samedi 21 juin 2025

Concert : Imagine Dragons - Stadion Letzigrund

C'est le premier (gros) concert auquel je vais sans en avoir eu envie. Mais ma chère et tendre avait placé Imagine Dragons sur sa liste des shows auxquels elle aurait voulu se rendre. Ils passaient à Zurich à deux reprises le mois dernier pour leur Loom World Tour et ses désirs sont des ordres. Ainsi soit-il. 

Je dois dire que je suis passé relativement à côté du groupe de Las Vegas. Je les connais de nom depuis un moment et j'ai entendu quelques-uns de leurs plus gros tubes ("Thunder", "I bet my life" et surtout "Believer"), mais sans pour autant toujours savoir que c'était eux et ainsi sans leur attacher de curiosité particulière.

Je me rendais donc au stade du Letzigrund de Zurich pas mal dans l'inconnu, pour leur seconde date zurichoise (la première avait été ajoutée ultérieurement). Cette enceinte de football est la plus grande de la ville suisse. Je la croyais vieillotte mais elle a en fait été reconstruite pour l'Euro 2008 et, en la voyant  de plus près, je l'ai trouvée plus élégante que ce qu'on voit à la télévision. Nous étions par contre en fosse, assez éloignés de la scène principale et même de l'avant-scène qui allait jusqu'au milieu du public à peu près, cerné par deux énormes stands de nourriture et boissons. Donc autant dire qu'on a vu le spectacle d'assez loin et qu'on a remercié les écrans géants.

La première partie était assurée par le Britannique Declan McKenna, un nom qui me disait vaguement quelque chose. En tout cas, rares sont les premières parties qui m'enchantent et que je n'oublie pas. Et sa pop-rock bien British m'a bien plu et donné envie de le réécouter. Apparemment, il n'est pas si inconnu dans son pays et c'est bien mérité.

Ensuite, le show d'Imagine Dragons était, comme on pouvait s'y attendre, bien massif avec un public conquis, qui chantait évidemment à tue-tête et profitait comme jamais. Bon, moi, je suis resté assez hermétique à ce que j'ai entendu, même si ce n'était pas désagréable non plus et ils ont joué une setlist aux allures de best of de leur carrière encore relativement courte. Mais, rien de transcendant non plus, je ne suis pas très fan de la voix du chanteur et de sa propension à finir, forcément, torse nu. J'ai quand même apprécié la qualité des musiciens et le côté divertissement du show, avec, comme tout bon gros groupe mondialement connu, des moyens : effets spéciaux, confettis à gogo et autres ballons de plage géants balancés sur le public. 

Bonne chose de la part du groupe, une setlist légèrement différente de show en show. Ils ont l'air de jouer à chaque fois deux reprises, "Lean on me" de Bill Withers, suivie d'une seconde, qui change en fonction du concert. Nous avons eu le droit à "Three little birds" de Bob Marley. Sympa.

Autrement, le temps passe assez vite, les chansons s'enchaînant sans trop de bavardage. Ainsi, malgré une vingtaine de morceaux interprétés, le show s'est terminé, sans autre forme de rappel, en moins de deux heures montre en main. Un peu trop mécanique et rôdé quoi. Bref, la prochaine fois, il faudra encore m'y traîner. Mais ça aurait pu être pire.

dimanche 15 juin 2025

Concert : Indochine - Vaudoise aréna

Deux après leur passage en clôture du Paléo Festival de Nyon, Indochine était de retour en Suisse le mois dernier pour trois dates (sold out) à Lausanne. C'était plutôt sympa de leur part de faire autant de concerts (au moins un a été ajouté a posteriori) en terre romande, qui plus est à la Vaudoise aréna (où j'avais été voir Moby il y a quelques années), loin d'avoir la capacité des grands stades qu'ils connaissent d'habitude (même s'il semble que leur tournée actuelle passe plutôt par des zéniths).

Si leur passage à Paléo m'avait un peu laissé sur ma faim, sans doute parce que les conditions n'étaient pas les meilleures pour moi, j'avais tout de même envie de voir ce que ça donnait dans la configuration d'un vrai concert (avec tout leur attirail visuel notamment). Puis je me sentais mieux préparé en termes de connaissance du répertoire ! 

C'est lors du deuxième soir que je me suis donc rendu au show, en fosse (ça faisait longtemps !). Mais pas de frustration particulière de me retrouver là car, justement, la Vaudoise aréna n'étant pas bien grande, la fosse non plus et la scène principale n'était pas très lointaine (car j'étais au fond, n'ayant pas particulièrement besoin de venir très tôt pour me mettre devant), les deux scènes annexes encore moins...

La première partie était assurée par ce qui serait un duo féminin, Minuit Machine. En réalité, il ne s'agissait que d'une DJ plantée en hauteur au milieu de la fosse et jouant de l'électro sympa, mais sans plus. 

Et puis Indochine est arrivé avec son gros son, mais qui m'a paru déjà bien meilleur qu'à Paléo, même s'il semble qu'il venait uniquement du côté de la scène principale. Ainsi, même quand le groupe jouait près de nous, le son arrivait de l'autre bout de la salle, donnant une sensation bizarre. Je dis "proche de nous" car il y avait donc d'abord une avant-scène au milieu de la fosse sur laquelle ils ont joué un bon gros tiers du concert et, en fin de show, Nicola Sirkis et son guitariste, Olivier Gérard, sont venus, à notre grande et agréable surprise jouer trois morceaux en acoustique sur une mini-scène placée littéralement à côté de nous en fond de fosse. Même si le chanteur nous a tourné le dos une bonne partie du temps, c'était vraiment chouette de le voir de tout près (et de constater qu'il avait un prompteur sur lequel défilaient les paroles des chansons, un indispensable des artistes les plus âgés, on l'excusera).

Autrement, côté setlist, Indochine a joué en grande partie les morceaux de son dernier album, "Babel, Babel", surtout lors de la première partie du concert, réservant les gros tubes historiques pour la fin. J'étais content car ils ont notamment joué "Little Dolls", que j'aime particulièrement, spécifiant qu'il s'agissait d'une requête des fans. Et il semblerait qu'ils fassent ainsi à chaque show. Donc je suis tombé sur le bon ! Et à noter également que la setlist du soir était un peu différente de celle du concert précédent, on apprécie ces variations. 

Même si j'étais encore loin de connaître parfaitement ce répertoire, j'ai apprécié la majorité des morceaux, joués par un groupe généreux mené par un infatigable Nicola Sirkis. S'il n'a pas beaucoup de conversation et on ne comprend pas vraiment ce qu'il chante, il se donne à fond pour ses fans et, côté "divertissement", sa bande n'a rien à envier aux plus gros groupes du moment avec des effets visuels impressionnants, des confettis de toutes les couleurs, tout comme des bracelets clignotants en fonction des morceaux, comme chez Coldplay notamment.

Bref, j'ai passé un très bon moment, bien meilleur qu'à Paléo, au cœur d'une foule acquise à la cause d'Indochine, qui a évidemment explosé pour "L'Aventurier". Le groupe persiste à ne pas faire de ce morceau l'ultime du concert, ce qui est un peu dommage car une partie du public quitte alors la salle pendant le suivant, "En route vers le futur". Mais je serai sans doute encore là si ce groupe culte français repasse par où je vis.

mercredi 21 mai 2025

Concert : Twenty One Pilots - Hallenstadion

J'avais découvert Twenty One Pilots comme beaucoup de monde je crois, avec leur album "Blurryface", il y a déjà dix ans. Mais j'étais resté bloqué à cet opus, ne suivant pas la sortie des suivants (ni ne m'intéressant aux précédents). J'ai ainsi dû rattraper mon retard à l'orée de leur concert à Zurich en avril dernier. 

Mais apprécier qu'un seul album d'il y a dix ans et aller les voir en concert, pourquoi me demanderez-vous? Eh bien parce que j'étais tombé à la télé sur un show du duo lors d'un festival, possiblement au Brésil car j'étais là-bas quand je l'avais vu, et j'avais été bluffé par leur performance. Ils ne sont que deux sur scène dont qui ne joue quasiment que de la batterie, mais ils ont une présence incroyable. Je me rappelle notamment du batteur, Josh Dun, qui avait joué une partie sur une petite plateforme portée par le public.

Bref, comme ils passaient en Suisse lors de leur Clancy World Tour, j'avais inévitablement envie d'aller voir cela de mes yeux. Cela m'a aussi permis de découvrir l'Hallenstadion, ancienne patinoire du club de Zurich, qui est aussi la principale salle de concert fermée de la ville. Un lieu bien desservi et dont j'ai particulièrement apprécié les infrastructures, vastes et variées (notamment en termes de nourriture).

Dès notre entrée, nous remarquions, ma chère et tendre et moi, la jeunesse du public, mais aussi un vrai communautarisme avec des vêtements particuliers (noirs pour la plupart) avec des signes distinctifs (des bandelettes jaunes et rouges). Là aussi je découvrais un véritable univers construit conjointement par le groupe et sa fanbase. 

Autrement, nous avions des places plutôt hautes en tribune latérale, mais tout à fait convenables, si ce n'est que j'avais l'impression que le son n'était pas si fort. Un mal pour un bien peut-être.

En première partie, un groupe de jeunes Néo-Zélandais, Balu Brigada: du rock alternatif sympathique, mais loin d'être inoubliable.

Puis le show de Twenty One Pilots s'est lancé avec son lot de surprises. Côté setlist déjà, une majorité de chansons du dernier album, "Clancy", forcément, mais ensuite, c'est justement "Blurryface" qui était le plus représenté, devant les deux autres opus sortis entre-temps. Cela montre le marqueur qu'a été cet album.

Et concernant le show, un vrai divertissement. Tyler Joseph et Josh Dun ont écumé tous les recoins de la salle ou presque, surtout le premier, que ce soit sans instrument, avec une basse, un ukulélé ou encore un clavier. Le chanteur s'est ainsi retrouvé sur scène bien entendu, mais aussi pas très loin de nous dans notre tribune, puis dans celle d'en face, puis encore sur deux petites plateformes, soit seul, soit avec son batteur (et même avec une petite fan pour une chanson en duo), au milieu de la fosse. Josh Dun s'est forcément moins baladé, mais on l'a quand même vu donc au milieu de la fosse lui aussi, mais pas transporté par les fans comme en festival. 

Bref, c'était du pur divertissement, aussi bien musical que visuel, avec un duo extrêmement généreux, de quoi ravir un public déchaîné et qui savait bien sûr toutes les paroles par cœur. Pour ma part, je ne connaissais pas bien toutes les chansons, mais j'ai vraiment passé un bon moment aussi et avec clairement la volonté de les revoir si l'occasion se représente.

mardi 10 décembre 2024

Concert : Paul McCartney - Paris La Défense Arena

Ces dernières années, à chaque fois que je vais voir Paul McCartney, je me dis que cela pourrait bien être la dernière, donc cela ajoute toujours une petite émotion supplémentaire.

Mais, honnêtement, après ce concert parisien de la semaine dernière (j'ai vu le second sur les deux dates), je me dis que, si tout va bien, il y en aura encore d'autres et je pourrai peut-être viser les 10 !

Le contexte d'abord : il s'agit de la tournée "Got Back", qui a succédé au "Freshen up Tour", que j'avais vu passer au Brésil et que j'aurais dû voir aussi en France, à Lyon, en 2020, mais la pandémie de Covid-19 avait provoqué son report. Au final, Paul McCartney a repris les concerts en 2022, d'abord aux Etats-Unis, puis l'année suivante en Océanie et en Amérique latine. Il adore tellement les concerts sur ce dernier continent qu'il y est encore retourné cette année, juste avant de revenir, enfin, en Europe pour seulement quelques dates en France, en Espagne et en Angleterre.

Le lieu, ensuite. Cette nouvelle salle de La Défense (Nanterre plus exactement), inaugurée en 2017, accueille concerts et compétitions sportives (dont les derniers JO). C'est la première fois que je m'y rendais et, si le lieu est a priori sympa, cela a été une vraie galère pour l'atteindre en raison d'une accessibilité, une fois sur place, bien compliquée. On n'a pas bien compris ce qu'il s'était passé, mais le concert a commencé une fois nos sièges atteints. Ouf ! Donc moi et mon accompagnateur du soir, qui n'avait jamais vu Paul McCartney en concert, avons loupé la première partie (mais qui est toujours la même, donc pas de problème).

Nous étions plutôt bien installés, assis sur un côté, à mi-hauteur et à peu près au niveau du milieu de la fosse très bien garnie (les deux dates étaient complètes, avec un nombreux public étranger, sans doute en raison du peu de concerts prévus en Europe).

Côté setlist, un seul changement comparé au concert de la veille : une ouverture avec "A Hard day's night" au lieu de "Can't buy me love". Donc l'ex-Beatles ne s'est vraiment pas foulé et puis, pour la suite, on reste sur une immuable (mais longue) liste où les classiques ne bougent pas ou presque. Seules nouveautés pour moi : le "dernier" morceau des Beatles, "Now and then", et "I've got a feeling" (re)chanté en duo avec John Lennon grâce au talent technologique de Peter Jackson. Le public parisien a aussi de la chance avec l'ajout traditionnel de "Michelle" (et donc d'une chanson supplémentaire par rapport à d'autres lieux).

Mais ne boudons pas notre plaisir, j'ai vraiment apprécié ce concert. Principalement parce que sa voix a tenu le coup. Depuis quelque temps, il sait mieux la contrôler et ne pas aller au-delà de ses limites, qui sont déjà bien basses évidemment. Mais je n'ai pas senti de moment où vraiment elle déraillait totalement (même si, il faut bien le dire, la musique la couvre bien souvent, volontairement ou pas). 

J'ai aussi apprécié que son petit ensemble de cuivres soit conservé, avec "Letting Go" joué depuis la tribune opposée à la mienne. Cela apporte une indéniable plus-value à tous les morceaux les utilisant, tandis que le reste du groupe, toujours le même aussi, conserve sa solidité et sa sérénité. D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas la première fois que Paul McCartney ne les présente au public (il a aussi remercié tout le staff), alors que l'ex-Wings s'est montré plutôt moins bavard que d'habitude. J'ai trouvé qu'il expédiait plus les chansons qu'avant, se contentant juste de quelques mots français et rares introductions de morceaux. 

Mais au moins, comme je le disais au début, Paul était en forme, avec une voix qui tient encore la baraque (je m'y suis habitué aussi), et sans doute ravi d'avoir joué deux soirs de suite à guichets fermés (40'000 spectateurs par soir) devant un public plutôt énergique (même si on est forcément très loin de la folie latino-américaine). Ma compagnie du soir a adoré et moi aussi. Vivement le prochain !

mardi 22 octobre 2024

Concert : Dhani Harrison - La Maroquinerie

C'est le deuxième fils de Beatles qu'il est m'est donné de voir en concert après Sean Lennon à la fin des années 2000 (à Paris et à Londres, je ne sais pas pourquoi je n'avais pas chroniqué ses concerts ici même). 

Je suis moins fan de la musique de Dhani Harrison, qui s'est orienté plutôt vers des sonorités sombres et profondes, bien moins légères et mélodiques que son père. Il faut bien essayer de se démarquer ! Mais le quarantenaire ne semble pas pour autant mettre toutes ses chances de ce côté avec seulement quelques participations à des projets musicaux au fil de sa carrière, c'est plutôt un homme de l'ombre, producteur et compositeur. Puis il a tant à faire à entretenir l'héritage musical de George Harrison et relancer son label, Dark Horse.

Ce n'est que récemment que Dhani Harrison a sorti deux albums en son nom propre, "In Parallel" en 2017 et "Innerstanding" en 2023. De même, il est plutôt rare sur scène en dehors de projets collectifs. Ainsi, cette "tournée" ne comportait que trois dates : Berlin, Paris la semaine dernière et Londres hier soir. J'avais pu voir un avant-goût de sa performance live dans un concert enregistré en studio et diffusé peu avant sur sa chaîne YouTube. Il y jouait son dernier album en intégralité : un rock lourd, puissant, teinté d'électronique.

A Paris, c'est donc La Maroquinerie qui l'accueillait. Une petite salle, située en sous-sol, où je n'avais jamais été voir de concert. Il y a juste une fosse avec des gradins surélevés mais sans place assise. L'avantage : une proximité immédiate avec la scène et un bon son. Il n'y avait pas vraiment foule, mais une bonne majorité de boomers avec la même curiosité que moi de voir à quoi ressemblait en vrai le rejeton Harrison. Très peu de fans purs et durs je pense.

La première partie était assurée par l'Australienne Mereki, accessoirement compagne de Dhani Harrison. Avec son groupe composé de jeunes musiciens qu'on aurait dit tout droit sortis de l'adolescence - elle-même fait très jeune mais elle a 39 ans -, la blonde a joué les chansons de son prochain album à venir. Son genre : du rock plutôt sympa, à la Blondie.

Dhani Harrison a lui proposé un set bien cadré, enchaînant tout simplement ses deux derniers albums (sans rappel, sans reprise de papa pour les boomers). Entouré d'un solide groupe (dont un guitariste punk à l'attitude très drôle, trépignant de pouvoir envoyer du gros son avec son instrument, et Mereki pour quelques morceaux), le fils du Quiet Beatle a ainsi confirmé qu'il était avant tout un musicien perfectionniste et non pas un "performer". Peu bavard (mais néanmoins sympathique), il ne prenait pas la peine d'annoncer le nom des morceaux ou d'en expliquer la teneur, se contentant de remerciements, de confier que Paris est la ville la plus belle du monde et espérant ne pas nous avoir rendu sourds (la musique était effectivement très forte).

Changeant de guitare électrique pour quasiment chaque morceau, Dhani Harrison se tenait aussi malheureusement peu face au public, constamment de profil, tourné sur sa console électronique lui permettant d'envoyer toutes sortes de sons accompagnant donc ses morceaux de rock alternatif. On le voyait aussi régulièrement maugréer quand le son ne lui convenait pas. 

Difficile de ressortir personnellement ébloui par ce concert, surtout parce que ce n'est pas mon genre de musique préféré, mais ma curiosité a été satisfaite et je resterai le premier soutien de tous les membres de la galaxie Beatles ! Et mon accompagnatrice, que je pensais barber avec ce show, a beaucoup aimé (même plus Dhani que Mereki !). Si j'ai pu faire une heureuse, tant mieux.

lundi 14 octobre 2024

Concert : Ayo. - Les Docks

Voyant sur les réseaux sociaux Ayo. s'éclater dans sa nouvelle vie de surfeuse à Tahiti, je m'étais dit que nous pouvions faire une croix sur sa carrière musicale. Mais non, revoilà la chanteuse allemande d'origine nigériane de retour avec un septième album, "Mami Wata", et une tournée dans la foulée de sa sortie pour le défendre. Des concerts qui ont lieu à travers l'Europe, mais principalement en France, le pays qui, je crois, lui a apporté le plus grand succès depuis ses débuts. Mais le temps a passé et j'ai constaté que les salles et villes sur son chemin ne sont plus aussi grandes qu'il y a bientôt 20 ans.

Deux dates étaient prévues en Suisse, une première à Zurich et une seconde à Lausanne, où j'étais la semaine dernière. C'est d'ailleurs dans ce cadre que j'ai eu l'immense privilège de pouvoir interviewer Ayo. (par téléphone) pour mon journal. Je n'en avais jamais eu l'opportunité, un rêve s'est réalisé (sa manager m'avait donné 15 minutes, on a papoté pendant une heure !). Je n'ai pas eu le temps de lui raconter ces quelques fois où nous nous sommes croisés (lire mes nombreux posts antérieurs), mais je comptais aller la revoir cette semaine à l'occasion d'un showcase à la Fnac des Ternes à Paris pour vérifier si elle se rappelait de moi ! 

Mais retour à Lausanne avec ce passage d'Ayo. aux Docks, une petite salle que je fréquentais pour la première fois. C'est un lieu composé d'une unique fosse et qui accueille plutôt des concerts de rock et de hip-hop en général. Enfin, il y a un peu de tout, mais assez peu de grosses pointures vu la taille, ou alors des "anciennes" (Matmatah, Nena, The Pretenders...).

En première partie, c'est la jeune chanteuse franco-suisse (originaire de Paris mais vivant à Zurich) Lily Claire qui a occupé la scène. Seule à la guitare folk accompagnée d'une autre guitariste (électrique), elle a joliment chanté (en français) des morceaux romantiques plutôt mélancoliques. Elle nous a quand même gratifié d'une chanson "optimiste" pour la fin (parce que son management lui a demandé, a-t-elle dit !). Un bon moment !

Et puis ce fut le tour d'Ayo.. A l'image de son nouvel album, pour cette tournée, pas de grandiloquence sur scène : un pianiste et un contrebassiste (tous deux excellents) l'accompagnent. Elle a ouvert le show avec la chanson-titre "Mami Wata", seule avec sa voix toujours aussi puissante et un conga. La suite de la setlist était composée majoritairement de morceaux du nouveau disque à l'exception d'"Afro Blue" et "Royal" (ce dernier pour unique morceau de rappel), ainsi que des classiques de son premier album "Down on my knees" et "Life is real". Sans oublier un morceau de son opus new-yorkais "Ayo." suggéré sur les réseaux sociaux par une personne du public.

Une setlist assez resserrée pour un concert de près de deux heures malgré tout car l'artiste n'a pas perdu son habitude de raconter in extenso l'histoire derrière chaque morceau (ou presque) interprété. Des prises de parole assez longues mais qu'on lui pardonne parce que sincères et signes de proximité avec son public (on a notamment appris comment elle en était venue à vivre à Tahiti ou encore que son fils aîné l'avait bloquée sur les réseaux sociaux...). Le plus drôle est de voir ses musiciens commencer à jouer doucement les chansons à venir, ce qui peut durer plusieurs minutes, comme pour lui demander d'abréger, tout en guettant quand Ayo. a bel et bien terminé son récit.

J'ai en tout cas particulièrement apprécié ce concert, toujours parce que je suis profondément touché par cette artiste et sa voix qui m'émeut souvent aux larmes, mais aussi parce que la taille de la salle offrait une proximité et une belle acoustique.

Et donc je me suis rendu à Paris pour la revoir (mais pas que, j'avais un autre concert, compte rendu dans le prochain post). Ayo. avait été invitée par la Fnac des Ternes pour un showcase. C'était d'ailleurs grâce à ces showcases que j'avais pu jadis lui parler. Là, il y avait beaucoup moins de monde qu'avant, c'était un peu triste. Seule une quinzaine de chaises avaient été installées. Elles ont toutes été occupées et quelques personnes en plus sont venues combler l'espace, mais je pense que nous n'étions pas plus d'une trentaine dans le public (en comptant son équipe et celle de la Fnac). 

Cette fois, Ayo. était un peu malade et avait peu dormi, donc pas au top de sa forme, mais, en compagnie du pianiste Vincent Bidal (qui a joué sur "Mami Wata", mais pas sur scène à Lausanne, et accessoirement compagnon de Natasha St-Pier), elle a offert tout de même un joli récital acoustique de trois ou quatre morceaux de l'album (avec les longues explications qui vont avec !). Ensuite, place à la dédicace et, là aussi, sa générosité et sa sincérité ont fait qu'elle partageait un long moment avec chaque fan présent. Sans doute un peu trop (mais c'est aussi la faute des fans qui ne pensaient pas aux suivants) car on approchait de l'heure de fermeture du magasin et la pression était de plus en plus importante sur les gens, dont moi, pour aller vite. 

Au final, je ne voulais pas lui tenir la jambe trop longtemps, je lui ai juste fait signer la version papier de mon interview ainsi que son album. Elle m'a dit m'avoir reconnu dans le public à Lausanne (alors que donc on ne s'était pas croisé depuis des années). Je ne sais pas si c'est vrai, mais je ne peux qu'être heureux de partager une très relative proximité avec une artiste que j'admire. Vivement le prochain concert (ce devrait être le 20e si mon compte est bon !).

mercredi 2 octobre 2024

Concert : Moby - Vaudoise aréna

Moby en concert est un événement qui m'a toujours laissé plus ou moins dubitatif. Comment retranscrire de l'électro dans une salle immense voire un stade sans que ce soit chiant ? Je ne sais pas si l'occasion d'aller le voir sur scène s'est déjà présentée pour moi, mais je ne l'avais en tout cas jamais saisie jusqu'ici.

Cette fois, sa venue à Lausanne la semaine dernière (seule date en Suisse de sa courte tournée européenne "Play 25", qui s'y terminait d'ailleurs), dans une salle pas trop grande (la Vaudoise aréna est une patinoire à l'origine, qui peut accueillir jusqu'à 12.000 spectateurs en mode concert), m'a donné un petit accès de nostalgie et je me suis décidé à y aller.

En plus, cela tombait bien, sa tournée célébrait donc le 25e anniversaire de son album majeur "Play" qui m'a fait connaître (et aimer), via le film "The Beach", le bonhomme (comme une bonne partie de son public je pense). Même si je dois dire qu'au final, j'ai aussi apprécié son album suivant, "18", et que je me suis arrêté là. 

La première partie était assurée par la sculpturale chanteuse américaine Lady Blackbird. Cette dernière a percé ces dernières années dans un registre soul-jazz, ayant pris son nom de scène après sa reprise du "Blackbird" de Nina Simone, son premier titre majeur. Elle nous l'a d'ailleurs interprété ainsi que d'autres morceaux uniquement accompagnée d'un guitariste, son impressionnante voix assurant le reste. C'était néanmoins un peu monotone.

Puis Moby est arrivé... avec son groupe ! Au départ, et ce qui avait attisé mon scepticisme, je pensais qu'il serait plus ou moins seul avec son ordinateur voire des choristes. Mais agréable surprise, il y avait bien deux choristes (absolument remarquables, point fort du show), mais aussi un batteur, une claviériste, une violoniste et une violoncelliste (un peu toc). Et Moby jouait lui majoritairement de la guitare électrique (assez bien d'ailleurs) ainsi que du conga et un peu de synthé. En bref, que de la "vraie" musique ou presque.

Le bonhomme n'a pas trop mal vieilli, portant des tatouages sur les bras et le cou en soutien aux droits des animaux (des vidéos militantes étaient diffusées en préambule du concert dont tous les bénéfices étaient reversés à des associations pro-animales, et les buvettes de la salle ne servaient que de la nourriture végétarienne). Sur scène, il avait une drôle de démarche quand il jouait de la guitare, allant frénétiquement d'un bout à l'autre de la scène. Il n'a pas non plus été très bavard en dehors d'une ou deux anecdotes dont celle liée au dernier morceau du concert, "Thousand", l'une de ses premières compositions techno inaugurée en public lors d'une rave en Suisse en 1992.

Côté setlist justement, il semble que Moby n'ait rien modifié de concert en concert, avec une part consacrée donc à l'album "Play", six morceaux sur la vingtaine au total, le reste étant issu en majorité de ses albums suivants. On a aussi eu le droit à une reprise intimiste de Johnny Cash ("Ring of fire") pas totalement réussi car le chanteur a demandé au public de réaliser le solo de trompette avec sa propre voix, sauf que celui-ci ne connaissait pas vraiment cette chanson (moi y compris) et donc n'a pas bien compris quand c'était à lui de chanter ni ce qu'il devait chanter. Un flop donc. Réussies en revanche les performances de Lady Blackbird sur deux morceaux, "Walk with me" et "Why does my heart feel so bad ?".

Au final, mon sentiment était partagé à la fin du concert. Agréablement surpris du rendu des chansons les plus rock ("Lift me up", "We are all made of stars"...) grâce au groupe et impressionnantes choristes (et heureusement car le son était fort, mais très bon), mais un peu plus mitigé sur les morceaux plus électro car pas tellement adaptés à la scène et un peu répétitifs pour ces mêmes chanteuses. Néanmoins, la note est tout de même positive car cela m'a bien fait plaisir de réécouter ces titres au parfum de nostalgie.