parfois exaspérant, assure le show à lui tout seul, variant les instruments (piano, guitare électrique ou sèche, mandoline, ukulélé...) et les signes pour tout le monde (jusqu'à une séance de signature d'autographe pour privilégiés sur scène dont on se serait bien passé).
Côté set-list, on ne change pas les vieilles recettes et, à part qques exceptions, c'était quasiment la même qu'il y a deux ans. Seules les nouveautés font que j'ai sans doute un peu plus apprécié ce concert-ci. Parmi celles-ci : "The Night before", "Nineteen hundred eighty five" (l'une de mes chansons préférées des Wings et du concert), "The Word" couplée à un bout de "All you need is love", "Come and get it". On a aussi eu droit à une reprise, "San Francisco Bay Blues", dédiée à une personne dont je n'ai pas vraiment compris le nom.
Au final, les (gros) shows de Paul McCartney se suivent et se ressemblent, mais l'ex-Beatles paraît toujours en forme et on ne peut qu'apprécier sa capacité à offrir un très grand spectacle (toujours plus de feux d'artifice pour "Live and let die") de près de 3 heures. Certes, il n'y a aucune véritable surprise voire de place à l'improvisation (même ses blagues commencent à sentir le formol), mais on ne boudera pas notre plaisir d'avoir vu, une fois de plus, cette légende vivante en live.
jeudi 24 novembre 2011
Concert : Jamiroquai - Dôme de Marseille / Festival de Nîmes / Bercy
Jamiroquai et moi, c'est déjà une vieille histoire. Ils ont été les premiers artistes que j'ai vu sur scène et, en effet, ça ne date pas d'il y a si longtemps que ça, 10 ans à peine.
Mon premier concert, c'était donc en 2001, à l'automne, au Dôme de Marseille, dans le cadre de la tournée suivant la sortie de leur excellent album "A Funk Odyssey". A vrai dire, outre les grands tubes, c'est à partir de là que j'ai commencé à découvrir Jamiroquai plus précisément, me procurant tous leurs albums suivants (mais pas encore les premiers, parce que je dispose du large Best of).
Je n'ai pas de souvenirs vraiment précis de ce concert si ce n'est Beverly Knight, jeune chanteuse soul qui n'aura jamais connu un grand succès, en première partie (qui accompagna le groupe pour une ou deux chansons ensuite), la grosse ambiance, les décors fastueux avec un gigantesque escalier au centre de la scène et un Jay Kay virevoltant dessus.
Quelques années après, en juillet 2005, Jamiroquai était de retour au Festival de Nîmes, dans les arènes de la ville, pour une prestation nettement différente. Première partie de David Walters, pas un super souvenir. Puis Jamiroquai au sein duquel Jay Kay arborait une tenue plus sobre (un jogging Adidas avec un grand chapeau, comme toujours) et, malgré la sortie un mois plus tôt de "Dynamite", le groupe a offert une playlist reprenant largement des chansons des premiers albums. Pour le plus grand plaisir des fans, mais moi, du coup, je n'en connaissais pas la moitié ! Malgré la majesté du décor historique, je ne me rappelle pas d'un concert forcément grandiose, pas autant que celui du Dôme en tout cas, mais c'est normal, festival oblige.
Et c'est ainsi qu'après avoir raté le passage des Britanniques à Bercy en mars dernier, j'ai réussi à aller voir leur dernier show au même endroit cette semaine. Il s'agissait en fait d'une date supplémentaire dans leur "Rock Dust Light Star Tour" français. Bien content d'en avoir profité !
La première partie était assurée par un DJ français, Anoraak, et c'était une bien mauvaise idée. Pas que son set soit mauvais, non, plutôt pas mal, mais ça n'a suscité vraiment aucune passion parmi la foule. Personne ne bougeait d'un poil, ça marque mal pour un DJ... Et après une quarantaine de minutes de musique sans interruption, c'est un technicien qui est venu lui dire que ça suffisait comme ça !
Puis Jamiroquai est arrivé sur scène. Côté décor, c'était assez sobre, loin de la grandiloquence d'il y a 10 ans, visible d'ailleurs dans une remarquable captation d'un concert à Vérone disponible en DVD. On avait donc le droit à un écran géant derrière le groupe pour des animations correspondant aux chansons, puis des planètes géantes accrochées au plafond.
Jay Kay paraissait bien en forme, content d'être là. Sa performance fut très bonne, toujours bien en voix dans son accoutrement de cowboy. Autour de lui, un groupe toujours aussi excellent musicalement avec en plus de vrais cuivres (vous comprendrez la semaine prochaine pourquoi j'insiste sur ce point). Mention spéciale pour les guitariste et bassiste, splendides. Et on a aussi apprécié les choeurs, vocalement et plastiquement.
La playlist fut là encore étonnante. Même si leur dernier album est sorti il y a plus d'un an déjà, il reste le fil directeur du concert (ouverture et fermeture, en rappel). "Dynamite" est lui aussi bien représenté, plus les tubes éternels. Mais justement tous les habituels ne furent pas joués ! Sont notamment passés à la trappe l'immense "Virtual Insanity" ou encore "Space Cowboy" et "Too Young to die". De plus, le rappel ne fut constitué que d'une seule et unique chanson ! Bizarre...
Je ne sais pas si l'ambiance n'était pas assez bonne (plutôt pas mal quand même) ou s'ils n'étaient pas dans le truc, mais bon, c'est un peu frustrant. Sans oublier ce son à moitié étouffé, dû à l'éternelle mauvaise acoustique de Bercy...
Mais globalement, le concert fut bon, Jamiroquai reste un super groupe de scène, avec des arrangements intéressants sur les morceaux les plus connus et, on le répète, un Jay Kay en bonne forme, passionné par sa musique. Il manquait donc juste quelques chansons intégrées dans un rappel consistant pour nous emmener un peu plus en hauteur...
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