vendredi 5 décembre 2025

Concert : Jamiroquai - ING Arena

Et voici le dernier concert d'une année riche en musique et en shows de grande qualité. Mais cette fois-ci, il a fallu me rendre à l'étranger, en Belgique et plus particulièrement à Bruxelles la semaine dernière pour assister à mon 5e concert de Jamiroquai. Premier groupe que j'ai pu voir sur scène dans ma vie. 

Si je suis allé aussi loin, c'est parce que je m'y suis pris trop tard pour prendre des places et les shows de Zurich et Paris - les plus proches - de cette tournée européenne automnale étaient déjà pleins. Mais bon, cela m'a donné une occasion de revenir dans la capitale belge, que j'apprécie plutôt, et de découvrir une nouvelle salle, l'ING Arena. Cette dernière ne paraît pas si grande que cela, avec une tribune haute au fond (où nous étions avec ma chère et tendre) et des latérales assez peu élevées.

Si je ne me trompe pas, c'était à nouveau un grand retour sur scène pour Jamiroquai qui n'avait pas tourné depuis la sortie du dernier album, "Automaton", il y a huit ans. Et c'était à cette occasion que j'avais été les voir pour l'ultime fois, au Brésil. Cette fois, le disque à venir n'est pas encore sorti, mais il devrait l'être l'an prochain, ce qui leur permettra de reprendre la route en le défendant par une tournée des festivals (j'espère bien qu'ils passeront par la Suisse, j'y crois assez, à Paléo ou, encore mieux, à Montreux).

Pour la tournée actuelle, le groupe a repris le même schéma qu'en 2011 avec un DJ en première partie. Cela n'a pas été le même à chaque date et nous avons nous eu le droit à l'Américain Erick the Architect, que je connaissais de nom je crois bien. Bon, après, même résultat qu'il y a 14 ans, il jouait de la musique très cool, piochée dans un répertoire 1970's, soul-disco, mais le public restait bien sage et il semblait un peu s'agiter tout seul en vain sur scène.

L'intermède a au moins été relativement court vu qu'il n'y avait au fond qu'une table de mixage à retirer de la scène. La scénographie justement était un peu plus élaborée que lors de la dernière tournée, mais rien d'équivalent aux grands groupes que j'ai pu voir cette année justement. Pas de confettis, pas d'objets gonflables envoyés en fosse... que des shows lumineux et des animations, mais assez belles, retransmises sur un écran géant prenant toute la surface à l'arrière de la scène. Du classique quoi. Les (toujours excellents) musiciens et (toujours excellentes) choristes étaient eux situés sur différents podiums reliés par des escaliers appréciés de Jay Kay pour monter, descendre et faire quelques (raisonnables) pirouettes. 

Côté setlist (exactement la même pour tous les shows), si le nouvel album n'est donc pas encore sorti, Jamiroquai avait tout de même prévu deux morceaux en avant-première : "Disco stays the same" et "Shadow in the night". Jay Kay s'est néanmoins bien gardé d'annoncer qu'il s'agissait d'inédits. Mais ils envoient tout de même déjà du bois, surtout le premier cité.

Un Jay Kay que j'ai trouvé en forme (il a maigri depuis la dernière fois j'ai l'impression) et qui a surtout conservé une superbe voix, impeccable pour interpréter les plus grands classiques du groupe. Car, cette fois, ils étaient bien tous là ou presque (pas de "Deeper Underground" entre autres), notamment "Virtual Insanity", écarté des dernières tournées et joué ici en guise de rappel. Un véritable "best of" donc avec, comme d'habitude, de vraies version live, rallongées de plusieurs minutes, avec une part belle laissée aux musiciens du groupe (et permettant à un moment à Jay Kay de signer les vinyles des personnes situées au premier rang de la fosse).

Peu de fausses notes donc sauf Jay Kay qui s'est trompé dans l'annonce d'un morceau (en signalant que cela lui arrivait à chaque concert). Le chanteur était aussi bien mieux sapé que lors de la dernière tournée. Fini l'unique survêtement, il a changé plusieurs fois de costume (mais toujours bien emmitouflé) et de chapeau évidemment, dont sa coiffe électronique. Le bruit du rappel l'a aussi impressionné (il est vrai que le public était chaud bouillant, une très belle ambiance), le leader déclarant qu'il n'avait pas connu cela jusqu'ici durant la tournée (mais ça, il doit peut-être le dire à chaque audience pour la flatter).

C'était ainsi un grand bonheur de retrouver Jamiroquai, qui survit aux années avec toujours une aussi grande qualité musicale et un Jay Kay qui ne perd pas sa voix. Je ne sais pas si le prochain album sera celui d'une notoriété retrouvée, mais les fans, dont je fais partie, sont toujours là, fidèles. Yeah yeah, alright !

mardi 14 octobre 2025

Concert : The Offspring - Hallenstadion

Il y a trois ans, j'avais eu mon premier avant-goût de The Offspring en live au festival Caribana. J'écrivais à l'époque que je désirais les voir de nouveau, dans une configuration de "vrai" concert (pas en version courte de festival). Ce vœu s'est réalisé à la fin du mois dernier à Zurich, étape de leur actuelle tournée mondiale "Supercharged", qui promeut leur dernier album éponyme.

Le concert avait lieu à l'Hallenstadion, où j'avais déjà été voir Twenty One Pilots. Une salle que j'apprécie beaucoup pour ses infrastructures bien pensées. 

La première partie était assurée par Simple Plan, groupe de punk rock québécois (mais chantant en anglais) qui a connu son apogée dans les années 2000, soit la décennie après The Offspring. Je connaissais vaguement le nom et quelques morceaux, mais je suis globalement passé à côté à l'époque. Contrairement à ma chère et tendre, qui m'accompagnait, et s'est éclatée durant cette heure d'un show bien énergique, le chanteur, aujourd'hui quarantenaire, ayant conservé une bonne forme et surtout une voix très juvénile (on sent qu'il forçait un peu quand même pour s'auto-imiter). Ce dernier démontrait une belle gratitude de pouvoir partager la même scène que The Offspring et, chose sympa, parlait de temps à autre en français (et en anglais et allemand).

Après avoir bien chauffé le public avec ses tubes, Simple Plan a laissé place au traditionnel intermède précédant le show principal. Et c'est la première fois que j'assistais à un concert durant ce temps mort d'une bonne trentaine de minutes est occupé par des animations dans tous les sens. Un type portant un masque de singe a fait le tour de la salle, s'amusant avec les spectateurs au cours de divers séquences (kiss cam, "sosie" cam, etc., comme dans les matchs de sports américains). C'était vraiment fun et ça a vraiment occupé le temps tandis que la scène était mise en place. 

Puis The Offspring a débarqué sur l'air de "Thunderstruck" d'AC/DC avant de débuter avec déjà un gros tube : "Come out and play". Et au final, si la setlist était plus allongée qu'en festival, elle ne l'était pas vraiment de plus de morceaux cultes, mais de reprises, de Black Sabbath et Ozzy Osbourne (en hommage au chanteur décédé récemment) ainsi que des Ramones. Sans oublier deux séquences de solo pour Noodles à la guitare électrique et le jeune batteur sur ses fûts, les deux musiciens laissant éclater leur talent avec leur instrument respectif.

Pour le reste, principalement au début et surtout à la fin, les chansons légendaires de "Smash" et "Americana" étaient bien là, portées par un groupe qui ne paraît pas se lasser de les jouer devant un public en feu (la fosse, que j'observais depuis ma tribune, bougeait dans tous les sens, c'était fou). Certes, la voix de Dexter est bien moins puissante et aiguë qu'avant et on note que le son de son micro est abaissé par rapport aux instruments (c'était d'autant plus flagrant en comparaison avec le chanteur de Simple Plan dont c'était presque la voix qui recouvrait les instruments). On a tout de même pu l'entendre bien mieux sur "Gone away", qu'il a d'abord chanté en solo au piano, mais ce n'était pas fameux. 

Autrement, j'évoquais déjà du cabotinage de la part de nos deux leaders du groupe il y a trois ans. Ils n'ont pas changé, répétant quasiment les mêmes blagues ou remarques, comme celle de Noodles estimant qu'il avait devant lui le meilleur public de l'histoire du rock. Ils ont beau être bien plus intelligents qu'ils n'y paraissent, ils ne brillent pas vraiment par leurs élucubrations sur scène. 

Mais c'est un détail, j'ai vraiment pris mon pied, ma compagne également, devant un groupe généreux qui propose ainsi un show spectaculaire du début à la fin (j'ai omis de parler des multiples effets scéniques et autres confettis et ballons géants balancés dans la fosse à plusieurs reprises). On en a pour son argent, musicalement parlant aussi bien évidemment. Le concert parfait ou presque, et qui donne envie de les revoir, encore et encore. Fuck yeah !

mercredi 24 septembre 2025

Concert : Clara Luciani - Paléo Festival

Deux jours après la riche soirée du mercredi du Paléo, j'étais de retour pour, cette fois, un concert plutôt de découverte, celui de Clara Luciani. 

Je la suis d'assez loin depuis ses premiers succès, connaissant principalement ses chansons les plus fameuses, mais ne possédant pour autant aucun de ses albums. Pas encore du moins. 

Je me suis dit qu'aller la voir en concert me convaincrait sans doute. Ce soir-là, il y avait d'autres artistes francophones, comme Santa ou Ben Mazué, mais il n'y avait vraiment que Clara Luciani qui m'intéressait (et que je connaissais tout de même un peu).

Ce qui me la rend sympathique, outre ses chansons, cette voix et ce faux air de François Hardy, c'est de l'avoir lue ou écoutée à plusieurs reprises évoquer George Harrison et Paul McCartney parmi ses inspirations et albums de chevet. Et avec ça, elle ne pouvait que marquer beaucoup de points avec moi. 

Et ce concert alors ? Eh bien, il était fort plaisant, avec un public conquis, qui chantait en chœur avec Clara Luciani tous ses tubes. Au milieu d'une scène très (trop malheureusement) lumineuse, accompagnée d'un bon groupe (dont le batteur fêtait son anniversaire), la belle et généreuse chanteuse a offert un show très bien rôdé. 

Je ne pourrais trop commenter sa setlist, mais ses principales chansons ("La grenade", "Le reste"...) étaient donc présentes j'ai l'impression et elle s'est même fendue d'une reprise en français et à sa façon, très suave, du "Winner takes it all" d'ABBA.

Après cela, je ne dirais pas non plus que je suis devenu un inconditionnel de Clara Luciani, comme je peux l'être d'Ayo., mais je lui ferai au moins l'honneur d'acheter ses albums et peut-être de retourner la voir (mais plutôt en festival pour le moment).

mardi 23 septembre 2025

Concert : Jean-Louis Aubert - Paléo Festival

L'an dernier, j'étais allé à Paléo sans véritable volonté. Changement cette année : j'avais deux soirées en tête. La première, c'était le mercredi, avec notamment Jean-Louis Aubert. 

C'est un artiste que j'aime particulièrement, surtout grâce à Téléphone, mais aussi pour sa carrière solo (j'adore "Commun un accord"), même si je trouve qu'il est devenu assez mièvre avec les années. Je n'avais jamais eu l'occasion de le voir en concert donc je me suis dit qu'il était temps, car le monsieur prend de l'âge (70 ans).

Et ce concert de Paléo m'a comblé par plusieurs aspects. D'abord, Jean-Louis Aubert tient encore une belle forme, aussi bien vocale que musicale (accompagné d'un groupe très solide). Puis il est des plus généreux sur scène et avec le public (malgré des envolées poétiques pas toujours très cohérentes). Et enfin parce qu'il propose une setlist, même en festival malgré une durée plus réduite, en forme de best of (Téléphone et solo) qui ne peut que ravir les fans comme moi qui venaient l'écouter pour la première fois. J'ai eu droit à mes standards préférés comme "Un autre monde", "ça" (pour finir évidemment), "La bombe humaine" ou encore "Juste une illusion" et "Temps à nouveau".

C'était donc un excellent moment avec un public aussi nombreux que varié dans les âges, et donc encore un artiste que je peux "rayer" de ma liste "à voir". Et que je reverrais avec beaucoup de plaisir. 

Et puis j'inclus ici l'autre chanteur que je voulais voir ce même soir de juillet dernier. Comme je n'ai pas vu le concert en entier, je ne lui consacre pas un article à lui tout seul. Il s'agit du mythique Will Smith ! L'acteur s'est remis à chanter cette année, sortant un nouvel album, "Based on a true story", vingt ans après le dernier. On en avait ainsi presque oublié qu'il était bien un rappeur à l'origine. 

Sa venue à Paléo était donc un événement et j'étais assez curieux de voir ce que ça allait donner sur scène, même si je n'ai jamais été un très grand fan de sa musique. Le début du concert, devant un parterre plein à craquer en fin de soirée, était très prometteur : gros show à l'américaine avec plein de danseuses et d'animation sur scène. Et que du "old school" pour mettre le feu au public : "Gettin' Jiggy Wit it", "Miami", "Boom! Shake the room"... 

C'est donc parti très fort et plein de souvenirs sont remontés à la surface, Will Smith assurant avec une belle énergie et une bonne interaction avec le public. Puis c'est allé trop loin avec la séquence "Prince de Bel-Air" où, outre la B.O. de la sitcom, l'acteur-rappeur a rendu hommage à James Avery, l'oncle Phil. Même s'il est décédé il y a plus de dix ans, on a eu le droit à son portrait sur écran géant puis un long moment d'hommage larmoyant à l'américaine, Will Smith demandant aux gens de se prendre dans les bras les un les autres, se jetant lui-même bras ouverts dans le public. Bref, c'était "too much". Le plus cocasse était tout de même que les plus jeunes personnes de l'audience autour de moi se demandaient bien qui était cet "oncle Phil", ne connaissant pas du tout le début de carrière de l'acteur.

Ensuite, il y a eu la séquence "B.O. de ses films", à l'époque où il les interprétait, mais je me suis régalé de "Bad Boys" avant de lâcher l'affaire pour "Wild Wild West", "Men in Black" et le reste. C'était surtout qu'il était tard et que je devais travailler tôt le lendemain. 

Toujours est-il que j'ai ainsi bien satisfait encore une fois mes accès de nostalgie avec ce drôle de concert, malgré ces fausses notes pleines de guimauve. Je n'aurais sans doute pas payé que pour voir Will Smith, et je le déconseille, mais sous cette forme-là, en festival, c'est très bien !

mercredi 30 juillet 2025

Concert : Alanis Morissette - Montreux Jazz Festival

Et donc voici ce second mystérieux concert auquel j'ai été lors de cette édition 2025 du Montreux Jazz Festival. Ce n'est pas un choix propre à moi, car j'avais déjà vu Alanis Morisette à Paris en 2012 (avec un souvenir des plus mitigés, voir ma critique), mais je savais que ma chère et tendre adorait la chanteuse lorsqu'elle était ado et ne l'avait jamais vue en concert. Donc je me suis dit que cela lui ferait plaisir (spoiler : mission accomplie). 

Le show a eu lieu lors de la dernière soirée du festival, pour la dernière aussi de la grande scène du lac, qui ne devrait pas être reconduite lors des prochaines éditions avec le retour de l'événement au sein du centre de congrès. 

Je dois dire que cette scène au bord du lac a beaucoup de cachet, avec des aménagements sympas sous la grande halle et ensuite une fosse sur les pavés en descente donc pratique pour ne pas trop être gêné par les personnes plus grandes devant soi. 

La première partie, ou plutôt le premier concert pardon, était assurée par Sigrid, une énergique chanteuse pop norvégienne révélée il y a une petite dizaine d'années et qui a un certain succès international. Je ne connaissais pas du tout néanmoins, mais elle possède un répertoire, en anglais, des plus efficaces. On peut toujours compter sur les Scandinaves pour cela. En tout cas, elle a réussi le pari de faire bouger le public avant l'arrivée de la Canadienne. Agréable découverte !

Puis est venu le temps d'Alanis Morissette. De son concert au Zénith, je lui avais reproché un show des plus formatés et un manque d'interaction avec le public. Eh bien... rien n'a changé... Commençons par les reproches donc. Je ne lui demande pas d'être très bavarde non plus, mais de partager un peu plus que "Merci", "J'ai de très bons souvenirs à Montreux", d'autant plus qu'elle a même sorti un "Live in Montreux", et la présentation des musiciens. Vraiment, il n'y a rien eu de plus. Un peu sec. Et ainsi, les morceaux se sont enchaînés sans aucun temps mort ou presque pour que ça colle à l'heure et demie réglementaire. De même, je n'ai pas trop apprécié l'introduction vidéo des plus hagiographiques où l'on a une revue des meilleurs moments télé notamment de la Canadienne avec d'autres vedettes, en mode "J'ai tellement apporté au monde". Enfin, accessoirement, cet écran vidéo derrière la scène nous empêchait d'avoir une jolie vue sur le lac.

Néanmoins, passons au positif. Alanis Morissette n'a plus vraiment de gros succès musical depuis un moment, donc sa tournée actuelle est en mode "best of" avec vraiment tous ses morceaux les plus connus ou presque, dont quasiment tout son album phare de 1995 "Jagged Little Pill". Autant dire que le public ne peut être que ravi et chanter à tue-tête. Outre les tubes, que j'aime bien par ailleurs, j'ai pu découvrir de nouvelles chansons comme "Reasons I drink", plus récente. Et chose étonnante, qui peut paraître un peu fourre-tout aussi, la chanteuse a distillé une demi-douzaine d'extraits de morceaux, sans les terminer, les faisant s'enchaîner avec d'autres en entier. Comme pour faire grossir la setlist sans pour autant allonger la durée du show. Habile.

On peut aussi saluer cette voix tant magnifique que puissante qu'Alanis Morissette possède toujours, le poids des années ne se faisant point ressentir. Elle a toujours une incroyable présence et elle était accompagnée de formidables musiciens - elle-même maîtrisant très bien l'harmonica et la guitare (même si elle en a peu joué). Il y a ainsi eu de nombreux moments de grâce, je le concède (en dehors de l'intro d'"Ironic" par des enfants trouvés sur place visiblement, mais pour un effet un peu raté).

Alanis Morisette n'aura donc pas vraiment lâché son show à l'américaine pour ce concert à Montreux, ce qui est un peu dommage vu le décor et l'ambiance magiques, mais on peut saluer une très grande chanteuse qui continue à être admirable dans tout ce qu'elle fait et conserve un répertoire fort et pertinent. Je peux dire que j'ai préféré ce spectacle-ci à celui de Paris. Plus de dix ans plus tard, isn't it ironic, don't you think ?

vendredi 18 juillet 2025

Concert : Seu Jorge - Montreux Jazz Festival

Deux ans après ma dernière venue au Montreux Jazz Festival, j'étais de retour cette année, au début du mois. Les concerts de cet événement sont si chers (100 fr. minimum) qu'il faut vraiment être sûr de bien aimer pour sortir le portefeuille. C'est pour cela que j'ai zappé l'édition de l'an dernier lors de laquelle aucun artiste n'a suffisamment retenu mon attention pour que je consente à dépenser autant d'argent. Cette année d'ailleurs, j'aurais aussi bien aimé aller voir Bloc Party, mais ils ouvraient seulement le concert de Pulp, que je ne connais que de nom, donc j'ai renoncé.

Bref, deux concerts m'ont tapé dans l’œil pour cette édition dont celui de Seu Jorge pour la soirée brésilienne du festival - je vais au second concert samedi, donc patience. Après Anitta et Gilberto Gil, c'est le troisième artiste brésilien que je vois à Montreux et, une fois de plus, c'était inédit pour ma part (par contre, lui était déjà venu plusieurs fois).

Seu Jorge, je l'ai connu d'abord acteur, dans "Cidade de Deus" et surtout dans "The Life Aquatic with Steve Zissou", de mon chouchou Wes Anderson, où il avait percé internationalement grâce à ses reprises merveilleuses de David Bowie. En dehors de cette B.O., j'ai un seul album de lui donc je ne connais pas très bien, mais j'apprécie pas mal tout de même. Et je voulais justement aller voir ce concert pour me convaincre encore plus. 

Depuis l'année dernière, le Montreux Jazz Festival n'a plus l'écrin de son centre des congrès, en travaux, pour accueillir ses concerts. La grande scène se trouve ainsi à l'extérieur, sur le lac Léman, tandis que le (fameux) casino de la ville reçoit lui la petite scène. C'est sur cette dernière que Seu Jorge se trouvait. Je ne m'attendais pas du tout à une salle aussi petite. Il s'agit certes d'une salle destinée à recevoir des spectacles, mais elle est relativement ouverte et la scène en elle-même est à peine surélevée. Pire, les places les plus chères, assises, sont situées devant la scène tandis que les moins onéreuses, debout, sont reléguées sur les côtés et derrière cette surface assise. Une configuration que je n'ai pas appréciée car la vraie ambiance se retrouve alors reléguée sur les côtés, les gens dansant tandis que tout le milieu voit les "riches" et VIP assister au concert tranquillement assis en buvant du champagne. Pour un concert de ce type en tout cas, cela ne collait pas du tout. 

Pour la "première partie" (ce n'est pas comme cela que le Montreux Jazz Festival la qualifie) en revanche, c'était convenable. En effet, c'était le doux duo pop brésilien Anavitória qui se présentait. Il est composé d'Ana Clara Caetano Costa et Vitória Fernandes Falcão, et je l'avais connu au Brésil où il s'est révélé il y a dix ans environ. Les deux jeunes femmes, dont l'une joue de la guitare, chantent divinement bien, accompagnées dans cette tournée européenne, qu'elles concluaient à Montreux, de deux autres musiciens (guitares et clavier). Si leurs morceaux sont très semblables, on a vécu un très joli moment qui donne envie de les écouter plus encore.

Puis est arrivé Seu Jorge en tenue très décontractée et lunettes noires sur le nez, entouré d'un orchestre assez massif (guitare, basse, clavier, cuivres, percussion, batterie...). Lui aussi est actuellement en tournée européenne (et même un peu au-delà). Pour le Montreux Jazz Festival, il a adapté sa setlist avec un peu plus de morceaux "tranquilles" on dira, à savoir ses propres compositions "lentes", mais aussi deux reprises de David Bowie à la sauce "Life Aquatic" (dont "Life on Mars", un pur régal) et une reprise de bossa nova ("Chega de Saudade").

Pour le reste, Seu Jorge et sa bande ont offert un superbe show, revisitant sa carrière d'hier à aujourd'hui (il a sorti un album cette année) en donnant tout malgré l'étroitesse de la scène. Musicalement, c'était pointu avec d'excellents musiciens et chanteurs. Tandis que le roi de la soirée assurait comme un beau diable, avec une "coolitude" absolue dans son attitude et ses chorégraphies. Il n'hésitait pas également à raconter quelques anecdotes et il a salué avec chaleur le nombreux public brésilien présent (dont ma chère et tendre évidemment).

Même si on se déhanchait comme on pouvait sur les côtés de la salle, on regrettait donc une partie du milieu assise et presque sans âme, forçant justement le groupe à venir chercher l'ambiance plutôt sur bords extérieurs de la scène. Il a fallu attendre l'ultime morceau, au bout de deux heures environ, une reprise du classique brésilien "Mas que nada", pour que les gens face à la scène daignent se lever et se dandiner un peu. 

A la fin, le public, aux anges, ne voulait plus partir tellement la soirée avait été incroyable. Encore une soirée brésilienne parfaitement réussie cette année au Montreux Jazz Festival. Vivement la suivante ! 

jeudi 10 juillet 2025

Concert : Ayo. - Olympia

Et le voici, si le compte est bon, mon 20e concert d'Ayo. Et quel lieu plus merveilleux pour fêter cela que l'Olympia, à Paris ? Si j'ai aussi bien compté, c'était mon 6e show de l'Allemande d'origine nigériane dans cette salle mythique (mais le premier assis, nous y reviendrons).

Ce concert, qui a eu lieu le mois dernier, avait été annoncé il y a un moment déjà, alors que sa tournée automnale pour défendre son dernier album "Mami Wata" a semblé être un succès - et où je l'avais retrouvée à Lausanne -, avec notamment une série de concerts parisiens au Café de la danse qui avait affiché complet. Ayo s'offre donc, dans la continuité, une tournée estivale qui passe de (petit) festival en festival avec l'exception de ce show à l'Olympia, lui aussi complet. Je ne l'y avais plus vu depuis 15 ans et j'ai fêté cela avec ma chère amie Audrey qui découvrait pour la première fois cette salle en mode concert ainsi que la chanteuse de mes rêves.

Pour l'anecdote, lorsque nous nous sommes rendus sur place, nous avons croisé Ayo. sur le boulevard des Capucines. Audrey l'a repérée avant moi, qui ne l'ai vue qu'en me retournant et constaté que c'était bien elle qui se baladait tranquillement avec ses enfants 1h30 avant de monter sur scène. Relax.

Pour ce concert, l'Olympia était donc configuré en mode "places assises" même en fosse. Un choix sans doute motivé par le fait que la setlist s'est pas mal assagie et que la mise en scène est des plus sobres, la chanteuse étant accompagnée que d'un pianiste et d'un contrebassiste. 

Avant cela, la première partie était assurée par un vieil ami d'Ayo., Badié, qui ouvrait déjà ses shows il y a près de 20 ans. C'était lui aussi qui était là lors du premier concert que j'ai vu d'elle à l'Olympia en 2006. Malheureusement, malgré ses sympathiques ritournelles reggae, l'artiste semble n'avoir jamais percé... Moi je n'ai rien contre, mais Audrey n'a pas du tout aimé. Bon.

Et puis est arrivée Ayo., seule sur scène avec ses percussions pour "Mami Wata". Mise en scène très sobre donc, nous étions vraiment à un concert de soul-jazz. La setlist était extrêmement proche de celle entendue l'automne dernier, avec évidemment une large place faite aux morceaux de son dernier album, mais elle picore aussi dans le tout premier, "Joyful", avec notamment l'incontournable "Down on my knees", et ses autres plus récents.

Comme d'habitude, je n'ai pu retenir l'humidité de mes yeux lors des morceaux les plus touchants d'Ayo., dont la voix continue de me faire frissonner. Et on a ri aussi, bien sûr, quand la chanteuse se met à bavarder sans jamais réussir à s'arrêter. J'avais déjà entendu quelques-unes des histoires (autour des morceaux la plupart du temps), mais pas toutes heureusement. Le plus drôle est qu'elle a même dit ce soir-là "Je parle trop, j'avais promis de ne pas trop parler". C'était évidemment raté et ce n'est pas grave du tout, tant elle dégage à la fois humour et sincérité, et aussi gravité quand elle évoque des sujets d'actualité qui la touchent.

Pour le rappel, nous avons notamment eu le droit à deux nouveaux morceaux joués pour la première fois, aussi efficaces qu'entraînants. Et, lors du second, Ayo. n'a pas renié son rituel en descendant se mêler au public de la fosse ! C'était cette fois plus simple avec les places assises, elle n'a eu qu'à circuler dans les couloirs, tout en étant tout de même arrêtée par les nombreuses personnes venant l'enlacer. Elle est passée tout près d'Audrey et moi, mais nous nous sommes contentés de regarder le spectacle du public transi, pudeur oblige.

La chanteuse est ensuite remontée sur scène pour l'ultime morceau de ce long show de retrouvailles avec l'Olympia, "Royal", dédié à son premier producteur, décédé l'an dernier.

A la sortie, des étoiles encore plein les yeux et les oreilles, nous avons pu constater que ce merveilleux concert nous avait abrité le temps d'un monstrueux orage qui s'est abattu sur Paris. Joli refuge donc que cet Olympia toujours aussi magique. Ayo. repassera le mois prochain en Suisse pour un petit festival en Valais, mais je crois que je ferai l'impasse cette fois, même si, avec elle, je suis toujours impatient du prochain concert.

mercredi 2 juillet 2025

Concert : Cat Power - Théâtre de Beaulieu

Cat Power, c'est le type de chanteuse folk-indie dont je connais le nom, mais dont je suis incapable de citer le moindre morceau. Et peut-être que je connais certaines de ses chansons sans avoir pu mettre son nom dessus. 

Alors pourquoi décider d'aller la voir lors du passage de sa tournée à Lausanne le mois dernier ? Eh bien parce que, déjà adepte des reprises, elle s'est mise à chanter du Bob Dylan et à en faire un spectacle à part entière. 

Tout a commencé en novembre 2022 lorsqu'elle a décidé de refaire intégralement le concert de 1966 de son compatriote au Royal Albert Hall de Londres. Cela a débouché sur un album live sorti l'année suivante puis une tournée internationale toujours en cours: "Cat Power sings Dylan".

La venue d'un ami fan de Dylan (et de Cat Power, mais ça je ne le savais pas) m'a ainsi encouragé à prendre des billets. Et puis donc moi aussi j'aime assez le barde américain.

J'avais déjà été une fois au Théâtre de Beaulieu, grande salle de spectacle lausannoise récemment rénovée - elle a notamment accueilli l'Eurovision 1989, pour une représentation, pas très fameuse, de la comédie musicale "West Side Story". C'était en tout cas gage d'excellente acoustique et cela s'est confirmé, le son était parfait, un régal.

Malheureusement pour Cat Power, heureusement pour nous, le concert était loin d'être complet donc nous qui étions au fond du balcon avons même été invités à nous replacer bien plus à l'avant de celui-ci et c'était encore plus agréable à suivre.

Pas de première partie et l'élégante chanteuse est arrivée sur scène, d'abord avec une guitariste et un claviériste (et excellent joueur d'harmonica). Pas d'instrument pour Cat Power qui s'est contentée du seul micro comme accessoire (et d'un pupitre avec un cahier contenant les paroles des chansons dont elle tournait les pages au fur et à mesure, un peu amateur pour ce coup-là). Les premiers morceaux étaient donc plutôt acoustiques avant qu'à la moitié du spectacle, le reste du groupe ne débarque pour la partie "électrique" qui divisa tant les fans de Bob Dylan à l'époque.

Les quinze reprises du concert étaient magnifiques - même si je n'en connaissais que très peu, la chanteuse apportant sa touche à elle et, elle a beau avoir souffert de problèmes de santé mentale et d'alcoolisme, elle a encore du coffre. Sa voix formidable, tout en nuances, accompagnée par un groupe de grande qualité, a donc offert un récital presque parfait. 

Outre ce pupitre un peu envahissant, on regrette en effet aussi ces quelques (mais tout de même rares) prises de parole entre les morceaux, aussi confuses que gênantes. Elle partait un peu dans tous les sens sans grande cohérence. 

Mais on gardera avant tout le souvenir de la musique. Mon ami était aux anges et moi aussi. Bob Dylan est sans doute très fier de l'hommage que lui rend Cat Power.

samedi 21 juin 2025

Concert : Imagine Dragons - Stadion Letzigrund

C'est le premier (gros) concert auquel je vais sans en avoir eu envie. Mais ma chère et tendre avait placé Imagine Dragons sur sa liste des shows auxquels elle aurait voulu se rendre. Ils passaient à Zurich à deux reprises le mois dernier pour leur Loom World Tour et ses désirs sont des ordres. Ainsi soit-il. 

Je dois dire que je suis passé relativement à côté du groupe de Las Vegas. Je les connais de nom depuis un moment et j'ai entendu quelques-uns de leurs plus gros tubes ("Thunder", "I bet my life" et surtout "Believer"), mais sans pour autant toujours savoir que c'était eux et ainsi sans leur attacher de curiosité particulière.

Je me rendais donc au stade du Letzigrund de Zurich pas mal dans l'inconnu, pour leur seconde date zurichoise (la première avait été ajoutée ultérieurement). Cette enceinte de football est la plus grande de la ville suisse. Je la croyais vieillotte mais elle a en fait été reconstruite pour l'Euro 2008 et, en la voyant  de plus près, je l'ai trouvée plus élégante que ce qu'on voit à la télévision. Nous étions par contre en fosse, assez éloignés de la scène principale et même de l'avant-scène qui allait jusqu'au milieu du public à peu près, cerné par deux énormes stands de nourriture et boissons. Donc autant dire qu'on a vu le spectacle d'assez loin et qu'on a remercié les écrans géants.

La première partie était assurée par le Britannique Declan McKenna, un nom qui me disait vaguement quelque chose. En tout cas, rares sont les premières parties qui m'enchantent et que je n'oublie pas. Et sa pop-rock bien British m'a bien plu et donné envie de le réécouter. Apparemment, il n'est pas si inconnu dans son pays et c'est bien mérité.

Ensuite, le show d'Imagine Dragons était, comme on pouvait s'y attendre, bien massif avec un public conquis, qui chantait évidemment à tue-tête et profitait comme jamais. Bon, moi, je suis resté assez hermétique à ce que j'ai entendu, même si ce n'était pas désagréable non plus et ils ont joué une setlist aux allures de best of de leur carrière encore relativement courte. Mais, rien de transcendant non plus, je ne suis pas très fan de la voix du chanteur et de sa propension à finir, forcément, torse nu. J'ai quand même apprécié la qualité des musiciens et le côté divertissement du show, avec, comme tout bon gros groupe mondialement connu, des moyens : effets spéciaux, confettis à gogo et autres ballons de plage géants balancés sur le public. 

Bonne chose de la part du groupe, une setlist légèrement différente de show en show. Ils ont l'air de jouer à chaque fois deux reprises, "Lean on me" de Bill Withers, suivie d'une seconde, qui change en fonction du concert. Nous avons eu le droit à "Three little birds" de Bob Marley. Sympa.

Autrement, le temps passe assez vite, les chansons s'enchaînant sans trop de bavardage. Ainsi, malgré une vingtaine de morceaux interprétés, le show s'est terminé, sans autre forme de rappel, en moins de deux heures montre en main. Un peu trop mécanique et rôdé quoi. Bref, la prochaine fois, il faudra encore m'y traîner. Mais ça aurait pu être pire.

dimanche 15 juin 2025

Concert : Indochine - Vaudoise aréna

Deux après leur passage en clôture du Paléo Festival de Nyon, Indochine était de retour en Suisse le mois dernier pour trois dates (sold out) à Lausanne. C'était plutôt sympa de leur part de faire autant de concerts (au moins un a été ajouté a posteriori) en terre romande, qui plus est à la Vaudoise aréna (où j'avais été voir Moby il y a quelques années), loin d'avoir la capacité des grands stades qu'ils connaissent d'habitude (même s'il semble que leur tournée actuelle passe plutôt par des zéniths).

Si leur passage à Paléo m'avait un peu laissé sur ma faim, sans doute parce que les conditions n'étaient pas les meilleures pour moi, j'avais tout de même envie de voir ce que ça donnait dans la configuration d'un vrai concert (avec tout leur attirail visuel notamment). Puis je me sentais mieux préparé en termes de connaissance du répertoire ! 

C'est lors du deuxième soir que je me suis donc rendu au show, en fosse (ça faisait longtemps !). Mais pas de frustration particulière de me retrouver là car, justement, la Vaudoise aréna n'étant pas bien grande, la fosse non plus et la scène principale n'était pas très lointaine (car j'étais au fond, n'ayant pas particulièrement besoin de venir très tôt pour me mettre devant), les deux scènes annexes encore moins...

La première partie était assurée par ce qui serait un duo féminin, Minuit Machine. En réalité, il ne s'agissait que d'une DJ plantée en hauteur au milieu de la fosse et jouant de l'électro sympa, mais sans plus. 

Et puis Indochine est arrivé avec son gros son, mais qui m'a paru déjà bien meilleur qu'à Paléo, même s'il semble qu'il venait uniquement du côté de la scène principale. Ainsi, même quand le groupe jouait près de nous, le son arrivait de l'autre bout de la salle, donnant une sensation bizarre. Je dis "proche de nous" car il y avait donc d'abord une avant-scène au milieu de la fosse sur laquelle ils ont joué un bon gros tiers du concert et, en fin de show, Nicola Sirkis et son guitariste, Olivier Gérard, sont venus, à notre grande et agréable surprise jouer trois morceaux en acoustique sur une mini-scène placée littéralement à côté de nous en fond de fosse. Même si le chanteur nous a tourné le dos une bonne partie du temps, c'était vraiment chouette de le voir de tout près (et de constater qu'il avait un prompteur sur lequel défilaient les paroles des chansons, un indispensable des artistes les plus âgés, on l'excusera).

Autrement, côté setlist, Indochine a joué en grande partie les morceaux de son dernier album, "Babel, Babel", surtout lors de la première partie du concert, réservant les gros tubes historiques pour la fin. J'étais content car ils ont notamment joué "Little Dolls", que j'aime particulièrement, spécifiant qu'il s'agissait d'une requête des fans. Et il semblerait qu'ils fassent ainsi à chaque show. Donc je suis tombé sur le bon ! Et à noter également que la setlist du soir était un peu différente de celle du concert précédent, on apprécie ces variations. 

Même si j'étais encore loin de connaître parfaitement ce répertoire, j'ai apprécié la majorité des morceaux, joués par un groupe généreux mené par un infatigable Nicola Sirkis. S'il n'a pas beaucoup de conversation et on ne comprend pas vraiment ce qu'il chante, il se donne à fond pour ses fans et, côté "divertissement", sa bande n'a rien à envier aux plus gros groupes du moment avec des effets visuels impressionnants, des confettis de toutes les couleurs, tout comme des bracelets clignotants en fonction des morceaux, comme chez Coldplay notamment.

Bref, j'ai passé un très bon moment, bien meilleur qu'à Paléo, au cœur d'une foule acquise à la cause d'Indochine, qui a évidemment explosé pour "L'Aventurier". Le groupe persiste à ne pas faire de ce morceau l'ultime du concert, ce qui est un peu dommage car une partie du public quitte alors la salle pendant le suivant, "En route vers le futur". Mais je serai sans doute encore là si ce groupe culte français repasse par où je vis.

mercredi 21 mai 2025

Concert : Twenty One Pilots - Hallenstadion

J'avais découvert Twenty One Pilots comme beaucoup de monde je crois, avec leur album "Blurryface", il y a déjà dix ans. Mais j'étais resté bloqué à cet opus, ne suivant pas la sortie des suivants (ni ne m'intéressant aux précédents). J'ai ainsi dû rattraper mon retard à l'orée de leur concert à Zurich en avril dernier. 

Mais apprécier qu'un seul album d'il y a dix ans et aller les voir en concert, pourquoi me demanderez-vous? Eh bien parce que j'étais tombé à la télé sur un show du duo lors d'un festival, possiblement au Brésil car j'étais là-bas quand je l'avais vu, et j'avais été bluffé par leur performance. Ils ne sont que deux sur scène dont qui ne joue quasiment que de la batterie, mais ils ont une présence incroyable. Je me rappelle notamment du batteur, Josh Dun, qui avait joué une partie sur une petite plateforme portée par le public.

Bref, comme ils passaient en Suisse lors de leur Clancy World Tour, j'avais inévitablement envie d'aller voir cela de mes yeux. Cela m'a aussi permis de découvrir l'Hallenstadion, ancienne patinoire du club de Zurich, qui est aussi la principale salle de concert fermée de la ville. Un lieu bien desservi et dont j'ai particulièrement apprécié les infrastructures, vastes et variées (notamment en termes de nourriture).

Dès notre entrée, nous remarquions, ma chère et tendre et moi, la jeunesse du public, mais aussi un vrai communautarisme avec des vêtements particuliers (noirs pour la plupart) avec des signes distinctifs (des bandelettes jaunes et rouges). Là aussi je découvrais un véritable univers construit conjointement par le groupe et sa fanbase. 

Autrement, nous avions des places plutôt hautes en tribune latérale, mais tout à fait convenables, si ce n'est que j'avais l'impression que le son n'était pas si fort. Un mal pour un bien peut-être.

En première partie, un groupe de jeunes Néo-Zélandais, Balu Brigada: du rock alternatif sympathique, mais loin d'être inoubliable.

Puis le show de Twenty One Pilots s'est lancé avec son lot de surprises. Côté setlist déjà, une majorité de chansons du dernier album, "Clancy", forcément, mais ensuite, c'est justement "Blurryface" qui était le plus représenté, devant les deux autres opus sortis entre-temps. Cela montre le marqueur qu'a été cet album.

Et concernant le show, un vrai divertissement. Tyler Joseph et Josh Dun ont écumé tous les recoins de la salle ou presque, surtout le premier, que ce soit sans instrument, avec une basse, un ukulélé ou encore un clavier. Le chanteur s'est ainsi retrouvé sur scène bien entendu, mais aussi pas très loin de nous dans notre tribune, puis dans celle d'en face, puis encore sur deux petites plateformes, soit seul, soit avec son batteur (et même avec une petite fan pour une chanson en duo), au milieu de la fosse. Josh Dun s'est forcément moins baladé, mais on l'a quand même vu donc au milieu de la fosse lui aussi, mais pas transporté par les fans comme en festival. 

Bref, c'était du pur divertissement, aussi bien musical que visuel, avec un duo extrêmement généreux, de quoi ravir un public déchaîné et qui savait bien sûr toutes les paroles par cœur. Pour ma part, je ne connaissais pas bien toutes les chansons, mais j'ai vraiment passé un bon moment aussi et avec clairement la volonté de les revoir si l'occasion se représente.

mardi 10 décembre 2024

Concert : Paul McCartney - Paris La Défense Arena

Ces dernières années, à chaque fois que je vais voir Paul McCartney, je me dis que cela pourrait bien être la dernière, donc cela ajoute toujours une petite émotion supplémentaire.

Mais, honnêtement, après ce concert parisien de la semaine dernière (j'ai vu le second sur les deux dates), je me dis que, si tout va bien, il y en aura encore d'autres et je pourrai peut-être viser les 10 !

Le contexte d'abord : il s'agit de la tournée "Got Back", qui a succédé au "Freshen up Tour", que j'avais vu passer au Brésil et que j'aurais dû voir aussi en France, à Lyon, en 2020, mais la pandémie de Covid-19 avait provoqué son report. Au final, Paul McCartney a repris les concerts en 2022, d'abord aux Etats-Unis, puis l'année suivante en Océanie et en Amérique latine. Il adore tellement les concerts sur ce dernier continent qu'il y est encore retourné cette année, juste avant de revenir, enfin, en Europe pour seulement quelques dates en France, en Espagne et en Angleterre.

Le lieu, ensuite. Cette nouvelle salle de La Défense (Nanterre plus exactement), inaugurée en 2017, accueille concerts et compétitions sportives (dont les derniers JO). C'est la première fois que je m'y rendais et, si le lieu est a priori sympa, cela a été une vraie galère pour l'atteindre en raison d'une accessibilité, une fois sur place, bien compliquée. On n'a pas bien compris ce qu'il s'était passé, mais le concert a commencé une fois nos sièges atteints. Ouf ! Donc moi et mon accompagnateur du soir, qui n'avait jamais vu Paul McCartney en concert, avons loupé la première partie (mais qui est toujours la même, donc pas de problème).

Nous étions plutôt bien installés, assis sur un côté, à mi-hauteur et à peu près au niveau du milieu de la fosse très bien garnie (les deux dates étaient complètes, avec un nombreux public étranger, sans doute en raison du peu de concerts prévus en Europe).

Côté setlist, un seul changement comparé au concert de la veille : une ouverture avec "A Hard day's night" au lieu de "Can't buy me love". Donc l'ex-Beatles ne s'est vraiment pas foulé et puis, pour la suite, on reste sur une immuable (mais longue) liste où les classiques ne bougent pas ou presque. Seules nouveautés pour moi : le "dernier" morceau des Beatles, "Now and then", et "I've got a feeling" (re)chanté en duo avec John Lennon grâce au talent technologique de Peter Jackson. Le public parisien a aussi de la chance avec l'ajout traditionnel de "Michelle" (et donc d'une chanson supplémentaire par rapport à d'autres lieux).

Mais ne boudons pas notre plaisir, j'ai vraiment apprécié ce concert. Principalement parce que sa voix a tenu le coup. Depuis quelque temps, il sait mieux la contrôler et ne pas aller au-delà de ses limites, qui sont déjà bien basses évidemment. Mais je n'ai pas senti de moment où vraiment elle déraillait totalement (même si, il faut bien le dire, la musique la couvre bien souvent, volontairement ou pas). 

J'ai aussi apprécié que son petit ensemble de cuivres soit conservé, avec "Letting Go" joué depuis la tribune opposée à la mienne. Cela apporte une indéniable plus-value à tous les morceaux les utilisant, tandis que le reste du groupe, toujours le même aussi, conserve sa solidité et sa sérénité. D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas la première fois que Paul McCartney ne les présente au public (il a aussi remercié tout le staff), alors que l'ex-Wings s'est montré plutôt moins bavard que d'habitude. J'ai trouvé qu'il expédiait plus les chansons qu'avant, se contentant juste de quelques mots français et rares introductions de morceaux. 

Mais au moins, comme je le disais au début, Paul était en forme, avec une voix qui tient encore la baraque (je m'y suis habitué aussi), et sans doute ravi d'avoir joué deux soirs de suite à guichets fermés (40'000 spectateurs par soir) devant un public plutôt énergique (même si on est forcément très loin de la folie latino-américaine). Ma compagnie du soir a adoré et moi aussi. Vivement le prochain !

mardi 22 octobre 2024

Concert : Dhani Harrison - La Maroquinerie

C'est le deuxième fils de Beatles qu'il est m'est donné de voir en concert après Sean Lennon à la fin des années 2000 (à Paris et à Londres, je ne sais pas pourquoi je n'avais pas chroniqué ses concerts ici même). 

Je suis moins fan de la musique de Dhani Harrison, qui s'est orienté plutôt vers des sonorités sombres et profondes, bien moins légères et mélodiques que son père. Il faut bien essayer de se démarquer ! Mais le quarantenaire ne semble pas pour autant mettre toutes ses chances de ce côté avec seulement quelques participations à des projets musicaux au fil de sa carrière, c'est plutôt un homme de l'ombre, producteur et compositeur. Puis il a tant à faire à entretenir l'héritage musical de George Harrison et relancer son label, Dark Horse.

Ce n'est que récemment que Dhani Harrison a sorti deux albums en son nom propre, "In Parallel" en 2017 et "Innerstanding" en 2023. De même, il est plutôt rare sur scène en dehors de projets collectifs. Ainsi, cette "tournée" ne comportait que trois dates : Berlin, Paris la semaine dernière et Londres hier soir. J'avais pu voir un avant-goût de sa performance live dans un concert enregistré en studio et diffusé peu avant sur sa chaîne YouTube. Il y jouait son dernier album en intégralité : un rock lourd, puissant, teinté d'électronique.

A Paris, c'est donc La Maroquinerie qui l'accueillait. Une petite salle, située en sous-sol, où je n'avais jamais été voir de concert. Il y a juste une fosse avec des gradins surélevés mais sans place assise. L'avantage : une proximité immédiate avec la scène et un bon son. Il n'y avait pas vraiment foule, mais une bonne majorité de boomers avec la même curiosité que moi de voir à quoi ressemblait en vrai le rejeton Harrison. Très peu de fans purs et durs je pense.

La première partie était assurée par l'Australienne Mereki, accessoirement compagne de Dhani Harrison. Avec son groupe composé de jeunes musiciens qu'on aurait dit tout droit sortis de l'adolescence - elle-même fait très jeune mais elle a 39 ans -, la blonde a joué les chansons de son prochain album à venir. Son genre : du rock plutôt sympa, à la Blondie.

Dhani Harrison a lui proposé un set bien cadré, enchaînant tout simplement ses deux derniers albums (sans rappel, sans reprise de papa pour les boomers). Entouré d'un solide groupe (dont un guitariste punk à l'attitude très drôle, trépignant de pouvoir envoyer du gros son avec son instrument, et Mereki pour quelques morceaux), le fils du Quiet Beatle a ainsi confirmé qu'il était avant tout un musicien perfectionniste et non pas un "performer". Peu bavard (mais néanmoins sympathique), il ne prenait pas la peine d'annoncer le nom des morceaux ou d'en expliquer la teneur, se contentant de remerciements, de confier que Paris est la ville la plus belle du monde et espérant ne pas nous avoir rendu sourds (la musique était effectivement très forte).

Changeant de guitare électrique pour quasiment chaque morceau, Dhani Harrison se tenait aussi malheureusement peu face au public, constamment de profil, tourné sur sa console électronique lui permettant d'envoyer toutes sortes de sons accompagnant donc ses morceaux de rock alternatif. On le voyait aussi régulièrement maugréer quand le son ne lui convenait pas. 

Difficile de ressortir personnellement ébloui par ce concert, surtout parce que ce n'est pas mon genre de musique préféré, mais ma curiosité a été satisfaite et je resterai le premier soutien de tous les membres de la galaxie Beatles ! Et mon accompagnatrice, que je pensais barber avec ce show, a beaucoup aimé (même plus Dhani que Mereki !). Si j'ai pu faire une heureuse, tant mieux.

lundi 14 octobre 2024

Concert : Ayo. - Les Docks

Voyant sur les réseaux sociaux Ayo. s'éclater dans sa nouvelle vie de surfeuse à Tahiti, je m'étais dit que nous pouvions faire une croix sur sa carrière musicale. Mais non, revoilà la chanteuse allemande d'origine nigériane de retour avec un septième album, "Mami Wata", et une tournée dans la foulée de sa sortie pour le défendre. Des concerts qui ont lieu à travers l'Europe, mais principalement en France, le pays qui, je crois, lui a apporté le plus grand succès depuis ses débuts. Mais le temps a passé et j'ai constaté que les salles et villes sur son chemin ne sont plus aussi grandes qu'il y a bientôt 20 ans.

Deux dates étaient prévues en Suisse, une première à Zurich et une seconde à Lausanne, où j'étais la semaine dernière. C'est d'ailleurs dans ce cadre que j'ai eu l'immense privilège de pouvoir interviewer Ayo. (par téléphone) pour mon journal. Je n'en avais jamais eu l'opportunité, un rêve s'est réalisé (sa manager m'avait donné 15 minutes, on a papoté pendant une heure !). Je n'ai pas eu le temps de lui raconter ces quelques fois où nous nous sommes croisés (lire mes nombreux posts antérieurs), mais je comptais aller la revoir cette semaine à l'occasion d'un showcase à la Fnac des Ternes à Paris pour vérifier si elle se rappelait de moi ! 

Mais retour à Lausanne avec ce passage d'Ayo. aux Docks, une petite salle que je fréquentais pour la première fois. C'est un lieu composé d'une unique fosse et qui accueille plutôt des concerts de rock et de hip-hop en général. Enfin, il y a un peu de tout, mais assez peu de grosses pointures vu la taille, ou alors des "anciennes" (Matmatah, Nena, The Pretenders...).

En première partie, c'est la jeune chanteuse franco-suisse (originaire de Paris mais vivant à Zurich) Lily Claire qui a occupé la scène. Seule à la guitare folk accompagnée d'une autre guitariste (électrique), elle a joliment chanté (en français) des morceaux romantiques plutôt mélancoliques. Elle nous a quand même gratifié d'une chanson "optimiste" pour la fin (parce que son management lui a demandé, a-t-elle dit !). Un bon moment !

Et puis ce fut le tour d'Ayo.. A l'image de son nouvel album, pour cette tournée, pas de grandiloquence sur scène : un pianiste et un contrebassiste (tous deux excellents) l'accompagnent. Elle a ouvert le show avec la chanson-titre "Mami Wata", seule avec sa voix toujours aussi puissante et un conga. La suite de la setlist était composée majoritairement de morceaux du nouveau disque à l'exception d'"Afro Blue" et "Royal" (ce dernier pour unique morceau de rappel), ainsi que des classiques de son premier album "Down on my knees" et "Life is real". Sans oublier un morceau de son opus new-yorkais "Ayo." suggéré sur les réseaux sociaux par une personne du public.

Une setlist assez resserrée pour un concert de près de deux heures malgré tout car l'artiste n'a pas perdu son habitude de raconter in extenso l'histoire derrière chaque morceau (ou presque) interprété. Des prises de parole assez longues mais qu'on lui pardonne parce que sincères et signes de proximité avec son public (on a notamment appris comment elle en était venue à vivre à Tahiti ou encore que son fils aîné l'avait bloquée sur les réseaux sociaux...). Le plus drôle est de voir ses musiciens commencer à jouer doucement les chansons à venir, ce qui peut durer plusieurs minutes, comme pour lui demander d'abréger, tout en guettant quand Ayo. a bel et bien terminé son récit.

J'ai en tout cas particulièrement apprécié ce concert, toujours parce que je suis profondément touché par cette artiste et sa voix qui m'émeut souvent aux larmes, mais aussi parce que la taille de la salle offrait une proximité et une belle acoustique.

Et donc je me suis rendu à Paris pour la revoir (mais pas que, j'avais un autre concert, compte rendu dans le prochain post). Ayo. avait été invitée par la Fnac des Ternes pour un showcase. C'était d'ailleurs grâce à ces showcases que j'avais pu jadis lui parler. Là, il y avait beaucoup moins de monde qu'avant, c'était un peu triste. Seule une quinzaine de chaises avaient été installées. Elles ont toutes été occupées et quelques personnes en plus sont venues combler l'espace, mais je pense que nous n'étions pas plus d'une trentaine dans le public (en comptant son équipe et celle de la Fnac). 

Cette fois, Ayo. était un peu malade et avait peu dormi, donc pas au top de sa forme, mais, en compagnie du pianiste Vincent Bidal (qui a joué sur "Mami Wata", mais pas sur scène à Lausanne, et accessoirement compagnon de Natasha St-Pier), elle a offert tout de même un joli récital acoustique de trois ou quatre morceaux de l'album (avec les longues explications qui vont avec !). Ensuite, place à la dédicace et, là aussi, sa générosité et sa sincérité ont fait qu'elle partageait un long moment avec chaque fan présent. Sans doute un peu trop (mais c'est aussi la faute des fans qui ne pensaient pas aux suivants) car on approchait de l'heure de fermeture du magasin et la pression était de plus en plus importante sur les gens, dont moi, pour aller vite. 

Au final, je ne voulais pas lui tenir la jambe trop longtemps, je lui ai juste fait signer la version papier de mon interview ainsi que son album. Elle m'a dit m'avoir reconnu dans le public à Lausanne (alors que donc on ne s'était pas croisé depuis des années). Je ne sais pas si c'est vrai, mais je ne peux qu'être heureux de partager une très relative proximité avec une artiste que j'admire. Vivement le prochain concert (ce devrait être le 20e si mon compte est bon !).

mercredi 2 octobre 2024

Concert : Moby - Vaudoise aréna

Moby en concert est un événement qui m'a toujours laissé plus ou moins dubitatif. Comment retranscrire de l'électro dans une salle immense voire un stade sans que ce soit chiant ? Je ne sais pas si l'occasion d'aller le voir sur scène s'est déjà présentée pour moi, mais je ne l'avais en tout cas jamais saisie jusqu'ici.

Cette fois, sa venue à Lausanne la semaine dernière (seule date en Suisse de sa courte tournée européenne "Play 25", qui s'y terminait d'ailleurs), dans une salle pas trop grande (la Vaudoise aréna est une patinoire à l'origine, qui peut accueillir jusqu'à 12.000 spectateurs en mode concert), m'a donné un petit accès de nostalgie et je me suis décidé à y aller.

En plus, cela tombait bien, sa tournée célébrait donc le 25e anniversaire de son album majeur "Play" qui m'a fait connaître (et aimer), via le film "The Beach", le bonhomme (comme une bonne partie de son public je pense). Même si je dois dire qu'au final, j'ai aussi apprécié son album suivant, "18", et que je me suis arrêté là. 

La première partie était assurée par la sculpturale chanteuse américaine Lady Blackbird. Cette dernière a percé ces dernières années dans un registre soul-jazz, ayant pris son nom de scène après sa reprise du "Blackbird" de Nina Simone, son premier titre majeur. Elle nous l'a d'ailleurs interprété ainsi que d'autres morceaux uniquement accompagnée d'un guitariste, son impressionnante voix assurant le reste. C'était néanmoins un peu monotone.

Puis Moby est arrivé... avec son groupe ! Au départ, et ce qui avait attisé mon scepticisme, je pensais qu'il serait plus ou moins seul avec son ordinateur voire des choristes. Mais agréable surprise, il y avait bien deux choristes (absolument remarquables, point fort du show), mais aussi un batteur, une claviériste, une violoniste et une violoncelliste (un peu toc). Et Moby jouait lui majoritairement de la guitare électrique (assez bien d'ailleurs) ainsi que du conga et un peu de synthé. En bref, que de la "vraie" musique ou presque.

Le bonhomme n'a pas trop mal vieilli, portant des tatouages sur les bras et le cou en soutien aux droits des animaux (des vidéos militantes étaient diffusées en préambule du concert dont tous les bénéfices étaient reversés à des associations pro-animales, et les buvettes de la salle ne servaient que de la nourriture végétarienne). Sur scène, il avait une drôle de démarche quand il jouait de la guitare, allant frénétiquement d'un bout à l'autre de la scène. Il n'a pas non plus été très bavard en dehors d'une ou deux anecdotes dont celle liée au dernier morceau du concert, "Thousand", l'une de ses premières compositions techno inaugurée en public lors d'une rave en Suisse en 1992.

Côté setlist justement, il semble que Moby n'ait rien modifié de concert en concert, avec une part consacrée donc à l'album "Play", six morceaux sur la vingtaine au total, le reste étant issu en majorité de ses albums suivants. On a aussi eu le droit à une reprise intimiste de Johnny Cash ("Ring of fire") pas totalement réussi car le chanteur a demandé au public de réaliser le solo de trompette avec sa propre voix, sauf que celui-ci ne connaissait pas vraiment cette chanson (moi y compris) et donc n'a pas bien compris quand c'était à lui de chanter ni ce qu'il devait chanter. Un flop donc. Réussies en revanche les performances de Lady Blackbird sur deux morceaux, "Walk with me" et "Why does my heart feel so bad ?".

Au final, mon sentiment était partagé à la fin du concert. Agréablement surpris du rendu des chansons les plus rock ("Lift me up", "We are all made of stars"...) grâce au groupe et impressionnantes choristes (et heureusement car le son était fort, mais très bon), mais un peu plus mitigé sur les morceaux plus électro car pas tellement adaptés à la scène et un peu répétitifs pour ces mêmes chanteuses. Néanmoins, la note est tout de même positive car cela m'a bien fait plaisir de réécouter ces titres au parfum de nostalgie. 

lundi 23 septembre 2024

Concert : Sam Smith - Paléo Festival

Comme je l'expliquais dans le post précédent, ma présence au Paléo cette année était uniquement due à l'appréciation démesurée de ma chère et tendre pour Sam Smith. 

L'an dernier, son passage dans le canton de Vaud avait eu lieu au Montreux Jazz Festival et nous y étions (j'en avais écrit un compte rendu ici même). En résumé, cela avait été une agréable surprise : un show impressionnant autant côté mise en scène que musicalement. 

Sur la plaine de l'Asse, le Britannique avait, comme Nile Rodgers avant lui, droit à la Grande Scène pour un horaire assez tardif, peu avant minuit dans mon souvenir. Le décor de la scène accueillant Sam Smith n'avait que peu changé comparé à l'an dernier. Il y avait toujours ce géant doré allongé qui prenait quasiment tout l'espace. Les parois l'entourant étaient par contre recouvertes de graffitis. Ce n'était pas le cas l'an dernier. 

Musiciens, choristes et danseurs n'avaient pas changé non plus, arborant toujours des costumes bien classes. Et que dire évidemment de la star, qui a à peine fait évoluer sa garde-robe pour un look aussi androgyne qu'extravagant. Il revendique toujours autant la liberté de vivre et de paraître. 

On était clairement dans la continuité de la tournée "Gloria" de l'an dernier, donc très peu de changements dans la setlist en dehors d'une ou deux chansons, de même que l'ordre des morceaux qui a à peine varié. Comme l'an dernier, Sam Smith évacuait ses premiers tubes les plus anciens "Stay with me" et "I'm not the only one" dès le début du concert, mais ces derniers mettent tellement bien en lumière sa fabuleuse voix, très bien accompagnée par ses excellents choristes, que le show envoie une belle claque direct.

La suite, comme l'an dernier, m'a moins emballé car je ne connais pas beaucoup mieux ses chansons que l'an dernier, mais le concert reste plutôt agréable à suivre, avec notamment une troupe de danseurs particulièrement mise en valeur, se déhanchant sur des chorégraphies toujours plus suggestives les unes que les autres. 

La luxure de la mise en scène et des costumes est, comme l'an dernier, montée crescendo jusqu'au final avec "Gloria" et "Unholy" à ne pas mettre devant les yeux les plus chastes...

Sam Smith a donc une nouvelle fois proposé au public suisse une prestation solide musicalement et brillante visuellement. Ne manquait pour moi juste la surprise de l'an dernier, ne m'attendant pas du tout à voir ça car je l'imaginais bien plus sage. Mais j'étais heureux de voir que le concert pouvait être aussi bon à l'extérieur qu'à l'intérieur. Chapeau Mr Smith. 

vendredi 6 septembre 2024

Concert : Nile Rodgers & Chic - Paléo Festival

Cette année, la programmation de Paléo ne m'enchantait guère et, si cela n'avait tenu qu'à moi, je n'y serais pas allé. Mais ma chère et tendre est accro à Sam Smith, qui se présentait sur la plaine de l'Asse, alors nous y voici aussi. 

Avant que le Britannique n'enflamme la Grande Scène, celle-ci était occupée par une légende du funk et du disco, Nile Rodgers, et son groupe Chic. Je connais bien sûr l'Américain de nom, de réputation et pour ses plus grands succès, et j'apprécie plutôt, mais il est vrai qu'il ne me serait jamais venu en tête d'aller spécifiquement le voir en concert. 

Ce fut néanmoins un excellent moment. Musical déjà avec des pointures aux instruments et aussi vocal avec des choristes incroyables, lui-même chantant très peu au final. 

Evidemment, sa setlist ressemblait à un best of qui permettait de se remémorer que Nile Rodgers est derrière un sacré nombre de tubes, les siens, mais aussi certains de Madonna, David Bowie, Diana Ross, Sister Sledge, Beyoncé, Daft Punk, Duran Duran ou même Sheila.

Et ce qui est chouette, c'est que le New-Yorkais racontait la genèse de chaque morceau qu'il allait jouer, avec beaucoup de malice et une pointe d'arrogance, mais bien légitime. J'imagine qu'il doit ressasser les mêmes anecdotes à chaque concert, mais comme il s'agissait d'une première pour moi, c'était un vrai plaisir.

Dans un décor assez sobre, Nile Rodgers et son groupe ont néanmoins mis le feu et fait danser le nombreux public comme jamais. L'ambiance était joyeuse et très énergique, un vrai plaisir et donc au final une belle opportunité d'avoir pu assister à ce concert.

mardi 28 mai 2024

Concert : Kyle Eastwood - Cully Jazz

C'est la première fois que je me rendais, en avril dernier, au Cully Jazz, situé, comme son nom l'indique, dans le petit village de Cully, au bord du lac Léman. 

C'était déjà la 41e édition d'un festival qui tient bien le coup et surtout, contrairement à son grand voisin du Montreux Jazz, maintient avec les années sa ligne de ne proposer que du jazz ou assimilé. 

Comme à Montreux, ce n'est pas un festival "fermé". Le village est investi par l'événement et certains lieux sont gratuits, d'autres non. Les concerts payants principaux se déroulent sous un grand chapiteau planté sur l'esplanade qui borde le lac. 

On n'y est pas très bien installé mais l'ambiance est plutôt intimiste, et les sièges sont libres avec un prix encore abordable. 

La soirée à laquelle j'ai assisté a été assez particulière je dois dire, principalement en raison d'une "première" partie qui n'en était pas vraiment une. Elle était assurée par une "création RTS". Chaque année, la RTS propose donc une formation différente et unique. Ce soir-là, nous avons eu droit à "BAD", soit l'acronyme des trois musiciens de jazz réunis pour la première fois : Samuel Blaser (trombone), Pascal Auberson (voix, piano et percussion) et Marc Ducret (basse).

Au final, le concert a duré près d'une heure et demie, peut-être même plus que le suivant, et cela a été particulièrement long et difficilement digérable pour une partie du public. C'était du jazz hautement expérimental, où chaque musicien semblait jouer une partition différente, et par-dessus, Pascal Auberson déclamait des vers, chantait, hurlait... Au point que certains spectateurs se sont mis à l'invectiver jusqu'à le prier de mettre un terme à son show : "Dégage", "Casse toi", etc. J'ai jamais vu ça lors d'un concert. Et quand le spectacle s'est finalement terminé, le chanteur lausannois n'a pas hésité à répondre aux plus virulents en les provoquant : "Vous avez payé pour ça", "Maintenant nous allons fermer les portes de la salle et vous allez réentendre ce que nous venons de jouer sans pouvoir sortir".

Personnellement, je n'ai pas du tout aimé non plus, d'autant plus que c'était vraiment trop long, mais je pense que l'on doit respecter les musiciens sur scène. Surtout qu'il ne s'agissait pas d'amateurs non plus, loin de là. 

Heureusement, il n'a pas fallu attendre trop longtemps pour que la scène soit préparée pour Kyle Eastwood et son groupe, composé notamment au piano d'Eric Legnini, que j'avais déjà vu jadis et que j'avais bien apprécié. 

Je ne connais pas bien la carrière musicale du fils de Clint Eastwood, mais je sais que c'est un musicien (contrebassiste) respecté et il dégage, comme son père, une sacrée classe. Et ici, au-delà de ma curiosité, il reprenait quelques-unes des plus fameuses bandes originales des films de son père, certaines qu'il a cocomposées, avec une touche jazzy donc. Un album avec ces morceaux est sorti l'an dernier.

Durant une heure environ, le quintet, vraiment composé de pointures, nous a ébloui : Legnini au piano, classique et électrique, donc, Eastwood à la contrebasse et basse, ainsi que deux musiciens aux cuivres et un jeune batteur talentueux. Entre chaque morceau, le leader californien contait quelques mots à propos du suivant.

L'atmosphère était nettement plus chaleureuse et Kyle Eastwood a parfaitement arrangé ces bandes originales, classiques ou excentriques pour celles d'Ennio Morricone, pour en faire des compositions de jazz originales et captivantes. Evidemment, un grand plaisir que d'entendre le final avec "The Good, the Bad and the Ugly".

Pour finir, la taille humaine du Cully Jazz a permis au public de pouvoir se faire dédicacer le dernier album de Kyle Eastwood juste après le concert. Ce que je n'ai pas manqué de faire. Gran Kyle.

mercredi 16 août 2023

Concert : Indochine - Paléo Festival

J'ai refermé ma page des festivals de l'été en me rendant, fin juillet, à la clôture de Paléo (après donc en avoir fait l'ouverture quelques jours plus tôt). Cette fois, j'avais le temps, pas besoin de partir trop tôt et perdre le clou de la soirée, à savoir Indochine. Comme Louise Attaque, je ne les ai jamais vus en concert et même si je suis tout de même moins fan, je voulais voir ce que ça donnait, appréciant quelques classiques de leur répertoire. 

Mais avant cela, j'ai été écouter en amuse-bouche sur la grande scène la chanteuse française Adé. Honte à moi visiblement, mais je n'en avais jamais entendu parler. Quelques extraits m'ont convaincu d'aller assister à son show, précédant celui d'Indochine. Ex-Therapie Taxi (que je ne connaissais pas non plus), Adé est donc en solo depuis deux ans et s'égaie dans une pop-country ma foi plutôt sympathique. Malgré son énergie, elle a eu un peu de mal à convaincre un public déjà venu s'installer pour Indochine, mais je vais tâcher de la suivre un peu plus désormais. 

Puis, avant qu'Indochine n'arrive tardivement, peu avant 23h, j'ai juste été faire un tour vers la deuxième scène principale afin d'apercevoir Franz Ferdinand, groupe que j'apprécie depuis ses débuts et que je n'avais jamais vu en concert non plus. Mais Indochine étant la priorité, j'ai juste été voir quelques toniques morceaux au milieu d'un public venu nombreux et conquis. 

Enfin, après le très beau feu d'artifice final (au son des différentes têtes d'affiche du festival), Indochine a débarqué avec ses gros sabots sur la grande scène. J'annonce un peu la couleur oui. Même si nous n'étions pas dans un stade, ce qui est désormais leur lieu de concert habituel, le groupe a apporté avec lui un maximum des éléments possibles : une avant-scène en demi-cercle au coeur du public, des images projetées sur tous les écrans possibles de la scène, des projections de confettis à gogo...

Impressionnant mais presque oppressant aussi, vu leur répertoire qui m'a paru bien plus "lourd" voire "bourrin" que je ne pensais. C'est pas du heavy metal non plus, mais c'est en tout cas très chargé au niveau du son et on comprenait à peine les paroles chantées à sa manière par Nicola Sirkis, seul rescapé de la formation originale.

Un leader très investi, haranguant constamment la foule, et pas dénué d'humour : "On est un groupe tellement vieux qu'on nous demande toujours de clôturer les festivals". 

Un show puissant donc, mais duquel je suis passé à côté parce que, je pense, je ne connaissais finalement pas assez bien le répertoire d'Indochine - que j'aurais dû réviser, j'ai deux albums récents d'eux tout de même - et qu'il a fallu attendre évidemment la fin de la setlist pour que je sois réellement satisfait avec "J'ai demandé à la lune" et, forcément, "L'Aventurier". Il était déjà près d'1h du matin. Je n'ai peut-être tout simplement plus l'âge !

jeudi 10 août 2023

Concert : Louise Attaque - Paléo Festival

Après le Montreux Jazz Festival, c'était au Paléo de Nyon que je me suis rendu à la mi-juillet pour encore un peu de live estival. Cette fois, c'était ma première à cet autre événement incontournable de Suisse romande. 

Pas de "thématique" ici - même si Montreux a fini par dévier de ses origines, mais un bon gros festival en plein air, situé sur un champ énorme de la campagne vaudoise. Je n'avais jamais été dans un festival aussi immense en termes de superficie, doté de cinq scènes dont une principale, une secondaire, et des plus intimistes (dont deux sous chapiteau). Et des stands de nourriture, boissons et autres activités à perte de vue. 

Côté artistes, c'est un brassage très éclectique avec beaucoup de grands noms, même si j'avais déclaré forfait lors de la dernière édition notamment car rien ne me plaisait vraiment. Cette année, c'était déjà plus attirant et je me suis donc présenté dès le premier soir (sur cinq d'affilée) sur la plaine de l'Asse. 

Au programme dans ce qui m'avait tapé dans l'oeil : Louise Attaque, Black Eyed Peas et Phoenix. Sauf que ces deux derniers jouaient très tardivement (23h passées pour le deuxième et 1h du matin pour le troisième !). Je n'avais jamais vu des horaires pareils en festival et, travaillant tôt le lendemain, j'étais donc pénalisé. 

Je me suis ainsi contenté de Louise Attaque et j'en étais déjà très heureux. Il se trouve que je ne les avais jamais vus en concert. Or, je suis un fan de la première heure avec, évidemment, leur premier album qui a marqué mon adolescence. Mais je les ai suivis fidèlement au cours des années, achetant tous leurs albums. J'ai aussi bien aimé les projets solos de Gaëtan Roussel, leur chanteur. 

Le groupe français avait les honneurs de la grande scène sur laquelle on pouvait retrouver tous les accessoires visuels de leur tournée, c'est un plus. Malheureusement pour eux (ou heureusement pour le public), prisonniers de leur fantastique premier album, ils le jouent en quasi-intégralité (et dans l'ordre des chansons !) en introduction du concert, accompagnés d'un tonique batteur posé en hauteur sur un grande plate-forme noire. Ainsi le trio - guitare, violon, basse - transformé en quatuor débute par un "J't'emmène au vent" qui met tout le monde d'accord. 

La suite propose, avec deux musiciens supplémentaires (claviers et lead guitar) et un décor plus ample, des morceaux de leurs albums suivants, en particulier du dernier, "Planète Terre", sorti l'an passé. 

Même si j'aurais bien aimé entendre la magnifique "Depuis toujours", c'est un sans faute, mené par un Gaëtan Roussel ô combien charismatique et énergique, véritable chauffeur de public, qui se termine par un nouveau "J't'emmène au vent" en forme de bain de foule, joué en fendant le public d'un bout à l'autre de la scène.

Je n'ai donc vraiment pas été déçu de ces 1h30 de show parfaitement calibré et chantant, avec l'envie de les revoir encore et encore. Et surtout, je n'ai pas regretté de devoir partir car leurs successeurs sur scène, les Black Eyed Peas, ont été calamiteux apparemment. Et pour Phoenix, tant pis, ce n'était pas non plus ma priorité. Allez viens, j't'emmène au vent...